Parlons zen donc de la radio d’opinion à Québec

Martineau qui s’insurge, que dis-je SE MET EN BEAU FUSIL parce qu’une Commission scolaire de Québec avait interdit à ses chauffeurs d’autobus d’écouter la radio d’opinion de Québec pendant le transport des élèves.

Je ne mettrai pas son billet en lien ici, je ne veux surtout pas lui donner du traffic, il se pense assez important comme ça.

Qu’est-ce qu’il cite comme péchés de la radio de Québec?

  • S’attaquer aux syndicats
  • Parler contre les femmes
  • Être pro CAQ
  • Être anti gouvernemaman
  • Être anti Québec Solidaire
  • De demander une gestion saine des finances
  • D’exiger de la transparence de la part de nos élus.

Bravo Richard, j’aurais jamais cru qu’on pouvait passer autant à côté de la plaque sans tomber en bas d’une falaise, c’est un superbe exploit!

Tsé, tant qu’à prendre le monde pour des caves, ne nous donnons même pas la peine d’être subtil, ils sont trop épais pour comprendre la définition d’hypocrisie.

Venant de la part du gars qui sort sa boîte à savon à chaque attentat islamiste pour hurler que les musulmans ne dénoncent pas leurs extrémistes, c’est un bijoux d’aveuglement à la poutre dans son œil…

On sait tous que quand la Commission scolaire a envoyé son mémo, ce n’est pas à cause des positions anti-syndicalistes des radios de Québec. Je suis pas mal certaine que les CS n’aiment pas la CAQ, mais pas au point d’interdire de mettre les enfants en contact avec leur représentants.

Le problème, c’est que la radio de Québec est raciste et misogyne. Non, je ne mettrai pas de nuance, calvaire, c’est un ostie de fait, et vous le savez.

Mais la question que personne ne pose, c’est pourquoi? Pourquoi on laisse un ciboire de crinqué comme le Doc Mailloux derrière un micro? Pourquoi Éric Duhaime ne croule pas sous les procès pour diffamation? Pourquoi Jeff Fillion existe encore dans la sphère médiatique?

Parce qu’ils ont un public. Non, je ne dis pas que le monde de Québec sont des racistes et des misogynes. Je dis que les racistes et les misogynes de la province de Québec -parce qu’avec Internet, ton auditoire ne se limite plus à une seule ville – aiment la radio d’opinion de Québec. Ils aiment se faire dire qu’ils ont raison. Ils aiment ne pas avoir à confronter les faits, avoir des réponses toutes prêtes venant de gens « respectables ». Ils vont avaler tous les « faits alternatifs » qui leur font du bien.

L’important pour les radios d’opinion de Québec, ne semble pas être de débattre des faits, mais de provoquer l’indignation à tout prix.

Quand la radio de Québec s’insurge du coût de la réfection du manège militaire ou de la construction de l’arrêt d’autobus chauffé sur la Côte d’Abraham, ça chatouille le nerfs indigné des payeurs de taxes dont on gaspille l’argent. Jamais ils ne mentionnent le fait que ces deux projets de construction se trouvent dans le voisinage de la Colline parlementaire, et donc, dans la zone du Vieux Québec. On ne peut pas construire n’importe comment dans le VQ, on doit respecter le patrimoine historique de l’endroit et son cachet touristique, qui est une source de fierté pour le peuple québécois et de revenus pour la région et la province. Il y a des restrictions jusqu’à la sorte de vis qu’on a le droit d’utiliser. Et je vous garantis que c’est pas les vis les plus cheap qui sont permises.

Attention, même avec les restrictions de construction, je trouves que ces deux projets coûtent cher, et je me pose moi aussi des questions dessus. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai choisi cet exemple. Mais ne pas tenir du tout compte de cet aspect dans toutes les discussions que j’ai entendu sur le sujet me semble d’une extrême mauvaise foi. Parce que, même si ça reste une dépense suspecte, elle est pas mal moins scandaleuse qu’on le laisse croire si on tiens compte des règlements entourant les travaux de construction dans un site historique.

Appliquez l’exemple que je viens de vous donner à l’immigration, ou aux droits des femmes -et ceux des hommes aussi, en passant, parce qu’ils ne font que les aimer quand ça leur sert-, et on voit tout de suite le danger de virer dans l’intolérance et l’ignorance crasse.

Tsé quand ils hurlent, avec la CAQ, que le gouvernement devrait forcer la SAAQ à refuser à une femme en burqa de passer son permis de conduire, ils semblent oublier un des principes premier de l’Art de la Guerre: connais ton ennemi. Les femmes en burqa n’ont pas le droit de conduire. Elles ne demanderont JAMAIS de passer un examen de conduite.

Bref, j’ai planté des épluches-patates dans mon jardin pour empêcher les tigres de venir dans la cour. « Mais, il y a pas de tigres au Québec, Matante Elise! » vous entend-je dire. En effet, vous voyez comment c’est efficace les épluches-patates dans le jardin?

Un autre bel exemple de la propension des radios de Québec à faire du scandale plutôt que de l’information: en février 2016, une membre du congrès du Kentucky a déposé un projet de loi. Avant de vous expliquer le contenu de ce projet de loi, je vous donne la raison derrière. Elle l’a fait en réaction à un autre projet de loi, qui ajoutais encore une autre restriction à l’accès à l’avortement dans sont État. Beaucoup de gouvernements plus conservateurs aux USA contournent l’arrêt Roe vs Wade de la Cour Suprême qui légalise l’avortement en créant des barrières légales à l’accès, le but étant de rendre l’accès à une interruption de grossesse quasi impossible. La plupart de ces États mettent aussi des restrictions sur l’accès aux moyens de contraception et sur l’éducation sexuelle dans les écoles, bref, les deux moyens les plus efficaces de réduire le besoin d’un recours à l’avortement.

Mary Lou Marzian en a eu marre et elle a décidé de répondre en se foutant glorieusement de leur gueule:

Elle a déposé un projet de loi exigeant que les hommes qui veulent avoir une prescription de Viagra ou autre médicament pour les problèmes érectiles produisent une lettre de consentement de leur épouse, qu’ils soient examinés par deux médecins et qu’ils fassent un serment qu’ils n’utiliseraient la drogue que dans le lit marital. Bien entendu, seuls les hommes mariés pourraient avoir accès à la drogue. Pour « sauvegarder la moralité » dans leur État.

C’est une loi complètement ridicule, qui ne passerait jamais, et Mary Lou en est 100% consciente. C’était un coup d’éclat, pour mettre en lumière le fait que l’État se mêle peut-être un peu trop de la vie sexuelle des femmes. Et personnellement, je trouve que c’était un move de génie.

