Parlons de Brock Turner

Brock Turner est un violeur. Je peux me permettre de l’affirmer, sans détour, car il a été reconnu coupable, de façon unanime, par un jury, de trois chefs d’accusation d’agression sexuelle.

En janvier 2015, Brock a profité de l’état d’ébriété d’une jeune femme pour la traîner derrière un container de vidanges, la coucher par terre sur l’asphalte, lui retirer son cardigan, lever sa robe pour libérer ses seins, lui enlever sa petite culotte, la pénétrer avec ses doigts et j’en passe.

Il serait sans aucun doute allé encore beaucoup plus loin, si deux étudiants suédois qui passaient par là à vélo n’étaient pas intervenus.

Brock a été reconnu coupable, sans l’ombre d’un doute raisonnable.

C’est un fait. Brock Turner est un violeur.

Mais, même avec un jugement de culpabilité, sa victime n’a pas droit à la justice. Le juge a décidé de lui donner une peine bidon de 6 mois avec probation pour « diminuer l’impact d’une sentence complète » (la recommandation de la Couronne était de 6 ans, la peine minimale dans ce genre de cas, la maximale étant de 14 ans), parce que c’était sa première offense, qu’il est jeune et que c’est un champion de nage, qu’il est riche et qu’il est blanc qu’il ne « représente pas un danger immédiat pour le public. »

http://www.theguardian.com/us-news/2016/jun/02/stanford-swimmer-sexual-assault-brock-allen-turner-palo-alto

Sérieusement, on dit aux victimes de parler, de dénoncer, que si on veut que ça change, il ne faut pas garder le silence. Et ensuite, on leur fait traverser l’enfer pendant une ou plusieurs années, et ça fini avec 6 mois avec sursis pour diminuer l’impact d’une vraie sentence. Mais par le fait même, on scrappe encore plus la vie de la victime. Mais fuck la victime, elle avait qu’à pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

La victime de Turner avait des témoins de son agression, des preuves médico-légales, un dossier qui à première vue, semble en béton.

Mais, comme elle était inconsciente au moment de l’agression, son témoignage est irrecevable.

Donc, c’est son agresseur qui est le « seul témoin fiable » des événements précédant le moment où elle a été défendue par les deux cyclistes. Et son récit a changé drastiquement entre le moment où il a été arrêté, et celui où il a appris que sa victime ne se souvenait pas bien des événements.

Mais ce n’est pas suspect du tout ça…

Encore aujourd’hui, même avec un verdict de culpabilité hors de tous doutes, Turner et son père ne parlent que d’une erreur de jugement et de promiscuité causée par l’alcool. Il est complètement incapable de comprendre qu’il est responsable de ses actes et qu’il a fait quelque chose d’horrible. Pour lui, c’est un oups! d’ivrogne, comme s’il avait vomi sur le tapis du salon. On paie pour le nettoyage, on s’excuse et on passe à autre chose. Il est une pauvre victime qui s’est fait attaquer sans raison par deux cycliste enragés pendant qu’il faisait une séance de touche-pipi tout ce qu’il y a de plus normale avec une fille endormie derrière un container à vidange.

Ce con parle même d’aller faire des conférences dans les écoles secondaires pour prévenir les jeunes des dangers de l’abus d’alcool!

Et son père. Oh calisse de tabarnak son ostie d’écœurant de trou de cul de père, Dan Turner, qui fait le tour des journaux en disant que son fils paie « un prix fort pour vingt minutes d’action » et qu’il « n’a jamais été violent, même lors de cette soirée-là ».

La victime avait des bleus et des abrasions partout sur le corps, mais comme elle était inconsciente, ce n’est pas violent?

AVEC UN OSTIE DE NARCISSIQUE DÉCONNECTÉ DE LA RÉALITÉ COMME ÇA POUR L’ÉLEVER, PAS ÉTONNANT QUE BROCK TURNER SOIT DEVENU UN VIOLEUR QUI S’IGNORE.

Vous voulez savoir à quoi ressemble la culture du viol? Lisez la déclaration de la victime à la cour après la sentence. C’est une lecture difficile, mais essentielle. Cette jeune femme est impressionnante par son honnêteté, son courage, sa dignité et sa générosité. Elle me laisse sans voix.

http://www.buzzfeed.com/katiejmbaker/heres-the-powerful-letter-the-stanford-victim-read-to-her-ra

Je lève mon chapeau à sa famille (incluant son conjoint), en particulier sa sœur, qui l’ont soutenue sans faille et, surtout, aux deux jeunes hommes qui, ce soir-là, ont pris la décision de se « mêler de ce qui ne les regardaient pas ». Il faut plus de gens comme eux pour combattre les Brock Turner de ce monde.

Après le procès Ghomeshi, celui de Kesha contre Dr Luke, et 98% d’autres procès pour viols qui se terminent par un verdict de non culpabilité (je vous rappelle que seulement 7% des cas d’accusations de viol se retrouvent devant les tribunaux et seulement 4% des accusations sont fausses) on se dit qu’enfin un jury a crû la victime, et a reconnu un agresseur pour ce qu’il était. Mais même là, encore une fois, c’est la victime qui a payé le prix fort.

Il faut partager, et parler de ce cas, même s’il est dans un autre pays, c’est la même chose ici et vous le savez, ne vous mettez pas la tête dans le sable. Tant qu’on va continuer de protéger l’innocence jusqu’à preuve du contraire de l’accusé (ou l’accusée), sans offrir le même bénéfice du doute à la victime, tant que toutes les excuses sont bonnes pour diminuer la porté du geste, ou pour accuser la victime de «n’avoir pas sû se protéger» (dans le cas qui nous occupe, la consommation d’alcool de Brock excuse son geste, alors que celle de la victime l’aurait mise« en position de se faire abuser») c’est toujours la victime qui va payer, peu importe l’issue du procès.

Je crois à la présomption d’innocence, c’est un principe de base essentiel de notre système de justice. Cependant, dans les cas de violence sexuelle, et ce, peu importe le sexe de l’agresseur présumé et celui de la victime présumée, la victime est considérée comme coupable de mensonge jusqu’à preuve du contraire. Ce n’est pas un défaut de notre système de justice, c’est un handicap de notre société.

C’est la culture du viol, un système de pensé pernicieux qui résulte de l’importance et du tabou simultané qui entourent la sexualité dans notre société. On traite le sexe comme un droit acquis, on banalise les agressions sexuelles dans les œuvres de fiction (le viol est rendu un cliché facile pour choquer le public et provoquer une réaction du héros ou de l’héroïne) et on refuse d’en parler ouvertement de façon sérieuse et intelligente, que ce soit dans les écoles ou sur les réseaux sociaux. On n’apprend pas à nos enfants où se trouve la ligne entre le consentement et l’agression. On excuse avec toutes les raisons possibles et imaginables. Et on trouve toutes les excuses pour diaboliser les victimes : elles cherchent l’attention, elles ont eu une relation consentante, mais elles la regrettent et ne veulent pas passer pour une salope, elles veulent se faire de l’argent etc, etc, etc.

Pour ma part, je crois les victimes, jusqu’à preuve du contraire. Il est absolument possible de faire ça sans pour autant lyncher l’accusé. Il suffit simplement d’écouter, en FERMANT SA GUEULE ET EN GARDANT SES COMMENTAIRES POUR SOI.

Et en évitant de lire ou écouter les imbécilités de mononcles “experts” en agressions sexuelles comme Martineau et Duhaime.

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Keep preaching the Good Word, Tina.

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L’orientation ignorée

Aux États-Unis, la parade de la Fierté est pour la communauté LGBTA, dont les initiales indiquent Lesbians, Gays, Bisexuals, Transexuals and Allies.

Cependant, beaucoup de gens militent pour que le A soit réattribué. Pour Asexuals, Aromantics and Agendered. On garde Agendered pour un autre billet, mais on va parler des deux autres.

Qu’est-ce que l’assexualité? Le dictionnaire ne vous aidera pas, le terme n’est pas encore reconnu. Mais il s’agit d’une absence de désir sexuel.

Non, ce n’est pas une maladie.

Non, ce n’est pas dû à un traumatisme.

C’est une orientation sexuelle, au même titre que l’hétéro, l’homo ou la bisexualité.

C’est rare (entre 1 et 3% de la population), mais pas du tout anormal.

(et je vous encourage fortement a faire la distinction entre inhabituel ou rare et anormal. Ce n’est pas parce qu’on en croise rarement que c’est anormal)

Mais c’est un concept très difficile à comprendre, je sais. Dans une société ou tout tourne autour du sexe le concept même d’une personne qui n’éprouve pas de chatouillis dans les parties intimes (ou qui en éprouve, mais n’a aucun intérêt prendre une action quelconque par rapport à ces chatouillis) semble tout droit sorti d’un roman de science fiction.

Mais je vous jure que ça existe.

Site du Assexual Visibility and Education Network

Comme pour toutes les orientations sexuelles, l’asexualité peut être vécue à différents niveaux. Certaines personnes ont zéro intérêt pour le sexe et les contacts physiques, d’autres ont besoin de chaleur humaine, mais ne sont pas intéressés à avoir des relations sexuelles complètes. D’autres encore vont être en couple avec des personnes sexuelles et avoir des relations sexuelles, mais ce ne sont pas eux qui les initient et ils peuvent facilement s’en passer sans problème. Ils le font par amour et pour partager de l’affection, ce n’est pas pour eux une façon de répondre à un besoin physique ou de soulager un désir. Il y a même des asexuels qui se masturbent régulièrement, pour relaxer, ou soulager une excitation physique, mais n’ont aucun intérêt a une relation avec partenaire. Bref, ce n’est pas seulement une question d’absence de désir physique, c’est beaucoup plus complexe que ça.

Attention, il ne faut pas confondre orientation sexuelle et orientation romantique. Je me définie comme bisexuelle, mais je suis hétéroromantique. Il y a des aromantiques chez les asexuels, mais beaucoup sont romantiques et peuvent être hétéro, homo, bi ou panromantiques.

Je vais vous parler de Elisa Hansen, qui fait des vidéos sous le pseudonyme de Maven of the Eventide. Elisa est très ouverte à propos de son asexualité. Elle se définit comme biromantique et a été en couple régulièrement depuis sa puberté. Elle est mariée et a donné naissance a son fils Grey il y aura bientôt un an.

Elisa aime profondément son mari Paul. Il n’est pas asexuel, mais il comprend son orientation et n’a aucun problème avec. Lorsqu’elle a annoncé sa grossesse, certaines personnes lui ont posé la question « comment peux-tu être tombée enceinte si tu est assexuelle? Avez-vous utilisé la fécondation in vitro? Ou est-ce que tu t’es forcée à avoir une relation contre ton gré? ».

Ok, petit conseil de mantante, je peux tout à fait comprendre que vous vous posiez ce genre de questions, mais, si vous ne connaissez pas très bien la personne, s.v.p. fermez-vous la gueule et mêlez vous de vos affaires. C’est extrêmement indélicat de demander ces choses et à la limite insultant. Si c’est une question que vous ne poseriez pas à un hétéro que vous ne connaissez pas, ben, ne la posez pas au gay, trans, bi, ou a, que vous venez de rencontrer. Et utilisez Google pour répondre à votre question. Je vous garanti que vous allez trouver la réponse à votre question quelque part. Ou posez-là à matante Elise, ça va me faire plaisir de faire les recherches pour vous! 😉

Comme je l’ai dit, Elisa est très ouverte et compréhensive et a donc répondu en détail aux questions. Grey a été conçu de la manière traditionnelle, dans le lit conjugal. Elisa n’est pas intéressée par le sexe, mais elle aime l’affection qu’elle reçoit de son mari et apprécie le fait de se sentir désirée. Ce n’est pas un feu brûlant de passion, mais ça reste quelque chose de beau et d’intime pour elle qu’elle partage avec son mari. Elle ne se sent absolument pas forcée de le faire, et ça ne se limite pas à la procération.

Mais oui, pour certains asexuels, les relations se limitent à la procréation. Deux jours par mois, lors de l’ovulation et on en parles plus dès que la tite tige de plastique indique deux barres.

Le concept d’asexualité commence tout juste à sortir dans la société, les recherches à ce sujet sont donc encore à leurs balbutiement. Et il n’y a pas vraiment d’exemple dans la fiction populaire.

Ah, mais non, en fait, il y en a un qui est très très très connu.

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Sherlock Holmes, dans l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, exprime à plusieurs reprise son manque total d’intérêt pour, non seulement la gente féminine, mais toute forme de romance. Il est proche de Watson, mais toujours décrit comme distant, limite froid.

Bien entendu, ce n’est pas intentionnel de la part de l’auteur. À l’époque, l’asexualité n’existait tout simplement pas. Mais il reste quand même que Holmes est probablement le plus ancien, et le plus connu, des personnages fictif ayant une personnalité se collant de si près à la définition d’un asexuel.

Le personnage de Sheldon Cooper dans Big Bang Theory peut aussi être considéré comme un asexuel. Mais je déteste tellement cette série que je ne vais certainement pas faire des recherches poussées sur le personnage.

