Samedi de la Muse: Emma Watson et la campagne He for She

Texte copié-collé direct du site  de l’ONU  parce que je veux vous forcer à le lire et que j’ai absolument rien à ajouter pour expliquer pourquoi cette femme m’inspire.

Si vous ne le lisez pas jusqu’au bout, je vais me rendre chez vous et cracher dans votre pot de Nutella (Philippe, je vais cracher dans ta bière, puisque t’es allergique au Nutella)

[L’allocution prononcée fait foi]

Nous lançons aujourd’hui la campagne « HeForShe ».

Je m’adresse à vous en ce jour, car j’ai besoin de votre aide. Nous souhaitons mettre fin aux inégalités entre les sexes, et pour y parvenir, l’implication de tous est indispensable.

Il s’agit de la première campagne de ce genre menée par l’ONU : nous souhaitons mobiliser autant d’hommes et de garçons que possible pour qu’ils militent pour l’égalité des sexes. Mais au-delà des discours, nous voulons obtenir des résultats tangibles.

J’ai été nommée il y a six mois et depuis, plus je parle de féminisme, plus je réalise que la lutte pour les droits des femmes est trop souvent associée à la haine des hommes. S’il y a bien une chose dont je suis certaine, c’est que cela doit cesser.

Pour mémoire, le féminisme se définit comme « la conviction que les hommes et les femmes doivent jouir des mêmes droits et des mêmes chances. C’est cela la théorie politique, économique et sociale de l’égalité des sexes ».

J’ai commencé à m’interroger sur les préjugés liés au genre à l’âge de huit ans, lorsque j’ai eu du mal à comprendre pourquoi on me qualifiait d’« autoritaire » pour le simple fait de vouloir mettre en scène les pièces que nous allions jouer devant nos parents, ce que l’on ne reprochait pas aux garçons.

Lorsqu’à 14 ans, certains journaux ont commencé à me sexualiser.

Lorsqu’à 15 ans, mes amies ont abandonné leurs équipes de sport parce qu’elles ne voulaient pas paraître « trop musclées ».

Et lorsqu’à 18 ans, j’ai réalisé que mes copains étaient incapables d’exprimer leurs sentiments.

Je me suis dit que j’étais féministe et cela m’a paru tout naturel. Mais mes récentes recherches m’ont montré à quel point le féminisme est devenu impopulaire.

Apparemment, je fais partie de ces femmes aux propos jugés trop forts, trop agressifs, trop ségrégateurs, anti-hommes et peu séduisants.

Pourquoi ce mot suscite-t-il un tel malaise ?

Je suis originaire de Grande-Bretagne et je pense qu’il est normal qu’en tant que femme, je sois payée autant que mes homologues masculins. Je pense qu’il est normal que je puisse disposer de mon propre corps comme bon me semble. Je trouve normal que des femmes participent à la politique et aux prises de décision de mon pays pour me représenter. Je trouve normal que la société m’accorde le même respect que les hommes.

Mais je constate avec regret qu’il n’y a pas un pays au monde où toutes les femmes sont assurées de bénéficier de ces droits.

Aucun pays dans le monde ne peut aujourd’hui se prévaloir d’être parvenu à instaurer l’égalité entre les hommes et les femmes.

Ces droits sont, à mon sens, des droits fondamentaux de l’humain. Mais je fais partie de celles qui ont de la chance. Je suis une grande privilégiée, car mes parents ne m’ont pas moins aimée parce que j’étais une fille. Mon école ne m’a pas imposé de limites parce que j’étais une fille. Mes tuteurs ne sont pas partis du principe que j’irais moins loin parce que j’étais susceptible d’avoir un jour des enfants. Toutes ces personnes ont été les ambassadrices/eurs de l’égalité des sexes qui ont fait de moi celle que je suis aujourd’hui. Elles et ils ne le savent peut-être pas, mais elles et ils sont les féministes involontaires qui sont en train de changer le monde d’aujourd’hui.. Et nous avons besoin de plus de gens comme ça.

Et si vous n’aimez toujours pas ce mot, sachez qu’il importe moins que les idées et les aspirations qu’il renferme. Parce que toutes les femmes n’ont pas eu les mêmes droits que moi. En effet, statistiquement, rares sont celles qui en ont bénéficié.

En 1995, Hilary Clinton a prononcé un discours mémorable à Beijing sur les droits des femmes. Bon nombre des propositions qu’elle a formulées sont hélas restées lettre morte.

Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est que les hommes ne représentaient que 30 pour cent de son auditoire. Comment pouvons-nous espérer changer le monde quand la moitié de la population n’est pas invitée ou n’a pas le sentiment d’être la bienvenue pour prendre part au débat ?