Entre en scène Éric Duhaime, Héros du Peuple. Le lendemain, sur Facebook, il partage un article à propos du projet de loi de Mary Lou Marzian et explose dans une diatrybe antiféministe en traîtant le projet de loi de farfelu, en acusant l’État du Kentucky de brimer les droits des hommes et en traitant Mary Lou Marzian de conne imbue d’elle même et coincée qui déteste les hommes.

 

J’ai lu l’article qu’il avait partagé avec son texte indigné. C’était un article en français avec un titre semblable à celui que je vous ai partagé.

Le texte de l’article indiquait clairement que Marzian était très consciente que son projet de loi était farfelu, et qu’elle était 100% d’accord que les exigences dans cette loi étaient hyper puritaines et misandristes et qu’elle n’avait absolument aucune intention de le rendre à terme. L’article indiquait clairement le but derrière le dépôt de ce projet, et spécifiait que personne ne le prenait au sérieux, surtout pas Mme Marzian.

Bref, il était extrêmement clair que Duhaime avait lu le titre et avait pété une coche sans prendre la peine de lire l’article, il n’était même pas au courant que c’était un PROJET de loi, et non une loi en fonction…

Sur le coup, j’ai ri. C’était tellement stupide, tellement incompétent, tellement comique… Jusqu’à ce que je me rappelles que ce mec est censé être un professionnel de l’information et est considéré comme une référence par une grande partie de la population du Québec. Et là, j’ai eu besoin d’un verre.

Alors, dois-t-on fermer les radios d’opinion de Québec? On tombe dans le domaine de la liberté d’expression, et c’est un sujet hyper complexe et je n’ai pas les compétence pour vous donner une réponse. Je ferai donc la chose responsable et ne vous donnerai pas une réponse toute faite.

Je vais quand même vous préciser que personne ne vous oblige à l’écouter…

Les promesses du Nouveau Colosse.

In the beginning
There was the cold and the night
Prophets and angels gave us the fire and the light
Man was triumphant
Armed with the faith and the will
That even the darkest ages couldn’t kill

Too many kingdoms
Too many flags on the field
So many battles, so many wounds to be healed
Time is relentless
Only true love perseveres

It’s been a long time and now I’m with you
After two thousand years

Je suis en colère. Je suis triste. Mais surtout, j’ai peur. L’obsédée d’Histoire que je suis, celle qui a eu un frisson glacé dans le dos en se tenant sur l’emplacement de l’ancien pilori à Leiden, celle qui a pleuré dans la Maison d’Anne Frank, est tout simplement terrifiée. J’ai pleuré, j’ai hurlé, j’ai ragé, et j’ai paniqué. Je sens encore la panique, toute proche, qui attend la première excuse pour reprendre les commandes.

Donald Trump ne détruira pas l’Amérique, ni le monde occidental, il n’a pas besoin de le faire, ils sont déjà détruits.

Il y a tellement de raisons qui expliquent son inexplicable ascension au pouvoir, aucune d’entre elle n’a fait pencher la balance plus que l’autre, ça ne sert à rien d’analyser et de chercher.

Mais ne me dites pas que ça ira. Ne me dites pas de ne pas m’en faire. Ne me dites pas de ne pas avoir le cœur qui saigne en pensant à tous les gens à qui on a dit «  votre oppression ne me concerne pas, tant que je n’ai pas plus d’impôts à payer, je m’en fous pas mal que vous creviez ou souffriez ».

This is our moment
Here at the crossroads of time
We hope our children carry our dreams down the line
They are the vintage
What kind of life will they live?
Is this a curse or a blessing that we give?

Je me sens comme Cassandre, j’ai vu le noir qui approche, lentement, inéluctablement, depuis le 11 septembre 2001. J’ai passé TELLEMENT  de temps à essayer d’éviter le pire, à dire à tout le monde : « ayez de la compassion, soyez empathique. Si vous croyez en Jésus, ne rejetez pas les autres à cause de leur couleur, de leur religion, de leur sexe ou de ce qu’ils font avec, c’est contraire à son message. Qui êtes-vous pour prétendre savoir mieux que lui qui est digne de son amour? » Je ne suis pas du tout religieuse, mais on n’a pas besoin d’aller à la messe pour croire à « aimez-vous les uns les autres. » J’ai partagé ce message en religieux, en séculier, en féminisme, en canadien, en québécois, en français, en anglais, en blanc, en éduqué, en populiste, en sacrant, en pleurant, en riant, tout le temps, partout, il est derrière chacune des convictions que je déclare, derrière chaque action que je pose.

Je n’ai jamais arrêté de me battre et de garder espoir.

Malgré toute la merde qui sort dans les radios de Québec et les journaux de Montréal.

Malgré toutes les horreurs que je lis dans les commentaires sur internet.

Malgré la xénophobie triomphante de membres de ma famille proche.

Malgré l’incompréhension de mes amis les plus proches.

Malgré ceux qui me traitaient de casseuse de fun, de coincée, d’enragée.

Je n’ai jamais cessé de me battre.

Parce que je sais que l’Holocauste ne se résume pas à un film de Spielberg en noir et blanc.

Parce que je sais que le Rwanda ne se résume pas à quelques chansons de Corneille.

Parce que je sais que le sexisme et la culture du viol ne se résument pas à Marcel Aubut ou Jian Ghomeshi.

Parce que je sais que le racisme ne s’est pas arrêté avec Brown vs the Board of Education.

Parce que je sais que le dossier du droit à l’avortement n’a pas été clos avec l’affaire Tremblay contre Daigle.

Parce que je sais que l’équité salariale est loin d’être vraiment acquise.

Mais j’ai toujours et encore cru au triomphe de l’humanité, j’ai toujours cru que si je vous aimais assez fort, si je vous expliquais la force de la compassion et de l’empathie, vous finiriez aussi par comprendre que le monde ne s’arrête pas avec nous et qu’il faut penser aux autres comme nos égaux, même ceux qui nous font peur. Et qu’à votre tour , vous alliez partager ces idées et « infecter  » le monde avec la compassion .  

Je suis en train de perdre cette foi. Pas à cause de Trump, fuck that guy. À cause du monde occidental qui lui a pavé une belle voie dorée. Ce n’est pas notre pays. Mais c’est la PREMIÈRE PUISSANCE MONDIALE. Et elle est en train de dire au monde entier : « nous n’avons même pas honte de dire haut et fort que seuls nos citoyens blancs, hétéros et chrétiens ont de la valeur. »

Sometimes I wonder
Why are we so blind to fate?
Without compassion, there can be no end to hate
No end to sorrow
Caused by the same endless fears

Why can’t we learn from all we’ve been through
After two thousand years?

Au socle de la statue de la Liberté, on peut lire :

Pas comme ce géant d’airain de la renommée grecque
Dont le talon conquérant enjambait les mers
Ici, aux portes du soleil couchant, battues par les flots se tiendra
Une femme puissante avec une torche, dont la flamme
Est l’éclair emprisonné, et son nom est Mère des Exilés.