(à ceux qui se demandent pourquoi je hais BBT, je vous dirai simplement que pour la geek en moi, c’est la version moderne du petit noir qui pisse sur le parterre devant la maison. C’est cute selon vous, mais ça reste que c’est hyper raciste et plein de préjugés irréalistes insultants. Geek=/= Science et inaptitude sociale limite autistique. Et oui, c’est aussi irrespectueux pour les vrais autistes. Et non, le fait que les auteurs se définissent comme geeks ne rend pas la chose moins insultante. Le personnage de Samuel L. Jackson dans Django était un esclave noir, ça ne l’empêchait pas d’être un des pire racistes de l’univers.)

Dans le monde « réel » la comique américaine Jeanine Garafalo, le chanteur Morissey et le designer Tim Gunn sont tous ouvertement asexuels.

Bref, ce n’est pas un mythe, ce n’est pas une maladie, et ce n’est pas un handicap.

C’est important de parler d’asexualité, même si c’est rare, parce que le 1 à 3 % d’adolescents qui vivent leur pubertés sans les envies de tous leurs compères se sentent brisés, anormal, coincés, voire monstrueux.

Une adolescente dont le chum n’est pas intéressé par le sexe va penser qu’elle est indésirable, ou qu’il est gai l’utilise comme paravent. Son chum va se sentir coupable de lui faire de la peine et n’arrivera pas à lui expliquer ce qu’il ressent. Parce que PERSONNE n’en parles.

Un ado qui ne comprend pas que sa blonde n’as pas envie de lui va se mettre à croire les niaiseries qu’on lui dit a propos des femmes frigides qui utilisent le sexe comme outil de manipulation. Et il peut en venir au point où il va se dire qu’il va la « casser » avant qu’elle ne devienne une féministe frustrée. Qu’elle le veuille ou non. Et la pauvre fille va se sentir comme une frigide monstrueuse et va se mettre à avoir peur des hommes.

Le viol et le suicide sont très élevés dans ce genre de contexte.

Ce n’est pas parce qu’on ne vit pas quelque chose qu’il n’est pas important d’en parler et d’essayer de comprendre. Au contraire, c’est la meilleure façon d’atteindre son potentiel comme être humain.

Encore et toujours, matante vous prêche l’empathie en toute choses.

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L’orientation oubliée

Bonjour, mon nom est Elise Doré et je suis une bisexuelle hétéroromantique avec une libido très active.

Je vous entends d’ici vous demander WTF? C’est quoi une bisexuelle hétéroromantique?

Bisexuelle : attirance sexuelle pour les deux sexes.

Hétéroromantique : intérêt romantique pour le sexe opposé.

Bref, oui j’ai des fourmis dans les culottes quand je vois Emilia Clarke toute nue dans Game of Thrones, et j’en ai aussi quand je regarde Joe Mangianello se déhancher torse nu dans l’allée du dépanneur sur du Backstreet Boys dans Magic Mike XXL.

Mais je ne suis pas intéressée par l’idée d’avoir une blonde. Pas du tout. Mes fantasmes incluent généralement des hommes, mais pas toujours.

Voilà, pas trop compliqué hein? L’intérêt sexuel et l’intérêt romantique ne sont pas toujours mains dans la main et c’est important de comprendre que c’est normal. Aujourd’hui, on va parler d’orientations sexuelles peu connues. Gardez le concept d’orientation romantique en tête, ça va vous être utile plus tard.

Parlons donc de bisexualité, ou comme je l’appelle l’orientation oubliée. Parce qu’on sait qu’elle existe (le B dans LGBT, c’est pas pour banane), mais on oublie tout le temps d’en parler quand on parle de la communauté queer. Lesbiennes? OK, elles sont gaies. Gais? Ben là, c’est dans le nom! Transgenre? Ouais, ils ont leur place dans la parade pas de trouble. Bi? Huh……

Les gens ont beaucoup de difficulté à comprendre la bisexualité parce qu’ils pensent le monde en dichotomie. On ne peut pas avoir les deux, soit on est gai, ou on est hétéro. On ne peut pas être les deux en même temps. Je pense que c’est vrai, mais pas pour la même raison que la majorité des gens pensent. La bisexualité n’est pas être gai et hétéro en même temps, c’est complètement une autre orientation. La plupart des gens pensent que les bi sont des hétéros qui expérimentent ou des gais qui ont peur de sortir du placard.

Bien groupe, ce soir je sors du placard :

J’ai déjà eu des rêves érotiques à propos de ces deux personnes :

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Oh, c’est pas pour Daniel Craig que j’ai hâte à la sortie de Spectre…

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Dieu est bon pour nous, il a envoyé Channing Tatum pour consoler toutes les femmes qui se sont fait chier avec un trou de cul. #SexyJesusDansePourLaverLesPéchésDesHommes

Monica Belluci est une bombe sexuelle. Et vous vous souvenez que j’avais dit que j’étais attirée par les deux membres du couple Tatum/Dewan? Ça vaut aussi pour Tom Hardy et son épouse. Charlotte Riley est tellement belle que j’ai de la misère à respirer quand je la vois.

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Charlotte Riley (épouse de Tom Hardy)

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Jenna Dewan-Tatum (épouse de Channing Tatum)

OK, à voir Monica, Charlotte et Jenna je viens de me rendre compte que j’ai un faible pour les brunettes…

Les médias et la fiction ont aussi souvent tendance à oublier la définition de la bisexualité. Amber Heard n’est plus décrite comme bisexuelle maintenant qu’elle est mariée à Jonny Depp. Et quand Lindsay Lohan était en couple avec Samanta Ronson, elle était lesbienne, mais maintenant elle ne l’est plus. Personne n’a jamais parlé de Anne Heche comme une bisexuelle, quand elle était avec Ellen DeGeneres, elle était gaie, maintenant qu’elle est mariée à un homme elle est hétéro. Parce qu’Alan Cumming est marié à un homme, tout son passé en couple avec des femmes est complètement effacé.

Pardon, mais non. Ces quatre personnes sont bisexuelles. Amber et Alan se débattent tout le temps pour rappeler ce fait aux médias, qui continuent à les mettre dans une boîte hétéro ou homo. La personne avec qui on s’installe ne détermine pas notre orientation. On ne cesse pas d’avoir de l’attirance physique pour d’autres personnes parce qu’on est en couple.

Et c’est sans parler de Piper, le personnage principal de Orange is the New Black qui, selon les scénaristes, passe de hétéro, à lesbienne, à hétéro, à lesbienne. Je suis seulement à l’épisode 8, mais si j’en crois The Mary Sue (et je les crois là dessus) pas une seule fois dans les trois saisons, un personnage ne fait référence à Piper comme bisexuelle. Même pas Piper elle-même. OINTNB est très avant-gardiste sur bien des points, mais pas tous…

Oui, dans certains cas, dans des relations polyamoureuses, une personne bi peut avoir à la fois un chum et une blonde. Mais les bi peuvent aussi être monogames et rester bi. Et c’est sans oublier les fuckés comme moi, qui sont attirés par les deux sexes, mais n’ont pas d’intérêt romantique pour un des deux.

Ah l’orientation sexuelle est un sujet tout en nuances… de l’arc-en-ciel.

Est-ce que je suis en train de vous dire que je vais aller faire la parade de la Fierté l’an prochain? Probablement pas, mais depuis quelque temps, je me suis rendu compte que l’étiquette « hétéroflexible » que j’utilisais pour me décrire est un peu hypocrite. Comme si j’essayais de nier une réalité. Comme si j’avais oublié que la bisexualité existait.

Ou que j’avais peur de porter cette étiquette.

Fuck that shit. I’m here, I’m Bi, you better fucking get used to it.

OK, je voulais aussi vous parler d’asexualité, mais je pense qu’on va garder ça pour plus tard. Je suis un peu fatiguée et je me sens vulnérable, donc on va arrêter pour ce soir.

La semaine prochaine : Introduction au Grand Visionnement 2015 Channing Tatum.

Et probablement un billet sur l’asexualité, parce que c’est l’orientation ignorée et c’est fucking tragique.

Rappel : mon billet sur l’orientation et l’identité sexuelle

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L’empathie et le consentement enthousiaste: La masculinité saine et magique de Magic Mike XXL

Ok, ma meilleure amie Nadia et moi avons décidé de se faire une soirée de filles. Nous sommes allées voir Magic Mike XXL. Nous sommes ressorties du cinéma en flottant.

Je pense que ça fait au minimum 5 ans que j’ai pas vue ma meilleure amie avoir autant de fun.

Ostie que ça fait du bien.

Mais, non, je ne suis pas ici pour vous faire un Grand Visionnement Channing Tatum (quoique c’est pas totalement exclu dans un futur pas trop lointain). Non, je veux vous parler de pourquoi ce film a comblé tant d’ovaires.

Non, ce n’est pas à cause de ceci:

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Oh Matt, mon petit maudit, je t’adore depuis Chuck.

Ou ceci:

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La meilleure scène du film. Hands down.

La raison est hyper simple. Et c’est Antonella qui va vous le dire:

Ce film est fait sur mesure pour les femmes.

Ah putain que ça fait du BIEN!

Vous vous souvenez comment je vous expliquait que l’empathie est le plus puissant des aphrodisiaques?

Channing Tatum l’a compris. Jenna Dewan est chanceuse en tabarnak. (ok, honnêteté complète, je suis 100% volontaire pour une relation polyamoureuse avec le couple Tatum/Dewan. Elle est fucking bandante, et lui… OUF! Bref, si vous cherchez à pimenter votre mariage, Channing & Jenna: realmatanteelise@gmail.com. Just sayin’)

Ok. Ce film est vraiment, absolument, complètement pas intellectuel. C’est sérieusement un film avec zéro cerveau nécessaire.

Mais, mais, mais, mais.

Il est plein de femmes noires.

Il est plein de femmes rondes.

Il est plein de femmes dans la quarantaine.

Et elles sont toutes des REINES.

Pas d’hésitation, pas même une seule seconde, de la part d’aucun des hommes musclés et terriblement sexy de ce film. Pas de joke de grosses, pas de jokes de cougars. Ils sont tous là pour une seule et unique raison: Les faire sourire, leur faire passer un bon moment, les faire se sentir bien dans leur peau.

Putain

de

concept

RÉVOLUTIONNAIRE.

Les putains de stripteaseur/guérisseur de l’âme.

Messieurs, prenez des notes:

Ça n’a rien à voir avec les six packs. Les gars sont beaux, mais un bel égoïste, c’est un total turn-off.

Si vous décidez que la femme que vous voulez est une REINE, pas une princesse pure et innocente, mais une putain de REINE avec des organes génitaux fonctionnels, qui éprouve du plaisir, qui est en plein contrôle de sa sexualité et qui ne cherche qu’à être comblée, je vous GARANTI que plus jamais vous ne dormirez seul sauf quand vous en aurez envie.

  • Une REINE satisfait ses désirs.
  • Une REINE accorde ses faveurs à qui s’en montre digne.
  • Une REINE choisi quand et avec qui elle partage son lit. Et sa décision est FINALE et NON NÉGOCIABLE.
  • Mais il y a d’autres REINES, partout.
  • On ne manipule pas une REINE.
  • On respecte une REINE.
  • Toutes les REINES sont belles.
  • Toutes les REINES méritent le meilleur de leurs rois.
  • Et les REINES savent récompenser ceux qui savent bien les servir comme il se doit.

Oubliez la merde des Pick-up artists.

Ne soyez pas des chasseurs en quête de proies.

Soyez des strip-teaseurs au service des REINES.

Et toutes les Andie MacDowells du monde vous laisseront essayer leur pantoufles de verre.

De plus, dans Magic Mike XXL, on nous montre des exemples d’hommes on ne peut plus masculins, mais tellement loin de l’idée traditionnelle du mâle. Ok physiquement, ils sont totalement dans le main stream. Mais laissez moi vous exposer quelques points qui, à mon avis, sont un excellent exemple de masculinité saine:

  • Quand Mike dit à Ken de le frapper pour passer sa colère, ça ne fonctionne absolument pas.
  • Ritchie veut donner dans son spectacle le total romantisme à ses clientes: mariage avec fleurs et gros diamant, et nuit de noce dans un sling sur du Nine Inch Nails. Mais c’est SON fantasme à lui.
  • Tito a des ambitions quétaines, mais Mike l’encourage et lui offre même son aide.
  • Andre et Ken apprécient le fait qu’ils font du bien au monde.
  • Tarzan s’ennuie de Mike et n’as pas peur de l’admettre.
  • Malik ne se sent pas intimidé par l’autorité de Rome, sa blonde.
  • TOUT LE MONDE BAISE LES PIEDS DE ROME ET PERSONNE NE SE FAIT TRAITER DE MAUVIETTE POUR ÇA.
  • La scène de strip tease la plus hot du film a lieu dans un dépanneur, au son d’une toune des Backstreet Boys, au profit d’une jeune fille boulotte à l’air hyper bête. (Elle sourit à la fin, pendant que nous on hurle dans la salle). Et tous les gars sont dans la fenêtre à encourager Ritchie de bon coeur.
  • Ken est sérieusement en contact avec l’univers. Genre avant longtemps, il va se mettre à léviter. Tous ses amis acceptent ce fait et embarquent dans ses lubies créatives sans même sourciller.
  • Mike essaie d’encourager ses copains à se trouver eux-même, plutôt que de leur dire quoi faire.
  • Mike n’est pas dans une bonne passe, il le sait et décline donc une super chance de se tapper Zoe la photographe bohémienne bisexuelle (jouée par la super belle Amber Heard, faque c’est pas un petit coup qu’il passe, c’est une bombe). Il passe son tour et évite les regrets. Personne ne remets sa décision en question ou lui dit qu’il a raté un bon coup.
  • Le vagin large d’Andi MacDowell est une pantoufle de verre pour le gros pénis de Ritchie!!!!!!

