L’éternelle controverse.

Manifestations pro-vie à Kingston avec des pancartes d’un goût douteux.

Des facteurs de la Saskatchewan refusent de livrer un dépliant choquant du Canadian Centre for Bio-ethical Reform

Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, à propos de la proposition de couper les subsides fédéraux à Planned Parenthood

La loi provinciale du Nouveau-Brunswick limite le financement des interventions d’avortement et a précipité la fermeture de la clinique Morgentaler de Fredericton.

Tous ces articles datent de moins d’un an et demi. En fait, les trois premiers datent de moins d’un mois…

On est en 2015. Ça fait 25 ans que les lois criminalisant l’avortement sont officiellement considérées comme anticonstitutionnelles.

CE DÉBAT NE DEVRAIT MÊME PAS AVOIR LIEU AU CANADA. NI DANS AUCUN PAYS PRÉTENDANT ÊTRE CIVILISÉ.

Et pourtant…

Écoutez, on va mettre une chose très au clair dès le départ. Vous avez totalement le droit de ne pas aimer les avortements. C’est poche un avortement. C’est triste. C’est horrible.

Mais c’est foutrement pas de vos affaires.

Je suis férocement pro-choix.

Attention, je ne suis pas proavortement, personne d’humain n’est proavortement. Oubliez la propagande qui traite les gens qui défendent le droit à l’avortement de tueurs de bébés. Personne n’a envie de tuer des bébés. Personne ne trouve les avortements drôles (à part Seth MacFarlane, mais ça fait un bout qu’il n’a plus d’âme à perdre).

Je suis pro-CHOIX.

Aucune clinique Morgentaler ne court après les femmes enceintes pour leur vanter les avantages à se débarrasser de leur bébé. Personne à Planned Parenthood aux États-Unis ne va suivre un résultat positif à un test de grossesse par un « Bon ben, couche-toi là, écartes les jambes, je vais chercher la balayeuse ».

Aucun médecin, aucune infirmière, aucun travailleur social, aucun bénévole qui a le moindrement d’empathie ne vas encourager quelqu’un à subir un avortement. Au pire, ils vont le suggérer si la grossesse représente un risque pour la vie de la mère. Leur mission n’a JAMAIS été de tuer des bébés. Leur but n’est JAMAIS d’interrompre les grossesses. Leur mission, c’est d’aider les femmes en détresse.

C’est très difficile un avortement, ça fait mal, physiquement et psychologiquement, c’est traumatisant et ça brise le cœur. Aucune femme que je connais qui en a subi un, aucune dont j’ai lu le témoignage, n’a dit être ressortie de là le cœur léger. Certaines sont soulagées une fois que c’est fait, mais elles sont toutes infiniment tristes. Elles ne trouvent pas ça drôle ou facile. Elles ne souhaitent pas renouveler l’expérience non plus.

Oubliez le cliché de la fille facile avec sa carte de fidélité (9 avortements à notre clinique, le dixième et gratuit et vous aurez une belle tasse à café en prime!). C’est de la foutaise.

Personne n’a envie de passer par là. Personne d’humain ne souhaite que quelqu’un passe par là.

Sur Twitter quelqu’un a comparé ça au divorce. Personne n’aime les divorces, c’est horrible un divorce, ça brise le cœur, ça bouleverse une vie, ça explose une famille. Mais c’est parfois nécessaire, parce que la santé mentale, physique ou la sécurité des personnes sont en danger.

Pourtant, à écouter les groupes pro-vie, toutes les cliniques d’avortement sont des endroits où on leurre des femmes pour leur arracher contre leurs grés les bébés à terme du ventre et les vendre à des restos chinois pour faire des spare-ribs. Toutes les femmes qui ont subi un avortement sont des putes irresponsables et sans cœur qui se foutent complètement de la vie qui grandit en elle.

Elles ne s’en foutent pas, croyez-moi, sauf exception (les sociopathes, ça existe), les femmes qui passent par cette épreuve ne se foutent absolument pas de l’amas de cellules qui se divise dans leur utérus.

De toute façon, la plupart des groupes pro-vie ne sont pas du tout intéressés à protéger ces enfants. En fait, le terme pro-vie est incorrect. Ces groupes sont pronaissance.

Parce qu’ils n’ont rien à foutre de cet enfant-là une fois qu’il est né. Ils parlent de la sainteté de la vie, mais seulement quand elle ne les incommodent pas.

Les membres des groupes pro-vie viennent des mêmes milieux qui trouvent que le salaire minimum ne devrait pas augmenter, que les gens qui travaillent dans les McDonalds devraient aller travailler ailleurs s’ils trouvent que leur salaire n’est pas assez élevé pour vivre, que le soutien aux familles sous le seuil de la pauvreté les encourage à rester pauvres, qu’on devrait interdire aux enfants séropositifs de fréquenter les écoles publiques, et que l’éducation sexuelle à l’école détruit la fibre morale des jeunes.

Ouais, ils ne veulent pas que leurs enfants apprennent l’existence de la contraception, bref, leur éviter d’avoir à prendre la décision de garder ou non un bébé non prévu.

Oh, et ils sont généralement aussi pour la peine de mort et contre le contrôle des armes à feu. Parce qu’une fois qu’il est né, c’est free range pour la chasse aux déchets de la société.

Non, pour eux ces enfants sont sacrés tant qu’ils ne deviennent pas un « fardeau pour la société ». Mais quand ils sont rendus là, ce ne sont plus des petits bébés.

Et ils se foutent encore plus de la mère. Leur rhétorique se résume souvent à accuser la femme d’être une irresponsable et à vouloir l’obliger à « vivre avec les conséquences de ses erreurs. »

Parce que la vie d’un enfant devrait être une punition.

Parce qu’elle aurait dû garder ses jambes bien collées l’une contre l’autre.

Ou parce qu’elle n’aurait pas dû provoquer son violeur.

Ou parce que c’est elle qui a choisi de tomber en amour avec un écœurant qui la bat. Et puis, qui sait, peut-être qu’un bébé le fera changer? Ça a fonctionné dans 50 Shades of Shit après tout!

Je ne pourrai jamais être d’accord avec ce genre de logique.

Je n’encourage personne à subir un avortement. Je ne souhaite cette expérience à personne. C’est une véritable tragédie.

Je ne suis absolument pas proavortement.

Mais si à un moment donné, dans votre vie, vous devez passer par là, je défendrai toujours votre droit à choisir cette solution, et votre droit d’y avoir accès dans le respect et la compassion.

Ce n’est pas à moi d’être d’accord ou non avec votre décision. Que je sois pour ou contre les avortements importe peu. En fait, ça n’importe pas du tout.

Votre corps, votre vie, votre CHOIX.

C’est ça que je défends.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s