Ah les maudits travailleurs chialeux!

C’est drôle quand même de voir un gars comme Duhaime, qui fait 150 000$ par année pour une job botchée (je l’ai personnellement surpris à deux reprises à commenter des articles qu’il n’avait pas lu et 99% de ce qu’il dit est copié/collé de The Rebel) pendant environ 20h semaine, commenter les salaire et les horaires des employés de la SAQ comme s’ils étaient gras dur.

Je travaille comme agente de secrétariat (je suis une secrétaire, ok? J’aime pas ça qu’on essaie de diminuer ma job en sortant des euphémismes comme adjointe administrative ou agente de secrétariat, être secrétaire, c’est pas honteux, c’est une job importante et névralgique) au gouvernement du Québec. Je suis une fonctionnaire dans le pur sens du terme, avec les avantages qui viennent avec. Je suis « gras dur » si on crois les chroniqueurs qui font 4/5 fois mon salaire annuel.

Parlons-en donc de mon salaire annuel. Ostie qu’on a peur de parler d’argent, hein? Ben voilà : Je fais 27,14$ de l’heure, avec un 35 heures par semaine garanti , 44 507$ par année (ces infos sont publiques sur le site du conseil du Trésor, vous pouvez les vérifier vous-même).

Et j’arrive pas.

J’arrive juste pas à la fin de mon deux semaines entre mes paies.

J’ai pas du tout un train de vie princier, je ne voyage pas, mon loyer est probablement le moins élevé de Chaudière-Appalaches, je mange rarement au resto, (je suis la Reine des bouffes les moins cher possible chez McDonald’s, mon frère Philippe peut en témoigner) mes meubles sont tous usagés sauf un que j’ai acheté après avoir économisé pendant 8 mois et qui était à 70% de solde, mon linge m’a été en majorité donné (merci à ma tante Jocelyne, ma tante Aline et la mère de Fabienne), mes animaux de compagnies m’ont été confiés en adoption sans frais, je n’ai fait aucune dépense de luxe dans les trois dernières années (2 500$ pour ma machine à apnée, c’est pas du luxe, c’est un traitement médical) je gratte partout comme une folle, je comprend pas pourquoi j’ai pas perdu de poids, parce que je saute des repas ou je ne mange pas assez pour être rassasiée régulièrement, (ça doit être le stress, j’imagine), j’ai des pincements au coeur chaque fois que j’ouvre mon compte en banque.

J’arrive pas.

À 44 507$ par année, garanti, j’arrive juste pas.

Alors quand les employés temps partiel de la SAQ disent qu’ils n’arrivent pas à avoir un niveau de vie décent et une situation financière stable, je les crois.

Quand les syndicats et les intervenant en lutte contre la pauvreté disent que le salaire minimum, c’est pas assez pour vivre, je les crois.

C’est ben facile de comparer les salaires des uns et des autres et de dire qu’on doit pas se plaindre parce que d’autre ont moins, mais cet argument néglige un point important: ceux qui ont moins méritent EUX AUSSI d’avoir plus.

T’as beau faire 50$ de l’heure, quand, à la banque, le minimum d’heure que tu peux garantir de faire par semaine c’est 3, ben il vont calculer ta capacité à rembourser comme si tu faisais 150$ par semaine et t’iras pas chier loin avec ça.

Je crois aux revendications de TOUS les travailleurs en grève, public et privé.

Je crois au droit pour TOUS les travailleurs d’avoir des conditions de travail décentes et sécuritaires et d’avoir des conditions financières vivables.

Je crois que tout le monde qui travaille à temps plein mérite AU MOINS 44 507$ par année et 20 jours de vacances et 10 jours de maladies acumulables.

Et je crois qu’après 15 ans, esti, tu mérite un temps plein garanti à ta job, peu importe la job, public ou privé.

Et je suis prête à me battre pour vous aider à les avoir si vous les exigez. Je vais boycotter vos magasins tant que les négociations ne seront pas conclues et je jure devant Dieu ou toute autre force naturelle ayant menée à la création de l’univers que je ne briserai JAMAIS vos lignes de piquetage.

Je vais voter pour des politiciens qui se soucient vraiment des travailleurs, je vais signer et partager les pétitions et appuyer publiquement les projets de réformes des lois du travail pour vous aider à avoir au minimum au moins que moi. Parce que vous le méritez tabarnak.

Et quand à Éric Duhaime, il devrait aller se tapper les madames frustrés qui demandent à parler au gérant parce que le vin que le chroniqueur de Salut Bonjour a recommandé est back order pendant 15 ans à temps partiel et qu’il essaie de vivre sur ce budget avant de chier sur la tête du monde. La méchanceté et la négativité, c’est beaucoup plus facile que l’empathie et la réflexion, c’est pour ça ça que c’est l’apanage des paresseux.

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Parlons de Brock Turner

Brock Turner est un violeur. Je peux me permettre de l’affirmer, sans détour, car il a été reconnu coupable, de façon unanime, par un jury, de trois chefs d’accusation d’agression sexuelle.

En janvier 2015, Brock a profité de l’état d’ébriété d’une jeune femme pour la traîner derrière un container de vidanges, la coucher par terre sur l’asphalte, lui retirer son cardigan, lever sa robe pour libérer ses seins, lui enlever sa petite culotte, la pénétrer avec ses doigts et j’en passe.

Il serait sans aucun doute allé encore beaucoup plus loin, si deux étudiants suédois qui passaient par là à vélo n’étaient pas intervenus.

Brock a été reconnu coupable, sans l’ombre d’un doute raisonnable.

C’est un fait. Brock Turner est un violeur.

Mais, même avec un jugement de culpabilité, sa victime n’a pas droit à la justice. Le juge a décidé de lui donner une peine bidon de 6 mois avec probation pour « diminuer l’impact d’une sentence complète » (la recommandation de la Couronne était de 6 ans, la peine minimale dans ce genre de cas, la maximale étant de 14 ans), parce que c’était sa première offense, qu’il est jeune et que c’est un champion de nage, qu’il est riche et qu’il est blanc qu’il ne « représente pas un danger immédiat pour le public. »

http://www.theguardian.com/us-news/2016/jun/02/stanford-swimmer-sexual-assault-brock-allen-turner-palo-alto

Sérieusement, on dit aux victimes de parler, de dénoncer, que si on veut que ça change, il ne faut pas garder le silence. Et ensuite, on leur fait traverser l’enfer pendant une ou plusieurs années, et ça fini avec 6 mois avec sursis pour diminuer l’impact d’une vraie sentence. Mais par le fait même, on scrappe encore plus la vie de la victime. Mais fuck la victime, elle avait qu’à pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

La victime de Turner avait des témoins de son agression, des preuves médico-légales, un dossier qui à première vue, semble en béton.

Mais, comme elle était inconsciente au moment de l’agression, son témoignage est irrecevable.

Donc, c’est son agresseur qui est le « seul témoin fiable » des événements précédant le moment où elle a été défendue par les deux cyclistes. Et son récit a changé drastiquement entre le moment où il a été arrêté, et celui où il a appris que sa victime ne se souvenait pas bien des événements.

Mais ce n’est pas suspect du tout ça…

Encore aujourd’hui, même avec un verdict de culpabilité hors de tous doutes, Turner et son père ne parlent que d’une erreur de jugement et de promiscuité causée par l’alcool. Il est complètement incapable de comprendre qu’il est responsable de ses actes et qu’il a fait quelque chose d’horrible. Pour lui, c’est un oups! d’ivrogne, comme s’il avait vomi sur le tapis du salon. On paie pour le nettoyage, on s’excuse et on passe à autre chose. Il est une pauvre victime qui s’est fait attaquer sans raison par deux cycliste enragés pendant qu’il faisait une séance de touche-pipi tout ce qu’il y a de plus normale avec une fille endormie derrière un container à vidange.

Ce con parle même d’aller faire des conférences dans les écoles secondaires pour prévenir les jeunes des dangers de l’abus d’alcool!

Et son père. Oh calisse de tabarnak son ostie d’écœurant de trou de cul de père, Dan Turner, qui fait le tour des journaux en disant que son fils paie « un prix fort pour vingt minutes d’action » et qu’il « n’a jamais été violent, même lors de cette soirée-là ».

La victime avait des bleus et des abrasions partout sur le corps, mais comme elle était inconsciente, ce n’est pas violent?

AVEC UN OSTIE DE NARCISSIQUE DÉCONNECTÉ DE LA RÉALITÉ COMME ÇA POUR L’ÉLEVER, PAS ÉTONNANT QUE BROCK TURNER SOIT DEVENU UN VIOLEUR QUI S’IGNORE.

Vous voulez savoir à quoi ressemble la culture du viol? Lisez la déclaration de la victime à la cour après la sentence. C’est une lecture difficile, mais essentielle. Cette jeune femme est impressionnante par son honnêteté, son courage, sa dignité et sa générosité. Elle me laisse sans voix.

http://www.buzzfeed.com/katiejmbaker/heres-the-powerful-letter-the-stanford-victim-read-to-her-ra

Je lève mon chapeau à sa famille (incluant son conjoint), en particulier sa sœur, qui l’ont soutenue sans faille et, surtout, aux deux jeunes hommes qui, ce soir-là, ont pris la décision de se « mêler de ce qui ne les regardaient pas ». Il faut plus de gens comme eux pour combattre les Brock Turner de ce monde.

Après le procès Ghomeshi, celui de Kesha contre Dr Luke, et 98% d’autres procès pour viols qui se terminent par un verdict de non culpabilité (je vous rappelle que seulement 7% des cas d’accusations de viol se retrouvent devant les tribunaux et seulement 4% des accusations sont fausses) on se dit qu’enfin un jury a crû la victime, et a reconnu un agresseur pour ce qu’il était. Mais même là, encore une fois, c’est la victime qui a payé le prix fort.

Il faut partager, et parler de ce cas, même s’il est dans un autre pays, c’est la même chose ici et vous le savez, ne vous mettez pas la tête dans le sable. Tant qu’on va continuer de protéger l’innocence jusqu’à preuve du contraire de l’accusé (ou l’accusée), sans offrir le même bénéfice du doute à la victime, tant que toutes les excuses sont bonnes pour diminuer la porté du geste, ou pour accuser la victime de «n’avoir pas sû se protéger» (dans le cas qui nous occupe, la consommation d’alcool de Brock excuse son geste, alors que celle de la victime l’aurait mise« en position de se faire abuser») c’est toujours la victime qui va payer, peu importe l’issue du procès.

Je crois à la présomption d’innocence, c’est un principe de base essentiel de notre système de justice. Cependant, dans les cas de violence sexuelle, et ce, peu importe le sexe de l’agresseur présumé et celui de la victime présumée, la victime est considérée comme coupable de mensonge jusqu’à preuve du contraire. Ce n’est pas un défaut de notre système de justice, c’est un handicap de notre société.

