L’orientation ignorée

Aux États-Unis, la parade de la Fierté est pour la communauté LGBTA, dont les initiales indiquent Lesbians, Gays, Bisexuals, Transexuals and Allies.

Cependant, beaucoup de gens militent pour que le A soit réattribué. Pour Asexuals, Aromantics and Agendered. On garde Agendered pour un autre billet, mais on va parler des deux autres.

Qu’est-ce que l’assexualité? Le dictionnaire ne vous aidera pas, le terme n’est pas encore reconnu. Mais il s’agit d’une absence de désir sexuel.

Non, ce n’est pas une maladie.

Non, ce n’est pas dû à un traumatisme.

C’est une orientation sexuelle, au même titre que l’hétéro, l’homo ou la bisexualité.

C’est rare (entre 1 et 3% de la population), mais pas du tout anormal.

(et je vous encourage fortement a faire la distinction entre inhabituel ou rare et anormal. Ce n’est pas parce qu’on en croise rarement que c’est anormal)

Mais c’est un concept très difficile à comprendre, je sais. Dans une société ou tout tourne autour du sexe le concept même d’une personne qui n’éprouve pas de chatouillis dans les parties intimes (ou qui en éprouve, mais n’a aucun intérêt prendre une action quelconque par rapport à ces chatouillis) semble tout droit sorti d’un roman de science fiction.

Mais je vous jure que ça existe.

Site du Assexual Visibility and Education Network

Comme pour toutes les orientations sexuelles, l’asexualité peut être vécue à différents niveaux. Certaines personnes ont zéro intérêt pour le sexe et les contacts physiques, d’autres ont besoin de chaleur humaine, mais ne sont pas intéressés à avoir des relations sexuelles complètes. D’autres encore vont être en couple avec des personnes sexuelles et avoir des relations sexuelles, mais ce ne sont pas eux qui les initient et ils peuvent facilement s’en passer sans problème. Ils le font par amour et pour partager de l’affection, ce n’est pas pour eux une façon de répondre à un besoin physique ou de soulager un désir. Il y a même des asexuels qui se masturbent régulièrement, pour relaxer, ou soulager une excitation physique, mais n’ont aucun intérêt a une relation avec partenaire. Bref, ce n’est pas seulement une question d’absence de désir physique, c’est beaucoup plus complexe que ça.

Attention, il ne faut pas confondre orientation sexuelle et orientation romantique. Je me définie comme bisexuelle, mais je suis hétéroromantique. Il y a des aromantiques chez les asexuels, mais beaucoup sont romantiques et peuvent être hétéro, homo, bi ou panromantiques.

Je vais vous parler de Elisa Hansen, qui fait des vidéos sous le pseudonyme de Maven of the Eventide. Elisa est très ouverte à propos de son asexualité. Elle se définit comme biromantique et a été en couple régulièrement depuis sa puberté. Elle est mariée et a donné naissance a son fils Grey il y aura bientôt un an.

Elisa aime profondément son mari Paul. Il n’est pas asexuel, mais il comprend son orientation et n’a aucun problème avec. Lorsqu’elle a annoncé sa grossesse, certaines personnes lui ont posé la question « comment peux-tu être tombée enceinte si tu est assexuelle? Avez-vous utilisé la fécondation in vitro? Ou est-ce que tu t’es forcée à avoir une relation contre ton gré? ».

Ok, petit conseil de mantante, je peux tout à fait comprendre que vous vous posiez ce genre de questions, mais, si vous ne connaissez pas très bien la personne, s.v.p. fermez-vous la gueule et mêlez vous de vos affaires. C’est extrêmement indélicat de demander ces choses et à la limite insultant. Si c’est une question que vous ne poseriez pas à un hétéro que vous ne connaissez pas, ben, ne la posez pas au gay, trans, bi, ou a, que vous venez de rencontrer. Et utilisez Google pour répondre à votre question. Je vous garanti que vous allez trouver la réponse à votre question quelque part. Ou posez-là à matante Elise, ça va me faire plaisir de faire les recherches pour vous! 😉

Comme je l’ai dit, Elisa est très ouverte et compréhensive et a donc répondu en détail aux questions. Grey a été conçu de la manière traditionnelle, dans le lit conjugal. Elisa n’est pas intéressée par le sexe, mais elle aime l’affection qu’elle reçoit de son mari et apprécie le fait de se sentir désirée. Ce n’est pas un feu brûlant de passion, mais ça reste quelque chose de beau et d’intime pour elle qu’elle partage avec son mari. Elle ne se sent absolument pas forcée de le faire, et ça ne se limite pas à la procération.