Un dernier point que ce film souligne, c’est l’univers des travailleurs du sexe dans une optique positive. Tout ce que je vous ai dit sur comment ils traitent toutes les femmes comme des Reines? C’est du service à la clientèle (mais hé, pratiquez-le à la maison aussi, c’est plus le fun de se faire servir son assiette avec un sourire qu’on soit chez soi ou au resto ok?).

Contrairement au premier film, il n’y a pas de shady boss pour planter un couteau dans le dos aux danseurs. Pas de petit jeune abitieux, pas de vedette. Juste des gars qui aiment leur job, parce qu’ils sont bons dans ce qu’ils font, que c’est un exutoire à leur créativité, voir une façon de vivre leur vie de rêve sur le stage et qu’ils rendent plein de femmes heureuses tout en se faisant de l’argent. Le job idéal. Ken et Andre parlent d’être des guérisseurs de l’âme et c’est pas loin de la vérité.

Je suis allée dans un bar de danseurs, j’ai eu droit à une danse privée. Et plus d’une décennie plus tard, j’ai encore de super souvenirs de Ricky le danseur qui a tellement eu d’effet sur ma cousine Michelle qu’elle a failli me casser les doigts à force de serrer ma main.

C’est dommage qu’il n’y ait pas ce genre de démonstrations des travailleuses du sexe au cinema. Les strip-teaseuses dans les films sont toujours des mères qui n’ont d’autre choix et qui se sentent coupable et dégradées par leur job. Ou des droguées qui se mettent nues pour leur fix. Et elles sont toujours en compétition les unes avec les autres. La société mets un énorme stigmate sur la sexualité professionnelle et c’est du gaspillage pur et simple. (billet à venir: la pute: pillier de société qui mérite votre RESPECT)

Si on cessait de voir les travailleurs du sexe comme de la vermine et le sexe comme dangereux, on serait beaucoup mieux comme société.

Mais ne me croyez pas sur parole, écoutez plutôt l’opinion d’un ancien danseur exotique:

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Yep!

Matante Elise Out.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

La licorne facile.

Je me suis récemment fait accuser de défendre les filles faciles.

Euh, c’est pas vraiment l’accusation du siècle, ni une insulte, parce que c’est totalement vrai. Oh que oui Matante défend les filles faciles, et comment!

Je l’ai dit et je le répète, le féminisme auquel j’adhère est sexuellement positif. Je suis totalement contre les systèmes de pensée misogynes qui régulent la sexualité féminine en disant que la valeur d’une personne est en relation avec le nombre de partenaires sexuels qu’elle a eue dans sa vie. Plus précisément, que la valeur d’un homme augmente à chaque « conquête » et celle d’une femme baisse à chaque « reddition ». Je revendique le droit aux femmes d’avoir une sexualité désinvolte si elles le veulent et aux hommes d’avoir peu de partenaires si ça leur chante.

Parlons donc de la fameuse fille facile et du « danger » qu’elle pose à la société qui « justifie » toute la haine qu’on lui porte.

Alors, une fille facile, contrairement à une guidoune, ne fait pas que s’habiller sexy et flirter, elle livre la marchandise. On parles ici de la Marie-couches-toi-là. Celle qui, comme la rue Principale, se fait passer dessus par tout le monde.

Premièrement, des filles comme ça, c’est TRÈS rare. Oh ça existe, mais j’en ai pas encore rencontré qui n’avaient aucun standard et couchaient vraiment avec tout le monde. En général, même les filles les plus faciles que j’ai croisé dans ma vie avaient certaines exceptions. Mais mettons que cette Licorne cochonne existe vraiment. Quel serait donc le problème avec elle?

(Tous mes arguments valent aussi pour les « players » les hommes faciles, tant qu’ils ne sont pas des agresseurs sexuels déguisés. Consentement, consentement, consentement.)

1- Elle couche avec tout ce qui bouge.

Est-ce qu’elle viole qui que ce soit? Non? Ok, il est où le problème d’abord? Adultes consentants, donc c’est pas de vos affaires. Et en ayant plusieurs partenaires, elle acquiert de l’expérience et une bonne connaissance de son corps et ses désirs ce qui ne peux que lui servir dans le futur.

2- Elle va vous voler votre chum.

Non, elle cherche un trip de cul, pas un chum. Et si je reviens à l’argument des adultes consentant, ben, si elle couche avec votre chum, l’écœurant de l’équation c’est pas mal plus lui, et c’est tant mieux si elle vous a permis de voir son vrai visage tout de suite plutôt que dans 15 ans après trois enfants. Donc, merci fille facile!

3-Elle corrompt la jeunesse.

Là vous l’accusez de pédophilie et c’est un peu fort, on se calme calvaire!

4-Non, non! On veut dire qu’elle donne un mauvais exemple à la jeunesse.

Ah, ok, parce que c’est elle qui élève vos enfants! C’est elle qui leur apprend la différence entre le bien et le mal! Et cacher la sexualité aux enfant c’est la meilleure façon pour eux de prendre des décisions réfléchies et adultes par rapport à leur sexualité le moment venu. (je pense que je viens de péter mon sarcasme-o-mêtre)

Après tout, les endroits en Amérique du Nord où le taux de grossese chez les adolescentes est le plus élevé sont ceux où il n’y a pas d’éducation sexuelle dans les écoles. Et les endroits où il y a une éducation sexuelle complète, les jeunes perdent leur virginité en moyenne beaucoup plus tard.

Ce qui prouve que parler aux enfants du sexe les encourage à avoir du sexe jeune comment déjà?

5- Elle ne se respecte pas.

Expliquez-moi ça. Non sérieux, si vous mettez de côté l’idée qu’une femme n’a de valeur que lorsqu’elle est vierge, (parce que cibole on est en 2015, arrivez en ville) comment une femme qui couche avec plusieurs hommes ne se respecte pas? Je ne parles pas d’une victime d’abus, je parles d’une adulte qui a des relations sexuelles consentante avec plusieurs partenaires. Un gars qui fait la même chose est un player, il a la touch, c’est un séducteur, il a de la game. Mais une fille ne se respecte pas?

Moi je pense le contraire, elle respecte ses besoins et ses envies et elle découvre sa sexualité selon ses critères et non pas ceux de la société. Ses partenaires ne sont pas là pour lui enlever de la valeur, au contraire, ils lui font tous découvrir un nouvel aspect de sa sexualité, même une baise plate nous informe sur ce qu’on n’aime pas au lit.

6- Elle est pleine de maladies.

Qui vous a dit ça? Avez-vous son bilan médical?

Et si c’est le cas, c’est parce que les gars avec qui elle couche ne pensent pas à se protéger non plus, donc c’est un blâme qui se partage à deux. La contraception n’est pas l’obligation d’un seul partenaire et si tu couche avec une fille sans protection, ben assumes les conséquence comme un adulte. Anyway, les filles sexuellement aventureuses sont en général assez brillantes pour savoir comment éviter les MTS, probablement plus que celles qui se pensent tellement meilleures parce qu’elles ont acheté la bouillie sociale qui leur dit que le sexe est un acte à ne pratiquer qu’avec son « vrai amour » et que « quand on aime, on se fait confiance » donc on a pas besoin de se protéger.

6-Elle est incapable d’avoir une vraie relation.

Bullshit. La sexualité d’une personne est en constante évolution et une fille qui explore ses options n’est pas condamnée à passer sa vie en one night stands. Un moment donné, elle peut très bien changer d’avis et avoir envie d’un chum stable. Ou non, et c’est franchement pas un problème tant qu’elle ne fait de promesse à personne.

Le mythe de la Mauvaise Fille est un mécanisme patriarcal misogyne. C’est une facette très populaire du Girl Hate qui encourage les femmes à se voir comme des compétitrices pour les faveurs masculines. C’est une idée qui découle du mythe que les femmes bien n’aiment pas le sexe et qu’elles doivent limiter l’accès au sexe des hommes pour pouvoir les garder sous leur contrôle. Encore une fois, cette idée encourage aussi le préjugé que les hommes sont des animaux sans contrôle de leurs actions et que c’est donc aux femmes que revient toute la responsabilité de sauvegarder leur moralité en leur bloquant l’accès au sexe.

Ce mythe encourage l’idée que certaines personnes peuvent perdre leur titre d’humain décent parce qu’ils ont une sexualité active et consentante. Si une femme qui est étiquetée comme facile ne se respecte pas, on a pas à la respecter. Si elle est une conne qui couche avec TOUT LE MONDE elle n’as pas le droit de refuser. Si elle dit non, c’est une insulte personnelle et elle doit payer. Si elle se fait violer, c’est de sa faute.

Et on en reviens à mon cheval de bataille officiel, la culture du viol. Parce que le vrai danger du mythe de la fille facile, c’est que c’est une Licorne. La fille facile qui est vilipendée partout, elle n’existe pas. Il y a des filles qui ont une sexualité active, il y a des travailleuses du sexe, mais des filles qui ne disent JAMAIS non à personne, ça n’existe pas.

Insinuer qu’une fille couche avec tout le monde est par défaut un mensonge. Et ce mensonge est utilisé tellement souvent pour excuser des actes inexcusables. Retah Pearson, Audrey Potts et la victime de Stuebenville ont été traitées de filles facile pour justifier le viol qu’elles ont subi et pour essayer d’innocenter leurs agresseurs. L’un des auteurs du viol collectif à Delhi en 2012 a dit à une journaliste de la BBC que les filles bien ne se promènent pas dehors le soir, que les mauvaises filles ne devraient pas résister quand on les violent et qu’elles ne devraient pas dénoncer leurs violeurs, sinon, les hommes n’auront pas le choix que de les tuer pour éviter la prison.

Ça c’est l’extrême, mais c’est le même système de pensée.

Donc, si je trouve que votre insinuation que la voisine d’à côté ou « kkun qu’on connait » est une fille facile n’est pas du tout drôle, c’est pas que j’ai pas d’humour, c’est que c’est pas une joke, il y a des gens qui en sont morts.

Et tant que la « joke » servira aux mean girls et aux imbéciles pour se donner une simili supériorité morale, le mythe va se perpétuer et la sexualité va rester un tabou sale qui n’est que pour les personnes sans valeur. Et une personne sans valeur n’est qu’un objet, on a pas à lui demander son avis avant de s’en servir.

Oh que oui je défend les filles faciles. Il y a rien de mal à être une fille facile. Je les préfères 100 fois aux fausses prudes méchantes qui perpétuent la honte et utilisent l’humiliation comme une arme de destruction massive.

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Fais-moi mal! (Introduction au kink)

« Dirty babe!
You see these shackles baby I’m your slave,
I’ll let you whip me if I misbehave,
It’s just that no one makes me feel this way…” 

-Justin Timberlake, “SexyBack” FutureSex/LoveSounds (2006)

Je voulais écrire sur le BDSM (Bondage and Discipline / SadoMasochism) et les relations Dominant/soumis (D/s) cette semaine, avec la sortie de “50 Nuances de FUCK NO” en salles samedi prochain. Mais mes recherches des dernières semaines m’ont fait découvrir 2 choses :

1- “50 Nuances de Propagande Puritaine” est un livre encore plus tordu et toxique que je pensais. (et on parlera pas des suites, qui sont pires)

2- Il y a tellement de choses à dire et tellement plus dans une relation D/s que les trips de chambre à coucher, c’est un sujet ÉNORME et je ne me sens pas de taille à vous faire un exposé complet.

Je vais donc continuer à me renseigner plus avant de vous faire un (ou 12) cours 101 sur le BDSM. (Et je vais probablement continuer à régulièrement insulter E. L. James et ses personnages sur Facebook au cours de ces recherches, désolée, c’est plus fort que moi, vous savez combien Matante a les préjugés et la désinformation en horreur!).

Cela dit, amateurs de sensations fortes, vous ne serez pas entièrement laissés sur votre appétit. On va vous donner une tite introduction au kink en général et au BDSM en particulier.

Note : la majorité des infos que je vous donne ici viennent du twitter et du blogue de Arden Leigh, qui est une “service submisive” et une ancienne dominatrice professionnelle (@ardensirens, http://ardenleigh.typepad.com/) de ceux de Dr Nerdlove, qui en sait un peu plus long que moi, mais est tout comme moi, très transparent sur son degré d’ignorance (@DrNerdLove, www.doctornerdlove.com), mais surtout, du livre de l’éducatrice sexuelle Midori “Wild Side Sex : The Book of Kink: Educational, Sensual, And Entertaining Essays”.