Son flambeau
Rougeoie la bienvenue au monde entier ; son doux regard couvre
Le port relié par des ponts suspendus qui encadre les cités jumelles.

« Garde, Vieux Monde, tes fastes d’un autre âge ! » proclame-t-elle
De ses lèvres closes.
« Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Tes masses innombrables aspirant à vivre libres,
Le rebus de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or ! »

 

« Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Tes masses innombrables aspirant à vivre libres,
Le rebus de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or ! »
  

 

Des musulmans qui ont cru aux promesses du Nouveau Colosse se retrouvent maintenant piégés dans un pays qui les haïs. Des gens qui ont fui la haine et la violence se retrouvent au point de départ, face à la haine et la violence.

6 millions de juifs ont succombé à l’intolérance nazie. Mais on parle si peu de tous les handicapés, les homosexuels, les tziganes, les noirs, les russes qui ont étés systématiquement éliminés eux aussi pendant la deuxième guerre mondiale. Les gais américains viennent de se faire dire qu’ils ne sont pas importants, les noirs, les latinos, les juifs, les asiatiques, les trans aussi.

Check your fucking privileges white westerners. Because you’ve done it again. You have learned NOTHING.

C’est maintenant officiellement acceptable de dire que les noirs sont tous des thugs, que les latinos sont tous des gangmembers et des violeurs. Le vice-président de la plus grande puissance mondiale ne se cache pas pour dire que l’homosexualité est une perversion de la nature. Le nouveau président américain pense qu’une femme ayant avorté devrait être punie.

Non, vous ne me ferez pas croire que ce sont des paroles en l’air. S’en aurait été s’il n’avait pas été élu. Mais les gens qui l’ont mis sur le trône à cause de ses idées extrémistes (l’exemple le plus flagrant étant les membres du KKK) ne lui permettrons  pas laisser ces paroles en l’air.

Dans six mois, quand la déportation des musulmans n’aura pas encore commencé, quand les noirs vont avoir encore le droit d’aller dans les bonnes écoles, ces gens vont se sentir floués. Et ils sont violents. Et ils haïssent le pouvoir. C’est pour ça qu’ils ont voté pour Cheeto Jesus, il leur a promis de faire un pays à LEUR goût. Ils sont absolument convaincus que c’est leur devoir historique de se soulever contre la tyrannie. Ils ne laisseront pas Trump modérer ses actions sans réagir.

Et on ne peut plus rien faire pour les arrêter.   

Maintenant, il y a quelque chose en moi qui meurs un peu plus à chaque seconde qui passe, à chaque fille en hijab qui se fait arracher son foulard parce que « Trump a été élu, tu n’as plus le droit de faire ça maintenant ». À chaque étudiant latino qui se fait crier « build the wall! » quand il circule dans les couloirs de son école. Oui, sans joke, c’est déjà commencé.

2000 ans plus tard, vous n’avez toujours rien compris.

Allez tous vous faire foutre, moi inclus. Si Dieu nous a abandonné, c’est avec raison. Nous  sommes indignes de lui.

Quand les cendres de l’incendie qui vient d’avoir été allumé auront refroidies, allons nous encore nous asseoir sur l’Histoire et l’ignorer? Ou allons nous enfin comprendre?

Je n’ai plus foi au monde dans lequel on vit. Foutez-y le feu, il ne mérite rien d’autre.

Je dois essayer de croire aux miracles qui auront lieu après la dernière guerre.

There will be miracles
After the last war is won
Science and poetry ruling the new world to come

Prophets and angels
Gave us the power to see
What an amazing future there will be

And in the evening
After the fire and the light
One thing is certain: Nothing can hold back the night

Time is relentless
And as the past disappears
We’re on the verge of all things new

We are two thousand years
-Billy Joel « Two thousand years », 1993

Matante Elise out.

La guerre inutile

Quatre Cinq policiers morts à Dallas lors d’une manifestation Black Lives Matter. Inacceptable. Au même titre que les deux hommes abattus par la police en Louisiane et au Minnesota cette semaine.

Cette narration du nous contre eux DOIS CESSER. Oui, des noirs se font abattre par la police sans raison de façon régulière. Savez vous ce que sont ces policiers? DES INCOMPÉTENTS RACISTES. Il est temps que la POLICE ADMETTE LE FAIT QUE PAS TOUS SES OFFICIERS SONT PARFAITS.

Des incompétents, il y en a partout. Mais si Christine à ma job commence à envoyer chier les professionnels du Cabinet qui l’appellent pour lui poser des questions, je ne vais pas la défendre. Ça ne se fait pas d’envoyer chier du monde au téléphone quand tu travailles comme secrétaire.

Une secrétaire doit rester polie au téléphonne. Un policier ne doit utiliser son arme qu’en cas de danger immédiat. Et être noir n’est pas dangereux.

La police doit cesser de défendre tout le monde sans exception, ils se tirent dans le pied en faisant ça, ils perdent toute crédibilité aux yeux du public et mettent en danger leur membres qui eux, respectent la vie humaine dans toutes ses couleurs.

Et oui, ça vaut ici aussi. Des monstres ont profité de la vulnérabilité d’une population pour satisfaire leurs érections de façon répétitive et ont été protégés par leurs organisations. C’est inacceptable.

Il y a une MAJORITÉ de bonne personnes dans les corps policiers. Comme dans tous les domaines, les incompétents sont minoritaires. Mais des organismes indépendants doivent être créés, ici et aux USA, afin d’évaluer les cas des policiers incompétents. Tout régler à l’interne comme ont fait ici, ou donner la charge de déposer les accusations au District Attorneys, qui DÉPENDENT DE LA POLICE pour leur travail aux USA, c’est totalement stupide et ça crée des injustices flagrantes qui nourrissent la narrative de « nous contre eux. »

jstew

CE N’EST PAS UNE GUERRE, MAIS C’EST EN TRAIN DE LE DEVENIR ET IL FAUT ARRÊTER ÇA IMMÉDIATEMENT.

Parlons de Brock Turner

Brock Turner est un violeur. Je peux me permettre de l’affirmer, sans détour, car il a été reconnu coupable, de façon unanime, par un jury, de trois chefs d’accusation d’agression sexuelle.

En janvier 2015, Brock a profité de l’état d’ébriété d’une jeune femme pour la traîner derrière un container de vidanges, la coucher par terre sur l’asphalte, lui retirer son cardigan, lever sa robe pour libérer ses seins, lui enlever sa petite culotte, la pénétrer avec ses doigts et j’en passe.

Il serait sans aucun doute allé encore beaucoup plus loin, si deux étudiants suédois qui passaient par là à vélo n’étaient pas intervenus.

Brock a été reconnu coupable, sans l’ombre d’un doute raisonnable.

C’est un fait. Brock Turner est un violeur.