C’est la culture du viol, un système de pensé pernicieux qui résulte de l’importance et du tabou simultané qui entourent la sexualité dans notre société. On traite le sexe comme un droit acquis, on banalise les agressions sexuelles dans les œuvres de fiction (le viol est rendu un cliché facile pour choquer le public et provoquer une réaction du héros ou de l’héroïne) et on refuse d’en parler ouvertement de façon sérieuse et intelligente, que ce soit dans les écoles ou sur les réseaux sociaux. On n’apprend pas à nos enfants où se trouve la ligne entre le consentement et l’agression. On excuse avec toutes les raisons possibles et imaginables. Et on trouve toutes les excuses pour diaboliser les victimes : elles cherchent l’attention, elles ont eu une relation consentante, mais elles la regrettent et ne veulent pas passer pour une salope, elles veulent se faire de l’argent etc, etc, etc.

Pour ma part, je crois les victimes, jusqu’à preuve du contraire. Il est absolument possible de faire ça sans pour autant lyncher l’accusé. Il suffit simplement d’écouter, en FERMANT SA GUEULE ET EN GARDANT SES COMMENTAIRES POUR SOI.

Et en évitant de lire ou écouter les imbécilités de mononcles “experts” en agressions sexuelles comme Martineau et Duhaime.

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Keep preaching the Good Word, Tina.

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Le Grand Visionnement 2015 Partie Onze: Channing Tatum: Foxcatcher

Steve Carrel est un acteur de génie.

Foxcatcher

Rôle : Mark Schultz

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Oui, oui, c’est Channing. La magie du maquillage de cinéma!

Hé, Sienna Miller est dans celui-ci aussi, mais elle joue sa belle-sœur avec qui il ne s’entend manifestement pas, donc le manque de chimie tombe bien!

Foxcatcher va vous rendre mal à l’aise. Très mal à l’aise. C’est normal et c’est voulu. C’est l’antithèse complète d’un film joyeux. Mais c’est un EXCELLENT film.

Réalisé par Bennett Miller (non, pas Bette Midler, Bennett Miller, le réalisateur de Capote et Moneyball) le film a eu 5 nominations aux Oscars en 2014 (réalisateur, acteur pour Steve Carell, acteur de soutien pour Mark Ruffalo, meilleur scénario original et meilleurs maquillages).

Ce film raconte une histoire vraie, celle de Mark (Tatum) et Dave (Ruffalo) Schultz, deux frères champions olympiques de lutte. Quelque temps après que Dave et lui aient tous les deux gagné l’or aux jeux Olympiques de Los Angeles, Mark est approché par le multimillionnaire John du Pont (Carell). Du Pont lui offre de venir s’installer sur son domaine, Foxcatcher Farm, avec son frère et une équipe de son choix pour s’entraîner pour les championnats mondiaux et les Olympiques de Séoul. Du Pont s’occupera de les loger et défrayera tous les coûts de l’entrainement. Parce qu’il est un passionné de lutte.

Dave refuse de déraciner sa famille, mais il encourage Mark à saisir cette chance. Mark part donc s’installer à Foxcatcher Farm. Il se rapproche de du Pont et le considère éventuellement comme un ami.

Avec le temps toutefois, la personnalité de du Pont se révèle de plus en plus sombre et abusive et les conséquences pour Mark et Dave seront dévastatrices.

Alors, si vous ne voulez pas de spoilers, arrêtez ici et allez voir le film.

Ok non, spoiler ou pas, allez voir le film. Il est sur Netflix. C’est un EXCELLENT film. Pas violent (bon, à part les scènes de lutte), mais psychologiquement drainant et superbement réalisé. C’est un film d’atmosphère et c’est, à mon avis, du travail de réalisation de Grand Art. Les acteurs sont tous géniaux, je recommande énormément.

Mais ne regardez pas ce film une journée où vous filez mal. Ce n’est pas un film qui va vous réconcilier avec la vie…

Vous reviendrez ensuite lire le reste de mes commentaires.

Après avoir vu Foxcatcher, j’ai dit sur Facebook que c’était le deuxième film sur des frères pratiquants des sports de combat qui m’avait fait pleurer cette année, après Warrior. Mais c’est à peu près la seule chose que ces films ont en commun. Warrior était un film sur la rédemption, Foxcatcher est une descente subtile aux enfers.

Les frères Schultz s’aiment profondément et Dave est très expansif envers son petit frère. Il le serre dans ses bras et lui dit constamment qu’il l’aime, il l’écoute et le soutien avec patience. Si Mark peut parfois sembler un peu frustré que Dave soit le seul qui soit reconnu entre les deux, il n’est pas agressif envers son frère avant sont arrivée à Foxcatcher Farm (bon, ok, il passe peut-être un peu de sa frustration sur Nancy, la femme de Dave), il a confiance en lui et il se tourne vers lui lorsqu’il décide qu’il doit échapper à l’équipe Foxcatcher.

Non, le conflit du film n’est pas entre les frères Schultz. Il est entre les deux oreilles de Mark. Et surtout, surtout, entre celles de John du Pont.

Joss Whedon a dit dans le commentaire de Serenity qu’il aimait engager des acteurs comiques pour faire des scènes dramatiques à forte portée émotionnelle. Le sens du timing et de la gradation avec lesquels les comiques travaillent sont très appropriés pour créer une réponse émotionnelle chez les spectateurs.

Foxcatcher semble prouver cette théorie. J’ai beaucoup parlé ici et sur les médias sociaux de mon opinion que Channing Tatum est un acteur comique. Je sais, il est surtout engagé pour des rôles d’action, à cause de sa belle gueule et de ses capacités physiques. Une formation en danse est très utile quand vient le temps de faire des scènes de batailles (on en reparlera aussi quand je vous ferai mon inévitable Grand Visionnement Chris Evans). Mais les meilleures performances de Tatum sont dans des comédies, ou des moments comiques dans ses films d’action. (voir mon commentaire sur ses 20 minutes dans Retaliation).

Steve Carell est aussi un acteur comique. Et lui et Channing sont tout simplement époustouflants dans ce film. OK, le maquillage les transforme tous les deux en personnages inquiétants, mais toute leur attitude est aussi très insécurisante, tout le long du film.

Mark débute le film un peu désœuvré, il fait une présentation dans une école à la place de son frère et se sent obligé de préciser à la secrétaire qu’il a lui aussi gagné l’or aux Olympiques. On voit Dave s’entraîner avec lui, lui faire un câlin, s’inquiéter pour lui, mais Mark semble tolérer ces marques d’attentions sans y répondre.

Sa rencontre avec du Pont semble le sortir un peu de son apathie. Et le refus de Dave de le suivre, s’il semble d’abord l’insécuriser un peu, est bénéfique. Pour la première fois de sa vie, Mark est le centre d’attention de quelqu’un (Dave ne compte pas, c’est son frère). Du Pont l’admire et le prend sous son aile. Ils ont tous les deux une obsession pour la lutte et un patriotisme limite fanatique. Il lui donne confiance en lui.

Et il lui fait découvrir la coke. Ça donne aussi de la confiance en soi, la coke…

La trahison est donc double lorsque John lui tourne le dos et exige d’avoir Dave. Les échecs subséquents de Mark, sa perte de contrôle et sa grosse crise nerveuse aux qualifications pour les Olympiques de Séoul sont le résultat direct de son impression d’avoir redescendu à la case départ. Et c’est la patience, et oui, l’amour de Dave qui va lui permettre de passer au travers et de se sortir de l’atmosphère malsaine de Team Foxcatcher.

John du Pont va vous donner froid dans le dos. C’est un personnage très distant, qui semble considérer le monde autour de lui avec une vision d’entomologiste. C’est-à-dire que tout ce qu’il y a autour de lui, c’est des insectes.

Au départ, on se dit que c’est une réaction typique de quelqu’un qui a grandi dans la richesse. Du Pont est habitué à avoir tout ce qu’il veut et que les gens lui lèchent les pieds en lui répétant que ça goûte le chocolat.

Mais ça va plus loin que ça. À plusieurs reprises, je me suis mise à avoir franchement peur pour Mark. Une scène au tout début, où John arrive en pleine nuit au chalet où il a installé Mark et le réveille pour lui parler m’as donné une franche impression de mononcle cochon. J’avais envie de regarder ailleurs, parce que j’avais peur que ça finisse en séance de touche-pipi non consentant.

Cette impression n’est pas améliorée par le fait que la lutte olympique consiste à se pogner de façon légèrement homoérotique… Et Bennett Miller en remet une couche dans les scènes d’entrainement entre Mark et John.

Mais non, du Pont est un monstre, mais pas ce genre de monstre là.

Sa relation froide avec sa mère, assez typique dans ce genre de famille, est elle aussi un peu en dehors des conventions habituelles. Il a toutes les attitudes du gosse de riche qui veut l’approbation d’un parent exigeant, mais elle semble en même temps aussi être un insecte à ses yeux.

John du Pont a été reconnu coupable d’homicide involontaire pour cause de maladie mentale (aux États-Unis, l’expression « mentaly ill » peut-être utilisée lors d’un verdict de culpabilité, alors que les verdicts de non-responsabilité utilisent le terme « insanity »). Les experts ont parlé de paranoïa qui aurait poussé John à agir, mais que du Pont était totalement conscient de ce qu’il faisait lorsqu’il a tiré à répétition sur Dave Schultz (SPOILER!). La lecture de sa biographie sur Wikipédia donne froid dans le dos. Le film est une version édulcorée, le bonhomme était VRAIMENT dérangé.

Bennett Miller a donné des instructions très précises à Carell, il ne devait pas fraterniser avec ses collègues entre les prises ou après la journée de travail. C’est inhabituel, les acteurs passent souvent du temps ensemble sur un plateau et en dehors des heures de travail. Mais cette méthode a payé au centuple ici. John du Pont semble venir tout droit d’une autre planète et tous les personnages sont mal à l’aise quand ils sont en sa présence.

Tatum et Ruffalo en ont aussi bavé beaucoup sur ce film. Dès la fin de la journée de tournage (qui commençait très tôt, à cause du maquillage pour leur donner un visage aplati façon lutteur), ils partaient s’entraîner à la lutte pendant plusieurs heures. Tellement que Channing a admis en entrevue que lors de la dernière session, ils se sont tous les deux mis à pleurer d’épuisement.

Encore là, c’est dur, mais ça paye. Les athlètes de niveau olympique ont des vies totalement inhumaines et ça ressort dans l’attitude des deux acteurs à l’écran. La seule chose qui les intéresse, le centre de leur vie, leur seule façon de communiquer et d’être vraiment proches, c’est la lutte.

Et pour rappeler Warrior, le film fini sur Mark, entrant dans la cage pour un combat de UFC après sa retraite de la lutte de compétition.

Mark Schultz fait partie du panthéon de lutte compétitive (tout comme son frère qui a été nommé de façon posthume) et est considéré comme le meilleur lutteur à avoir fait carrière dans le Ultimate Fighting Championship.

Il est maintenant entraîneur de lutte dans l’Oregon.

John du Pont est mort en prison en 2010.

