Le Grand Visionnement 2015 Partie Un: Tom Hardy: L’ascension du Chevalier Noir / Stuart: Une vie à l’envers.

Ok, on commence par le commencement. J’ai entendu le nom de Tom Hardy pour la première fois sortant de la bouche de mon cousin Georges avec la même révérence avec laquelle il parle du Punisher, bref, cette adoration qui est habituellement réservée à une Divinité. Il me parlait du film Bronson, qui fait partie de la liste.

J’avais pas vraiment d’intérêt à voir Bronson, un film sur le criminel le plus violent de l’histoire carcérale d’Angleterre, et la seule chose qui a retenu mon attention dans la conversation, c’est quand il a parlé de nudité frontale (« Ouh! Y a un PÉNIS dans ce film!!! »). Mais bon, même la promesse d’une queue dans un contexte hors porno n’était pas assez pour me donner envie de voir ce film. Une décision que je regrette amèrement maintenant que je l’ai vu. Toutes ces années passées sans avoir vu la scène de graissage, et cette bande sonore qui hante mes cauchemars les plus sombres.

Mais on reviendra à Bronson en temps et lieu.

Ma première rencontre à l’écran avec Tom Hardy a été :

L’Ascension du Chevalier Noir (The Dark Knight Rises) :

Note : le titre est en français pour les films que j’ai visionné d’abord en français, en anglais pour les autres. La traduction en parenthèse pour vous donner les deux titres au cas où votre curiosité serait piquée et que vous vouliez trouver un de ces films.

Rôle : Bane.

Bane_Tom_Hardy5

Je n’ai pas grand-chose à dire sur la performance d’Hardy dans ce film. Il fait sa job, et il la fait bien, comme toujours, mais les limites du personnage cachent une grande partie de sa marque de commerce. Hardy a un regard perçant, qui peut être hyper doux, séducteur et attachant, douloureux et triste ou tellement menaçant que vous craignez pour votre sécurité même si vous êtes très conscient que le monsieur peut pas sortir de la tv. Bane ayant le visage caché, on a une idée de la puissance du regard, mais ce n’est pas le potentiel complet de Tommy qui est à l’écran.

Mon jugement est aussi biaisé par le fait que, connaissant les comics, le Bane qu’on a vu à l’écran dans le film de Nolan est…. Disons… décevant.

Ne vous méprenez pas, Dark Knight Rises est un très bon film, je ne fais pas ma comics fan qui pense que tout ce qui n’est pas exactement comme dans la bande-dessinée est automatiquement de la merde, mais Bane dans le comics était tellement plus puissant et brillant. Un adversaire du calibre de Bruce Wayne au niveau intellectuel, un homme très éduqué et réfléchit. Le niveau de langage du Bane de Nolan reflète le personnage d’origine, mais la révélation à la fin que [spoiler] le cerveau de l’opération est Talia al Ghul et que Bane n’est que son sous-fifre brise toute la magie du personnage et l’éloigne totalement de son puissant équivalent sur papier glacé.

Aussi, j’étais TELLEMENT sous le charme de l’EXTRAORDINAIRE Catwoman d’Anne Hathaway que putain, Bane, c’était vraiment pas le centre de mon attention. Bref, je suis ressortie du cinéma avec zéro opinion sur Tom Hardy.

J’entends déjà les cris en arrière « Minute matante, tu dois t’être trompée, Tom Hardy est devenu populaire en amérique avec Inception, t’as sûrement vu Inception avant Dark Knight Rises? » Et bien, non chers lecteurs, je ne suis tombée sous le charme du duo Eames et Arthur (Hardy et Joseph Gordon-Lewitt) que bien plus tard.

Ma seconde rencontre avec Tom Hardy (et celle que je considère comme ma découverte de Tom Hardy) est arrivée totalement par hasard et, comme c’est souvent le cas pour les films qui arrivent par hasard dans une vie, ce fut une expérience superbe.