Mais, même avec un jugement de culpabilité, sa victime n’a pas droit à la justice. Le juge a décidé de lui donner une peine bidon de 6 mois avec probation pour « diminuer l’impact d’une sentence complète » (la recommandation de la Couronne était de 6 ans, la peine minimale dans ce genre de cas, la maximale étant de 14 ans), parce que c’était sa première offense, qu’il est jeune et que c’est un champion de nage, qu’il est riche et qu’il est blanc qu’il ne « représente pas un danger immédiat pour le public. »

http://www.theguardian.com/us-news/2016/jun/02/stanford-swimmer-sexual-assault-brock-allen-turner-palo-alto

Sérieusement, on dit aux victimes de parler, de dénoncer, que si on veut que ça change, il ne faut pas garder le silence. Et ensuite, on leur fait traverser l’enfer pendant une ou plusieurs années, et ça fini avec 6 mois avec sursis pour diminuer l’impact d’une vraie sentence. Mais par le fait même, on scrappe encore plus la vie de la victime. Mais fuck la victime, elle avait qu’à pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

La victime de Turner avait des témoins de son agression, des preuves médico-légales, un dossier qui à première vue, semble en béton.

Mais, comme elle était inconsciente au moment de l’agression, son témoignage est irrecevable.

Donc, c’est son agresseur qui est le « seul témoin fiable » des événements précédant le moment où elle a été défendue par les deux cyclistes. Et son récit a changé drastiquement entre le moment où il a été arrêté, et celui où il a appris que sa victime ne se souvenait pas bien des événements.

Mais ce n’est pas suspect du tout ça…

Encore aujourd’hui, même avec un verdict de culpabilité hors de tous doutes, Turner et son père ne parlent que d’une erreur de jugement et de promiscuité causée par l’alcool. Il est complètement incapable de comprendre qu’il est responsable de ses actes et qu’il a fait quelque chose d’horrible. Pour lui, c’est un oups! d’ivrogne, comme s’il avait vomi sur le tapis du salon. On paie pour le nettoyage, on s’excuse et on passe à autre chose. Il est une pauvre victime qui s’est fait attaquer sans raison par deux cycliste enragés pendant qu’il faisait une séance de touche-pipi tout ce qu’il y a de plus normale avec une fille endormie derrière un container à vidange.

Ce con parle même d’aller faire des conférences dans les écoles secondaires pour prévenir les jeunes des dangers de l’abus d’alcool!

Et son père. Oh calisse de tabarnak son ostie d’écœurant de trou de cul de père, Dan Turner, qui fait le tour des journaux en disant que son fils paie « un prix fort pour vingt minutes d’action » et qu’il « n’a jamais été violent, même lors de cette soirée-là ».

La victime avait des bleus et des abrasions partout sur le corps, mais comme elle était inconsciente, ce n’est pas violent?

AVEC UN OSTIE DE NARCISSIQUE DÉCONNECTÉ DE LA RÉALITÉ COMME ÇA POUR L’ÉLEVER, PAS ÉTONNANT QUE BROCK TURNER SOIT DEVENU UN VIOLEUR QUI S’IGNORE.

Vous voulez savoir à quoi ressemble la culture du viol? Lisez la déclaration de la victime à la cour après la sentence. C’est une lecture difficile, mais essentielle. Cette jeune femme est impressionnante par son honnêteté, son courage, sa dignité et sa générosité. Elle me laisse sans voix.

http://www.buzzfeed.com/katiejmbaker/heres-the-powerful-letter-the-stanford-victim-read-to-her-ra

Je lève mon chapeau à sa famille (incluant son conjoint), en particulier sa sœur, qui l’ont soutenue sans faille et, surtout, aux deux jeunes hommes qui, ce soir-là, ont pris la décision de se « mêler de ce qui ne les regardaient pas ». Il faut plus de gens comme eux pour combattre les Brock Turner de ce monde.

Après le procès Ghomeshi, celui de Kesha contre Dr Luke, et 98% d’autres procès pour viols qui se terminent par un verdict de non culpabilité (je vous rappelle que seulement 7% des cas d’accusations de viol se retrouvent devant les tribunaux et seulement 4% des accusations sont fausses) on se dit qu’enfin un jury a crû la victime, et a reconnu un agresseur pour ce qu’il était. Mais même là, encore une fois, c’est la victime qui a payé le prix fort.

Il faut partager, et parler de ce cas, même s’il est dans un autre pays, c’est la même chose ici et vous le savez, ne vous mettez pas la tête dans le sable. Tant qu’on va continuer de protéger l’innocence jusqu’à preuve du contraire de l’accusé (ou l’accusée), sans offrir le même bénéfice du doute à la victime, tant que toutes les excuses sont bonnes pour diminuer la porté du geste, ou pour accuser la victime de «n’avoir pas sû se protéger» (dans le cas qui nous occupe, la consommation d’alcool de Brock excuse son geste, alors que celle de la victime l’aurait mise« en position de se faire abuser») c’est toujours la victime qui va payer, peu importe l’issue du procès.

Je crois à la présomption d’innocence, c’est un principe de base essentiel de notre système de justice. Cependant, dans les cas de violence sexuelle, et ce, peu importe le sexe de l’agresseur présumé et celui de la victime présumée, la victime est considérée comme coupable de mensonge jusqu’à preuve du contraire. Ce n’est pas un défaut de notre système de justice, c’est un handicap de notre société.

C’est la culture du viol, un système de pensé pernicieux qui résulte de l’importance et du tabou simultané qui entourent la sexualité dans notre société. On traite le sexe comme un droit acquis, on banalise les agressions sexuelles dans les œuvres de fiction (le viol est rendu un cliché facile pour choquer le public et provoquer une réaction du héros ou de l’héroïne) et on refuse d’en parler ouvertement de façon sérieuse et intelligente, que ce soit dans les écoles ou sur les réseaux sociaux. On n’apprend pas à nos enfants où se trouve la ligne entre le consentement et l’agression. On excuse avec toutes les raisons possibles et imaginables. Et on trouve toutes les excuses pour diaboliser les victimes : elles cherchent l’attention, elles ont eu une relation consentante, mais elles la regrettent et ne veulent pas passer pour une salope, elles veulent se faire de l’argent etc, etc, etc.

Pour ma part, je crois les victimes, jusqu’à preuve du contraire. Il est absolument possible de faire ça sans pour autant lyncher l’accusé. Il suffit simplement d’écouter, en FERMANT SA GUEULE ET EN GARDANT SES COMMENTAIRES POUR SOI.

Et en évitant de lire ou écouter les imbécilités de mononcles “experts” en agressions sexuelles comme Martineau et Duhaime.

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Keep preaching the Good Word, Tina.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Les Zexperts

Quand j’ai vu ceci:

J’ai tout de suite pensé à ceci:

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Preach, Sister!