Messieurs, j’aimerais profiter de cette opportunité pour vous inviter formellement. L’égalité des sexes est aussi votre problème.

Parce que, jusqu’à présent, la société a considéré que mon père avait un rôle moins important à jouer dans mon éducation que ma mère, alors que j’avais besoin de lui tout autant.

J’ai vu des jeunes hommes qui souffraient de troubles psychiatriques, mais qui ne demandaient pas d’aide, par crainte d’avoir l’air moins « viril ». Au Royaume-Uni, le suicide est la principale cause de mortalité chez les hommes de 20 à 49 ans, devant les accidents de la route, le cancer et les maladies cardiovasculaires. J’ai vu des hommes fragilisés et peu sûrs d’eux essayer de se conformer à ce qu’ils pensaient être le succès au masculin. Les hommes souffrent également de l’inégalité des sexes.

Nous parlons peu des hommes qui sont prisonniers de stéréotypes liés au genre, mais je sais qu’il y en a, et que le jour où ils parviendront à s’en libérer, la situation des femmes s’en verra spontanément améliorée.

Si les hommes n’ont plus besoin d’être agressifs pour se faire accepter, les femmes ne se sentiront plus obligées d’être soumises. Si les hommes n’ont plus besoin de dominer, les femmes n’auront alors pas à être dominées.

Les hommes, au même titre que les femmes, ont le droit d’être sensibles. Les hommes, tout comme les femmes, devraient se sentir libres d’être forts… Il est grand temps que nous appréhendions l’égalité comme un spectre, au lieu d’y voir deux idéaux distincts et opposés.

Si nous arrêtons de définir les autres en fonction de ce qu’ils ne sont pas et si nous cherchons plutôt à nous définir par ce que nous sommes, cela nous rendra plus libres, et c’est précisément la raison d’être de HeForShe, à savoir, la liberté.

Je veux que les hommes relèvent ce défi, afin que leurs filles, leurs sœurs et leurs mères n’aient pas à subir un quelconque préjudice, mais aussi pour que leurs fils puissent se montrer vulnérables et humains, en reprenant possession de ces parties d’eux-mêmes qu’ils avaient mis de côté, afin de parvenir à une version plus vraie et plus complète d’eux-mêmes.

Vous vous demandez peut-être : que fait cette fille de Harry Potter sur la scène des Nations Unies ? C’est une bonne question, et croyez-moi, je me la suis posée. J’ignore si je suis qualifiée pour être ici. Tout ce que je sais, c’est que ce problème me tient à cœur et que je souhaite apporter ma contribution pour faire bouger les choses.

Compte tenu de ce que j’ai vu, et étant donné que l’on m’en donne l’opportunité, il est de mon devoir de ne pas rester silencieuse. L’homme d’État anglais Edmund Burke a dit : « Pour que le mal triomphe, seule suffit l’inactivité des hommes de bien ».

Lorsque j’ai éprouvé du trac pour prononcer ce discours et dans mes moments de doute, je me suis répétée avec fermeté : si je ne le fais pas, qui le fera ? Si je ne le fais pas maintenant, alors quand ? Si le doute s’empare de vous quand une occasion similaire s’offre à vous, j’espère que ces mots vous seront utiles.

Parce qu’en fait, si nous n’agissons pas, il faudra attendre 75 ans, ou peut-être mon 100e anniversaire, avant que les femmes puissent prétendre au même salaire que les hommes, à travail égal. Au cours des 16 années à venir, 15,5 millions de filles seront mariées alors qu’elles ne seront encore que des enfants. Et au rythme actuel, toutes les filles africaines issues de milieux ruraux ne recevront une éducation secondaire qu’en 2086.

Si vous croyez à l’égalité des sexes, vous êtes peut-être l’un ou l’une de ces féministes qui s’ignorent, auxquels je faisais référence il y a quelques instants. Et pour cela, je vous applaudis.

Nous luttons pour un monde uni et nous avons la chance d’avoir un mouvement unificateur. Ce mouvement s’appelle HeForShe. Je vous invite à vous manifester, à faire entendre vos idées, à être le « lui » pour « elle » et à vous demander : si je ne le fais pas, qui le fera ? Si je ne le fais pas maintenant, alors quand ?

Je vous remercie de votre attention.

– See more at: http://www.unwomen.org/fr/news/stories/2014/9/emma-watson-gender-equality-is-your-issue-too#sthash.Xe2zTu2h.dpuf

Rien à ajouter.

Merci Emma.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Profession de foi.