Un bon vendredi soir d’insomnie, je pitonnais allègrement quand le film de fin de soirée de SRC a attiré mon attention. J’étais à l’époque en pleine obsession sur la série Sherlock et le film mettait en vedette Bennedict Cumberbatch et ce fameux Tom Hardy dont mon cousin Georges parlais si cérémonieusement.

Stuart : une vie à l’envers (Stuart : A life Backwards)

Rôle : Stuart Clive Shorter.

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Le film date de 2007, regardez-moi ces deux baby-faces! Des petites jeunesses! On veut leur pincer les joues! (mais mettre une grosse couche de Purell après, dans le cas d’Hardy, vous allez comprendre si vous voyez le film).

Stuart est un petit film. Un très petit téléfilm, mais une expérience absolument merveilleuse. Le film (et le livre sur lequel il est basé) raconte une histoire vraie, celle de l’auteur (et narrateur du film) Alexander Marsters (Cumberbatch) qui, après que la directrice du centre d’aide aux gens de la rue où il travaille à temps partiel et son adjoint sont injustement condamnés de complicité de trafic de drogue, organise une campagne pour essayer de les faire libérer. Durant la première réunion, il fait la rencontre de Stuart, un sans-abri qui fréquente le centre et qui critique leur idée d’envoyer des livres aux prisonniers, parce qu’ils ne pourront pas les garder « ils ne rentreront pas dans la boîte!! ».

Stuart avertit Alexander qu’il a fait une grosse gaffe en mettant son adresse sur les pamphlets pour la campagne, parce « tu ne sais pas quel genre de bons à riens peuvent aller cogner à ta porte ». Le lendemain, Stuart fait exactement ce qu’il avait prédit, il cogne à la porte de la maison d’Alexander et la conversation qui suit entre les deux va mener non seulement à toutes les idées d’actions pour la campagne, mais aussi à une belle amitié entre ces deux hommes extrêmement différents.

Stuart Shorter a eu une vie de merde, alcoolique, drogué, abusé, battu, handicapé (il souffre de dystrophie musculaire), et emprisonné dans à peu près toutes les prisons juvéniles et adultes d’Angleterre, il a tout pour être suicidaire. Et suicidaire, il est.

J’ai regardé ce film avec fascination. Une histoire si simple, et pourtant si dure en même temps, avec une trame sonore enjouée et douce et des petites scènes animées pour couper tout le triste. On en ressort avec le cœur rempli de toute la merveilleuse complexité de Stuart Shorter, oui sa douleur, mais aussi ses moments de grande sagesse, quand il parles des seins de femmes « Je préfère un rebondi naturel, personnellement, et, s’ils tombent, et ben, ils tombent et c’est tout », et son honnêteté attendrissante et polie « Alexander vous a averti que je suis un alcoolique, un condamné de niveau trois et un voleur? Mais je ne causerai pas d’ennui, promis! Est-ce que je peux avoir une visite de la propriété s’il-vous-plaît? » On voudrait sauver le monde après avoir vu ce film, et on a de la peine et de l’espoir à l’instar d’Alexander.

Le film est disponible en sections sur YouTube, en anglais avec sous-titres anglais. Si l’accent et les expressions slang british ne vous font pas peur, je recommande fortement de voir Stuart : A life Backwards en version originale, mais la version française est très bien aussi.

La performance d’Hardy ici est époustouflante (je pense que je vais utiliser cette expression souvent!). Tout son corps est transformé par la maladie du personnage, sa voix, ses intonations, ses expressions, c’est tout simplement incroyable, pas une seconde on ne voit l’acteur sous le personnage. Stuart est une plaie vive sur deux pattes (physiquement et psychologiquement) et on voit Hardy souffrir son personnage à l’écran.

Tom n’est pas étranger aux démons qui habitent Stuart. Il a failli scrapper sa carrière naissante à coup de drogues et d’alcool dans les années 90, mais il est sobre depuis 2003 et c’est tant mieux.

Avertissement : le language de Stuart est très cru, il y a beaucoup de référence à la violence et une scène de crise en particulier qui est assez heavy (et ce fut ma première, mais pas la dernière, rencontre avec le zizi de monsieur Hardy).

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