Si Saint-Richard le Grand Penseur d’une Génération avait passé 5 minutes sur Google à faire des recherches sur les conséquences d’une agression sexuelle, il aurait entendu parler d’un phénomène très répandu chez les victimes de traumatisme: Le déni.

Une victime d’agression sexuelle NE VEUT PAS être une victime d’agression sexuelle. Ce genre de chose ne lui arrive pas, pas à elle, ça arrive aux filles qui ne font pas attention, qui se saoulent, qui portent des robes courtes, qui se promènent dans un stationnement désert à 3h du matin. Pas à elle.

Alors elle rationalise, elle relativise, elle « normalise ».

Le lien ci-haut vous mènera à une BD crève coeur dans laquelle l’auteur raconte comment elle a fait à déjeuner à son violeur le lendemain de son aggression. Oeuf, toast, bacon. Pas parce qu’elle avait peur qu’il ne soit violent avec elle, mais parce qu’elle voulait croire à une autre histoire que celle qui venait de lui arriver.

Beaucoup de victimes réagissent comme ça, elle vont sortir avec leur violeur, parce que si elles sont en couple avec lui, alors, l’agression n’est pas vraiment arrivée, non? C’est juste un chum qui avait trop le goût et qui ne pouvais plus s’arrêter, c’est juste qu’elle ne lui a pas dit non assez clairement, c’est pas VRAIMENT un viol, elle n’est pas une VICTIME.

Une victime, ça pleure tout le temps, c’est en position foetale dans la douche en train de pleurer, ça se coupe du monde, ça se laisse aller, ça porte un sac de jute et ça a le visage hanté par ses démons.

Hollywood aime nous montrer le viol. C’est choquant, ça fait réagir. Il y a deux sortes de viol à Hollywood:

Celui qui est tellement normalisé que c’est pratiquement la seule sorte de relation sexuelle que les femmes (Game of Thrones) ou les hommes (Sons of Anarchy) ont dans l’univers de la série. (J’adore ces deux séries, alors venez pas me tapper dessus à cause de ce commentaire, billet à venir: Ton film préféré est fucking raciste, mais c’est correct, ou comment Matante assume son obsession pour X-13). Tout le monde se fait violer, et ils sont tristes pendant un épisode, se vengent dans le deuxième et ensuite tout rentre dans l’ordre. (Exception faite de Gemma dans SOA, mais c’est les hommes qui ont la réaction clichée suite à leur aggression dans cette série)

Et tu as celui qu’on voit à Canal Vie, la pauvre victime qui après son agression, se coupe les cheveux, porte du linge trop grand, déménage dans une autre ville et refuse de se laisser approcher par qui que ce soit pendant des années jusqu’au jour où un homme patient avec un pénis magique la guérit de son traumatisme.

Et c’est celle-là, celle qui porte son traumatisme comme une affiche d’homme-sandwich qui est une femme qui s’est « VRAIMENT faites violer » pour citer Richard « Einstein était une cervelle d’oiseau comparé à moi » Martineau.

tina-fey-men-rape

Tina, tu me fais du bien!

Dans le cas de Martineau-la-huitième-merveille-du-monde, ce genre de commentaire ne m’étonne pas.  Il est généralement à côté de la plaque, comme quand il DEMANDE aux autoritées de la religion musulmane de déconcer publiquement le terrorisme et qu’il ironise sur le fait que les musulmans ne font pas de sortie publique pour désavouer l’EI.

C’est vrai que les catholique sont sortis EN MASSE dans les rues pour dénoncer l’IRA dans les années 70. Et que les chrétiens blancs d’Amérique sortent souvent en publique pour dénoncer HAUT et FORT le KKK. Il est sur Twitter, le twit, mais il ne suis pas bcp de musulmans pour dire qu’ils ne dénoncent pas l’EI, ils le font TOUS. LES. JOURS.

Et en passant, l’Islam n’as pas d’autoritées, ni de tête dirigeante. C’est justemement le problème numéro un de l’EI. Le Caliphe n’est pas RECONNU comme une figure d’autorité par la majorité des musulmans. L’Islam est une religion directe, sans prêtre, les imams sont des directeurs de prières, ils peuvent donner leur avis, mais ce ne sont pas l’équivalent des curés ici, le conduit entre le pratiquant et Allah est sans intermédiaires. Donc, pas de curé, d’éveque, d’archéveque, de cardinal ou de Pape pour « dénoncer au nom de la religion musulmane ». Bref,

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Richard Martineau, mesdames et messieurs.

Mais revenons en au proces Ghomeshi (j’ai découvert cet après-midi que j’ai mal écrit son nom partout depuis une semaine, oh well…).

Est-il possible que Lucie DeCoutiere et les deux autres victimes aient menti?

Oui, c’est possible, les études ont en effet prouvé que les fausses accusations de viol existent.

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Qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que 96% des accusations sont vraies.

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Alors pourquoi on saute sur la moindre petite donnée qui ne colle pas pour accuser ces femmes de mentir? Pourquoi on hurle à leur face « INNOCENT JUSQU’À PREUVE DU CONTRAIRE »? (Attention, je parles ici des présumées VICTIMES, oui, l’accusé ne doit pas être lynché sur la place publique, c’est le procès qui va déterminer sa culpabilité. Mais ne dites pas ça aux victimes, calvaire!)

La victime, elle aussi, est innocente jusqu’à preuve du contraire. Pourquoi l’accuser à premier abord de vouloir détruire la vie d’un homme pour une raison x ou y?

D’ailleurs, parlons-en donc de ces sois-disant raisons.

L’avocate de Ghomeshi, et ceux de Bill Cosby, disent que les accusatrices veulent se servir de ces accusations pour se faire de la publicité, et aider leurs carrières.

Ok. donnez-moi le nom D’UNE SEULE femme qui a fait carrière après avoir accusé quelqu’un de l’avoir violée?

Madona? Nop, elle n’a parlé de l’agression sexuelle qu’elle a subi qu’après être devenue une superstar.

Nathalie Simard? Ah, mais non! Elle c’était une VRAIE victime, ça compte pas. Et elle a pas vraiment fait une grande carrière après…

Ouais, non, une accusation d’avoir été agressée sexuellement, c’est pas vraiment avantageux pour la fille. Souvent, sa carrière va être foutue, si l’agresseur est un proche, la famille va être scrap, et si l’agresseur a été exhonéré (et même parfois quand il a été reconnu coupable), il n’y a pas grand homme qui va vouloir l’approcher, de peur de se faire accuser à son tour.

C’est ta parole contre celle de ton agresseur. Et lui, il a vu Fatal Attraction et Disclosure, et il va convaincre tout le monde que tu es Glen Close ou Demi Moore.