Mais oui, pour certains asexuels, les relations se limitent à la procréation. Deux jours par mois, lors de l’ovulation et on en parles plus dès que la tite tige de plastique indique deux barres.

Le concept d’asexualité commence tout juste à sortir dans la société, les recherches à ce sujet sont donc encore à leurs balbutiement. Et il n’y a pas vraiment d’exemple dans la fiction populaire.

Ah, mais non, en fait, il y en a un qui est très très très connu.

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Sherlock Holmes, dans l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, exprime à plusieurs reprise son manque total d’intérêt pour, non seulement la gente féminine, mais toute forme de romance. Il est proche de Watson, mais toujours décrit comme distant, limite froid.

Bien entendu, ce n’est pas intentionnel de la part de l’auteur. À l’époque, l’asexualité n’existait tout simplement pas. Mais il reste quand même que Holmes est probablement le plus ancien, et le plus connu, des personnages fictif ayant une personnalité se collant de si près à la définition d’un asexuel.

Le personnage de Sheldon Cooper dans Big Bang Theory peut aussi être considéré comme un asexuel. Mais je déteste tellement cette série que je ne vais certainement pas faire des recherches poussées sur le personnage.

(à ceux qui se demandent pourquoi je hais BBT, je vous dirai simplement que pour la geek en moi, c’est la version moderne du petit noir qui pisse sur le parterre devant la maison. C’est cute selon vous, mais ça reste que c’est hyper raciste et plein de préjugés irréalistes insultants. Geek=/= Science et inaptitude sociale limite autistique. Et oui, c’est aussi irrespectueux pour les vrais autistes. Et non, le fait que les auteurs se définissent comme geeks ne rend pas la chose moins insultante. Le personnage de Samuel L. Jackson dans Django était un esclave noir, ça ne l’empêchait pas d’être un des pire racistes de l’univers.)

Dans le monde « réel » la comique américaine Jeanine Garafalo, le chanteur Morissey et le designer Tim Gunn sont tous ouvertement asexuels.

Bref, ce n’est pas un mythe, ce n’est pas une maladie, et ce n’est pas un handicap.

C’est important de parler d’asexualité, même si c’est rare, parce que le 1 à 3 % d’adolescents qui vivent leur pubertés sans les envies de tous leurs compères se sentent brisés, anormal, coincés, voire monstrueux.

Une adolescente dont le chum n’est pas intéressé par le sexe va penser qu’elle est indésirable, ou qu’il est gai l’utilise comme paravent. Son chum va se sentir coupable de lui faire de la peine et n’arrivera pas à lui expliquer ce qu’il ressent. Parce que PERSONNE n’en parles.

Un ado qui ne comprend pas que sa blonde n’as pas envie de lui va se mettre à croire les niaiseries qu’on lui dit a propos des femmes frigides qui utilisent le sexe comme outil de manipulation. Et il peut en venir au point où il va se dire qu’il va la « casser » avant qu’elle ne devienne une féministe frustrée. Qu’elle le veuille ou non. Et la pauvre fille va se sentir comme une frigide monstrueuse et va se mettre à avoir peur des hommes.

Le viol et le suicide sont très élevés dans ce genre de contexte.

Ce n’est pas parce qu’on ne vit pas quelque chose qu’il n’est pas important d’en parler et d’essayer de comprendre. Au contraire, c’est la meilleure façon d’atteindre son potentiel comme être humain.