(Note : ce billet est une œuvre vivante, ce qui veut dire qu’au fur et à mesure que ma réflexion sur le sujet va se poursuivre, ce billet sera modifié. Des affirmations seront reformulées, ajoutées ou enlevées. La réflexion étant un concept en mouvement constant, ne considérez jamais avoir vu la version définitive de ce billet, ni avoir compris le fond de ma pensée. )

Je crois qu’un homme a le droit d’être sensible et affectueux.

Je crois que ma marraine, qui est restée à la maison et a élevé 5 enfants est extraordinaire.

Je crois que mon parrain, qui a donné autant d’ambition et de goût du savoir à ses quatre filles qu’à son fils, est extraordinaire.

Je crois que ma tante Aline, qui n’a pas de conjoint ni d’enfant et a travaillé pendant plus de 40 ans est extraordinaire.

Je crois que ma patronne, qui est une biologiste qui travaille comme gestionnaire au gouvernement, avec un conjoint, deux chiens et pas d’enfants est extraordinaire.

Je crois que ma mère, qui a élevé seule ses deux enfants tout en travaillant est extraordinaire.

Je crois que ma cousine Michelle, qui travaille à temps plein, va à l’université et est enceinte de son troisième enfant, est extraordinaire.

Je crois que mon frère, qui ne voit ses enfants qu’une fin de semaine sur deux, mais leur donne toute son attention et toute son affection sans retenue, est extraordinaire.

Je crois en une société où les employeurs ne prendront plus en considération un potentiel congé de maternité dans leur décision d’engager une femme, parce que le fait qu’un père choisisse d’être celui qui prendra le congé parental ne sera plus considéré comme exceptionnel ou étrange.

Je crois en une société qui apprendra aux garçons que respecter une femme conduit à une vie sexuelle active et satisfaisante.

Je crois en une société où le nombre de partenaires sexuels qu’une femme a eu dans sa vie ne soit pas une mesure de sa valeur.

Je crois en une société où le nombre de partenaires sexuelles qu’un homme a eu dans sa vie ne soit pas une mesure de sa valeur.

Je crois en une société qui s’intéressera aux propos d’Emma Watson dans son discours aux Nation Unies, plutôt qu’à ce qu’elle portait ce jour-là.

Je crois  en une société où il ne sera plus nécessaire aux parents d’apprendre à leurs filles de se méfier de leurs drinks dans les bars et qu’il ne faut pas sortir seule, parce qu’on aura appris aux garçons qu’une relation sans consentement n’est pas du sexe.

Je crois qu’un père est aussi compétent qu’une mère à pourvoir au bien-être physique et au développement social et psychologique d’un enfant.

Je crois qu’un père est tout à fait capable de parler de cycle menstruel à sa fille et qu’une mère est tout à fait capable de parler d’érections involontaires à son fils.

Je crois que la performance d’un athlète n’est pas influencée par sa masculinité.

Je crois, non je SAIS, que l’amitié platonique entre un homme et une femme est non seulement possible, mais une richesse.

Je crois qu’un garçon qui joue à la poupée fera un bon père.

Je crois qu’une fille qui joue au soldat fera une bonne stratège.

Je crois qu’un garçon peut faire mon travail aussi bien que moi.

Je crois qu’une fille peut faire le travail de mon frère aussi bien que lui.

Je crois que les gens 100 % hétéros sont aussi rares que les gens 100 % homos.

Je crois que je le fait que j’aime voir une belle poitrine féminine ne fait pas de moi une lesbienne et ne diminue en rien l’excitation que j’ai de voir une photo de Chris Evans, Benedict Cumberbatch, Jeremy Renner ou François Arnaud (pardon, je dois aller m’essuyer le coin de la bouche, trop de bave).

Je crois qu’une fille qui a un décolleté n’a pas besoin de se faire dire qu’elle a des beaux seins, mais qu’elle aimerait se faire dire qu’elle a une belle robe, parce que c’est la raison pourquoi elle a choisi ce vêtement en se levant ce matin-là.

Je crois qu’il n’est pas nécessaire qu’un homme paie l’addition au restaurant, qu’il le fasse s’il veut faire plaisir à sa date, mais pas parce qu’il y est obligé.

Je crois qu’il n’y a pas de problème à ce qu’une femme paie l’addition au restaurant.

Je crois que le choix d’utiliser des moyens contraceptifs ou non, de mettre un terme à une grossesse ou non, n’as pas à être restreint par le gouvernement.

Je crois que le choix d’allaiter ou non est personnel.

Je crois qu’une femme peut être misogyne.

Je crois qu’un homme peut être misandriste.

Je crois qu’on peut être en désaccord avec l’opinion d’une femme sans avoir à utiliser son apparence ou sa vie sexuelle comme argument de la pertinence de son discours, encore plus si le discours ne concerne pas la mode ou la sexualité.