“Book of kink” est un livre superbe, sous forme d’essais parfois techniques, philosophiques ou de scènes érotiques qui ouvrent une porte sur le monde du kink d’une façon ludique et fascinante. Je recommande fortement, mais soyez avertis, ce n’est pas pour les sensibles, on y parle de domination, de douleur érotique, de sexe en publique, de golden showers et autres pratiques non traditionnelles, vous devez écarter tout jugement de votre tête avant de le lire. 10 $ en version kindle sur Amazon, pas cher du tout. Lien Amazon 4 étoiles Matante Elise.

Tout d’abord, le kink est un terme englobant tous les intérêts sexuels en dehors de la définition du “sexe vanille”, le sexe vanille étant toutes les pratiques sexuelles considérées comme normales par la société. Le kink comprend les pratiques sadomasochistes, la domination, le role-play sexuel, l’échangisme, toutes les formes de fétichisme, le bondage et j’en passe. (Non, l’homosexualité n’est pas un kink, arrivez en 2015 Calvaire.)

Quelques personnes comparent le kink à une orientation sexuelle. Je pense pour ma part que c’est plus ou moins vrai. Pour certaines personnes, il s’agit de leur façon de vivre, par exemple les D/s qui vivent leur mécanique sur une base 24/7. Pour certains, c’est la seule forme de sexe qui les intéresse. Pour d’autres, c’est un complément à leur sexualité et une façon d’échapper à la pression de la vie quotidienne, le sexe vanille étant tellement intrinsèquement tissé de conventions sociales, le kink est leur petite île où échapper aux exigences de la société. Pour d’autres, c’est une pratique ponctuelle, pour épicer la vie de couple et approfondir leur intimité. On ne peut donc pas étiqueter une personne de Kinky, pas plus qu’on décide du degré d’homosexualité d’une personne. Chacun a ses propres limites et ses propres goûts et pour certains, l’intérêt pour le kink peut être de 0 %, et c’est très normal. Pour d’autres, il peut être de 80 % et c’est tout aussi normal. Bref une échelle de Kinkyness semblable à celle de Kinsey sur l’orientation sexuelle serait probablement appropriée.

Ce qu’il faut tout d’abord comprendre, c’est que dans le kink, comme dans toute forme de pratiques sexuelles, l’improvisation n’est pas vraiment la meilleure façon de fonctionner. Un peu de spontanéité peut être hot, mais trop d’histoires de gens qui se sont retrouvés dans le trouble parce qu’ils ont essayé de faire leur petit “50 Shades” sans se renseigner, ou pire en prenant le livre comme exemple (sérieux, le bondage avec des attaches à câbles? Calvaire, tu veux qu’elle se ramasse à l’urgence avec des nerfs détruits ou qu’on doive lui amputer une main?) tapissent les émissions de “What the fuck is wrong with you?” toutes les semaines. Si votre kink se termine au poste de police (comme ce couple qui voulait jouer un scénario de kidnapping DANS LE PARKING D’UN MC DONALD) ou nécessite l’intervention des pompiers (comme la jeune femme russe, qui s’est retrouvée la tête prise entre les barreaux de la rambarde lors d’un doggy style dans l’escalier de son bloc-appartement) ou finit à l’urgence (un hôpital de Grande-Bretagne publie chaque année une liste des différents objets coincés dans différents orifices qu’ils ont retirés dans les 12 derniers mois, à la fois drôle et horrifiant), vous ne vivez pas bien votre kink. La sécurité et le bien-être des deux partenaires doit être votre souci numéro deux (le consentement est et restera toujours le numéro un, mais j’y reviendrai.) et les sex-shops regorgent de toutes sortes d’accessoires faits expressément pour assouvir votre soif de kink de façon sécuritaire et agréable. La majorité des sex-shops ont des sites internet avec peu de frais de livraison et des boîtes discrètes, le facteur ne saura même pas que vous avez acheté un fouet et un masque à zipper, donc ne me sortez pas la gêne comme excuse, franchement, c’est totalement ridicule. Et si vous avez les moyens de vous payer des consoles de jeux vidéos et un écran HD, vous avez un 30 $ pour un buttplug de qualité, rentrez les toys dans votre budget divertissement. MATANTE A PARLÉ!

Votre soif d’aventure s’arrête là où le bien-être des autres commence. Je parles ici de consentement INFORMÉ ET ÉCLAIRÉ (et non pas manipulé et imposé) des DEUX partenaires, mais aussi de garder en tête la présence d’autres personnes, si votre kink implique un endroit public. N’oubliez pas que la grossière indécence est un crime, tenez-en compte dans le choix de votre endroit (moins de chance qu’on appelle la police si vous baisez dans les toilettes d’un bar que dans celles du Tim Hortons) et, peu importe où vous le faites, essayez d’être discrets. Votre vie sexuelle ne concerne pas tout le monde dans la bâtisse ou le quartier. Le thrill après tout, vient du fait de ne pas se faire prendre pendant qu’on se fait prendre…

Certaines personnes croient que les scénarios de Dominance-soumission et l’utilisation de la douleur dans un contexte sexuels peuvent encourager les relations abusives. Je ne nierai pas qu’il y a des agresseurs qui peuvent utiliser le BDSM comme excuse (E.L. James en a un parfait exemple dans son livre et elle le fait passer pour un héro romantique, la conne…). Cela étant dit, ne vous méprenez pas, si le BDSM n’existait pas, ces gens seraient abusifs quand même. La proportion n’est pas plus élevée qu’ailleurs. Et à la base, la culture BDSM est extrêmement respectueuse ouverte et égalitaire (ouais, je sais c’est paradoxal quand on parle de soumission et d’humiliation comme étant des parties intégrantes de l’expérience). Laissez-moi vous expliquer avec l’exemple de Midori, qui compare la relation D/s à un tango, et je trouve le parallèle excellent. Il y a un leader et un suiveur, leurs rôles sont très bien déterminés, mais ils sont 100 % égaux dans la danse et la danse ne peut être bien exécutée sans leur collaboration libre et consentante. Si un des participants est crispé et danse à corps défendant, le tango ne fonctionnera pas. Mon amie Johanne, qui est une amatrice de Salsa (la danse, pas la trempette) a toujours dit que le gars mène la danse, mais c’est sa job de faire bien paraître sa partenaire, de la mettre en valeur et de s’assurer qu’elle s’amuse à danser. C’est exactement comme ça qu’une relation BDSM saine doit fonctionner. Encore et toujours, un consentement libre et éclairé est essentiel à une relation réussie.

Certaines études disent que la pratique du bondage aide à faire baisser le taux d’anxiété et on sait déjà que la réponse neuronale à la douleur est très proche de celle du plaisir, ce qui peut expliquer l’intérêt pour le masochisme. L’intérêt pour la sexualité hors-norme n’est pas le résultat d’abus dans l’enfance (ok E.L. James???) ou le signe d’un problème psychologique (le DSM V a enfin retiré le BDSM de sa liste troubles de nature sexuelle, en faisant la disticntion entre le comportement et la pathologie.) Beaucoup de soumis parlent avec enthousiasme de la liberté qu’ils ressentent à abandonner le contrôle et d’avoir des règles claires et précises sur comment satisfaire leur Maître, contrairement a l’anxiété d’avoir la responsabilité libre et sans contrainte du plaisir d’un autre. Pas besoin d’essayer de lire dans les pensés de son partenaire, tout est clairement expliqué, dans les détails, une énorme pression en moins. (Hé! vous vous souvenez des 300 000 fois où je vous ai vanté les vertues d’une communication franche et claire dans la chambre à coucher?) Les dominants ont en général pour objectif de contrôler leur partenaire dans le but de le faire jouir, et non pas pour leur plaisir personnel. Ils obtiennent leur satisfaction à voir l’abandon et le plaisir de leur soumis, et non pas dans la prise de pouvoir en tant que telle. C’est là qu’est la clé d’une vraie relation D/s et c’est cette subtilité que Monsieur et Madame tout le monde ne comprennent pas. Même dans le cas des esclaves de services (où le kink se base dans une soumission de service hors de la chambre à coucher dans l’exécution de tâches pour satisfaire le Dominant) le soumis offre ses service comme preuve d’amour et de dévotion, comme on offre un bouquet de fleurs à sa copine. Les fleurs en tant que telles n’ont pas d’importance, c’est le symbole qui compte. Le temps qu’un soumis passe à cirer les bottes de son Maître est un symbole d’affection et un bon Dominant va comprendre ce principe, le respecter et y répondre. La D/s n’est pas une pratique abusive en soit, comme toute interaction sociale, elle est dépendante des intentions des participants. Et ici, comme dans toute forme de sexe LA PORNO N’EST PAS LA RÉALITÉ OK????

Le kink peut devenir un art de vivre complexe, et la communauté est très active, il y a des dizaines de livres sur tous les sujets. Il y a aussi, pour les sérieusement investis, des colloques où on peut aller suivre des formations sur les protocoles de mises en collier (le port d’un collier style “collier-de-chien” par le soumis est souvent considéré comme le signe officiel du début d’une relation D/s), sur l’art du fouet érotique, le bondage, les pinces, le sexe en publique et toutes sortes d’autres sujets concernant la sexualité hors-norme. Il n’est pas absolument nécessaire de faire un cours pour devenir un Dominant ou un soumis, ou pour apprendre à fouetter votre chum dans la chambre à coucher, mais de grâce, n’improvisez pas non plus. Il y a plein d’informations techniques sur internet, et si vous voulez en savoir plus, je vous recommande d’aller jeter un coup d’oeil sur le site KinkAcademy. Vous y trouverez plein de vidéos instructifs et des forums ou des pratiquants peuvent vous donner des trucs pour vous laisser aller dans la joie et le plaisir.

Je parlerai plus en profondeur de certains aspects du BDSM dans de futurs billets (les différents concepts comme la récompense retardée, l’intérêt du système de punition et comment le protocole et la prise de contrôle sont des excitants), mais ce sera tout pour aujourd’hui.

Et si votre intérêt n’est que fantasmique, c’est très bien aussi, mais au lieu de lire la bouillie mal informée de E.L. James, lisez donc les classiques du Marquis de Sade, ou la série des mésaventures de La Belle au Bois dormant d’Anne Rice, ou encore le livre The Boss, d’Abigail Barnett (en anglais seulement, mais gratuit en format Kindle sur Amazon, je recommande fortement, j’ai adoré, et à ce prix là, même si vous décidez que c’est pas votre truc, c’est pas grave!).

Et le 20 $ que vous vouliez mettre pour aller voir « 50 Shades » en fin de semaine? (oui 20 $ essayez-pas, je sais que vous alliez prendre le méga sac de M&Ms et un petit coke). Mettez-le donc de côté pour un achat futur de Ball gag ou de palette à fessée à la place, ou encore mieux, donnez-le à un organisme qui s’occupe des victimes de violence conjugale, comme cette pauvre Anastasia.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Girls don’t want you to have fun.

Je suis tombée sur cet article hier:

Une blogueuse chrétienne (oui ça a rapport, c’est pour ça que je le précise) explique sa décision de cesser de porter des pantalons de yoga et des leggings en public.

En gros, après une conversation entre filles, elle a « découvert » que le port de pantalons trop serrés en public pouvait encourager les pensées impures des hommes autour d’elle et ça lui pesait sur la conscience. Ça entrait en conflit avec ses valeurs morales et elle avait le sentiment que Dieu lui indiquait qu’elle devait changer son comportement.

De un, ce n’est pas à moi (ni a vous en passant) de juger de ce qu’une personne peut ou non porter en public. (Un petit rappel de mon billet sur les « guidounes » serait de mise ici, si vous ne l’avez pas lu.) Vous voulez mettre une mini-jupe et un top à peine plus gros qu’un soutien-gorge? Go for it! Vous vous sentez plus à l’aise en jeans avec un coton ouaté turquoise avec une grosse tête de loup dessus? C’est parfait (ok, c’est très quétaine, mais si t’aimes ça, ça ne me fait pas mal à moi personnellement)! Eh oui, ça veut aussi dire que j’ai rien à foutre que tu portes ton hijab si ça te fait plaisir. Si je n’aime pas ce que t’as sur le dos, la solution parfaite est très simple: pivoter le cou de 45° et regarder ailleurs! Problème réglé!

Donc, si la tite madame se sent mal à l’aise dans son leggings en public, c’est de ses affaires. Ce qui me gosse là dedans, c’est le fait que son texte perpétue l’idée selon laquelle les femmes doivent s’habiller de façon modeste pour éviter de provoquer la concupiscence masculine.

*SOUPIR*

Non.
Nee.

No.

Niet.

On ne peut, ni ne doit, pas contrôler les pensées et pulsions des hommes. C’est terriblement sexiste de penser ainsi.

Sexiste envers les femmes qui sont réduites à des objets qui ne servent qu’à la satisfaction sexuelle et donc doivent s’effacer le plus possible en dehors de la chambre à coucher.

Ah la belle occasion de vous remettre mon imitation d'une poupée gonflable!