Encore et toujours, matante vous prêche l’empathie en toute choses.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

On s’embarque dans une nouvelle aventure? (Mais dans un terrain très familier)

OK mes ti papoutes, matante vous a négligé un peu dernièrement, mais elle vous a pas oublié. Je suis en train de laisser une bouillabaisse matantesque mijoter dans mon crockpot mental.

Dans les prochaines semaines, je vais vous parler d’une série de romans BDSM connue sous le nom de « The Sophie Scaife series » écrite par Abigail Barnette, le nom de plume de la blogueuse Jenny Trout (son twitter @Jenny_Trout est une source de joie quotidienne en passant).

Une superbe histoire d’amour extrêmement romantique, mais surtout, adulte, féministe et kinky à mort.

Je voudrais vous parler de cette série de livres en la décortiquant avec vous. Sophie Scaife et Neil Elwood sont des personnages très complets et complexes, très réalistes, adultes et intelligents. Je veux me servir de Sophie et son amoureux pour vous parler de dynamiques de couples, de sexualité et de BDSM.

Et ne soyez pas surpris si j’écorche Christian Grey et Anastasia Steel au passage, OK, pas mal constamment, la comparaison est inévitable et je ne peux pas perdre une seule occasion de chi.. sur « l’œuvre » de E.L. James.

Je vais commencer par vous faire un résumé des trois livres. Je n’essaierai pas de vous cacher les spoilers, ça compromettrait mes billets suivants. Ensuite, je vous ferai une série de billets analysant les personnages en tant que tels et les différents aspects de leurs relations, incluant la sexualité des deux protagonistes qui est définitivement kinky.

Ceci dit, si vous lisez l’anglais, je vous recommande, non, je vous ORDONNE de lire le premier tome avant de lire mon résumé, il est gratuit en format Kindle sur Amazon, donc le budget n’est pas une excuse. Si vous êtes un minimum comme moi, vous allez vous taper les trois en moins de 2 semaines (les deux autres sont 5 $ en format Kindle, ça se lit hyper bien).

Voici un synopsis sans spoilers pour vous humecter les lèvres :

 

Sophie Scaife a 24 ans, elle est l’assistante de la directrice de Porteas, un magazine de mode. Depuis 6 ans, elle fantasme sur Leif, un étranger à l’accent britannique avec qui elle a passé une nuit d’exploration de sa sexualité alors que leur vol pour Tokyo avait été reporté.

Après 30 minutes de retard de sa patronne, Sophie commence à s’inquiéter, est-ce qu’il est s’est passé quelque chose de grave? La réponse ne tarde pas à arriver : Porteas a été vendu au géant médiatique Elwood & Stern et la direction est maintenant entre les mains du milliardaire Neil Elwood. À l’arrivée de son nouveau patron, Sophie a le choc de sa vie : le magnat de la presse écrite n’est nul autre que l’étranger qui est devenu l’idéal d’après lequel elle juge tous ses partenaires sexuels depuis 6 ans…

Une prémisse assez classique, quasi stéréotype, mais croyez-moi, le traitement est loin d’être culcul (OK, un peu parfois, ça reste une histoire d’amour, mais Abigail Barnette ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles, contrairement à beaucoup d’auteurs de romans d’amour *tousse, E.L. James, tousse*).

Bref, dans les prochaines semaines, je vous emmène dans le merveilleux monde se Sophie Scaife et on explorera avec elle l’amour, l’amitié, les relations homme-femmes, la sexualité en général et le BDSM en particulier.

Enjoy!

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Le menu relationnel

Quand on parles d’amour, il y a toujours une équation simple qui est censée englober tout: 1+1+dates+(sexe)+emménagement (mariage)+maison+(enfants)=Bonheur.

Les données entre parenthèse sont sujettes à changement d’ordre.

La théorie en anglais s’appelle le relationship escalator (je sais, toutes mes données viennent de sites en anglais, mais j’ai pas encore trouvé de sources francophones qui s’intéressent sérieusement au mouvement sex positive et qui me conviennent.) C’est une suite logique d’étapes à traverser dans une relation afin que celle-ci soit considérée comme « réussie ».

Et bien entendu, à la base, la relation se doit absolument d’être monogame.