Foxcatcher est un EXCELLENT, EXCELLENT film. 5 étoiles matante Elise. Il est sur Netflix.

La semaine prochaine, on retourne aux navets. Channing va sauver le président Jamie Foxx qui n’a pas appris une leçon de vie primordiale :

On ne fait jamais, jamais, JAMAIS confiance à James Woods.

On regarde White House Down.

Et on va jouer au Bingo Roland Emmerich!

L’éternelle controverse.

Manifestations pro-vie à Kingston avec des pancartes d’un goût douteux.

Des facteurs de la Saskatchewan refusent de livrer un dépliant choquant du Canadian Centre for Bio-ethical Reform

Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, à propos de la proposition de couper les subsides fédéraux à Planned Parenthood

La loi provinciale du Nouveau-Brunswick limite le financement des interventions d’avortement et a précipité la fermeture de la clinique Morgentaler de Fredericton.

Tous ces articles datent de moins d’un an et demi. En fait, les trois premiers datent de moins d’un mois…

On est en 2015. Ça fait 25 ans que les lois criminalisant l’avortement sont officiellement considérées comme anticonstitutionnelles.

CE DÉBAT NE DEVRAIT MÊME PAS AVOIR LIEU AU CANADA. NI DANS AUCUN PAYS PRÉTENDANT ÊTRE CIVILISÉ.

Et pourtant…

Écoutez, on va mettre une chose très au clair dès le départ. Vous avez totalement le droit de ne pas aimer les avortements. C’est poche un avortement. C’est triste. C’est horrible.

Mais c’est foutrement pas de vos affaires.

Je suis férocement pro-choix.

Attention, je ne suis pas proavortement, personne d’humain n’est proavortement. Oubliez la propagande qui traite les gens qui défendent le droit à l’avortement de tueurs de bébés. Personne n’a envie de tuer des bébés. Personne ne trouve les avortements drôles (à part Seth MacFarlane, mais ça fait un bout qu’il n’a plus d’âme à perdre).

Je suis pro-CHOIX.

Aucune clinique Morgentaler ne court après les femmes enceintes pour leur vanter les avantages à se débarrasser de leur bébé. Personne à Planned Parenthood aux États-Unis ne va suivre un résultat positif à un test de grossesse par un « Bon ben, couche-toi là, écartes les jambes, je vais chercher la balayeuse ».

Aucun médecin, aucune infirmière, aucun travailleur social, aucun bénévole qui a le moindrement d’empathie ne vas encourager quelqu’un à subir un avortement. Au pire, ils vont le suggérer si la grossesse représente un risque pour la vie de la mère. Leur mission n’a JAMAIS été de tuer des bébés. Leur but n’est JAMAIS d’interrompre les grossesses. Leur mission, c’est d’aider les femmes en détresse.

C’est très difficile un avortement, ça fait mal, physiquement et psychologiquement, c’est traumatisant et ça brise le cœur. Aucune femme que je connais qui en a subi un, aucune dont j’ai lu le témoignage, n’a dit être ressortie de là le cœur léger. Certaines sont soulagées une fois que c’est fait, mais elles sont toutes infiniment tristes. Elles ne trouvent pas ça drôle ou facile. Elles ne souhaitent pas renouveler l’expérience non plus.

Oubliez le cliché de la fille facile avec sa carte de fidélité (9 avortements à notre clinique, le dixième et gratuit et vous aurez une belle tasse à café en prime!). C’est de la foutaise.

Personne n’a envie de passer par là. Personne d’humain ne souhaite que quelqu’un passe par là.

Sur Twitter quelqu’un a comparé ça au divorce. Personne n’aime les divorces, c’est horrible un divorce, ça brise le cœur, ça bouleverse une vie, ça explose une famille. Mais c’est parfois nécessaire, parce que la santé mentale, physique ou la sécurité des personnes sont en danger.

Pourtant, à écouter les groupes pro-vie, toutes les cliniques d’avortement sont des endroits où on leurre des femmes pour leur arracher contre leurs grés les bébés à terme du ventre et les vendre à des restos chinois pour faire des spare-ribs. Toutes les femmes qui ont subi un avortement sont des putes irresponsables et sans cœur qui se foutent complètement de la vie qui grandit en elle.

Elles ne s’en foutent pas, croyez-moi, sauf exception (les sociopathes, ça existe), les femmes qui passent par cette épreuve ne se foutent absolument pas de l’amas de cellules qui se divise dans leur utérus.

De toute façon, la plupart des groupes pro-vie ne sont pas du tout intéressés à protéger ces enfants. En fait, le terme pro-vie est incorrect. Ces groupes sont pronaissance.

Parce qu’ils n’ont rien à foutre de cet enfant-là une fois qu’il est né. Ils parlent de la sainteté de la vie, mais seulement quand elle ne les incommodent pas.

Les membres des groupes pro-vie viennent des mêmes milieux qui trouvent que le salaire minimum ne devrait pas augmenter, que les gens qui travaillent dans les McDonalds devraient aller travailler ailleurs s’ils trouvent que leur salaire n’est pas assez élevé pour vivre, que le soutien aux familles sous le seuil de la pauvreté les encourage à rester pauvres, qu’on devrait interdire aux enfants séropositifs de fréquenter les écoles publiques, et que l’éducation sexuelle à l’école détruit la fibre morale des jeunes.

Ouais, ils ne veulent pas que leurs enfants apprennent l’existence de la contraception, bref, leur éviter d’avoir à prendre la décision de garder ou non un bébé non prévu.

Oh, et ils sont généralement aussi pour la peine de mort et contre le contrôle des armes à feu. Parce qu’une fois qu’il est né, c’est free range pour la chasse aux déchets de la société.

Non, pour eux ces enfants sont sacrés tant qu’ils ne deviennent pas un « fardeau pour la société ». Mais quand ils sont rendus là, ce ne sont plus des petits bébés.

Et ils se foutent encore plus de la mère. Leur rhétorique se résume souvent à accuser la femme d’être une irresponsable et à vouloir l’obliger à « vivre avec les conséquences de ses erreurs. »

Parce que la vie d’un enfant devrait être une punition.

Parce qu’elle aurait dû garder ses jambes bien collées l’une contre l’autre.

Ou parce qu’elle n’aurait pas dû provoquer son violeur.

Ou parce que c’est elle qui a choisi de tomber en amour avec un écœurant qui la bat. Et puis, qui sait, peut-être qu’un bébé le fera changer? Ça a fonctionné dans 50 Shades of Shit après tout!

Je ne pourrai jamais être d’accord avec ce genre de logique.

Je n’encourage personne à subir un avortement. Je ne souhaite cette expérience à personne. C’est une véritable tragédie.

Je ne suis absolument pas proavortement.

Mais si à un moment donné, dans votre vie, vous devez passer par là, je défendrai toujours votre droit à choisir cette solution, et votre droit d’y avoir accès dans le respect et la compassion.

Ce n’est pas à moi d’être d’accord ou non avec votre décision. Que je sois pour ou contre les avortements importe peu. En fait, ça n’importe pas du tout.

Votre corps, votre vie, votre CHOIX.

C’est ça que je défends.

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L’empathie et le consentement enthousiaste: La masculinité saine et magique de Magic Mike XXL

Ok, ma meilleure amie Nadia et moi avons décidé de se faire une soirée de filles. Nous sommes allées voir Magic Mike XXL. Nous sommes ressorties du cinéma en flottant.

Je pense que ça fait au minimum 5 ans que j’ai pas vue ma meilleure amie avoir autant de fun.

Ostie que ça fait du bien.

Mais, non, je ne suis pas ici pour vous faire un Grand Visionnement Channing Tatum (quoique c’est pas totalement exclu dans un futur pas trop lointain). Non, je veux vous parler de pourquoi ce film a comblé tant d’ovaires.

Non, ce n’est pas à cause de ceci:

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Oh Matt, mon petit maudit, je t’adore depuis Chuck.

Ou ceci:

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La meilleure scène du film. Hands down.

La raison est hyper simple. Et c’est Antonella qui va vous le dire:

Ce film est fait sur mesure pour les femmes.

Ah putain que ça fait du BIEN!

Vous vous souvenez comment je vous expliquait que l’empathie est le plus puissant des aphrodisiaques?

Channing Tatum l’a compris. Jenna Dewan est chanceuse en tabarnak. (ok, honnêteté complète, je suis 100% volontaire pour une relation polyamoureuse avec le couple Tatum/Dewan. Elle est fucking bandante, et lui… OUF! Bref, si vous cherchez à pimenter votre mariage, Channing & Jenna: realmatanteelise@gmail.com. Just sayin’)

Ok. Ce film est vraiment, absolument, complètement pas intellectuel. C’est sérieusement un film avec zéro cerveau nécessaire.

Mais, mais, mais, mais.

Il est plein de femmes noires.

Il est plein de femmes rondes.

Il est plein de femmes dans la quarantaine.

Et elles sont toutes des REINES.

Pas d’hésitation, pas même une seule seconde, de la part d’aucun des hommes musclés et terriblement sexy de ce film. Pas de joke de grosses, pas de jokes de cougars. Ils sont tous là pour une seule et unique raison: Les faire sourire, leur faire passer un bon moment, les faire se sentir bien dans leur peau.

Putain

de

concept

RÉVOLUTIONNAIRE.

Les putains de stripteaseur/guérisseur de l’âme.

Messieurs, prenez des notes:

Ça n’a rien à voir avec les six packs. Les gars sont beaux, mais un bel égoïste, c’est un total turn-off.

Si vous décidez que la femme que vous voulez est une REINE, pas une princesse pure et innocente, mais une putain de REINE avec des organes génitaux fonctionnels, qui éprouve du plaisir, qui est en plein contrôle de sa sexualité et qui ne cherche qu’à être comblée, je vous GARANTI que plus jamais vous ne dormirez seul sauf quand vous en aurez envie.

  • Une REINE satisfait ses désirs.
  • Une REINE accorde ses faveurs à qui s’en montre digne.
  • Une REINE choisi quand et avec qui elle partage son lit. Et sa décision est FINALE et NON NÉGOCIABLE.
  • Mais il y a d’autres REINES, partout.
  • On ne manipule pas une REINE.
  • On respecte une REINE.
  • Toutes les REINES sont belles.
  • Toutes les REINES méritent le meilleur de leurs rois.
  • Et les REINES savent récompenser ceux qui savent bien les servir comme il se doit.

Oubliez la merde des Pick-up artists.

Ne soyez pas des chasseurs en quête de proies.

Soyez des strip-teaseurs au service des REINES.

Et toutes les Andie MacDowells du monde vous laisseront essayer leur pantoufles de verre.