Ah la belle occasion de vous remettre mon imitation d’une poupée gonflable! Sweet dreams!

Sexiste envers les hommes qui sont réduits à des bêtes sauvages incapables de contrôler leurs pulsions et leurs pensées et qu’on doit donc maintenir éloignés de toute tentation.

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Le gros méchant loup va te manger. Non pas « manger » dans ce sens-là…

On déresponsabilise encore une fois les hommes en leur disant que si une fille est habillée sexy, c’est un free pass pour l’achaler et la harceler, voir, abuser d’elle. On culpabilise les femmes en leur disant que si elles se font taponner par un cochon dans le métro, c’est leur faute à elles.

C’est aussi un stéréotype de négativisme sexuel et une vision réductrice du désir. En effet, dans son texte, la dame affirme en avoir parlé avec son mari et que celui-ci a admis que c’était difficile de ne pas regarder une fille en leggings sans avoir des pensées croches. Et avoir des pensées croches pour quelqu’un avec qui on n’est pas en couple, c’est un gros péché…

OK, avalez votre gorgée de café parce que matante va encore une fois vous sortir une vérité qui va chambouler votre monde : AVOIR DES FANTASMES OU ÊTRE ATTIRÉE PAR QUELQU’UN D’AUTRE QUE VOTRE CONJOINT, C’EST PAS NÉCESSAIREMENT MAUVAIS POUR LE COUPLE SI VOUS AGISSEZ COMME DES ADULTES.

Oui, je sais que la Bible parle de ne pas convoiter la femme de ton voisin, mais c’est l’Ancien Testament, Jésus lui parle d’amour et de respect et il a pardonné à la femme adultère donc, tirez-en les conclusions que vous voulez.

Rêver que tu couches avec quelqu’un d’autre, ce n’est pas tromper ta blonde. Regarder les fesses du voisin cute pendant qu’il passe la tondeuse, ce n’est pas tromper ton chum. La monogamie, c’est de choisir de NE PAS PASSER AUX ACTES. Le défi d’un couple monogame, c’est l’habitude ou la monotonie. Fantasmer sur autre chose, tant qu’on est conscient que c’est simplement un fantasme et qu’on n’en fait pas une montagne, c’est assez normal et plutôt sain. Bien entendu, comme dans toutes choses dans la vie, la modération a bien meilleur goût. La culpabilité inutile est un fléau des sociétés judéo-chrétiennes et un détournement des vrais enseignements du Christ.

Le gars ou la fille qui vous dit qu’il n’a d’yeux que pour vous et que depuis qu’il ou elle vous a rencontré, il ou elle n’est attirée par personne d’autre est en train de vous mentir. (Exception : oui c’est comme ça au début de la relation, durant la période « lune de miel », mais ça ne dure pas). Ce n’est cependant pas un mensonge méchant, c’est le résultat de la bouillie de merde qu’on nous sert comme idéal romantique partout dans la société, si tu es attiré par une autre personne, c’est parce que ton partenaire n’est pas « le bon », celui avec lequel tu es censé passer le restant de tes jours. Foutaises. « Le bon » partenaire n’est pas en train d’attendre que tu le rencontres, c’est joli comme idée, c’est romantique, mais dans la vraie vie, « le bon » partenaire, tu le CHOISIS. Tu apprends à le connaître, il te plaît, vous avez des buts communs, tu t’attaches et tu construis une vie avec lui à coup de communication et d’ajustements, des fois ça dure longtemps, des fois moins, mais il n’y a pas qu’une seule et unique personne avec qui tu es destiné à vivre jusqu’à la fin de tes jours. Il faut briser le système de pensée qui nous fait sentir coupable d’avoir des papillons dans le fond de culotte pour quelqu’un d’autre que son conjoint et aussi cesser de péter une crise de jalousie quand notre conjoint dit que la voisine d’en face est jolie. (Ça n’empêche pas que vous utilisiez un langage poli, messieurs, il y a une différence entre « elle est jolie/sexy » et
« je la fourrerais drette-là ».)

Cela étant dit, on a aussi une belle occasion de parler de slut shaming (encore, j’en parle beaucoup, mais c’est partout, alors, attendez-vous à en entendre parler encore souvent). En effet, on a ici un bel exemple de la mécanique. Je dois éviter de porter des vêtements trop collant en public pour éviter de donner des idées aux hommes. Parce que si les hommes ont des fantasmes sur moi, c’est MA faute. On dit encore une fois que les femmes sont responsables de l’attitude sexuelle des hommes. Si une femme s’habille sexy, elle attire la concupiscence et est plus à risque de se faire agresser.

NOTE IMPORTANTE: je n’accepterai AUCUN commentaire suggérant que l’habillement d’une femme QUEL QU’IL SOIT encourage les agresseurs sexuels. Pas de « oui, mais ». NO. C’est purement et simplement faux. Les femmes qui se font violer sont de tout âge, toutes races, toutes apparences et tous styles confondus. Il y a autant de viol (sinon plus) en burka qu’en bikini. Même si elle se promène sur la Main flambante nue avec un tatouage qui dit « baise-moi » direct sur le mont de vénus, ça ne vous donne pas un free pass pour lui sauter dessus et la prendre sans son consentement. Ce n’est pas à la victime de ne pas se faire agresser, c’est à l’agresseur de ne pas agresser, point final. Si vous suggérez dans les commentaires qu’une fille peut provoquer son agresseur par la manière dont elle était habillée, je n’argumenterai pas, je n’essayerai pas de vous convaincre, je vais bloquer le commentaire purement et simplement (ça vaut pour les commentaires sur Facebook aussi). Mon blogue est un endroit de discussions et d’échanges et je suis ouverte d’esprit, mais ce n’est pas une démocratie ni un bien publique, et je n’accepterai AUCUN slut shaming ou victim blaming dans mes commentaires, point à la ligne. La limite est là, vous l’avez vue, si vous êtes intelligents (ce que vous devez être, puisque vous lisez ce blogue!) vous ne la testerez pas.

Oui, c’est vrai que parfois une femme va s’habiller d’une certaine façon dans le but d’attirer l’attention masculine. Quand elle sort dans un bar par exemple. C’est la même chose pour les hommes, vous n’irez pas à une soirée de speed dating habillé en chienne de garage pleine d’huile, enfin, en général, il y a des exceptions à toutes les règles, mais en général, vous allez vous raser, mettre une chemise et un pantalon propre et en bon état et souvent, une touche de gel dans les cheveux et un spritz d’aftershave. C’est la même chose pour ces dames. Oui parfois elles s’habillent sexy dans le but très clair de ramener quelqu’un à la maison pour une partie de jambe en l’air, c’est vrai, je ne le nie absolument pas. Cela étant dit, d’assumer qu’une fille est prête à coucher avec VOUS en particulier, juste parce que sa craque de sein est à l’air, c’est très  sexiste. Oui elle cherche peut-être à attirer un homme, des fois c’est quelqu’un de très spécifique qui sera à cet endroit à ce moment, des fois ce n’est personne en particulier, mais avant de vous fruster si elle ne répond pas à vos avances et de lui sortir, « ben si tu ne veux pas te faire cruiser, t’as juste à ne pas t’habiller comme ça » pensez y deux secondes. Votre after shave de ce soir, est-ce que ça veut dire que vous voulez coucher avec TOUTES les filles que vous allez croiser dans la soirée? Je vais défier les stéréotypes et dire que non, vous n’avez pas mis votre aftershave pour la caissière de 60 ans de la pharmacie ou vous êtes allés acheter vos condoms. (Si votre truc c’est les caissières de pharmacie de 60 ans, dites-vous que votre aftershave n’est pas pour la madame sale et en sueur qui bave à terre dans l’allée des vitamines, ou tout autre stéréotype qui ne vous excite, mais alors là pas du tout, vous saisissez mon point). C’est la même chose pour la craque de sein de la fille au bar. Tu peux regarder discrètement, je répète discrètement, tenter une approche polie même, mais dans l’éventualité d’un non, tu passes au prochain numéro comme un grand garçon et tu gardes tes déclarations insultantes pour les commentaires sur YouTube.

Et parfois, même souvent, une fille s’habille sexy juste parce qu’elle veut se sentir belle, parce que ça lui tente, sans aucune intention de faire le tango horizontal. Ça arrive plus souvent que vous le pensez.

Bon, on a parlé à ces messieurs, maintenant, c’est votre tour les filles. Parce que ceux qui sont les plus rapides sur le piton de juger les femmes selon leurs apparences, ce ne sont pas les hommes. (YÉÉÉÉÉ vous voyez messieurs, les féministes ne vous accusent pas de TOUS les maux de la société, mais attendez un peu, parce que je vais quand même vous sortir le gros méchant mot patriarchie dans pas long, désolée).

En effet mesdames, êtes-vous familières avec le terme « girl hate »? On parle ici des attitudes agressives et haineuses que les femmes ont les unes envers les autres. En décortiquant le terme, on voit à quel point le mécanisme est sexiste, on parle de girls pour dénoter une immaturité et de hate parce qu’on suppose que les femmes ne sont pas capables de réagir de façon raisonnable à quelque chose qui les dérange. Le stéréotype même de la femme enfant irrationnelle. Si vous êtes passée par l’école secondaire, vous savez exactement de quoi je parle. Et beaucoup de femmes grandissent, mais ne sortent pas de l’école secondaire.

Romy and Michele's High School Reunion est mon film fétiche en passant. Je suis certaine que vous êtes extrêmement surpris d'apprendre ça.

Romy and Michele’s High School Reunion est mon film fétiche en passant. Je suis certaine que vous êtes extrêmement surpris d’apprendre ça.

C’est partout dans l’attitude des femmes, on juge les autres selon des critères stricts et souvent carrément méchants, on saute aux conclusions sans même réfléchir. Et c’est multiplié lorsqu’il y a un rapport direct ou non avec leurs habitudes sexuelles (réelles ou supposées).

J’ai lu un article qui donne l’exemple d’une jeune femme qui travaille dans une émission pour adultes (je vais essayer de retracer l’article, c’est Arden Leigh qui l’avait partagé sur Twitter) qui après avoir indiqué à la serveuse du resto que son verre était sale s’est fait répondre devant ses parents et sa grand-mère « well, at least I don’t show my tits on tv » (« au moins je ne montre pas mes totons à la télé »). Euh, quel ostie de putain de rapport l’exposition consentante de ses seins a avec le fait que ton plongeur a mal fait sa job?

Les travailleuses du sexe subissent la pire forme de girl hate constamment, mais toutes les filles la subissent. C’est dans tous ces commentaires que les filles font sur les autres sans aucune base autre que les apparences. On me regarde et tout de suite on juge que je suis en mauvaise santé, que je mange du fast-food tous les jours, que je ne prends pas soin de moi, que je suis mal dans ma peau, tout ça parce que j’ai un surplus de poids et que je ne me maquille pas. J’exagère à peine et vous le savez. Mais c’est encore pire avec les femmes qui s’habillent sexy. Automatiquement, elles deviennent des cochonnes qui font de la pub pour se faire mettre et tout succès qu’elles ont, professionnel ou personnel, est immédiatement classé dans la catégorie « elle a baisé quelqu’un pour y arriver ».

Les copains, vous seriez surpris de voir combien de so-called pichous ne réussissent à avoir des promotions qu’après une pipe, l’air de la fille n’a rien à voir là-dedans, comme dans toute relation abusive, c’est une question de pouvoir, pas de désir.

Et bien entendu, si une femme est belle, peu importe comment elle s’habille, tous ses succès sont associés à sa plastique, pas à son talent, son travail ou son intelligence.

Je vous entends déjà me sortir les pseudoarguments scientifiques « mais c’est connu, depuis la préhistoire que par instinct, on choisit les spécimens les plus beaux pour la reproduction. » « Les belles personnes ont plus de succès en partant, c’est connu. »

Spécimen génétique parfait, cette créature céleste s'est reproduite à aux moins trois reprises.

Spécimen génétique parfait, cette créature céleste s’est reproduite à aux moins trois reprises et a fait des centaines de milliers de dollars à l’aide de sa classe et de son sex-appeal.

« Les spécimens les plus beaux » est une façon erronée de voir l’évolution. Ce sont les spécimens les mieux adaptés qui se reproduisaient le plus fréquemment. Les autres se reproduisaient quand même, juste moins. Et avec l’apparition de la société moderne, la société a pris une dominance sur l’instinct en ce qui a trait aux qualifications du spécimen devant se reproduire. Les standards de beauté modernes ne sont pas des garanties de santé, loin de là. Pour ce qui est du succès des belles personnes, regardez la formule à l’envers, on réagit favorablement face aux belles personnes. Pourquoi? Parce que partout, depuis notre plus tendre enfance, on vante les belles personnes, purement et simplement. Ce n’est pas un instinct incontrôlable, il est très fortement renforcé par notre éducation et par la société en général.