UGH…

Mettons quelque chose très au clair immédiatement, je n’ai ABSOLUMENT RIEN CONTRE la monogamie. Je l’ai pratiqué avec succès personnellement et je crois que c’est une excellente forme de relation.

Je sais aussi que pour certaines personnes, c’est un défi énorme et qu’il est parfois impossible à relever. Ces femmes et ces hommes ne sont pas des pervers ou des écœurants, ils ont simplement une personnalité et des besoins qui sont incompatibles avec les attentes sociales irréalistes.

Penchons-nous d’abord sur la monogamie: pourquoi est-ce considéré comme la condition sine qua non d’une relation amoureuse? Comment en est on venu à penser cela?

La plupart des recherches en préhistoire semblent indiquer que dans les tribus nomades, les femmes et les hommes avaient de nombreux partenaires sexuels. Les théories, basées entre autre sur les comportements de certains primates, semblent indiquer que la raison était que les enfants étaient élevés par toute la tribut et il n’y avait donc aucun concept de paternité. Les biens étaient aussi communautaires, donc aucun concept de propriété. D’autres théories disaient qu’il y avait bel et bien un concept de paternité et que, pour protéger l’enfant, les femmes avaient de nombreux partenaires afin d’éliminer le risque que l’enfant soit brutalisé par les autres hommes de la tribu. Si la paternité est remise en question, tous les hommes étant potentiellement pères vont protéger l’enfant.

La monogamie est apparue avec la sédentarité. Lors de l’apparition de l’agriculture, le concept de propriété s’est développé et, avec lui, celui d’héritage. Il est donc devenu important de s’assurer que notre descendance est bien la nôtre afin de ne pas donner le fruit du labeur d’une vie au fils d’un autre. C’est une des raisons pour lesquelles dans plusieurs sociétés des débuts de l’histoire, la passation de biens se faisait de façon matrilinéaire (par la mère) puisqu’il est difficile de remettre en question la maternité d’une femme lorsqu’elle accouche de l’enfant, mais, avant l’arrivée des tests ADN, il était impossible de connaître à 100% la paternité d’un homme… C’est d’ailleurs pourquoi l’appartenance au judaïsme est fait, encore aujourd’hui, de cette façon. Pour être juif, il suffit d’être né d’une mère juive.

Donc, le concept de mariage et de monogamie est apparu à cette époque pour des raisons économiques et perdure encore aujourd’hui.

Le hic, c’est que nous ne somme plus une société agraire et que nos besoins primaires étant plus facilement satisfaits, nous avons développé de nouveaux besoins. Avant, et encore aujourd’hui dans certaines sociétés, le mariage était d’abord et avant tout un arrangement commercial. Je me charge de subvenir aux besoins de ta fille pour le restant de ses jours, et en échange elle me donnera des héritiers et m’aidera à développer ma ferme/mon commerce. La romance n’avait rien à voir là-dedans.

C’était comme ça dans toutes les couches de la société, du petit fermier au grand seigneur et encore plus dans les monarchies. Les reines n’étaient que des prix échangés au gré des alliances politiques, des usines à héritiers (on leur refusait le droit d’allaiter leurs enfants, sous prétexte que ça détruisait leur figure, ce qui ne leur donnait pas le répit que les fermières avaient avec la perte de fertilité qui vient avec l’allaitement) qui devaient vivre leur vie sous surveillance et constamment en représentation. Et très souvent, elles devenaient des êtres de second plan lorsque le roi se trouvait une maîtresse en titre qui devenait le centre de la cour à la place de la reine légitime. Bien entendu, protester contre cet état de fait était hors de question, à moins de vouloir terminer dans un couvent. Ce n’était pas un destin enviable et peu de femmes aujourd’hui accepteraient ce genre d’esclavage.

Le concept d’amour tel qu’on le connaît est relativement récent, mais il est encore fortement teinté des idéologies datant de l’époque antique. Ce n’est pas un mal en soi, mais le fait est que la monogamie n’est pas nécessairement un état naturel chez l’être humain et qu’il faut arrêter de le traiter comme allant de soit.