De plus, dans Magic Mike XXL, on nous montre des exemples d’hommes on ne peut plus masculins, mais tellement loin de l’idée traditionnelle du mâle. Ok physiquement, ils sont totalement dans le main stream. Mais laissez moi vous exposer quelques points qui, à mon avis, sont un excellent exemple de masculinité saine:

  • Quand Mike dit à Ken de le frapper pour passer sa colère, ça ne fonctionne absolument pas.
  • Ritchie veut donner dans son spectacle le total romantisme à ses clientes: mariage avec fleurs et gros diamant, et nuit de noce dans un sling sur du Nine Inch Nails. Mais c’est SON fantasme à lui.
  • Tito a des ambitions quétaines, mais Mike l’encourage et lui offre même son aide.
  • Andre et Ken apprécient le fait qu’ils font du bien au monde.
  • Tarzan s’ennuie de Mike et n’as pas peur de l’admettre.
  • Malik ne se sent pas intimidé par l’autorité de Rome, sa blonde.
  • TOUT LE MONDE BAISE LES PIEDS DE ROME ET PERSONNE NE SE FAIT TRAITER DE MAUVIETTE POUR ÇA.
  • La scène de strip tease la plus hot du film a lieu dans un dépanneur, au son d’une toune des Backstreet Boys, au profit d’une jeune fille boulotte à l’air hyper bête. (Elle sourit à la fin, pendant que nous on hurle dans la salle). Et tous les gars sont dans la fenêtre à encourager Ritchie de bon coeur.
  • Ken est sérieusement en contact avec l’univers. Genre avant longtemps, il va se mettre à léviter. Tous ses amis acceptent ce fait et embarquent dans ses lubies créatives sans même sourciller.
  • Mike essaie d’encourager ses copains à se trouver eux-même, plutôt que de leur dire quoi faire.
  • Mike n’est pas dans une bonne passe, il le sait et décline donc une super chance de se tapper Zoe la photographe bohémienne bisexuelle (jouée par la super belle Amber Heard, faque c’est pas un petit coup qu’il passe, c’est une bombe). Il passe son tour et évite les regrets. Personne ne remets sa décision en question ou lui dit qu’il a raté un bon coup.
  • Le vagin large d’Andi MacDowell est une pantoufle de verre pour le gros pénis de Ritchie!!!!!!

Un dernier point que ce film souligne, c’est l’univers des travailleurs du sexe dans une optique positive. Tout ce que je vous ai dit sur comment ils traitent toutes les femmes comme des Reines? C’est du service à la clientèle (mais hé, pratiquez-le à la maison aussi, c’est plus le fun de se faire servir son assiette avec un sourire qu’on soit chez soi ou au resto ok?).

Contrairement au premier film, il n’y a pas de shady boss pour planter un couteau dans le dos aux danseurs. Pas de petit jeune abitieux, pas de vedette. Juste des gars qui aiment leur job, parce qu’ils sont bons dans ce qu’ils font, que c’est un exutoire à leur créativité, voir une façon de vivre leur vie de rêve sur le stage et qu’ils rendent plein de femmes heureuses tout en se faisant de l’argent. Le job idéal. Ken et Andre parlent d’être des guérisseurs de l’âme et c’est pas loin de la vérité.

Je suis allée dans un bar de danseurs, j’ai eu droit à une danse privée. Et plus d’une décennie plus tard, j’ai encore de super souvenirs de Ricky le danseur qui a tellement eu d’effet sur ma cousine Michelle qu’elle a failli me casser les doigts à force de serrer ma main.

C’est dommage qu’il n’y ait pas ce genre de démonstrations des travailleuses du sexe au cinema. Les strip-teaseuses dans les films sont toujours des mères qui n’ont d’autre choix et qui se sentent coupable et dégradées par leur job. Ou des droguées qui se mettent nues pour leur fix. Et elles sont toujours en compétition les unes avec les autres. La société mets un énorme stigmate sur la sexualité professionnelle et c’est du gaspillage pur et simple. (billet à venir: la pute: pillier de société qui mérite votre RESPECT)

Si on cessait de voir les travailleurs du sexe comme de la vermine et le sexe comme dangereux, on serait beaucoup mieux comme société.

Mais ne me croyez pas sur parole, écoutez plutôt l’opinion d’un ancien danseur exotique:

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Yep!

Matante Elise Out.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Le Grand Visionnement 2015 Partie Cinq: This Means War / Star Trek : Nemesis / Warrior

Oh boy, pour une des rares fois dans ma vie, j’ai pas fini un film. Et je vous rappelles que vous vous adressez à une fille qui a regardé tous les Twilights sans vomir et qui regarde VOLONTAIREMENT Blade: Trinity à chaque fois qu’elle tombe dessus à la télé. Ryan Reynolds a cet effet sur moi.

Putain que j’ai hâte à la sortie de Deadpool. J’adore Deadpool.

Ok, je gaspille du temps parce que j’ai pas hâte de vous parler de:

This Means War (C’est la guerre)

J’AI DÉTESTÉ LES 30 MINUTES DE CE FILM QUE J’AI VU.

Non, je ne vous donne pas le nom de son personnage, je ne mets pas de photos, je ne vais pas perdre de temps a rechercher ce film merdique.

Pourtant, j’adore Chris Pine, Reese Witherspoon et, bien entendu Tommy, mais OH MON DIEU scénario cliché à mort et dialogues qui me donnent envie de vomir.

Je suis pas une grande fan de comédies romantiques, (sauf French Kiss, avec Meg Ryan et Kevin Kline et What’s your Number, avec Anna Farris et Chris Evans) mais je suis pas non plus allergique au genre.

Mais ce film… OUACHE!

Si vous me croyez pas, écoutez un petit british vous le dire. On sait tous que l’accent british vous rend automatiquement intelligent:

Ok, je savais bien qu’avec McG comme réalisateur, ça serait cliché et misogyne, mais je m’attendais pas à ce que ce soit complètement stupide. Et aussi creepy.

Un jour, peut-être, je me le taperai jusqu’au bout. Mais il va me falloir une bonne quantité d’alcool et je vais probablement passer mon temps à crier des insultes aux petites personnes qui bougent dans la boîte magique. Si vous avez de la chance, je vais me filmer en train de hurler après ma tv. Ça risque d’avoir plus de contenu et de QI que ce film.

Sur Netflix, si vous avez le cœur solide.

Passons au prochain.

Star Trek : Nemessis

Rôle: Shinzon

Shinzon

La première fois, mais non la dernière, que Tommy joue le rôle d’un sociopathe chauve.

Le film date de 2002, on a donc droit ici a baby Tom Hardy dans toute la gloire de sa carrière sur le point de s’effondrer à cause de la drogue. L’échec commercial du film, qui devait être son « big break » a déclenché la spirale infernale qui l’a mené en désintox.

Ce film est très bof, mais c’est surtout à cause du réalisateur. Tout ce que j’ai lu sur le film indique qu’il était la seule personne sur le plateau qui n’avait AUCUN intérêt dans Star Trek et qu’il se fichait pas mal de la série et des personnages. C’est une excellente façon de scrapper une franchise. Mission accomplie Stuart Baird, ton film est vraiment poche!

Mais je l’ai regardé au complet. Parce qu’au moins, le cast fait un effort. Hardy et Patrick Stewart en particulier, se démènent pour essayer de faire pousser des fleurs sur le tas de fumier, et leurs scènes ensemble sont intéressantes.

L’histoire est très compliquée, comme la plupart des Star Trek, mais en gros, Shinzon est un clone de Jean-Luc Picard qui a été créé par les romuliens dans l’espoir de faire éventuellement un swicharoo et avoir une taupe au sein de la Confédération.

Le plan a été abandonné et Shinzon, jeté aux oubliettes. Et maintenant, il est en quête de vengeance.

Et il y a aussi une scène de viol inutile dans ce film.

Ouais. Vous avez bien lu.

Une scène de viol qui n’était pas nécessaire.

Dans un film de Star Trek.

J’ai besoin d’une douche à l’eau de javel.

Fuck you Stuart Baird.

Le jeu de Tommy ici est un peu forcé, mais on voit quand même son talent. Il n’avait pas encore perfectionné son habileté pour le dosage émotif.

Ou c’est le réalisateur qui le poussait à en mettre plus que le client demande.

Ou c’est la coke qui jouait à sa place.

En tout cas, c’est pas sa meilleure performance, mais j’ai vu pire. À ne voir que si vous êtes un gros fan de Next Generation, et si c’est le cas, vous l’avez probablement déjà vu. Et vous l’avez trouvé poche.

Sur Netflix en anglais.

Passons maintenant à un des films sportifs préférés de mon frère Philippe (l’autre, c’est Slap Shot. Ne le jugez pas, c’est mes deux films sportifs préférés aussi!):

Warrior (Guerriers)

Rôle: Tommy Reardon

Warrior

Ah, un bel homme tatoué, matante aime… Il en a beaucoup plus maintenant, et je m’en plaint pas…

Ce film a valu une nomination aux Oscars comme acteur de soutien à Nick Nolte en 2011. Très mérité. C’est un excellent film.

Tommy Conlon est de retour à Pittsburg après avoir pris le large avec sa mère quinze ans plus tôt pour échapper à son père alcoolique et abusif. Il est maintenant un vétéran de la guerre en Irak et a pris le nom de jeune fille de sa mère. Son retour en ville est une occasion de joie pour son père Paddy (Nick Nolte), maintenant réformé et sobre. Sa joie va être vertement coupée par la froideur et le total désintérêt du fils prodigue à se rapprocher de lui. Tommy a souffert pendant ces 15 ans, souffert constamment et il n’est pas là pour soulager les remords de celui qu’il considère comme la source première de ses souffrances.

À Philadelphie, Brendan Conlon (Joel Edgerton), le frère aîné de Tommy, et sa femme Tess, n’arrivent pas à faire face aux dettes accumulées par les séjours à l’hôpital de leur fille cadette qui a eu des problèmes cardiaques, et ils sont sur le point de perdre leur maison. Brendan, un ancien combattant de la UFC, décide de remonter dans la cage pour se faire un surplus d’argent. L’école où il enseigne l’apprend et le suspend sans salaire pour le semestre. Brendan décide donc de se consacrer à temps plein aux MMA, pour la survie de sa famille et malgré la désapprobation de Tess.

Les deux frères entendent parler du tournoi de MMA Sparta, avec une cagnotte de 5 millions et tous les deux sont déterminés à gagner. Brendan, pour sa famille, et Tommy pour tenir la promesse qu’il a fait à Manny, son frère d’armes tombé au combat, qu’il prendrait soin de sa femme et des ses enfants s’il lui arrivait malheur.

Lors du tournoi, les fils de Paddy  se retrouvent dans une confrontation, d’abord verbale sur la plage à la veille du début des combats, puis physique lors de la Grande Finale. Brendan s’y est rendu à coup de stratégie et de prises de soumissions, Tommy à coup de rapidité et de puissance, c’est un putain de bulldozer humain.

La scène sur la plage est ma préférée et celle qui a déclenché un diatribe facebook comme matante en a la secret. En anglais, parce que j’ai vu le film en anglais et que je devais donc admonester Brendan dans sa langue, sinon, le ti monsieur dans la boîte magique m’aurait pas compris. (Logique de matante, essayez pas de comprendre.)

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Ah Brendan, ton attitude me rappelles quelqu’un, et c’est venu me chercher. La preuve que le film est bien écrit avec des personnages vrais.