Et c’est facile en tabarnak. Parce que les Mononcle Richard Martineau n’attendent que le moment où tu vas bégayer pour hurler « AH! HA! JE L’SAVAIS! C’EST UNE MAUDITE MENTEUSE DE MARDE QUI VA DÉTRUIRE UN PAUVRE HOMME ET NUIRE AUX VRAIES VICTIMES QUI PLEURENT DANS LEUR SAC DU JUTE! »

Est-ce que Lucie DeCoutiere a menti en accusant Jian Ghomeshi d’agression? C’est possible.

Est-ce que le courriel qu’elle lui a envoyé le lendemain PROUVE qu’elle a menti?

NON

Est-ce que Richard Martineau a le droit ou la responsabilité de déterminer la culpabilité ou l’innocence de Jian Ghomeshi?

Allah soit béni, pas du tout, pas même un peu.

Matante Elise Out.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

 

Sugggestion de questions pour la Courronne

-Monsieur Gomeshi, à quel moment avez vous informé vos partenaires de votre penchant pour le sexe brutal?
-Leur avez-vous expliqué en quoi consistait la brutalité en question?
-Quels étaient les limites de madame DeCoutiere? Son mot de passe, ou safeword? (rincer, répéter pour les deux autres présumées victimes)
 
Je vous gage 5$ qu’il n’aura pas de réponses à ces questions. Parce qu’il n’as pas respecté le SSC (Safe, Sane & Consensual) avec ses partenaires. Il a assumé que si elles voulaient coucher avec lui, elle voulaient automatiquement « son » genre de sexe.
 
Le roughsex est une forme de fétichisme, ou de BDSM. On ne spring pas un fétichisme ou une pratique SM sur quelqu’un sans lui en parler.
 
Je ne crois pas personnellement que Jian Gomeshi avait des intentions malveillantes envers ses femmes. Mais même s’il ne « voulait » pas les agresser, c’est ce qu’il a apparemment fait, ça ne change pas ce fait. Il a assumé que c’était correct de pratiquer le roughsex avec n’importe qui, n’importe comment.
 
Il y a des règles au BDSM, et la raison numéro un de ces règles, c’est d’éviter ce genre de situation. Jian Gomeshi est minimum un trou de cul rempli de lui-même et irresponsable. Et, oui, potentiellement un violeur.
La suite bientôt, parce qu’il faut que je rentre dans Richard Martineau solidement au sujet de son « expertise » sur le viol. Quel ostie de con dangereux.

Grand Visionnement 2015 Partie Dix-Sept: 22 Jump Street

Mon doux Seigneur, ce film est encore meilleur que le premier!

22 Jump Street

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Alors on retrouve Jenko et Schimit qui ont quitté Jump Street pour les narcotiques ordinaires.

Bien entendu, ils font un bust qui ne fonctionne pas. Mais cette fois-ci, la faute est partagée entre Schmit et une pieuvre (don’t ask…).

Bien entendu le Capitaine Hardy les renvoient au programme Jump Street dans un bijou de scène Meta où il explique que les hauts placés veulent qu’ils « fassent la même chose que la dernière fois, mais avec plus de budget ».

Et, comme le film s’appelle 22 Jump Street, l’unité a déménagé l’autre côté de la rue. Korean Jesus a été remplacé par Vietnamese Jesus, Ice-T est toujours aussi génial en Capitaine Dickson et les copains nerds de Jenko du premier film font maintenant partie de l’escouade.

Cette fois-ci, les deux agents reprennent leur couverture des frères McQuaid à l’université. On n’inverse pas les rôle cependant, Jenko rejoint l’équipe de football (et se fait un nouveau meilleur ami avec le capitaine de l’équipe) et Schmit s’intéresse à la psychologie (et il se fait une petite amie dans la foulée).

Le gros gag de ce film, qui était présent dans le premier, mais beaucoup plus à l’avant dans celui-ci, c’est pour ça que j’en ai pas parlé dans mon dernier billet, c’est le dialogue à double sens entre Jenko et Schmit.

Ils se parlent comme s’ils étaient un couple et c’est crinqué à 90 dans ce film, dans la scène lors des tests d’entré dans la Fraternité quand Jenko veut « être une équipe ouverte« , ou dans la scène avec le prof de psychologie qui essaie de les aider à être de meilleurs partenaires, sauf que pour le prof de psycho, ils sont partenaires dans le sens de ceux qui ont maintenant le droit de se marier aux USA et en Irlande.

Il y a des punchs trop le fun dans ce film, comme la copine de Schmit et l’identité du dealer de drogue, je ne veux pas vous en dire trop, mais c’est vraiment un film hilarant

Channing et Jonas sont en pleine forme et se font un fun de fou. Ça parait et c’est le fun pour nous aussi.

ÉNORME recommandation, mais il est 75% plus drôle si vous avez vu le premier.

Le billet sur Magic Mike XXL devra attendre quelques semaines, question que je reçoive ma copie dvd. Donc on prend une petite pause. Restez en ligne!

Grand Visionnement 2015 Partie Seize: Channing Tatum: Jupiter Ascending

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Ce film n’as aucun putain de sens.

J’adore ce film.

Jupiter Ascending (L’ascension de Jupiter)

Rôle: Caine Wise

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Les Washowskis sont des cinéastes géniaux et un jour, leur oeuvre sera enseignée dans les écoles de cinémas au même titre que Méliès ou Hitchcock.

Mais pour l’instant, le grand public n’a aucune fucking idée du but de leur oeuvre.

Durendal va vous l’expliquer mieux que moi dans sa rétrospective (c’est en français, donc vous avez pas d’excuse, ça vaut la peine juste pour son explication de la trilogie Matrix).

  • Jupiter: Neo
  • Caine: Trinity
  • Stigner: Morpheus
  • Balem: Agent Smith
  • Titus: Pandora (Monica Bellucci dans Matrix Reload)
  • Kalique: l’Oracle.

Voilà, j’ai pas besoin de vous faire de synopsis!

Jupiter n’est pas leur meilleur film, l’histoire n’as aucun sens et est trop compliquée pour rien. (Ou c’est nous, pauvre plèbe qui ne sommes pas assez intelligents pour saisir toute la merveille de cette histoire. Probablement).

C’est pas Matrix. C’est même pas Matrix Revolution.

En fait, ce film est d’un ridicule consommé. Et il se prend EXTRÊMEMENT au sérieux.

Mais putain qu’il est le fun à regarder!

Eddie Redmayne en beurre tellement épais que mes yeux font du cholestérol.

Channing et Sean Bean nous sortent les dialogues les plus farfelus avec une face 300% sérieuse, on se croirait dans une parodie à la Hot Shot.

Mila Kunis traverse cet Opéra du Ridicule avec à peine un sourcillement de surprise.

Il y a une scène dans la Maison qui rend fou d’Astérix.

Tout le monde veut entrer dans la culotte de Mila Kunis (jolie brunette, ouais, moi aussi).

Mila Kunis veut VRAIMENT, VRAIMENT BEAUCOUP entrer dans la culotte de pitou Channing (You and me, girl…).