Pourquoi? Parce que la pression sociale qui vient avec cette assomption cause de graves problèmes dans plusieurs couples et chez beaucoup d’individus. La monogamie n’est pas un état naturel, et donc, elle demande un EFFORT. Ce n’est pas un état naturel et donc, le fait d’être attiré sexuellement par quelqu’un d’autre que son chum ou sa blonde est NORMAL. Ce n’est pas un indicateur que votre couple est fini, et ce n’est pas une raison pour paniquer. La fidélité, dans une relation monogame (ou autre), c’est de prendre consciemment la décision de ne pas AGIR sur le désir qu’on a d’une personne autre que notre partenaire officiel. Le désir est un sentiment sur lequel on a AUCUN contrôle, donc pour lequel on ne doit pas logiquement sentir de culpabilité. Nous avons cependant le contrôle sur ce qu’on fera de ce sentiment.

Cela étant dit, il est grand temps qu’on parles d’autre formes de relations amoureuse fidèles, en dehors de la monogamie. Parce qu’il est possible d’avoir une vie affective réussie en dehors des dictats sociaux sans pour autant être des monstres amoraux.

Le polyamour est une relation fidèle entre plus de deux partenaires. La polygamie est une forme de polyamour avec une dimension religieuse (les partenaires étant mariés). En général, il y a un partenaire principal et un partenaire secondaire (dans le vocabulaire du milieu, « main babe » et « side babe »). Parfois le side babe n’est qu’un partenaire sexuel, parfois il est un amoureux ou une amoureuse à part entière. Dans des cas plus rare (et dans la plupart des arrangements polygames) tous les partenaires sont égaux, il n’y a pas de main ou de side babe. Certaines relations polyamoureuses sont un triangle interconnecté, trois partenaires entretiennent une relation amoureuse à trois, ils habitent ensemble et ont des relations sexuelles à trois ou à deux avec tous les membres du triangle. La différence entre le polyamour et les relations « ouvertes » est que les partenaires se connaissent et qu’il y a exclusivité sexuelle, même si elle est à plus de deux partenaires.

Les relations ouvertes sont un accord pris par un couple pour avoir des partenaires en dehors du couple, sans exclusivité sexuelle et sans nécessairement rendre de comptes. Le couple ouvert aura des amants ou des maîtresse, mais n’aura d’attachement affectif qu’avec une seule personne. La fidélité ici est émotionnelle, si elle n’est pas physique.

Il arrive parfois qu’un des partenaires aite une relation polyamoureuse, alors que l’autre préfère des rencontres d’un soir. Rien n’est fixé dans le béton et tant que le tout est discuté et accepté par tous, it’s all good.

L’échangisme est un mélange des deux: des relations sexuelles hors du couple à un temps précis et avec un ou des partenaires approuvés par les deux membres du couple. Dans l’échangisme, il n’y a pas d’attachement affectif avec les partenaires hors du couple, sinon on tombe plus dans le spectre d’une relation polyamoureuse.

Il est important ici de comprendre que, comme pour l’orientation sexuelle, il n’y a pas de points définit et fixes, il s’agit ici de spectres et que tout est négociable. L’important c’est de définir dès le départ, les paramètres de la relation et de s’y tenir. Comme dans le cas d’une relation monogame, briser le contrat affectif équivaut à de l’infidélité et est ressenti comme une trahison. Ce n’est pas parce que ta copine a accepté que tu couches avec d’autres femmes qu’elle va prendre le fait que tu en ait mis une enceinte à la légère. Il est nécessaire pour cet aspect comme pour la majorité des décisions importantes de votre couple, que vous avanciez des hypothèses et que vous réfléchisiez à ce que vous vous croyez capable d’accepter et, au contraire, ce qui, pour vous est un deal breaker. Il est important de bien connaître vos limites et de les expliquer clairement. Une relation amoureuse, peu importe sa forme, nécessite une dose immense de confiance, et pour obtenir cette confiance, un respect absolut (de soi-même ET de l’autre) est essentiel.