Les trois hommes de la famille Conlon combattent leurs démons. Ils ont tous des reproches et des regrets. Ce film est à propos de rédemption et de pardon, les combats ne sont que la trame de fond, mais les scènes dans la cage sont extrêmement bien faites. Et le meilleur montage d’entraînement, sur l’Hymne à la joie de Beethoven, au lieu d’une chansons pop générique.

Les performances de TOUS les acteurs sont absolument sans faute, Hardy, Edgerton, Nolte, Jennifer Morrisson qui joue Tess, et Frank Grillo (My Man Frank!), qui joue l’entraîneur de Brendan.

Le combat final est puissant et quand la musique commence à la fin du combat, je vous mets au défi de garder les yeux secs.

Hardy fait montre ici de tout son talent et de sa passion pour ses rôles. Sa transformation physique est impressionnante, il a l’AIR d’un bulldozer humain. Son attitude est rude et mauvaise. Il sue l’agressivité et la rancune par tous les pores de sa peau. Tommy a été trahi par les hommes de sa vie, il a perdu sa mère dans des conditions horribles, il a perdu la dernière famille qui lui restait quand Manny est mort. Il n’a plus rien à perdre et il se fout de tout. La scène aux machines à sous où il rentre verbalement dans Paddy et le démolit émotionnellement est frappante. On a mal pour le pauvre Paddy et on se dit qu’il faut VRAIMENT pas faire chier Tommy Reardon si on tient à la vie.

En anglais sur Netflix. Fortement recommandé.

Next: Mon personnage préféré de Tom (oui, je l’aime encore plus qu’Eames!)

Un billet sera entièrement consacré à The Drop.

Parce que j’en ai long à dire sur Bob Saginowski.

Et sur Rocco, le bébé pitbull tout petit et tout mignon.

Grand Visionnement 2015 Partie Quatre : Tom Hardy: Lawless/Mad Max: La route du Chaos

Ok, aucun acteur n’as de c.v. parfait, tout le monde a sa part de navets.

Lawless (Des hommes sans loi)

Rôle: Forest Bondurant

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Lawless n’est pas merdique, mais c’est pas un bon film. C’est très frustrant, parce que ça aurait dû être un bon film, les éléments étaient tous là, mais le scénario tombe à plat et la réalisation est hyper poche.

C’est l’histoire (basé sur des faits vécus) de trois frères: Howard (Jason Clarke), Forest (Hardy) et Jack (Shia LaBeouf) Bondurant, des « moonshiners » (fabriquants d’alcool de contrebande) en pleine prohibition.

Le héros du film est Jack, mais Hardy et Jessica Chastain, qui joue Maggie Beaufort, la serveuse du resto des frères Bondurant qui fini par épouser Forest, volent totalement la vedette à LaBoeuf. C’est ces deux acteurs hyper talentueux qui rendent ce film potable.

Pourquoi j’aime pas Lawless? Je pouvais prédire ce qui allait arriver au fur et à mesure du film, ce qui n’est pas nécessairement un défaut irréparable, mais quand les dialogues sont ridicules (non, sérieux, ils parlent comme dans un putain de livre, c’est zéro naturel), la prédictabilité du récit fait couler le navire au fond de l’eau.

Et le méchant caricatural tout droit sorti d’un mauvais roman de gare surjoué par Guy Pearce. Seigneur! Ça nous sort complètement de l’histoire.

Et, pour courronner le tout, l’apparition de mon pet-peeve préféré, le « viol inutile rajouté pour rien dans le scénario. » Christ! Les deux mafieux avaient déjà tranché la gorge de Forest, et il était assez en colère pour les castrer à froid, ça servait en quoi l’histoire qu’ils aient violé sa blonde et qu’elle ne lui avoue qu’après qu’il se soit déjà vengé?

La violence sexuelle gratuite est, selon moi, la marque de commerce des créateurs paresseux.

Sur Netflix en anglais.

Bon, je descend de ma boîte à savon et on va parler d’un film SANS violence sexuelle gratuite.

Le 18 mai dernier, mon cousin Georges et moi nous installions dans la salle vide du cinéma Lumière à Sainte-Marie pour voir un bon film d’action comme on les aimes. Nous avons passé deux heures a jumper de nos sièges et a hurler de joie dans la salle de cinéma, devant la pure merveille cinématographique que nous avons eu le privilège de voir défiler devant nos yeux.

Mad Max: La route du Chaos (Mad Max: Fury Road)

Rôle: Max Rockatansky

Mad Max

Mon billet originel sur ce film

VOUS

DEVEZ

VOIR

CE

FILM.

Je ne referai pas un texte sur le film en tant que tel, vous n’avez qu’a lire mon post original, mais on va parler du personnage de Max et de la performance de Tom.

Cependant, pour ceux qui ne veulent pas lire le billet orginal:

Et surtout, surtout:

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Ce mec, je vous dis pas, c’est la VRAIE vedette de ce film.

Alors, où se situe Max dans cet Opéra Visuel Grandiose?

Il est déhumanisé, en choc post-traumatique intense, et il est en

Ta.bar.nak.

Il est au même point que les 5 épouses et Furiosa, un être à qui on a enlevé toute humanité, utilisé comme un objet destiné à être jeté après avoir terminé sa vie utile. Plus de voiture, de manteau, de nom, tatoué avec les infos de bases sur ses caractéristiques et enfermé. Une poche de sang pour le Conducteur Nux, il finit muselé et attaché à l’avant de la voiture de Nux, qui veut participer à la chasse aux épouses et « mourir glorieux sur la route du Chaos ». Pendant la première portion du film, Max est un animal enragé. Hardy est un expert en la matière et on croit totalement que le personnage est à moitié fou.

Une fois passé la confrontation initiale (qui dure genre, 5 minutes entre le moment où Furiosa et Max essaient de faire sauter la cervelle de l’autre et celui où Furiosa passe le volant à Max pendant qu’elle tire au shotgun du toit ouvrant du camion et qu’il recharge l’arme pour elle) Max agit de façon pragamatique. Il n’aide pas les femmes par esprit chevalresque ou parce qu’il pense qu’elles ont besoin de protection (la volée MONUMENTALE que Furiosa lui sacre à son arrivé est une bonne preuve qu’elles sont déjà bien défendues), mais bien parce que c’est sa meilleure chance de survie.

MMFR

Pas de temps à perdre a prouver ma masculinité, on a des culs à botter. Je pense que t’es encore meilleure que moi là-dedans, alors je vais conduire.

Et à la fin du film, alors que Furiosa et les, ben je pense que le mot juste à ce moment du film est « les veuves » ont trouvé leur espoir et leur rédemption, Max repart de son côté. Il n’a pas trouvé sa propre rédemption et son espoir, mais il a au moins trouvé par où commencer à chercher.

♫ Il s'peut qu'un beau jour, Je me repose enfin, Jusqu'à ce jour, Je poursuit mon parcours. ♫ Qui se souvient du Vagabon. Ouais, je suis vieille, je sais...

♫ Il s’peut qu’un beau jour,
Je me repose enfin,
Jusqu’à ce jour,
Je poursuit mon parcours. ♫
Qui se souvient du Vagabond? Ouais, je suis vieille, je sais…

Tom Hardy est un spécialiste de l’évolution de personnages (comme on le verra dans un prochain billet) et ce talent est bien exploité par Miller ici. L’évolution de Max se fait tellement subtilement qu’on ne s’en rend compte qu’à la fin du film, mais on a pas l’impression que c’est bâclé ou que ça sort de nulle part. C’est le résultat logique de l’histoire et le talent de Tom est tout à fait indiqué pour ce genre de personnage. Le jeu est très physique, pas seulement parce que c’est un film d’action, mais aussi parce que le personnage est quasi muet, il dit moins de 10 répliques dans tout le film. Donc la pensé et les émotions du personnage passent toutes par son expression. Une excellente performance.

Et, pour finir, la seule chose au monde qui peut améliorer ce film:

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Viens de terminer sa run en salles, mon Blu-Ray est déjà précommandé sur Amazon.

Prochain billet: Un film HORRIBLE, un film bof et un excellent film.

This Means War, Star Trek Nemesis et Warrior.

Girls don’t want you to have fun.

Je suis tombée sur cet article hier:

Une blogueuse chrétienne (oui ça a rapport, c’est pour ça que je le précise) explique sa décision de cesser de porter des pantalons de yoga et des leggings en public.

En gros, après une conversation entre filles, elle a « découvert » que le port de pantalons trop serrés en public pouvait encourager les pensées impures des hommes autour d’elle et ça lui pesait sur la conscience. Ça entrait en conflit avec ses valeurs morales et elle avait le sentiment que Dieu lui indiquait qu’elle devait changer son comportement.

De un, ce n’est pas à moi (ni a vous en passant) de juger de ce qu’une personne peut ou non porter en public. (Un petit rappel de mon billet sur les « guidounes » serait de mise ici, si vous ne l’avez pas lu.) Vous voulez mettre une mini-jupe et un top à peine plus gros qu’un soutien-gorge? Go for it! Vous vous sentez plus à l’aise en jeans avec un coton ouaté turquoise avec une grosse tête de loup dessus? C’est parfait (ok, c’est très quétaine, mais si t’aimes ça, ça ne me fait pas mal à moi personnellement)! Eh oui, ça veut aussi dire que j’ai rien à foutre que tu portes ton hijab si ça te fait plaisir. Si je n’aime pas ce que t’as sur le dos, la solution parfaite est très simple: pivoter le cou de 45° et regarder ailleurs! Problème réglé!

Donc, si la tite madame se sent mal à l’aise dans son leggings en public, c’est de ses affaires. Ce qui me gosse là dedans, c’est le fait que son texte perpétue l’idée selon laquelle les femmes doivent s’habiller de façon modeste pour éviter de provoquer la concupiscence masculine.

*SOUPIR*

Non.
Nee.

No.

Niet.

On ne peut, ni ne doit, pas contrôler les pensées et pulsions des hommes. C’est terriblement sexiste de penser ainsi.

Sexiste envers les femmes qui sont réduites à des objets qui ne servent qu’à la satisfaction sexuelle et donc doivent s’effacer le plus possible en dehors de la chambre à coucher.

Ah la belle occasion de vous remettre mon imitation d'une poupée gonflable!

Ah la belle occasion de vous remettre mon imitation d’une poupée gonflable! Sweet dreams!

Sexiste envers les hommes qui sont réduits à des bêtes sauvages incapables de contrôler leurs pulsions et leurs pensées et qu’on doit donc maintenir éloignés de toute tentation.

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Le gros méchant loup va te manger. Non pas « manger » dans ce sens-là…

On déresponsabilise encore une fois les hommes en leur disant que si une fille est habillée sexy, c’est un free pass pour l’achaler et la harceler, voir, abuser d’elle. On culpabilise les femmes en leur disant que si elles se font taponner par un cochon dans le métro, c’est leur faute à elles.