On a une scène de mariage interrompue à la The Graduate, mais avec plus de bottes qui font voler et d’hybride de chien albinos.

Non, sérieusement Eddie Redmayne en mets VRAIMENT plus que le client demande. Il passe du chuchotement au HURLEMENT en moins d’un millième de seconde c’est magnifique! Dire que ce film est sorti juste avant qu’il gagne un Oscar…

Et le pouvoir de l’ameuuuurrrrrrrrrrr est plus fort que tout!!!!!!!

C’est totalement glorieux.

Un chef d’oeuvre incompris.

Un futur film culte.

À voir absolument si vous voulez considérer que votre vie est complète.

Grand Visionnement 2015 partie Quinze: Channing Tatum: Magic Mike

*Voix de Bond villain*

« Soooooo Misterrrrr Soderbergh, we meet again »

Magic Mike

Rôle:

Mike Lane

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Ok, disclaimer avant de commencer: j’ai une assez forte allergie à Mathew McConaughey et Alex Pettyfer, donc, ce film commence avec une longueur de retard…

Est-ce que je recommande Magic Mike?

Oui, mais avec un gros avertissement: Ce n’est pas le film que la bande annonce publicise.

Lindsay Ellis l’a décrit comme étant le film a propos du strip-teaseur le plus triste de Miami. C’est à peu près ça, sauf qu’il sont à Tampa, mais on s’obstinera pas sur la géographie, c’est pas l’important. Soderbergh a essayé de subvertir les genre en nous faisant un film sur les hommes objets sexuels. Il a écrit le scénario avec Channing, et le film est très vaguement inspiré du passé de Tatum comme danseur exotique. Ils ont aussi financé le film de leur poche. L’idée de base est très bonne et ça fait changement de voir des hommes front and center dans le titillage d’hormones. Seulement, ce film est tellement remplis des clichés habituels sur les films à propos des travailleur du sexe, il est extrêmement redondant… Il est aussi déprimant sur un temps rare, donc à ne pas voir quand vous êtes down.

Au début, Channing voulait Nicolas Winding Refn pour réaliser ce film. Oh, j’aurais voulu voir le Magic Mike de Refn! Pour ceux qui veulent savoir pourquoi, Refn a réalisé Bronson, le film le plus bizzarement génial que j’ai vu de ma vie. Et il a pas peur de montrer des pénis à l’écran… (mon analyse de Bronson). C’est pas que Soderberg est mauvais, mais quand il subverti des genres, il le fait seulement en surface, un switche de genre, sans analyse ou réflexion sur les clichés qu’il essaie d’inverser. Le résultat semble invariablement paresseu. (mon premier billet sur les films de Soderberg).

Mais bon, on a droit à ceci aussi en regardant ce film:

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Ok, j’aime pas McConaughey, mais PERSONNE ne Rock le gilet bédaine comme lui…

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Ça compense un peu pour les clichés.

Mike Lane (Tatum) travaille comme un malade: chef de chantier de jour, stripper le soir. Il cherche a amasser de l’argent pour réaliser son rêve: partir sa propre compagnie de fabriquation de meubles sur mesure. (Cliché: « je fais ça en attendant de pouvoir faire mieux ». C’est pas une carrière de second choix bordel, c’est correct de penser à sa retraite, mais c’est pas comme ça qu’ils le présentent dans le film.).

Il croise Adam (Pettyfer) sur le chantier  et lui donne un lift quand sa voiture refuse de démarrer. Il le recroise à l’entrée d’un bar dans la soirée et décide de tester ses talents avec la gent féminine. Lorsqu’Adam arrive a aborder une bande de filles et à piquer leur intéret, il l’entraîne au bar où il travaille et convainc son patron Dallas (McConaughey) de lui donner un travail backstage. Quand un des danseurs n’est pas en mesure de faire son numéro, Mike pitche Adam sur la scène et celui-ci se retrouve ainsi à faire partie de la troupe.

Le reste du film est un parallèle entre la montée d’Adam et la descente de Mike. Et tous les clichés y sont. Un peu comme Showgilrs, mais sans le camp magique de Paul Verhoven.

Et le personnage de la soeur d’Adam est TEEEEELEMENT cliché! Hyper pleine de préjugés, coincée au bout et avec un énorme côté bitch, on se demande franchement pourquoi Mike se fend en quatre pour essayer de lui plaire. Et, bien entendu, elle tiens Mike responsable des agissements de son frère. Chérie, ton petit frère était déjà un imbécile bien avant de devenir un danseur nu…

Même chose pour le personnage d’Olivia Munn, qui aurait été vraiment fun, si elle s’était pas révélée comme une menteuse manipulatrice obsédée par le sexe qui traite Mike comme un jouet sexuel. Mais tsé, on sait tous que les bisexuels n’ont que ça en tête et ne peuvent s’empêcher de considérer tous les gens qu’ils voient comme des baises potentielles… (Astheure que j’ai fait mon coming out, je peux me permettre de dire à Soderbergh de se crisser ce cliché très profondément dans le derrière. Connard.)

Mais, ça semble confirmer la conclusion de mon premier billet sur les films de Soderbergh: il a un sérieux problème avec les femmes, il est vraiment incapable de les présenter de façon réaliste ou respectueuse. Nah, ce sont toutes des saloppes! (sauf maman, et Mallory Kane, mais Mallory Kane est un homme avec un vagin, elle compte pas).

Au départ, j’aimais bien ce film, mais quand on le compare au deuxième, il baisse beaucoup dans mon estime. Je respecte ce qu’ils ont essayés de faire avec ce film, mais l’exécution est bâclée et il eu besoin de plus de maturité dans l’écriture.

Mais ça reste un bel essai.

Et ça vaut la peine, ne serais-ce que pour voir la performance de Channing. Le style de dialogue très réaliste de Soderbergh lui va bien et il se donne à fond. Il croit beaucoup en ce film et ça paraît. Et les passes de danses sont le fun, même si elles sont un peu rares et trop brèves.

Mettons 2 étoiles et demi, à voir, mais attendez vous pas a tripper. Le deuxième est un million de fois meilleur. Tous les problèmes que j’ai avec le premier n’existent pas dans le deuxième.

Mais ça, c’est une histoire pour un autre billet…

La semaine prochaine: Opéra spatial, Mila Kunis est la reine des abeilles, Channing est un pitou-soldat, Eddie Redmayne est complètement cinglé et merveilleux et Sean Bean SURVIT.

On regarde Jupiter faire son Ascension!

Le Grand Visionnement 2015 partie Quatorze : Channing Tatum: 21 Jump Street

Danse de la joie! Je peux parler d’un film que j’aime!!!!!!!!!

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21 Jump Street

Rôle : Greg Jenko/Brad McQuaid

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Connaissez-vous le concept de métahumour? C’est à dire de l’humour qui rit de l’humour. Les deux films de Jump Street utilisent ce concept de façon géniale. Et ils sont MAGIQUES!!!