Mais voilà, répondre aux standards de beauté, c’est compliqué en maudit. Les vedettes hollywoodiennes ont une plastique parfaite parce que c’est leur job. Ils ont un entraîneur, un nutritionniste, et souvent un cuisinier à leur disposition aux frais de la compagnie de production. Quand ils ne sont pas sur le plateau de tournage, ils ont le temps de faire 4 à 6 heures d’entraînement par jour. Ils ont des stylistes pour choisir les vêtements qui leur vont le mieux, une maquilleuse et une coiffeuse pour les mettre à leur avantage sur les tapis rouges, et, si nécessaire, un chirurgien plastique peut corriger ce qui est hors des compétences des autres. Ils sont certes génétiquement avantagés dès le départ dans la plupart des cas, mais je vous garanti que mon beau Chris Evans chéri n’aurait pas ce corps s’il travaillait 9 à 5, 50 semaines par année chez Raymond Chabot Grant Thornton. Parce qu’il n’aurait ni le temps, ni les moyens de se construire un body avec les proportions d’un Doritos, bonne génétique de base ou non.

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Ça donne faim…

Comme on nous dit que c’est de ça qu’on doit avoir l’air, et que c’est impossible d’avoir l’air de ça en vrai, tout le monde développe des complexes et personne ne se trouve « assez bien » pour leur partenaire de vie. Il y aura TOUJOURS une fille plus belle, plus sexy, plus jeune que votre chum va sûrement avoir envie d’avoir plutôt que vous. On le pense parce que c’est ce que la société considère comme étant l’état naturel des choses. Ça s’appelle l’hypergamie, c’est-à-dire le choix d’un partenaire pour des raisons d’avancement social. Dans le système d’hypergamie, on n’est avec un partenaire que parce qu’il est le plus profitable financièrement ou socialement, dès qu’on en trouvera un mieux, on changera. Il y a BEAUCOUP d’exemples d’hypergamie dans la fiction (c’est à la base de toute l’oeuvre de Jane Austen, même si au final, ses protagonistes se rebellent souvent contre le système) et dans la réalité (Donald Trump et Hugh Hefner changent régulièrement de conjointe pour un modèle plus récent). Ça existe, mais ce n’est pas la majorité des gens qui fonctionnent ainsi. Si c’était vraiment un incontournable, il y a seulement deux personnes au monde qui auraient le droit de se reproduire, l’homme le plus riche et la femme la plus belle.

L’hypergamie est très présente dans le fonctionnement du girl hate, comme on achète la notion que les hommes ne cherchent qu’une femme jeune et jolie et qu’ils vont changer de partenaire dès qu’ils en trouveront une plus à leur goût, on devient, par la force des choses, des compétitrices naturelles. D’où le réflexe très ancrée chez les filles d’être hostiles envers les autres femmes, la jalousie envers la jolie secrétaire, la haine envers la danseuse légèrement vêtue et la propension de penser AUTOMATIQUEMENT que la fille en top à bretelles spaghetti qui jase avec ton chum veux et va coucher avec lui. Parce qu’elle a un top serré, elle est forcément célibataire, ou si elle ne l’est pas, elle n’est pas monogame. Parce qu’elle jase avec ton chum en portant un top serré, elle a forcément envie de coucher avec lui (qu’elle ait mis ce top pour séduire ton chum ou un autre ou juste parce qu’elle aime son top serré n’a pas d’importance, apparemment) et comme il n’est qu’une bête incapable de contrôler ses pulsions sexuelles, la seule vue de son décolleté lui fait automatiquement oublier ton existence et il ne pense qu’à la sauter dans la salle de bain.

Je ne dis pas que ce scénario est impossible, il y a des gens qui sont comme ça, des filles qui ne pensent qu’à se trouver un gars riche et se foutent complètement de l’aimer ou non. Des gars qui ne pensent qu’avec leur queue. On les appelle des trous de cul et en général, ils sont faciles à repérer et à éviter. Et d’assumer automatiquement que tous les gens qu’on rencontre sont des trous de culs, c’est de la paranoïa, pas de la vigilance. Il faut être réaliste, mais être vraiment réaliste, c’est aussi voir le temps et l’énergie que ton partenaire de vie mets dans votre relation et de comprendre qu’il n’aura pas nécessairement envie de tout balancer par-dessus bord pour une paire de seins. Ça arrive, mais ce n’est pas automatique. Et la jalousie à tout crin est une excellente façon de le pousser à partir. La confiance n’est pas de la naïveté.

Le girl hate est un système d’autorégulation qui dérive de la pensée patriarchique (eh oui, voilà la féministe qui sort officiellement!). C’est un réflexe extrêmement misogyne qui considère la sexualité féminine comme un danger public qui doit être contrôlé à tout prix. On apprend aux femmes à être insécures, et donc à être envieuses et à se mettre en compétition pour les faveurs masculines. C’est une façon de leur retirer le pouvoir de décision sur leur vie sexuelle et de transformer leurs désirs et leur pulsion en péchés qu’on doit éliminer à tout prix. On leur apprend à ce policer les unes et les autres, ce sont les femmes qui sont les premières a appliquer les règles sociales de ce qui est acceptable ou non et qui sont les plus promptes à sauter dans le train de la honte (je vous réfère à l’histoire de la serveuse qui ne s’est pas gênée pour insulter sa cliente citée plus haut) et peu importe ce qu’on est, au final on ne mérite pas le respect.

La fille belle est forcément une conne :

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La fille moche est indigne de considération, peu importe ce qu’elle fait:

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(Oh qu’il y a une analyse féministe de Family Guy dans mon futur. Pas un jugement de qualité, j’aime bien Family Guy, et je comprends que c’est de la satire, mais ça n’empêche pas d’utiliser ladite satire pour souligner les mécanismes sexistes, parce que, avouons-le nous, ce n’est pas tout le monde qui arrive automatiquement à lire le deuxième degré et beaucoup prennent Peter Griffin, Homer Simpsons et Eric Cartman pour du cash.)

Dès l’enfance on nous apprend (aux garçons comme aux filles) qu’une femme bien se couvre, est polie, gentille, pure, belle (mais pas trop) et que ses pets sentent la rose. Les femmes qui ne se conforment pas à cette description sont sans classe, ne se respectent pas, sont des putains et doivent être punies. Les hommes intériorisent cette logique par la dichotomie de la vierge-putain et l’objectification, les femmes l’intériorisent par la punition sociale (toutes les head cheerleaders de films d’ados sont les exemples types.)

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J’ai longtemps souffert des conséquences du girl hate, en tant que victime (une grassouillette sensible ne traverse jamais le secondaire sans encombre) et en tant que dispensatrice. L’envie est un sentiment destructeur purement et simplement. Haïr quelqu’un simplement parce qu’il ou elle a ce qu’on veut ne sert à rien. En découvrant de mon côté les mécanismes du girl hate (dans les vidéos de Laci Green et les écrits du Dr NerdLove et d’Arden Leigh), j’ai pris conscience de mes réflexes et j’essaie de plus en plus de les combattre. J’ai encore des pensées misogynes et méchantes régulièrement, mais je les identifie comme telles et je corrige ma pensée. C’est un exercice à long terme, mais les résultats sont assez immédiats et très rémunérateur au niveau psychologique et émotionnel. En me libérant de l’envie et des pensées méchantes envers les autres femmes, j’arrive à m’apprécier beaucoup plus et je me sens mieux dans ma peau. C’est pratiquement magique, mais ça demande de la vigilance et des efforts, les réflexes ne se combattent pas facilement.

Essayez l’exercice mesdames et messieurs, quand vous croisez quelqu’un que vous ne connaissez pas, essayer d’identifier vos réactions clichés et changez la switch de bord, vous m’en donnerez des nouvelles.

Et j’ai décidé que demain, je vais aller travailler en leggings.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Le menu relationnel

Quand on parles d’amour, il y a toujours une équation simple qui est censée englober tout: 1+1+dates+(sexe)+emménagement (mariage)+maison+(enfants)=Bonheur.

Les données entre parenthèse sont sujettes à changement d’ordre.

La théorie en anglais s’appelle le relationship escalator (je sais, toutes mes données viennent de sites en anglais, mais j’ai pas encore trouvé de sources francophones qui s’intéressent sérieusement au mouvement sex positive et qui me conviennent.) C’est une suite logique d’étapes à traverser dans une relation afin que celle-ci soit considérée comme « réussie ».

Et bien entendu, à la base, la relation se doit absolument d’être monogame.

UGH…

Mettons quelque chose très au clair immédiatement, je n’ai ABSOLUMENT RIEN CONTRE la monogamie. Je l’ai pratiqué avec succès personnellement et je crois que c’est une excellente forme de relation.

Je sais aussi que pour certaines personnes, c’est un défi énorme et qu’il est parfois impossible à relever. Ces femmes et ces hommes ne sont pas des pervers ou des écœurants, ils ont simplement une personnalité et des besoins qui sont incompatibles avec les attentes sociales irréalistes.

Penchons-nous d’abord sur la monogamie: pourquoi est-ce considéré comme la condition sine qua non d’une relation amoureuse? Comment en est on venu à penser cela?

La plupart des recherches en préhistoire semblent indiquer que dans les tribus nomades, les femmes et les hommes avaient de nombreux partenaires sexuels. Les théories, basées entre autre sur les comportements de certains primates, semblent indiquer que la raison était que les enfants étaient élevés par toute la tribut et il n’y avait donc aucun concept de paternité. Les biens étaient aussi communautaires, donc aucun concept de propriété. D’autres théories disaient qu’il y avait bel et bien un concept de paternité et que, pour protéger l’enfant, les femmes avaient de nombreux partenaires afin d’éliminer le risque que l’enfant soit brutalisé par les autres hommes de la tribu. Si la paternité est remise en question, tous les hommes étant potentiellement pères vont protéger l’enfant.

La monogamie est apparue avec la sédentarité. Lors de l’apparition de l’agriculture, le concept de propriété s’est développé et, avec lui, celui d’héritage. Il est donc devenu important de s’assurer que notre descendance est bien la nôtre afin de ne pas donner le fruit du labeur d’une vie au fils d’un autre. C’est une des raisons pour lesquelles dans plusieurs sociétés des débuts de l’histoire, la passation de biens se faisait de façon matrilinéaire (par la mère) puisqu’il est difficile de remettre en question la maternité d’une femme lorsqu’elle accouche de l’enfant, mais, avant l’arrivée des tests ADN, il était impossible de connaître à 100% la paternité d’un homme… C’est d’ailleurs pourquoi l’appartenance au judaïsme est fait, encore aujourd’hui, de cette façon. Pour être juif, il suffit d’être né d’une mère juive.

Donc, le concept de mariage et de monogamie est apparu à cette époque pour des raisons économiques et perdure encore aujourd’hui.

Le hic, c’est que nous ne somme plus une société agraire et que nos besoins primaires étant plus facilement satisfaits, nous avons développé de nouveaux besoins. Avant, et encore aujourd’hui dans certaines sociétés, le mariage était d’abord et avant tout un arrangement commercial. Je me charge de subvenir aux besoins de ta fille pour le restant de ses jours, et en échange elle me donnera des héritiers et m’aidera à développer ma ferme/mon commerce. La romance n’avait rien à voir là-dedans.

C’était comme ça dans toutes les couches de la société, du petit fermier au grand seigneur et encore plus dans les monarchies. Les reines n’étaient que des prix échangés au gré des alliances politiques, des usines à héritiers (on leur refusait le droit d’allaiter leurs enfants, sous prétexte que ça détruisait leur figure, ce qui ne leur donnait pas le répit que les fermières avaient avec la perte de fertilité qui vient avec l’allaitement) qui devaient vivre leur vie sous surveillance et constamment en représentation. Et très souvent, elles devenaient des êtres de second plan lorsque le roi se trouvait une maîtresse en titre qui devenait le centre de la cour à la place de la reine légitime. Bien entendu, protester contre cet état de fait était hors de question, à moins de vouloir terminer dans un couvent. Ce n’était pas un destin enviable et peu de femmes aujourd’hui accepteraient ce genre d’esclavage.

Le concept d’amour tel qu’on le connaît est relativement récent, mais il est encore fortement teinté des idéologies datant de l’époque antique. Ce n’est pas un mal en soi, mais le fait est que la monogamie n’est pas nécessairement un état naturel chez l’être humain et qu’il faut arrêter de le traiter comme allant de soit.

Pourquoi? Parce que la pression sociale qui vient avec cette assomption cause de graves problèmes dans plusieurs couples et chez beaucoup d’individus. La monogamie n’est pas un état naturel, et donc, elle demande un EFFORT. Ce n’est pas un état naturel et donc, le fait d’être attiré sexuellement par quelqu’un d’autre que son chum ou sa blonde est NORMAL. Ce n’est pas un indicateur que votre couple est fini, et ce n’est pas une raison pour paniquer. La fidélité, dans une relation monogame (ou autre), c’est de prendre consciemment la décision de ne pas AGIR sur le désir qu’on a d’une personne autre que notre partenaire officiel. Le désir est un sentiment sur lequel on a AUCUN contrôle, donc pour lequel on ne doit pas logiquement sentir de culpabilité. Nous avons cependant le contrôle sur ce qu’on fera de ce sentiment.

Cela étant dit, il est grand temps qu’on parles d’autre formes de relations amoureuse fidèles, en dehors de la monogamie. Parce qu’il est possible d’avoir une vie affective réussie en dehors des dictats sociaux sans pour autant être des monstres amoraux.