Je crois au droit d’un homme de réagir émotionnellement à une situation sans qu’on le traite de faible.

Je crois au droit d’une femme de réagir émotionnellement à une situation sans qu’on la traite de folle.

Je crois au droit d’un homme de réagir logiquement à une situation sans qu’on le traite de sans cœur.

Je crois au droit d’une femme de réagir logiquement à une situation sans qu’on la traite de mal baisée.

Je crois que les hommes sont assez intelligent pour comprendre le femmes. Je crois que les femmes sont assez intelligente pour comprendre les hommes.

Je crois que nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains à part entière, pas des espèces différente et que la philosophie « Vénus/Mars » est simplement une excuse pour ne pas faire d’efforts pour se comprendre.

Je crois que demander  l’égalité pour les femmes n’est pas demander d’enlever des droits aux hommes.

Je crois qu’une femme qui choisit d’utiliser sa sexualité pour gagner sa vie ne devient pas automatiquement un objet disponible à la consommation pour tous les hommes qu’elle rencontre.

Je crois que relever les stéréotypes sexistes dans la critique d’une œuvre ne diminue pas la qualité de l’œuvre, mais encourage les créateurs à se détacher des stéréotypes et à être plus créatifs.

Je crois qu’une fille qui a un conjoint à l’autre bout du monde a tout à fait le droit de lui envoyer des photos d’elle nue et que ce n’est pas des affaires de personne d’autre qu’elle et son conjoint.

Je crois que dire à une fille qu’on a un gros pénis n’est pas une bonne façon de briser la glace sur un site de rencontre.

Je crois qu’une femme qui choisit de ne pas avoir d’enfants peut être aussi féminine qu’une femme qui en a eu 10.

Je crois qu’une femme qui a eu 10 enfants peut être aussi intelligente et ambitieuse qu’une femme qui n’en a pas eu.

Je crois qu’il faut éviter d’apprendre à nos garçons qu’être agressif est  une marque de force ou de valeur.

Je crois qu’il faut éviter d’apprendre à une fille qu’elle ne doit pas provoquer le désir des garçons.

Je crois que « je ne suis pas intéressée » ne veut pas dire « essaie plus fort ».

Je crois qu’il n’y a absolument rien de mal a avoir une vie sexuelle désinvolte, autant pour un homme que pour une femme, en autant qu’on prenne des mesures de contraception et qu’on se protège des MTS.

Je ne crois pas que la Friendzone existe. Je ne crois pas que l’amitié soit un prix de consolation. Je crois que le fait qu’une personne vous a rejeté peut être blessant émotionnellement, mais que ce n’est pas une attaque et ne diminue pas votre valeur personnelle.

Je crois que les abus sexuels existent chez les hommes, et que la perception de la sexualité dans notre société les oblige à faire semblant qu’ils étaient consentants, de peur de paraître faibles ou anormal.

Je crois que les abus sexuels ne sont JAMAIS de la faute de la victime, quel que soit son sexe, son âge son état d’ébriété ou la façon dont elle était habillée.

Je crois qu’un abuseur est responsable de ses actes, quel que soit son sexe, son âge ou son état d’ébriété.

Je crois que les fausses accusations d’agression sexuelle sont des délits graves, mais que la présumée victime a droit elle aussi à la présomption d’innocence au même titre que l’accusé. (Elle dit la vérité jusqu’à preuve du contraire)

Je crois au droit d’un homme d’avoir une libido basse.

Je crois au droit d’une femme d’avoir une libido active.

Je crois que les relations interpersonnelles, qu’elles soient amoureuses, amicales ou familiales ne sont pas des luttes de pouvoirs.

Je crois qu’écouter ce que ton interlocuteur te dit lorsqu’il te parle de son expérience personnelle, et accepter qu’il te dit la vérité jusqu’à preuve du contraire, sans prendre en compte son sexe, la couleur de sa peau, sa langue, son habillement ou la grosseur de son compte en banque est une question d’humanité basique.

Je crois que ce sujet n’est pas la chasse gardée des femmes blanches de classe moyenne, mais doit être réfléchit, nourrit et partagé par tous les membres de l’humanité.

Je m’appelle Elise Doré, j’ai 34 ans et je suis féministe.

Et je crois que ceux qui disent qu’ils ne sont pas féministe parce qu’ils ne sont pas contre les hommes devraient lire le dictionnaire.

Féminisme : Attitude de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes. (Dictionnaire Le Petit Robert 2011)

http://www.heforshe.org/

http://www.doctornerdlove.com/

http://www.huffingtonpost.fr/emma-watson/pour-abolir-les-inegalite_b_5867054.html

http://blip.tv/nostalgia-chick

http://www.themarysue.com