C’est aussi un stéréotype de négativisme sexuel et une vision réductrice du désir. En effet, dans son texte, la dame affirme en avoir parlé avec son mari et que celui-ci a admis que c’était difficile de ne pas regarder une fille en leggings sans avoir des pensées croches. Et avoir des pensées croches pour quelqu’un avec qui on n’est pas en couple, c’est un gros péché…

OK, avalez votre gorgée de café parce que matante va encore une fois vous sortir une vérité qui va chambouler votre monde : AVOIR DES FANTASMES OU ÊTRE ATTIRÉE PAR QUELQU’UN D’AUTRE QUE VOTRE CONJOINT, C’EST PAS NÉCESSAIREMENT MAUVAIS POUR LE COUPLE SI VOUS AGISSEZ COMME DES ADULTES.

Oui, je sais que la Bible parle de ne pas convoiter la femme de ton voisin, mais c’est l’Ancien Testament, Jésus lui parle d’amour et de respect et il a pardonné à la femme adultère donc, tirez-en les conclusions que vous voulez.

Rêver que tu couches avec quelqu’un d’autre, ce n’est pas tromper ta blonde. Regarder les fesses du voisin cute pendant qu’il passe la tondeuse, ce n’est pas tromper ton chum. La monogamie, c’est de choisir de NE PAS PASSER AUX ACTES. Le défi d’un couple monogame, c’est l’habitude ou la monotonie. Fantasmer sur autre chose, tant qu’on est conscient que c’est simplement un fantasme et qu’on n’en fait pas une montagne, c’est assez normal et plutôt sain. Bien entendu, comme dans toutes choses dans la vie, la modération a bien meilleur goût. La culpabilité inutile est un fléau des sociétés judéo-chrétiennes et un détournement des vrais enseignements du Christ.

Le gars ou la fille qui vous dit qu’il n’a d’yeux que pour vous et que depuis qu’il ou elle vous a rencontré, il ou elle n’est attirée par personne d’autre est en train de vous mentir. (Exception : oui c’est comme ça au début de la relation, durant la période « lune de miel », mais ça ne dure pas). Ce n’est cependant pas un mensonge méchant, c’est le résultat de la bouillie de merde qu’on nous sert comme idéal romantique partout dans la société, si tu es attiré par une autre personne, c’est parce que ton partenaire n’est pas « le bon », celui avec lequel tu es censé passer le restant de tes jours. Foutaises. « Le bon » partenaire n’est pas en train d’attendre que tu le rencontres, c’est joli comme idée, c’est romantique, mais dans la vraie vie, « le bon » partenaire, tu le CHOISIS. Tu apprends à le connaître, il te plaît, vous avez des buts communs, tu t’attaches et tu construis une vie avec lui à coup de communication et d’ajustements, des fois ça dure longtemps, des fois moins, mais il n’y a pas qu’une seule et unique personne avec qui tu es destiné à vivre jusqu’à la fin de tes jours. Il faut briser le système de pensée qui nous fait sentir coupable d’avoir des papillons dans le fond de culotte pour quelqu’un d’autre que son conjoint et aussi cesser de péter une crise de jalousie quand notre conjoint dit que la voisine d’en face est jolie. (Ça n’empêche pas que vous utilisiez un langage poli, messieurs, il y a une différence entre « elle est jolie/sexy » et
« je la fourrerais drette-là ».)

Cela étant dit, on a aussi une belle occasion de parler de slut shaming (encore, j’en parle beaucoup, mais c’est partout, alors, attendez-vous à en entendre parler encore souvent). En effet, on a ici un bel exemple de la mécanique. Je dois éviter de porter des vêtements trop collant en public pour éviter de donner des idées aux hommes. Parce que si les hommes ont des fantasmes sur moi, c’est MA faute. On dit encore une fois que les femmes sont responsables de l’attitude sexuelle des hommes. Si une femme s’habille sexy, elle attire la concupiscence et est plus à risque de se faire agresser.

NOTE IMPORTANTE: je n’accepterai AUCUN commentaire suggérant que l’habillement d’une femme QUEL QU’IL SOIT encourage les agresseurs sexuels. Pas de « oui, mais ». NO. C’est purement et simplement faux. Les femmes qui se font violer sont de tout âge, toutes races, toutes apparences et tous styles confondus. Il y a autant de viol (sinon plus) en burka qu’en bikini. Même si elle se promène sur la Main flambante nue avec un tatouage qui dit « baise-moi » direct sur le mont de vénus, ça ne vous donne pas un free pass pour lui sauter dessus et la prendre sans son consentement. Ce n’est pas à la victime de ne pas se faire agresser, c’est à l’agresseur de ne pas agresser, point final. Si vous suggérez dans les commentaires qu’une fille peut provoquer son agresseur par la manière dont elle était habillée, je n’argumenterai pas, je n’essayerai pas de vous convaincre, je vais bloquer le commentaire purement et simplement (ça vaut pour les commentaires sur Facebook aussi). Mon blogue est un endroit de discussions et d’échanges et je suis ouverte d’esprit, mais ce n’est pas une démocratie ni un bien publique, et je n’accepterai AUCUN slut shaming ou victim blaming dans mes commentaires, point à la ligne. La limite est là, vous l’avez vue, si vous êtes intelligents (ce que vous devez être, puisque vous lisez ce blogue!) vous ne la testerez pas.

Oui, c’est vrai que parfois une femme va s’habiller d’une certaine façon dans le but d’attirer l’attention masculine. Quand elle sort dans un bar par exemple. C’est la même chose pour les hommes, vous n’irez pas à une soirée de speed dating habillé en chienne de garage pleine d’huile, enfin, en général, il y a des exceptions à toutes les règles, mais en général, vous allez vous raser, mettre une chemise et un pantalon propre et en bon état et souvent, une touche de gel dans les cheveux et un spritz d’aftershave. C’est la même chose pour ces dames. Oui parfois elles s’habillent sexy dans le but très clair de ramener quelqu’un à la maison pour une partie de jambe en l’air, c’est vrai, je ne le nie absolument pas. Cela étant dit, d’assumer qu’une fille est prête à coucher avec VOUS en particulier, juste parce que sa craque de sein est à l’air, c’est très  sexiste. Oui elle cherche peut-être à attirer un homme, des fois c’est quelqu’un de très spécifique qui sera à cet endroit à ce moment, des fois ce n’est personne en particulier, mais avant de vous fruster si elle ne répond pas à vos avances et de lui sortir, « ben si tu ne veux pas te faire cruiser, t’as juste à ne pas t’habiller comme ça » pensez y deux secondes. Votre after shave de ce soir, est-ce que ça veut dire que vous voulez coucher avec TOUTES les filles que vous allez croiser dans la soirée? Je vais défier les stéréotypes et dire que non, vous n’avez pas mis votre aftershave pour la caissière de 60 ans de la pharmacie ou vous êtes allés acheter vos condoms. (Si votre truc c’est les caissières de pharmacie de 60 ans, dites-vous que votre aftershave n’est pas pour la madame sale et en sueur qui bave à terre dans l’allée des vitamines, ou tout autre stéréotype qui ne vous excite, mais alors là pas du tout, vous saisissez mon point). C’est la même chose pour la craque de sein de la fille au bar. Tu peux regarder discrètement, je répète discrètement, tenter une approche polie même, mais dans l’éventualité d’un non, tu passes au prochain numéro comme un grand garçon et tu gardes tes déclarations insultantes pour les commentaires sur YouTube.

Et parfois, même souvent, une fille s’habille sexy juste parce qu’elle veut se sentir belle, parce que ça lui tente, sans aucune intention de faire le tango horizontal. Ça arrive plus souvent que vous le pensez.

Bon, on a parlé à ces messieurs, maintenant, c’est votre tour les filles. Parce que ceux qui sont les plus rapides sur le piton de juger les femmes selon leurs apparences, ce ne sont pas les hommes. (YÉÉÉÉÉ vous voyez messieurs, les féministes ne vous accusent pas de TOUS les maux de la société, mais attendez un peu, parce que je vais quand même vous sortir le gros méchant mot patriarchie dans pas long, désolée).

En effet mesdames, êtes-vous familières avec le terme « girl hate »? On parle ici des attitudes agressives et haineuses que les femmes ont les unes envers les autres. En décortiquant le terme, on voit à quel point le mécanisme est sexiste, on parle de girls pour dénoter une immaturité et de hate parce qu’on suppose que les femmes ne sont pas capables de réagir de façon raisonnable à quelque chose qui les dérange. Le stéréotype même de la femme enfant irrationnelle. Si vous êtes passée par l’école secondaire, vous savez exactement de quoi je parle. Et beaucoup de femmes grandissent, mais ne sortent pas de l’école secondaire.

Romy and Michele's High School Reunion est mon film fétiche en passant. Je suis certaine que vous êtes extrêmement surpris d'apprendre ça.

Romy and Michele’s High School Reunion est mon film fétiche en passant. Je suis certaine que vous êtes extrêmement surpris d’apprendre ça.

C’est partout dans l’attitude des femmes, on juge les autres selon des critères stricts et souvent carrément méchants, on saute aux conclusions sans même réfléchir. Et c’est multiplié lorsqu’il y a un rapport direct ou non avec leurs habitudes sexuelles (réelles ou supposées).

J’ai lu un article qui donne l’exemple d’une jeune femme qui travaille dans une émission pour adultes (je vais essayer de retracer l’article, c’est Arden Leigh qui l’avait partagé sur Twitter) qui après avoir indiqué à la serveuse du resto que son verre était sale s’est fait répondre devant ses parents et sa grand-mère « well, at least I don’t show my tits on tv » (« au moins je ne montre pas mes totons à la télé »). Euh, quel ostie de putain de rapport l’exposition consentante de ses seins a avec le fait que ton plongeur a mal fait sa job?

Les travailleuses du sexe subissent la pire forme de girl hate constamment, mais toutes les filles la subissent. C’est dans tous ces commentaires que les filles font sur les autres sans aucune base autre que les apparences. On me regarde et tout de suite on juge que je suis en mauvaise santé, que je mange du fast-food tous les jours, que je ne prends pas soin de moi, que je suis mal dans ma peau, tout ça parce que j’ai un surplus de poids et que je ne me maquille pas. J’exagère à peine et vous le savez. Mais c’est encore pire avec les femmes qui s’habillent sexy. Automatiquement, elles deviennent des cochonnes qui font de la pub pour se faire mettre et tout succès qu’elles ont, professionnel ou personnel, est immédiatement classé dans la catégorie « elle a baisé quelqu’un pour y arriver ».

Les copains, vous seriez surpris de voir combien de so-called pichous ne réussissent à avoir des promotions qu’après une pipe, l’air de la fille n’a rien à voir là-dedans, comme dans toute relation abusive, c’est une question de pouvoir, pas de désir.

Et bien entendu, si une femme est belle, peu importe comment elle s’habille, tous ses succès sont associés à sa plastique, pas à son talent, son travail ou son intelligence.