Ok, je vous parle du premier, mais j’en dis pas trop parce que vous devez le découvrir par vous même, il est trop drôle. Et si vous êtes bons en anglais, regardez la version originale, les jokes sont meilleures dans leur milieu naturel.

Ce film est un peu le bébé de Jonah Hill, il a participé au scénario, c’est lui qui a convaincu Channing de participer au film et ils sont tous les deux producteurs.

C’est, pour ceux qui l’ignorent, basé sur une très populaire série américaine de la fin des années 80, qui mettait en vedette Johnny Depp et Peter DeLuise à propos de policiers infiltrés dans des écoles secondaires. C’est 21 Jump Street qui a mis Depp sur la map.

Ce n’est pas un remake à proprement parler, puisque les personnages joués par Channing et Jonah ne sont pas les mêmes que ceux joués par Johnny et Peter, mais le film reprend l’histoire de base et les clichés du genre.

TOUS les clichés du genre.

  • Le beau gosse un peu niaiseux.
  • Le nerd mal dans sa peau.
  • Le capitaine qui crie.
  • Les cliques de l’école.
  • Le directeur frustré.
  • La prof en chaleur.
  • Les parents envahissants.
  • Le house party qui dégénère.

Ce qui est cool, c’est que ce film est 100 % conscient de ces clichés et le dit directement dans le texte. Par exemple, le capitaine Dickinson (Ice Cube, super performance) est le typique capitaine de police noir hurleur et je le cite : « I know what you’re thinkin’: angry, black captain. Well guess what? I’m black, and I worked my ASS off to be the captain. And sometimes, I get a little angry, so suck a dick! ». La scène avec le capitaine Hardy juste avant qu’ils soient assignés au programme Jump Street est juste un bijou de self-awareness trop cool.

Donc on a Greg Jenko (Tatum) et Morton Schmit (Hill). Le film débute alors qu’ils sont à la veille de graduer de l’école secondaire. Schmit le nerd rejet se fait humilier par Jenko le footballeur et tous les deux, pour des raisons différentes, manquent le bal des finissants.

7 ans plus tard, ils se retrouvent dans la même classe à l’Académie de police. Ils décident de s’aider mutuellement, Jenko entraîne Schmit pour les tâches physiques et Schmitt aide Jenko à étudier pour les tests écrits et ils deviennent de bons amis.

Une fois gradués, ils sont affectés à la surveillance d’un parc et appréhendent un motard pour possession de drogue. L’arrestation est invalide, puisque Jenko n’a pas lu les droits au suspect et le capitaine Hardy leur donne une dernière chance : comme ils ont l’air jeunes, il les envoient dans l’équipe de Dickinson sur Jump Street, faire du travail sous couverture.

Dickinson leur donne une enquête sur une nouvelle drogue qui est distribuée dans une école secondaire. Ils doivent se faire passer pour les frères Brad et Doug McQuaid et trouver le fournisseur avant que la drogue sorte de l’école et se retrouve partout. Brad, l’intellectuel qui fait de la chimie avancée est la couverture de Schmit, et Doug, le membre de la troupe de théâtre et champion de course, est celle de Jenko. Cependant, à leur arrivée à l’école, Jenko se trompe en parlant avec le directeur et leurs couvertures sont inversées.

Donc, Jenko, le bel imbécile (oh, Channing est tout mignon dans ce film, mais son personnage n’a VRAIMENT PAS inventé le bouton à 4 trous) se ramasse chez les nerds et Schmit le rejet se retrouve avec la clique des populaires.

S’en suit une série d’aventures dans lesquelles nos héros mettent leur amitié à l’épreuve et apprennent une belle leçon de vie.

Entrecoupé de beaucoup de langage vulgaire, situations loufoques et Dakota Johnson pré 50 Shades.

Oh et un super caméo de Depp et DeLuise. Essayez de les trouver!

C’est vraiment un film le fun. Un humour pipicaca et niaiseux, mais qui ne nous prend pas pour des valises. Les parodies des dernières années m’ont toutes laissée froide (exception de « Vampires Suck », mais il était acceptable, sans plus). Depuis Hot Shot Part Deux, j’avais toujours l’impression que ces films ne faisaient aucun effort. Jump Street est tellement un super vent de fraîcheur, groupe!

J’adore ce film.

On sent qu’il a été pensé et fait avec plein d’amour. Tous les acteurs sont excellents, mais je donne une grosse mention spéciale à Dave Franco, le petit frère de James, qui joue un grano-snob-écolo tout à fait génial. On a tellement envie de lui foutre un Big Mac venu par avion et emballé dans du papier fait d’arbres amazoniens en plein dans sa gueule suffisante. Magnifique performance.

Mais tous les comédiens s’en donnent à cœur joie et ont clairement un fun noir à jouer dans cette comédie. On voit que tout le monde a bien compris son personnage (la job numéro un des réalisateurs, bien accomplie) et ils se jettent tous dedans à pieds joints sans pousser à l’extrême clownesque (sauf un, mais c’est voulu et j’en dis pas plus).

Channing est à son meilleur ici, timing parfait, il joue les 15 watts sans avoir l’air d’un attardé non fonctionnel, il est drôle à mourir ( « I know the reason, it’s Glee. Fuck you Glee! » ) et lui et Jonah Hill ont une chimie du tonnerre (mais ils ne battent pas son pairing avec The Rock, qui restera toujours mon couple de rêve!). Ce film, comme Foxcatcher, démontre que Tatum est vraiment un bon comédien, pas seulement une belle gueule. J’espère sincèrement qu’il va faire plus de comédies à l’avenir, parce qu’il brille comme un diamant dans ce genre.

21 Jump Street est à la fois un hommage à la série d’origine et une parodie de films policiers extrêmement bien faite.

Ce n’est pas une machine à cash facile comme les Meet the Spartans et autres parodies faciles des dernières années. Et ce n’est pas non plus un remake paresseux. En fait, dans la fameuse scène avec le Capitaine Hardy, ils s’en moquent en disant clairement au public qu’ils savent qu’ils seront comparés à ces deux genres de films. Ils admettent le cliché du studio en manque d’inspiration qui se rabat sur la nostalgie et les jokes faciles pour engranger des profits sans effort. Mais ils mettent des efforts dans leur film et font la preuve que ce n’est pas le genre qui est problématique, c’est le système. On peut faire de bons films, peu importe le genre, ce qui importe, c’est de mettre du travail et du sérieux dans nos efforts.

Bref, hyper grosse recommandation, super performance de Channing, 10 étoiles sur 5.

Disponible sur Netflix.

Allright, pour la semaine prochaine, que fait-on: Step up, Magic Mike ou Jupiter Ascending?…

Hé, je laisse le suspense…