Le polyamour est une relation fidèle entre plus de deux partenaires. La polygamie est une forme de polyamour avec une dimension religieuse (les partenaires étant mariés). En général, il y a un partenaire principal et un partenaire secondaire (dans le vocabulaire du milieu, « main babe » et « side babe »). Parfois le side babe n’est qu’un partenaire sexuel, parfois il est un amoureux ou une amoureuse à part entière. Dans des cas plus rare (et dans la plupart des arrangements polygames) tous les partenaires sont égaux, il n’y a pas de main ou de side babe. Certaines relations polyamoureuses sont un triangle interconnecté, trois partenaires entretiennent une relation amoureuse à trois, ils habitent ensemble et ont des relations sexuelles à trois ou à deux avec tous les membres du triangle. La différence entre le polyamour et les relations « ouvertes » est que les partenaires se connaissent et qu’il y a exclusivité sexuelle, même si elle est à plus de deux partenaires.

Les relations ouvertes sont un accord pris par un couple pour avoir des partenaires en dehors du couple, sans exclusivité sexuelle et sans nécessairement rendre de comptes. Le couple ouvert aura des amants ou des maîtresse, mais n’aura d’attachement affectif qu’avec une seule personne. La fidélité ici est émotionnelle, si elle n’est pas physique.

Il arrive parfois qu’un des partenaires aite une relation polyamoureuse, alors que l’autre préfère des rencontres d’un soir. Rien n’est fixé dans le béton et tant que le tout est discuté et accepté par tous, it’s all good.

L’échangisme est un mélange des deux: des relations sexuelles hors du couple à un temps précis et avec un ou des partenaires approuvés par les deux membres du couple. Dans l’échangisme, il n’y a pas d’attachement affectif avec les partenaires hors du couple, sinon on tombe plus dans le spectre d’une relation polyamoureuse.

Il est important ici de comprendre que, comme pour l’orientation sexuelle, il n’y a pas de points définit et fixes, il s’agit ici de spectres et que tout est négociable. L’important c’est de définir dès le départ, les paramètres de la relation et de s’y tenir. Comme dans le cas d’une relation monogame, briser le contrat affectif équivaut à de l’infidélité et est ressenti comme une trahison. Ce n’est pas parce que ta copine a accepté que tu couches avec d’autres femmes qu’elle va prendre le fait que tu en ait mis une enceinte à la légère. Il est nécessaire pour cet aspect comme pour la majorité des décisions importantes de votre couple, que vous avanciez des hypothèses et que vous réfléchisiez à ce que vous vous croyez capable d’accepter et, au contraire, ce qui, pour vous est un deal breaker. Il est important de bien connaître vos limites et de les expliquer clairement. Une relation amoureuse, peu importe sa forme, nécessite une dose immense de confiance, et pour obtenir cette confiance, un respect absolut (de soi-même ET de l’autre) est essentiel.

Il faut énormément de communication, et pas seulement au début, lorsqu’on établis les paramètres de la relation, mais constamment. Il est possible que la relation évolue et que un ou les deux partenaires ressente le besoin de réévaluer les paramètres. Les sentiments et les besoins des gens évoluent au fur et a mesure que la relation prend forme et, par exemple, une personne sera à l’aise avec une relation ouverte avec son partenaire pendant des années, mais, ayant rencontré quelqu’un de spécial, voudra peut-être passer au polyamour. Un homme sera peut-être très à l’aise d’être monogame avec la mère de ses enfants, mais une fois ceux-ci partis de la maison, aura peut-être besoin de voir ailleurs pour pimenter sa vie sexuelle. Ce n’est pas nécessairement la fin de son mariage, s’il le fait avec l’accord de sa femme (et qu’elle a la même liberté si elle le souhaite, bien entendu). C’est souvent par l’échangisme que le piquant est remis dans ces couples.

Comme le dit la belle Arden Leigh, toutes les formes de relations ont leurs inconvénients, les relations monogames on le défi de la monotonie, les autres ont le défi de la jalousie. Il est essentiel d’être prêts à faire face à ces défis à deux. Que les deux partenaires soient compréhensifs face à la jalousie ou à l’ennui de leur partenaire et ne le prennent pas comme un affront personnel.

Le problème dans la société moderne, c’est qu’on assume dès le départ que toute relation avec quelqu’un se doit par défaut d’être monogame et rien d’autre. Une femme souhaitant une relation ouverte, ou un homme acceptant le side babe de sa blonde sont considérés soit comme des obsédés du cul ou des moutons qui se font niaiser par leur conjoint. On ne se pose même pas la question à savoir si la monogamie nous convient ou convient à notre partenaire. On cultive la culpabilité et le secret sur le désir qu’on peut avoir d’une autre personne et on se crée toute une mythologie du fruit défendu. Le fait est que pour plusieurs personnes dont la personnalité n’es pas compatible avec la monogamie, la pression sociale est si forte qu’ils se plient au modèle malgré eux et se retrouvent à commettre une infidélité qu’ils n’aurait peut-être pas commise dans un autre contexte.

Attention attention, je n’excuse pas ici l’infidélité et je ne la mets pas sur le dos du conjoint qui n’a pas donné d’alternative à la monogammie. Si vous trompez votre blonde, c’est VOTRE péché, PERSONNE ne vous a forcé à mettre votre quéquette dans le vagin d’une autre femme. C’est votre responsabilité de clarifier dès le début de la relation votre incapacité a vivre une relation monogame. Si votre partenaire ne peut accepter un autre type de relation et si vous ne pouvez vivre la monogamie, vous n’êtes simplement pas faits pour être ensemble et vous devriez cesser de gaspiller votre temps. Dès le moment où vous acceptez un « contrat relationel » monogame ou autre vous devez vous en tenir aux paramètres établis. Tout bris est VOTRE responsabilité, et un manque de respect total envers la personne que vous prétendez aimer.

Il est important de ne pas rejeter dès le départ des modèles alternatifs de relation et de ne pas les considérer comme dépravés par défaut. Tout type de relation, en autant qu’il soit bien définit et librement consenti par tous les membres, peut mener à une belle histoire d’amour.

Personnellement, je n’ai pratiqué que la monogamie, sans vraiment de problème, et je pense que je serais plus à l’aise à débuter une relation sur une base monogame, au moins le temps qu’on apprenne à se connaître, mais je ne serais pas totalement fermée à l’idée d’explorer d’autres avenues après quelque temps. La forme que ça pourrait prendre dépendrait beaucoup du genre de personnalité de mon conjoint et du niveau de communication que nous aurions dans notre couple.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Y a des guidounes dans gang

L’an dernier, la performance de Miley Cyrus aux VMA a créé un scandale énorme aux USA. Ce n’est pas nouveau, les Madonna, Christina et autres Britney ont toutes traversé l’étape où elles passaient de vierges à putains (en fait, dans le cas de la Madone, de « fais à peine semblant d’être vierge » à « putain que je suis putain »).

Cette « merveilleuse » dichotomie existe depuis les temps immémoriaux (le N0uveau Testament n’a-t-il pas sa Marie vierge et sa Madeleine putain, et oubliez les doutes sur la réalité historique de la profession de Marie-Madeleine, ce qui est important ici, c’est le stéréotype). On veut une vierge en public, et une putain au lit.

Vous m’auriez demandé mon opinion sur Miss Cyrus l’an dernier et ma réponse aurait contenu les mots « pathétique », « dégoutant », « désespéré » et « immature ». Maintenant, je vois les choses sous un autre angle. Oh je continue a être convaincue à 100% que la langue de Miley n’est foutrement pas sexy, mais je saute moins aux conclusions faciles sur son habillement et ses actions. En fait, j’ai changé drastiquement d’avis sur le phénomène des « guidounes ».

On parles ici des femmes qui expriment ouvertement leur sexualité en public, sans égard à leurs habitudes sexuelles en privé à ne pas confondre avec les « salopes » qui ont beaucoup de partenaires sexuels. (pour ça, on en parlera dans les billets sur la culture du viol et le slut shaming)

Il y a un an, j’étais plutôt d’accord avec l’avis populaire: une fille qui s’habille et qui agit sexy ne se respecte pas, cherche désespérément l’attention, n’est forcément pas très intelligente, a une personnalité nunuche ou manque de talent et cherche à compenser, a des problème d’estime de soi, est anti-féministe, pathétique, pas jolie etc etc etc.

Puis comme Saul sur le chemin de Damas, j’ai entendu la VOIX: J’ai découvert, non seulement ce qu’était vraiment le féminisme, mais que j’était féministe, que je l’avais toujours été, juste que je ne savais pas que je l’étais (je suis pas naïve ou nounoune, 90% des gens que je connais sont des féministes qui s’ignorent, je vous réfère à mon billet « profession de foi » pour plus de détails et à celui de lundi sur l’éveil de cette conviction suites aux événements d’Isla Vista) . Cette découverte a profondément changé ma façon de penser et m’a poussé à questionner beaucoup de mes réflexes, en particulier en ce qui a trait à ma réaction face aux autres femmes.

Le fait est que nous sommes toutes en compétitions les unes contre les autres. Toutes, qu’on le sache ou non. On s’aime, mais on se juge. Beaucoup plus que les hommes peuvent le faire. Les hommes objectifient les femmes, les femmes les évaluent cruellement, constamment et c’est un système de pensé misogyne. Oui, les femmes sont misogynes.

Nous sommes entraînées depuis notre naissance à être parfaites. On nous montre les « exemples à ne pas suivre » et on les traites de tous les noms, pour nous apprendre à ne pas faire comme elles. Cela a pour effet qu’en grandissant, nous nous policerons les unes les autres à coup d’insultes.

À l’époque moderne, les femmes ont pris de plus en plus leur destin en main et le commerce a pris leur porte-monnaie d’assaut. Comment convaincre ces dames d’acheter ta pilule miracle pour maigrir? En la convainquant qu’elle est trop grosse. Toujours trop grosse. Et trop laide, trop ridée, pas assez blonde, pas assez blanche, pas assez bronzée etc. C’est tellement intériorisé qu’on le voit tous les matins dans notre miroir, et pour se sentir mieux on examine les autres, on décortique leurs défaut, comme s’il fallait toujours prouver qu’il y a plus laide que nous. Parce que personne ne veux être la fille la plus laide du monde.

Le fameux Indice de Masse Corporelle qui est censé nous dire si nous sommes en santé me dit que je suis une obèse morbide. Matante Elise est loin d’être mince, et elle n’a pas un poids santé, mais elle est pas morbidement obèse, ça vous me le ferez jamais avaler. L’IMC tel qu’il est répandu n’est pas réaliste, car il ne tiens pas compte de beaucoup de facteurs, mais il est martelé à tour de bras parce que la minceur idéale est impossible à atteindre et ça fait rouler le commerce cosmétique

Il FAUT ABSOLUMENT ressembler à Scarlett Johansson et Cover Girl est la solution à tous nos problèmes. Mais celles qui on la chance d’avoir la génétique de base qui correspond à l’idéal social sont toutes des salopes parce que, s’il faut toutes essayer d’être belle et sexy, celles qui y arrivent ne peuvent pas être des femmes bien.

Si vous trouvez que cette logique est boiteuse, ouais, elle l’est, pas à peu près. Des deux jambes à part ça.

Je vendrais mon âme pour avoir la shape de Monica Belluci, et je vous garanti mon salaire annuel que si je l’avais, je serais la pire guidoune que vous avez jamais vu dans toute votre vie. Pourquoi?

Parce que je pourrais.

Point à la ligne.

Je ne le fais pas, parce que tout ce que j’ai à montrer, c’est des bourrelets et des vergetures (et beaucoup, beaucoup de poils, rappelez-vous).

J’ai toujours rêvé d’essayer un joli corset tout brodé, je trouves ça joli et féminin et ça donne une poitrine à mourir. Je ne l’ai jamais fait parce que pour en trouver un dans lequel je n’aurais pas envie de mourir pour cause de manque d’oxygène, il faudrait que je me tournes vers le sur-mesure et ça me coûterait les yeux de la tête et mes trois premiers-nés, et je les ai déjà promis à Satan pour un gâteau au fromage cappuccino (ça valait totalement le coup). Les corsets, c’est pas pour les grosses madames comme Matante.

Je n’aurais jamais admis ce fait il y a un an. Parce qu’une femme qui se respecte ne rêve pas de se pavaner en corset, ou de montrer son cul. Miley Cyrus devrait arrêter de se montrer à moitié nue et faire de la VRAIE musique.

Avez vous remarqué que Miley, n’a JAMAIS fait de vraie musique? Elle a d’abord été une actrice. Hanna Montana, c’était du bonbon préfabriqué et prémâché. Britney est dans le même panier, (Rihanna est dans une autre catégorie, mais j’en parlerai une autre fois). Ces femmes sont des entertainers, pas des musiciennes. Et choquer vend. C’est une stratégie de marketing. Et ça marche. Et c’est fucking brillant, parce qu’on est 100% conscients que c’est une gimmick, mais ça continues de marcher pareil. On s’accroche à son collier de perle, on dit que c’est donc pathétique, pauvre fille, mais on fixe l’écran avec fascination et on cliques sur les liens avec le même regard que quand on ralentis sur l’autoroute pour voir la voiture accidenté sur le bord du chemin. Et tant qu’on aura cette réaction, il y aura des guidounes qui vont pousser de plus en plus loin. Et elles ont raison.