Je vous entends déjà me sortir les pseudoarguments scientifiques « mais c’est connu, depuis la préhistoire que par instinct, on choisit les spécimens les plus beaux pour la reproduction. » « Les belles personnes ont plus de succès en partant, c’est connu. »

Spécimen génétique parfait, cette créature céleste s'est reproduite à aux moins trois reprises.

Spécimen génétique parfait, cette créature céleste s’est reproduite à aux moins trois reprises et a fait des centaines de milliers de dollars à l’aide de sa classe et de son sex-appeal.

« Les spécimens les plus beaux » est une façon erronée de voir l’évolution. Ce sont les spécimens les mieux adaptés qui se reproduisaient le plus fréquemment. Les autres se reproduisaient quand même, juste moins. Et avec l’apparition de la société moderne, la société a pris une dominance sur l’instinct en ce qui a trait aux qualifications du spécimen devant se reproduire. Les standards de beauté modernes ne sont pas des garanties de santé, loin de là. Pour ce qui est du succès des belles personnes, regardez la formule à l’envers, on réagit favorablement face aux belles personnes. Pourquoi? Parce que partout, depuis notre plus tendre enfance, on vante les belles personnes, purement et simplement. Ce n’est pas un instinct incontrôlable, il est très fortement renforcé par notre éducation et par la société en général.

Mais voilà, répondre aux standards de beauté, c’est compliqué en maudit. Les vedettes hollywoodiennes ont une plastique parfaite parce que c’est leur job. Ils ont un entraîneur, un nutritionniste, et souvent un cuisinier à leur disposition aux frais de la compagnie de production. Quand ils ne sont pas sur le plateau de tournage, ils ont le temps de faire 4 à 6 heures d’entraînement par jour. Ils ont des stylistes pour choisir les vêtements qui leur vont le mieux, une maquilleuse et une coiffeuse pour les mettre à leur avantage sur les tapis rouges, et, si nécessaire, un chirurgien plastique peut corriger ce qui est hors des compétences des autres. Ils sont certes génétiquement avantagés dès le départ dans la plupart des cas, mais je vous garanti que mon beau Chris Evans chéri n’aurait pas ce corps s’il travaillait 9 à 5, 50 semaines par année chez Raymond Chabot Grant Thornton. Parce qu’il n’aurait ni le temps, ni les moyens de se construire un body avec les proportions d’un Doritos, bonne génétique de base ou non.

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Ça donne faim…

Comme on nous dit que c’est de ça qu’on doit avoir l’air, et que c’est impossible d’avoir l’air de ça en vrai, tout le monde développe des complexes et personne ne se trouve « assez bien » pour leur partenaire de vie. Il y aura TOUJOURS une fille plus belle, plus sexy, plus jeune que votre chum va sûrement avoir envie d’avoir plutôt que vous. On le pense parce que c’est ce que la société considère comme étant l’état naturel des choses. Ça s’appelle l’hypergamie, c’est-à-dire le choix d’un partenaire pour des raisons d’avancement social. Dans le système d’hypergamie, on n’est avec un partenaire que parce qu’il est le plus profitable financièrement ou socialement, dès qu’on en trouvera un mieux, on changera. Il y a BEAUCOUP d’exemples d’hypergamie dans la fiction (c’est à la base de toute l’oeuvre de Jane Austen, même si au final, ses protagonistes se rebellent souvent contre le système) et dans la réalité (Donald Trump et Hugh Hefner changent régulièrement de conjointe pour un modèle plus récent). Ça existe, mais ce n’est pas la majorité des gens qui fonctionnent ainsi. Si c’était vraiment un incontournable, il y a seulement deux personnes au monde qui auraient le droit de se reproduire, l’homme le plus riche et la femme la plus belle.

L’hypergamie est très présente dans le fonctionnement du girl hate, comme on achète la notion que les hommes ne cherchent qu’une femme jeune et jolie et qu’ils vont changer de partenaire dès qu’ils en trouveront une plus à leur goût, on devient, par la force des choses, des compétitrices naturelles. D’où le réflexe très ancrée chez les filles d’être hostiles envers les autres femmes, la jalousie envers la jolie secrétaire, la haine envers la danseuse légèrement vêtue et la propension de penser AUTOMATIQUEMENT que la fille en top à bretelles spaghetti qui jase avec ton chum veux et va coucher avec lui. Parce qu’elle a un top serré, elle est forcément célibataire, ou si elle ne l’est pas, elle n’est pas monogame. Parce qu’elle jase avec ton chum en portant un top serré, elle a forcément envie de coucher avec lui (qu’elle ait mis ce top pour séduire ton chum ou un autre ou juste parce qu’elle aime son top serré n’a pas d’importance, apparemment) et comme il n’est qu’une bête incapable de contrôler ses pulsions sexuelles, la seule vue de son décolleté lui fait automatiquement oublier ton existence et il ne pense qu’à la sauter dans la salle de bain.

Je ne dis pas que ce scénario est impossible, il y a des gens qui sont comme ça, des filles qui ne pensent qu’à se trouver un gars riche et se foutent complètement de l’aimer ou non. Des gars qui ne pensent qu’avec leur queue. On les appelle des trous de cul et en général, ils sont faciles à repérer et à éviter. Et d’assumer automatiquement que tous les gens qu’on rencontre sont des trous de culs, c’est de la paranoïa, pas de la vigilance. Il faut être réaliste, mais être vraiment réaliste, c’est aussi voir le temps et l’énergie que ton partenaire de vie mets dans votre relation et de comprendre qu’il n’aura pas nécessairement envie de tout balancer par-dessus bord pour une paire de seins. Ça arrive, mais ce n’est pas automatique. Et la jalousie à tout crin est une excellente façon de le pousser à partir. La confiance n’est pas de la naïveté.

Le girl hate est un système d’autorégulation qui dérive de la pensée patriarchique (eh oui, voilà la féministe qui sort officiellement!). C’est un réflexe extrêmement misogyne qui considère la sexualité féminine comme un danger public qui doit être contrôlé à tout prix. On apprend aux femmes à être insécures, et donc à être envieuses et à se mettre en compétition pour les faveurs masculines. C’est une façon de leur retirer le pouvoir de décision sur leur vie sexuelle et de transformer leurs désirs et leur pulsion en péchés qu’on doit éliminer à tout prix. On leur apprend à ce policer les unes et les autres, ce sont les femmes qui sont les premières a appliquer les règles sociales de ce qui est acceptable ou non et qui sont les plus promptes à sauter dans le train de la honte (je vous réfère à l’histoire de la serveuse qui ne s’est pas gênée pour insulter sa cliente citée plus haut) et peu importe ce qu’on est, au final on ne mérite pas le respect.

La fille belle est forcément une conne :

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La fille moche est indigne de considération, peu importe ce qu’elle fait:

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(Oh qu’il y a une analyse féministe de Family Guy dans mon futur. Pas un jugement de qualité, j’aime bien Family Guy, et je comprends que c’est de la satire, mais ça n’empêche pas d’utiliser ladite satire pour souligner les mécanismes sexistes, parce que, avouons-le nous, ce n’est pas tout le monde qui arrive automatiquement à lire le deuxième degré et beaucoup prennent Peter Griffin, Homer Simpsons et Eric Cartman pour du cash.)

Dès l’enfance on nous apprend (aux garçons comme aux filles) qu’une femme bien se couvre, est polie, gentille, pure, belle (mais pas trop) et que ses pets sentent la rose. Les femmes qui ne se conforment pas à cette description sont sans classe, ne se respectent pas, sont des putains et doivent être punies. Les hommes intériorisent cette logique par la dichotomie de la vierge-putain et l’objectification, les femmes l’intériorisent par la punition sociale (toutes les head cheerleaders de films d’ados sont les exemples types.)

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J’ai longtemps souffert des conséquences du girl hate, en tant que victime (une grassouillette sensible ne traverse jamais le secondaire sans encombre) et en tant que dispensatrice. L’envie est un sentiment destructeur purement et simplement. Haïr quelqu’un simplement parce qu’il ou elle a ce qu’on veut ne sert à rien. En découvrant de mon côté les mécanismes du girl hate (dans les vidéos de Laci Green et les écrits du Dr NerdLove et d’Arden Leigh), j’ai pris conscience de mes réflexes et j’essaie de plus en plus de les combattre. J’ai encore des pensées misogynes et méchantes régulièrement, mais je les identifie comme telles et je corrige ma pensée. C’est un exercice à long terme, mais les résultats sont assez immédiats et très rémunérateur au niveau psychologique et émotionnel. En me libérant de l’envie et des pensées méchantes envers les autres femmes, j’arrive à m’apprécier beaucoup plus et je me sens mieux dans ma peau. C’est pratiquement magique, mais ça demande de la vigilance et des efforts, les réflexes ne se combattent pas facilement.

Essayez l’exercice mesdames et messieurs, quand vous croisez quelqu’un que vous ne connaissez pas, essayer d’identifier vos réactions clichés et changez la switch de bord, vous m’en donnerez des nouvelles.

Et j’ai décidé que demain, je vais aller travailler en leggings.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Répondre de ses actes

Bon tout d’abord j’ai une chose à dire et je veux que ce soit très très très clair :

Je n’ai absolument rien à foutre de savoir si Michael Brown était un criminel ou s’il a provoqué l’agent Wilson ou non.

Tout comme je n’ai rien à foutre de savoir si le père du petit garçon de 5 ans décédé à Longueuil en février dernier conduisait dangereusement ou non.

Rien

À

Foutre

Du

Tout.

Ça n’a aucune espèce d’importance.

Que Brown ait oui ou non frappé Wilson au visage ne change rien au fait qu’il n’était pas armé (fait prouvé et corroboré par tous les témoins) et qu’il a reçu 6 balles.

Après l’affaire Zimmerman, excusez-moi si je prends le stéréotype du thug noir assoiffé de sang avec un sérieux grain de sel.

Le fait est qu’aux États-Unis, le racisme est encore très fort, il a seulement changé de forme et se fait plus subtil et pernicieux.

À Oklahoma City, un policier a été accusé par 8 femmes différentes de viol et d’attouchements sexuels, mais personne n’a voulu écouter les victimes parce qu’elles étaient des noires des quartiers malfamés. C’est une tactique ingénieuse après tout, on ne s’attaque qu’aux victimes que personne ne croira.

http://www.buzzfeed.com/claudiakoerner/8-women-testify-that-oklahoma-city-police-officer-sexually-a

Le mouvement des Birthers, ces Américains, incluant la grande intellectuelle Sarah Palin, qui demandent à voir le certificat de naissance du président est tellement ridicule. Ce serait drôle, si ce n’était pas si raciste. Voyons donc, un noir américain n’aurait jamais pu avoir l’opportunité de devenir Président! Oubliez le fait que sa mère est blanche, il a la peau foncée, il n’aurait pas dû recevoir une éducation suffisante pour avoir l’opportunité de se lancer en politique! Il a sûrement tout manigancé du Kenya, son vrai pays d’origine, et le parti démocrate cache sa vraie identité!