Il faut énormément de communication, et pas seulement au début, lorsqu’on établis les paramètres de la relation, mais constamment. Il est possible que la relation évolue et que un ou les deux partenaires ressente le besoin de réévaluer les paramètres. Les sentiments et les besoins des gens évoluent au fur et a mesure que la relation prend forme et, par exemple, une personne sera à l’aise avec une relation ouverte avec son partenaire pendant des années, mais, ayant rencontré quelqu’un de spécial, voudra peut-être passer au polyamour. Un homme sera peut-être très à l’aise d’être monogame avec la mère de ses enfants, mais une fois ceux-ci partis de la maison, aura peut-être besoin de voir ailleurs pour pimenter sa vie sexuelle. Ce n’est pas nécessairement la fin de son mariage, s’il le fait avec l’accord de sa femme (et qu’elle a la même liberté si elle le souhaite, bien entendu). C’est souvent par l’échangisme que le piquant est remis dans ces couples.

Comme le dit la belle Arden Leigh, toutes les formes de relations ont leurs inconvénients, les relations monogames on le défi de la monotonie, les autres ont le défi de la jalousie. Il est essentiel d’être prêts à faire face à ces défis à deux. Que les deux partenaires soient compréhensifs face à la jalousie ou à l’ennui de leur partenaire et ne le prennent pas comme un affront personnel.

Le problème dans la société moderne, c’est qu’on assume dès le départ que toute relation avec quelqu’un se doit par défaut d’être monogame et rien d’autre. Une femme souhaitant une relation ouverte, ou un homme acceptant le side babe de sa blonde sont considérés soit comme des obsédés du cul ou des moutons qui se font niaiser par leur conjoint. On ne se pose même pas la question à savoir si la monogamie nous convient ou convient à notre partenaire. On cultive la culpabilité et le secret sur le désir qu’on peut avoir d’une autre personne et on se crée toute une mythologie du fruit défendu. Le fait est que pour plusieurs personnes dont la personnalité n’es pas compatible avec la monogamie, la pression sociale est si forte qu’ils se plient au modèle malgré eux et se retrouvent à commettre une infidélité qu’ils n’aurait peut-être pas commise dans un autre contexte.

Attention attention, je n’excuse pas ici l’infidélité et je ne la mets pas sur le dos du conjoint qui n’a pas donné d’alternative à la monogammie. Si vous trompez votre blonde, c’est VOTRE péché, PERSONNE ne vous a forcé à mettre votre quéquette dans le vagin d’une autre femme. C’est votre responsabilité de clarifier dès le début de la relation votre incapacité a vivre une relation monogame. Si votre partenaire ne peut accepter un autre type de relation et si vous ne pouvez vivre la monogamie, vous n’êtes simplement pas faits pour être ensemble et vous devriez cesser de gaspiller votre temps. Dès le moment où vous acceptez un « contrat relationel » monogame ou autre vous devez vous en tenir aux paramètres établis. Tout bris est VOTRE responsabilité, et un manque de respect total envers la personne que vous prétendez aimer.

Il est important de ne pas rejeter dès le départ des modèles alternatifs de relation et de ne pas les considérer comme dépravés par défaut. Tout type de relation, en autant qu’il soit bien définit et librement consenti par tous les membres, peut mener à une belle histoire d’amour.

Personnellement, je n’ai pratiqué que la monogamie, sans vraiment de problème, et je pense que je serais plus à l’aise à débuter une relation sur une base monogame, au moins le temps qu’on apprenne à se connaître, mais je ne serais pas totalement fermée à l’idée d’explorer d’autres avenues après quelque temps. La forme que ça pourrait prendre dépendrait beaucoup du genre de personnalité de mon conjoint et du niveau de communication que nous aurions dans notre couple.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

La « /$%?&* de Friendzone

« In popular culture, friend zone refers to a platonic relationship wherein one person, most commonly a man, wishes to enter into a romantic or sexual relationship, while the other does not.[1][2] It is generally considered to be an undesirable or dreaded[3] situation by the lovelorn person. » Source : Wikipedia .

La friend zone! Duckie dans le film Pretty in pink, tellement en amour avec sa copine Andy, mais rejeté au profit du gars riche, le pauvre Duckie, proto héro de la friend zone.