Les réseaux sociaux et la téléréalité ont accéléré et développé le processus de façon exponentielle, maintenant, il ne manque que des relations sexuelles réelles en direct au prime time pour vraiment avoir tout vu. C’est la merveilleuse roue de l’objectification de la femme. On veut les voir agir comme des putes, mais on veut aussi les punir de nous donner ce qu’on demande.

Le problème, c’est qu’on blâme ces femmes pour l’objectification. Pourtant, ce n’est pas elle qui s’objectifie, ce sont les gens qui la regardent. (Non, trouver une personne attirante n’est pas l’objectifier, c’est plus complexe et on en parlera dans un autre billet)

La façon dont une femme adulte s’habille, c’est de ses affaires. Vous pouvez interdire à vos filles de s’habiller sexy tant que vous payez leurs vêtements, mais essayez de leur donner une raison intelligente, plutôt que de dire : « parce que t’es pas une salope, tu t’habillera pas en salope ». Vous pouvez simplement dire « parce que c’est moi qui paie et je trouve pas ce vêtement joli. » ou « je trouve que ce vêtement est innaproprié pour une fille de ton âge » si elle est plus grande. C’est tout. C’est le vêtement qui est inapproprié après tout, pas la petite fille qui veut le mettre, en général elle ne sais même pas que c’est inapproprié parce que c’est ce qu’elle voit partout. Il faut faire la différence entre le vêtement et la personne. Évitez de catégoriser les femmes qui portent ces vêtements, les jeunes filles veulent être sexy et veulent s’affirmer, en mettant de gros jugements de valeur sur leur habillement, vous créez une situation de fruit défendu: elle vont avoir encore plus envie d’en porter et vont être encore plus réactionnaires face à celles qui en portent.

Une guidoune n’est pas une mauvaise femme, c’est une femme qui a décidé de s’exprimer à sa façon. Elle a pris sa sexualité en mains. Il y en a qui s’y prennent mal ou qui sont exploitées, c’est vrai. Mais tant qu’elle est adulte et n’est pas forcée de se pavaner en sous-vêtement en public, ce n’est ni dégradant, ni insultant, car c’est son choix.  Si ça ne vous plaît pas, il y a une solution toute simple: regardez ailleurs ou changez de poste. De toute façon, peu importe le nombre de couches que vous portez, on est tous tout nus en dessous de notre linge…

Insulter une personne à cause de ses vêtements ou de son sex-appeal et décider à sa place des raisons qui la pousse à porter une jupe au ras des fesses, c’est beaucoup plus révélateur de votre vulgarité que de la sienne.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Le sexe anal (arrêtez de vous cacher, il y a pas de photos)

Note: Le but n’est pas ici de vous convertir aux vertus du sexe anal. Matante Elise ne vous dira jamais assez que quand il est question de sexe, vous ne faites que ce dont vous avez envie. Personne, et surtout pas moi, n’a le droit de vous pousser à faire quelque chose qui vous mets mal à l’aise. Mais pour ceux d’entre-vous qui seraient tentés d’essayer, ou pour ceux qui sont juste curieux et qui veulent savoir comment ça marche, vous trouverez ci-après quelques faits, trucs et conseils.

Ok, on passe aux choses sérieuses!

Un peu d’histoire:

La sodomie est la première forme de contraception de l’histoire. En effet, des recherches sur les pratiques sexuelles en Mésopotamie antique ont révélé que c’était une pratique répandue, autant avec des partenaires masculins que féminin. La logique, assez simple et évidente, est qu’ils se sont rendu compte qu’en passant par la porte arrière, il n’y a pas de bébé 10 lunes plus tard. (merci cours universitaire d’histoire de l’antiquité! En corrigeant le français de mon travail sur l’homosexualité en Mésopotamie, ma coloc à inscrit en marge du paragraphe sur la sodomie « ouch! », le langage scientifique, même en sciences humaines, est assez froid et clinique.)

Dans l’antiquité, ce n’était pas une pratique très scandaleuse, même si le rôle de « bottom » dans une relation anale était associé au rôle de la femme dans la relation, et donc, dans plusieurs cultures, comme était inférieur. C’est pourquoi certaines pratiques de tortures incluaient une sodomie forcée, la douleur étant grande, l’humiliation aussi.

Même après l’antiquité, aussi près de nous qu’à la Renaissance, l’amour à la grecque n’était pas un gros tabou. Les hommes nobles étaient souvent bisexuels, ils passaient l’hiver à la maison à courir les jupons, et les étés sur les champs de bataille à baiser l’aide de camps. L’homosexualité exclusive était mal vue, mais la sodomie occasionnelle? Bof… techniquement c’est illégal, mais on s’en fout tant que c’est consensuel, ou que le top est riche….

Mais soudainement, et encore aujourd’hui dans certains pays, la pratique de la sodomie, associée à l’homosexualité en tant que déviation de la nature, est devenue une pratique illégale avec une répression féroce.

Pourquoi? La fin des guerres de grands champs de bataille qui tenaient les hommes éloignés une saison ou deux tout au plus, les débuts du mariage d’amour romantique et de la monogamie obligatoire (avant, quand on était riche, on respectait sa femme et on aimait sa maîtresse), la réforme religieuse, etc. L’église, en perdant du pouvoir, a gagné en rigidité et a cessé de fermer les yeux sur des pratiques qu’elle tolérait auparavant si on payait nos indulgences.

Maintenant, l’homosexualité et la pratique de la sodomie, ne sont plus illégaux, mais le stigmate est toujours grand, héritage de toute cette répression et ce discours sur le non-naturel de mettre son pénis ailleurs que dans un vagin. Selon cette logique, la fellation est aussi contre nature? Fuck, j’aime ça tailler des pipes moi! Vous gâchez tout mon fun!

Fin de mon analyse de pseudo-historienne sociale. Passons aux choses sérieuses: Comment, techniquement, s’amuse-t-on avec son anus?

Note: Le fait que je souffre de la maladie de Crohn et que mon anus est donc régulièrement tellement irrité que je pleure sur la toilette fait que je n’ai testé aucunes des pratiques énumérées ci après. On peut dire que j’ai un billet du médecin. Mais j’ai fait des recherches et parlé avec des « pratiquants » donc, je sort pas tout ça de mon derrière, (vive les métaphores à propos…)

Il y a plusieurs pratiques sexuelles qui entrent dans la catégorie du sexe anal, comme pour tout le reste des pratiques sexuelles, la pénétration n’est pas le be all end all, ce n’est même pas la pratique la plus agréable.

Comme le sexe anal implique la manipulation d’une région peu ragoutante du corps, il y a un énorme tabou autour de toutes les pratiques entourant cette forme de relation. C’est vrai qu’un anus sale, c’est dégeu. Mais il faut qu’il soit sale. Il n’y a pas un flot continu qui sort de là (s’il y a un flot continu qui sort de votre trou de cul, allez voir un docteur, quelque chose ne va pas).

Le tour de l’anus contient beaucoup de terminaisons nerveuses, l’intérieur en est dépourvu. Il est donc rare pour une femme d’atteindre l’orgasme pendant la pénétration anale sans stimulation simultanée d’autres zones érogènes. Dans le cas des hommes, la stimulation de la prostate peut rendre l’expérience très agréable, voir orgasmique. Cela ne veux pas dire pour autant que l’expérience est ennuyante ou désagréable pour une femme, il suffit de savoir comment s’y prendre.

Les choses essentielles à savoir:

1- Le sexe anal, ça se planifie: ce n’est pas le moment d’être spontané. Personne n’aime les membres de Team Surprise Anal. Il y a un ÉNORME tabou entourant les pratiques par la porte arrière et même si votre partenaire a signifié son intérêt pour l’expérience, il faut y aller doucement et garder les lignes de communications ouvertes en tout temps. Ne mettez pas la pression sur votre partenaire: s’il ou elle ne veut pas, that’s it, on passe à autre chose. (oui, il y a beaucoup de gays qui ne sont pas des adeptes de sodomie, ce n’est pas la seule pratique sexuelle à laquelle ils peuvent s’adonner) Ça ne sert à rien d’insister, car la règle numéro un est la détente et la relaxation. Un anus récalcitrant va se serrer et rendre toute tentative de pénétration, que ce soit avec un doigt ou autre chose, franchement désagréable. L’anus n’est pas un vagin, il est élastique, mais il ne fait pas sa propre lubrification comme le vagin, c’est donc une région qu’il faut approcher avec énormément de délicatesse et en toute confiance.

2- Hygiène et protection: Quand on dit que ça se planifie, on parles aussi d’hygiène et de protection. La question de l’hygiène est assez évidente, on veut que tout soit très très très propre avant d’aller jouer dans ce coin là… Pas de tacos ou de jus de pruneau juste avant non plus. Pour ce qui est de la protection, l’anus n’étant pas naturellement lubrifié, la friction peut causer des micro-déchirures autant au niveau de l’anus que du pénis ce qui augmente le risque de transmission de MTS ou simplement d’infections. Donc condom, pas mal nécessaire et beaucoup de lubrifiant. Si on parles de stimulation digitale, des ongles courts, courts, courts, et limés et même un gant de caoutchouc sont des bonnes idées pour éviter de blesser votre partenaire. Et toujours beaucoup, beaucoup de lubrifiant. Le KY est votre meilleur ami au lit anyway. Il faut, bien entendu, éviter de passer d’un trou à l’autre sans un bon nettoyage ou un changement de condom. Juste essuyer n’est clairement pas suffisant. (sérieux, mettez un condom, ça simplifies tellement les choses).

3- Allez y doucement et progressivement, et pas seulement la première fois, à chaque fois. Je ne le répéterai jamais assez, les films et les livres vendent du rêve, oubliez Brokeback Mountain, un peu de crachat et enweille swinge direct dedans, c’est la PIRE idée que vous puissiez avoir. Si ça fait mal ou que ça saigne, VOUS VOUS Y PRENEZ MAL. Ça vaut aussi pour la pénétration vaginale, même la première fois (on reparlera de la virginité et des mythes l’entourant dans un autre billet, mais non, perdre sa virginité, c’est pas censé saigner ou faire mal). On ne commence JAMAIS par le pénis. Avec un doigt très lubrifié (il y a une panoplie de lubrifiants sur le marché, privilégiez ceux à base de silicone ou d’eau qui ne risquent pas d’endommager les condoms et/ou d’irriter le ti trou) on caresse doucement la région autour de l’anus, prenez votre temps c’est cette région qui est la plus sensible et donc le bout le plus agréable pour le « réceptionnaire » de votre jeu. Ça a aussi l’avantage d’exciter le partenaire et de l’aider à se détendre et à relaxer les muscles de son sphincter, ce qui facilitera les choses quand vous voudrez aller en-dedans. Vous n’irez pas au troisième but la première fois. Pas de pénis la première fois. Pas si vous voulez éviter que votre partenaire refuse que vous l’approchiez de nouveau pendant 60 ans. On commence par un doigt, puis au fur et à mesure que votre partenaire se sent à l’aise, vous rajouter un doigt, rendu à trois, vous pouvez essayer avec un petit godemiché et passer à la pénétration proprement dite. Tout ceci se fera sur une étendue de plusieurs sessions, et la décision du point où on arrête la session revient entièrement au bottom. Nop, c’est non négociable, non c’est pas une décision prise à deux, quand il ou elle dit stop BACK THE FUCK OFF IMMEDIATLY. Votre merveilleux rêve de vous prendre pour Derek Atlas pour la Saint-Valentin doit être planifié et fait dans le respect et la confiance.

Si vous vous fichez que votre partenaire souffre pendant la relation, vous ne méritez pas d’avoir une vie sexuelle, point à la ligne.

4- il y a aussi le rimming, c’est à dire le léchage d’anus (C’EST PAS YARK CACA S’IL SORT DE LA DOUCHE, ARRÊTEZ DE RÉAGIR COMME DES ENFANTS DE PREMIÈRE ANNÉE). C’est apparement très agréable et ça a l’avantage de ne pas faire mal. C’est aussi une bonne excuse pour sortir la bouteille de lubrifiant à saveur de fraises que votre chum de gars vous a donné en joke à noël (avertissement, la plupart des lubrifiants à saveurs donnés en joke à noël sont cheapettes et goûtent le chimique, donc essayez-le avant le rimming, parce que vous reculer en hurlant « beurk, dégeulasse! » en pleine session, c’est un peu insultant pour votre partenaire…).

Tout cela est bien beau, mais comme je l’ai dit au début de mon article, rien ne vous oblige à faire quoi que ce soit si ça ne vous tente pas, donc, amusez vous à votre rythme et ne vous sentez pas « pas game » si vous avez pas envie d’explorer la porte arrière!

Bonne soirée, moi je vais aller faire tremper mon anus dans le bain!

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com