Et si vous regardez un peu les statistiques et l’historique en matière de relations raciales de la police de Ferguson et Saint-Louis… Oh boy…

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/11/25/les-fractures-de-ferguson_4528678_3222.html

J’ai toujours eu le plus grand respect pour la police, je déteste tous les mouvements anarchiques du genre Fuck the police, je n’aime pas quand on parle d’eux comme les bœufs, les chiens sales, les cochons, etc. Ce sont des représentants de l’ordre public, dont le travail est d’assurer la sécurité de tous, et en tant que citoyen, notre devoir est d’obéir aux lois (le Code de la route en est une, en passant…) et lorsqu’on ne le fait pas, d’en assumer les conséquences (oui ça inclus être inculpés pour vandalisme, la liberté d’expression donne le droit de critiquer le gouvernement sans peur de représailles, elle ne donne pas le droit d’agir comme des sauvages et de démolir le bien public ou le bien d’autrui).

Un système judiciaire parfait, ça n’existe pas et ça n’existera jamais, parce que le système judiciaire est créé et géré par des humains. Je suis donc tout à fait consciente qu’il y aura parfois des ratés (Guy Turcotte…). C’est notre devoir de citoyen dans ces cas de dénoncer ces injustices.

C’est ce qui est arrivé à Ferguson. Dès le moment de la mort de Mike Brown, la population a fait savoir son indignation face à la mort de ce jeune de 18 ans non armé. Encore une fois, je me fous ENTIÈREMENT de savoir s’il a injurié ou frappé Darren Wilson, il n’était pas armé et ce n’était pas un membre de gang. Je suis contre l’idée d’envoyer chier ou de frapper un policier, mais ça mérite la prison, pas 6 balles.

6 balles, pour un coup de poing au visage et un « you wouldn’t dare shoot me ».

6 balles.

Wilson n’essayait pas de se défendre, il a tiré 12 coups, dont 6 ont atteint sa cible, son intention était d’éliminer le suspect.

Le discours qu’il a tenu lors de la comparution devant le Grand Jury est éloquent, il ne parle de Brown qu’en terme de « it ». On jurerait l’entendre décrire une attaque de l’Incroyable Hulk. Pourtant, le taux de radiation gamma n’est pas particulièrement élevé au Missouri. Ce n’était pas un être humain, parce que sinon, Wilson serait coupable d’homicide (volontaire ou non). Il s’est défendu contre un « démon » de 18 ans qui faisait du vol à l’étalage et de la rébellion contre l’autorité.

Les manifestations ont rapidement tourné à la violence, et les images filmées en direct et montrées sur internet m’ont donné froid dans le dos.

Ce n’était pas une escouade antiémeute, c’était un bataillon de l’armée. Ce n’était pas des voitures de police, c’était des camions blindés de l’armée peints en noir avec le symbole du poste de police en blanc. Ce n’était pas des policiers, c’était des mercenaires.

Pourquoi les agents auraient pris la peine de retirer leur numéro d’identification avant d’aller appréhender des journalistes? DES JOURNALISTES, CALVAIRES, ILS ONT BRUTALISÉ UN JOURNALISTE DU PUTAIN DE WASHINGTON POST ET ONT REFUSÉ DE S’IDENTIFIER! Bref, n’importe quel malade aurait pu profiter du chaos pour se déguiser en policier et aller bûcher sur des gens pour le fun, les vraies polices refusaient de s’identifier, comment on aurait pu savoir que ce n’était pas une vraie police! Hyper intelligent comme tactique…

Non, vous ne me ferez pas avaler que c’est la « procédure normale », que c’est de la « force nécessaire ». Tu dois utiliser la force dans le cadre de ton travail, si cette force est justifiée, aucune raison de cacher son identité.

Le fait est que devant la réaction à la mort de Brown, le service de police de Ferguson a PANIQUÉ. Ils ont paniqué et refusent d’admettre qu’ils ont paniqué. Est-ce que la manifestation devait être contenue par la police? Oui, toutes les manifestations devraient l’être. Est-ce que la nature de cette manifestation demandait que les agents soient plus vigilants et mieux protégés? Oui, certainement, ils étaient l’objet de la colère. Est-ce que ça justifiait de sortir l’artillerie lourde et de transformer les rues de la ville en zone de guerre, de cacher leur identité afin d’éviter d’avoir à rendre compte de leurs actes et de traiter TOUS les manifestants comme des fous enragés?

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel_interactif/2014/08/21/ferguson-produit-d-une-longue-histoire-de-brutalites-policieres_4474169_4355770.html

Permettez-moi d’en douter. De ce que j’ai vu (en direct, dois-je vous rappeler, sans montage possible), des gens étaient armés de pancartes et de cris, et se sont fait traiter comme des terroristes en puissance.

Je ne nie pas qu’il y avait probablement des violents dans le tas, mais ce n’était pas très visible dans les vidéos que j’ai vu (EN DIRECT, je vous le rappelle, pas sur un site de nouvelles, parce que les journalistes étaient tenus à l’écart dans une zone très bien délimitée et sous la menace, mais sur Twich, filmé par des civils, sur leurs téléphones, une télé pas mal plus réalité que tous les épisodes des Kardashian).

Incident isolé, direz-vous? Qu’il le soit ou pas ne le rend pas moins inacceptable.

Est-ce que les agissements de Darren Wilson étaient justifiés? Je n’ai aucune certitude et je suis tout à fait prête à lui donner le bénéfice du doute, innocent jusqu’à preuve du contraire. La peur et la panique peuvent nous faire agir de façon très stupide et, à écouter son témoignage devant le Grand Jury, il était apparemment terrifié.

Le fait est qu’on ne le saura jamais. Que le Grand Jury a décidé que ça ne valait pas la peine qu’on se pose la question.

C’est inacceptable. Totalement inacceptable. Il y a eu mort d’homme, il DEVRAIT AUTOMATIQUEMENT y avoir une enquête et une poursuite judiciaire, ne serait-ce que pour prouver une fois pour toutes l’innocence de Darren Wilson. La décision du Grand Jury ne prouve pas qu’il était en droit de tirer 12 balles, tout ce qu’elle dit, c’est que son droit de tirer ou non n’a pas d’importance. On ne lui dira même pas « on comprend que t’étais sous l’adrénaline, ce n’était pas la meilleure décision du monde, mais on comprend. Va faire un ti cours de gestion de crises et on en parle plus. » On ne lui dira pas qu’il avait raison ou qu’il avait tors, on s’en fout.

C’est inacceptable. Policier ou non, TOUS les citoyens doivent répondre de leurs actes, tout le monde peu perdre le contrôle et les circonstances atténuantes existent, mais elles doivent êtres appliquées dans la détermination de la culpabilité d’une personne. Elles ne doivent pas servir d’excuse pour ne pas chercher à savoir si la personne est coupable ou non.

C’était la PIRE décision que le Grand Jury pouvait prendre.

Quel risque y avait-il à aller en procès? Un non-lieu, faute de preuves? Au moins ces preuves auraient été analysées par les avocats, rendues publiques, on aurait fait un EFFORT pour démontrer à la famille Brown que leur perte avait une valeur. Là, on leur dit « too bad, on n’a pas de temps à perdre avec la mort de votre fils ». Ça aurait gaspillé l’argent public peut-être? Et tous les frais que les manifestations et l’état d’urgence vont entraîner, c’est moins qu’un procès qui n’aurait peut-être pas fait taire les manifestants, mais les aurait certainement calmés un peu?

Je vous mets ici les commentaires d’un procureur sur la performance douteuse du DA McCulloch (En passant, la famille Brown et leur avocat avaient demandé qu’on assigne un autre Procureur pour la présentation devant le Grand Jury, puisque McCulloch est connu pour son penchant pro-police. La demande a été refusée…) En gros, elle démontre, exemple à l’appuis que McCulloch n’a même pas pris la peine de poser les questions de base, tel que : « Pensiez-vous que Brown était armé? ». La job a été butché. Soit McCulloch est incompétent, soit c’était délibéré.

https://t.co/JMYGRe4iGU

Vous me direz que la justice n’a pas à se soucier de l’opinion publique, qu’elle ne doit pas avoir de biais. Je suis d’accord, jusqu’à un certain point. La justice doit aussi servir le BIEN public, et donner ne serais-ce qu’une chance à la famille Brown de voir justice rendue pour la mort de leur fils aurait assuré le bien public. On ne demandait pas le lynchage de Darren Wilson, on demandait un procès. L’opinion publique n’a pas à influencer le verdict du procès, mais dans ce cas-ci, elle aurait dû influencer la décision de tenir le procès ou non. (Encore une fois, je vous mentionne Guy Turcotte, juste en passant de même…)

Ce n’est même pas une question de satisfaire la masse. Présentement la cote de confiance envers le service de police de Ferguson est très près de zéro. Genre, les policiers, leurs familles, leurs amis et le KKK local. Sans la confiance de la population, aucune force policière ne peut prétendre à la légitimité. Le procès aurait au moins redonné un peu d’espoir dans le système pour les gens de Ferguson, il aurait pu être tenu dans une autre juridiction, afin d’assurer la neutralité du jugement, et on aurait au moins pu se dire qu’on aura tout fait pour faire la lumière sur ce qui s’est passé. Mais on a préféré mettre le couvercle tout croche sur le presto et maintenant ça pète et ça déborde partout.

Oui, j’ai une opinion similaire en ce qui a trait à l’accident de février dernier à Longueuil. Que le père ait conduit 100 % prudemment ou non, une filature ne justifie pas de rouler à 120 dans une zone de 50, il n’était pas à la poursuite d’un individu armé et dangereux, il suivait un crosseur! Le policier devrait faire face à des accusations de conduite dangereuse ayant entraîné la mort et ce sera au juge de décider si c’était justifié ou non. Point final. Je suis donc très contente de la décision de la ministre de la Justice de confier le dossier à des procureurs indépendants.

C’est à ça aussi que la justice sert, à maintenir la confiance du public dans l’autorité légitime. Si elle n’arrive pas à le faire, elle perd sa légitimité.

Barak Obama doit être TELLEMENT en colère présentement, je m’attendais presque à entendre aux nouvelles se matin qu’il avait été hospitalisé. La déception est immense partout aux États-Unis et partout dans le monde occidental. Ce pays, qui se doit de par sa nature même d’être un exemple mondial, est encore aux prises avec les préjugés raciaux les plus simplistes, on donne zéro chance aux noirs américains et, quand ils réussissent on remet en cause leur légitimité. Ajoutez à cela l’énorme laxisme de la justice quand il est question d’agent de police (ce qui est aussi le cas au Québec) et je ne suis pas du tout étonnée que les USA soient en feu aujourd’hui.

Ce n’est pas mon pays, ce n’est probablement pas le vôtre, mais ne vous leurrez pas, ils donnent le ton au niveau mondial, qu’on le veuille ou non, et ce genre d’événement aura des répercussions partout à long terme, ne serait-ce qu’en servant d’exemple sur comment ne PAS gérer une crise de cette nature.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com