La friend zone est dérivée de deux systèmes de pensés sexistes:

  1. Les femmes et les hommes ne peuvent être amis.
  2. Les femmes couchent seulement avec des trous de cul et se foutent des bons gars.

Commençons par le numéro un que j’appelle « la théorie de Quand Harry rencontre Sally. »

L’idée qu’un homme et une femme ne peuvent pas être amis est fortement incrustée dans notre culture, tellement que je me sens obligée, à chaque fois que je parles de mon ami Pier-Luc à une nouvelle personne, de préciser qu’il est l’époux de ma meilleure amie. Parce que sinon, les gens assument soit que c’est mon chum, soit que je suis en amour avec lui.

J’aime Pier-Luc très fort, depuis le jour où je l’ai rencontré. Nous deux, ça été le coup de foudre amical, en moins d’une minute, j’ai adoré ce gars. J’ai déjà dormi en cuillère avec lui, souvent. À une époque, il était tellement tout le temps chez nous que sa mère lui a sérieusement proposé de me payer un loyer et de juste emménager. Mais il s’est jamais rien passé de plus sexuel qu’un bec sur la joue et un gros câlin entre nous.

Et tout ça se passait deux à trois ans avant qu’il ne commence à sortir avec Nadia. Il n’était pas chez nous parce qu’il voulait coucher avec moi, ou parce qu’il courrait après la voisine d’en haut, il était chez nous parce qu’on s’entendait super bien et qu’on se comprenait. Et c’est encore comme ça aujourd’hui, plus de douze ans plus tard.

Au Cégep, les mercredi après-midi, mon cousin Georges venait me faire la jasette. Comme les résidences étaient bruyantes, comme il n’y avait pas de cours à ce moment là, je fermait ma porte pour qu’on puisse s’entendre parler. Après la deuxième visite, tout l’étage parlait de mon nouveau chum. Il venait en plein après-midi, alors que tout le monde était là et il repartait après une heure, les vêtements dans le même état et sans m’embrasser, mais il était forcément là pour tirer un coup non? Pourquoi j’aurais invité un gars dans ma chambre en plein après midi sinon?

Avec ce genre de réflexe social, pas étonnant que les homme assument qu’une fille qui est amicale avec eux est une porte ouverte à une partie de jambes en l’air.

Beaucoup de gars sont très intimidés à l’idée d’aborder une fille et je les comprends, c’est VRAIMENT pas évident. Avec toute la merde que les filles reçoivent dans la rue et dans les bars (les merveilleuses pick-up lines qui ont souvent un ton d’objectification et qui parfois frôlent carrément la menace de violence physique – billet à venir: comment NE PAS aborder une fille-) on est souvent sur la défensive avec un gars qu’on ne connais pas. On a pas toujours une attitude ouverte et invitante, mais on a des fucking bonnes raisons pour ça.

Une méthode rassurante pour laquelle on opte souvent est de l’aborder amicalement. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise idée, après tout, le susmentionné Pier-Luc a d’abord été l’ami de celle qui est maintenant la mère de ses deux enfants. Cependant, c’est problématique d’aborder une fille avec des intentions romantiques sans lui mentionner ces intentions (pour revenir au susmetionné Pier-Luc, il a abordé sa future épouse sincèrement amicalement au départ, les sentiments amoureux ne sont apparus que plus tard et il a été très straightforward à leur propos) Quand on essaie de switcher la narration de Buddy Movie à Comédie Romantique, qu’elle nous dit qu’elle n’est pas intéressée et soudainement c’est une maudite agace qui nous a fait perdre notre temps.

Euh, pardon? Et son temps à elle qu’elle a investi dans une amitié qui ne menait à rien?

Ma réaction première à ce genre de situation est une forte envie de dire:

Oh pauvre ti pout! Il trouve ça pas juste que la méchante fille veuille pas jouer avec son pipi? Si tu piques une crise parce qu’une fille veut pas jouer avec ton pipi, peut-être que t’es pas encore un grand garçon mon pout. Vas faire une tite sieste, joue un peu tout seul avec ton pipi, ça va te faire du bien. Ensuite, retourne voir ta maman et demande lui de refaire ton éducation, parce qu’elle a visiblement manqué son coup la première fois.

Non mais calvaire, vous rendez-vous compte à quel point c’est insultant de se faire dire qu’on a fait perdre son temps à un gars en refusant de coucher avec lui? J’ai-tu l’air d’une poupée gonflable moi?

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J’ai vu mieux comme sex toy…

Peu importe l’attitude avec laquelle vous abordez une fille, la seule réaction adulte au rejet, c’est de passer à la suivante. Toute autre réaction (encore plus si elle est assaisonnée d’insultes) est l’équivalent d’un gamin de 2 ans en train de faire la tranche de bacon dans l’allée du Toys R us. Pas super sexy…

Bon, passons au deuxième:

Le pauvre bon gars, qui se fend en quatre pour faire plaisir à la femme de ses rêve, lui rend toute sorte de services, passe des heures à écouter ses problèmes et, juste comme il allait lui faire sa grande déclaration, l’écœurant de service la lui chipe sous le nez!

Les filles ont une variante de ça: tu te tappes des films d’horreur et des jeux vidéos pour montrer que t’es pas comme les autres filles faciles, t’es cool toi, et il part après la première paire de seins qui passe.

Encore une fois, la réaction est fortement révélatrice du niveau de respect que vous avez pour la personne avec laquelle vous êtes censée être en amour. « Connasse superficielle qui peut pas voir la chance qu’elle aurait de m’avoir », « Grand con qui penses juste avec sa bite, je suis 100 fois meilleure que cette salope à grosse boule avec rien dans la tête ».

Tsé là, la femme de ta vie, celle qui va porter tes futurs enfants.

Alors, quel est le problème dans ces deux scénarios?

On reproche à la personne une situation dans laquelle on s’est mis sois-même. On lui offre une main amicale, alors qu’on voudrait plutôt lui arracher son linge.

Et puis, sincèrement, faire tous ces efforts pour atteindre l’entrejambe de quelqu’un tout en clamant l’amitié sincère, ça a un relent de manipulation pas très sain…

Encore une fois, je sais qu’aborder quelqu’un c’est terrifiant et que l’amitié peut parfois paraître comme une bonne voie détournée vers la romance. Mais en offrant son amitié à une personne, la chose qu’elle va accepter, c’est juste ça, une amitié. Si vous voulez pousser les choses plus loin, vous retournez à la case départ, vous changez les termes du contrat et vous risquez de vous faire rejeter.

Je suis pas une experte en séduction (ma longue liste de conjoints qui peut se compter sur les doigts d’une main même après un accident de scie ronde en fait la preuve), mais je peux vous dire que j’ai jamais séduit un gars en étant juste la fille cool avec qui il se tient, j’ai été la fille cool avec qui il se tient qui lui a fait savoir qu’elle était intéressée. Ensuite, c’est son tour de faire le move, il le fait, cool, il choisi de rester ami, cool aussi. Si ça fait trop mal, je prend du recul, je m’éloigne un peu, et quand je suis remontée de mon down, je reviens sur une base amicale. À date, j’ai jamais eu de problème avec cette méthode.

Il faut pas attendre trop longtemps, que votre crush se transforme en obsession et que vous ayez déjà donné des noms à vos futurs enfants. Plus vous vous bâtissez de châteaux en Espagne, plus vous allez souffrir d’un éventuel rejet et moins vous voudrez agir et plus vous vous mettrez vous même en situation d’éternel ami.

Ce n’est pas non plus une bonne idée de tomber dans l’excès contraire et offrir un quicky à une fille 30 secondes après lui avoir dit bonjour. C’est un travail d’équilibre et je vous invite à consulter le site du Dr Nerdlove si vous voulez des trucs pour naviguer l’approche.

Mais en résumé: La friend zone n’existe que dans votre tête. Personne ne vous mets dans une liste « juste ami », c’est vous même qui vous vendez comme ami et non comme amoureux.

Et sérieusement ti pout, le jouage avec les pipis à deux, c’est pour les grands garçons.

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