Le Grand Visionnement 2015 partie Quatorze : Channing Tatum: 21 Jump Street

Danse de la joie! Je peux parler d’un film que j’aime!!!!!!!!!

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21 Jump Street

Rôle : Greg Jenko/Brad McQuaid

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Connaissez-vous le concept de métahumour? C’est à dire de l’humour qui rit de l’humour. Les deux films de Jump Street utilisent ce concept de façon géniale. Et ils sont MAGIQUES!!!

Ok, je vous parle du premier, mais j’en dis pas trop parce que vous devez le découvrir par vous même, il est trop drôle. Et si vous êtes bons en anglais, regardez la version originale, les jokes sont meilleures dans leur milieu naturel.

Ce film est un peu le bébé de Jonah Hill, il a participé au scénario, c’est lui qui a convaincu Channing de participer au film et ils sont tous les deux producteurs.

C’est, pour ceux qui l’ignorent, basé sur une très populaire série américaine de la fin des années 80, qui mettait en vedette Johnny Depp et Peter DeLuise à propos de policiers infiltrés dans des écoles secondaires. C’est 21 Jump Street qui a mis Depp sur la map.

Ce n’est pas un remake à proprement parler, puisque les personnages joués par Channing et Jonah ne sont pas les mêmes que ceux joués par Johnny et Peter, mais le film reprend l’histoire de base et les clichés du genre.

TOUS les clichés du genre.

  • Le beau gosse un peu niaiseux.
  • Le nerd mal dans sa peau.
  • Le capitaine qui crie.
  • Les cliques de l’école.
  • Le directeur frustré.
  • La prof en chaleur.
  • Les parents envahissants.
  • Le house party qui dégénère.

Ce qui est cool, c’est que ce film est 100 % conscient de ces clichés et le dit directement dans le texte. Par exemple, le capitaine Dickinson (Ice Cube, super performance) est le typique capitaine de police noir hurleur et je le cite : « I know what you’re thinkin’: angry, black captain. Well guess what? I’m black, and I worked my ASS off to be the captain. And sometimes, I get a little angry, so suck a dick! ». La scène avec le capitaine Hardy juste avant qu’ils soient assignés au programme Jump Street est juste un bijou de self-awareness trop cool.

Donc on a Greg Jenko (Tatum) et Morton Schmit (Hill). Le film débute alors qu’ils sont à la veille de graduer de l’école secondaire. Schmit le nerd rejet se fait humilier par Jenko le footballeur et tous les deux, pour des raisons différentes, manquent le bal des finissants.

7 ans plus tard, ils se retrouvent dans la même classe à l’Académie de police. Ils décident de s’aider mutuellement, Jenko entraîne Schmit pour les tâches physiques et Schmitt aide Jenko à étudier pour les tests écrits et ils deviennent de bons amis.

Une fois gradués, ils sont affectés à la surveillance d’un parc et appréhendent un motard pour possession de drogue. L’arrestation est invalide, puisque Jenko n’a pas lu les droits au suspect et le capitaine Hardy leur donne une dernière chance : comme ils ont l’air jeunes, il les envoient dans l’équipe de Dickinson sur Jump Street, faire du travail sous couverture.

Dickinson leur donne une enquête sur une nouvelle drogue qui est distribuée dans une école secondaire. Ils doivent se faire passer pour les frères Brad et Doug McQuaid et trouver le fournisseur avant que la drogue sorte de l’école et se retrouve partout. Brad, l’intellectuel qui fait de la chimie avancée est la couverture de Schmit, et Doug, le membre de la troupe de théâtre et champion de course, est celle de Jenko. Cependant, à leur arrivée à l’école, Jenko se trompe en parlant avec le directeur et leurs couvertures sont inversées.

Donc, Jenko, le bel imbécile (oh, Channing est tout mignon dans ce film, mais son personnage n’a VRAIMENT PAS inventé le bouton à 4 trous) se ramasse chez les nerds et Schmit le rejet se retrouve avec la clique des populaires.

S’en suit une série d’aventures dans lesquelles nos héros mettent leur amitié à l’épreuve et apprennent une belle leçon de vie.

Entrecoupé de beaucoup de langage vulgaire, situations loufoques et Dakota Johnson pré 50 Shades.

Oh et un super caméo de Depp et DeLuise. Essayez de les trouver!

C’est vraiment un film le fun. Un humour pipicaca et niaiseux, mais qui ne nous prend pas pour des valises. Les parodies des dernières années m’ont toutes laissée froide (exception de « Vampires Suck », mais il était acceptable, sans plus). Depuis Hot Shot Part Deux, j’avais toujours l’impression que ces films ne faisaient aucun effort. Jump Street est tellement un super vent de fraîcheur, groupe!

J’adore ce film.

On sent qu’il a été pensé et fait avec plein d’amour. Tous les acteurs sont excellents, mais je donne une grosse mention spéciale à Dave Franco, le petit frère de James, qui joue un grano-snob-écolo tout à fait génial. On a tellement envie de lui foutre un Big Mac venu par avion et emballé dans du papier fait d’arbres amazoniens en plein dans sa gueule suffisante. Magnifique performance.

Mais tous les comédiens s’en donnent à cœur joie et ont clairement un fun noir à jouer dans cette comédie. On voit que tout le monde a bien compris son personnage (la job numéro un des réalisateurs, bien accomplie) et ils se jettent tous dedans à pieds joints sans pousser à l’extrême clownesque (sauf un, mais c’est voulu et j’en dis pas plus).

Channing est à son meilleur ici, timing parfait, il joue les 15 watts sans avoir l’air d’un attardé non fonctionnel, il est drôle à mourir ( « I know the reason, it’s Glee. Fuck you Glee! » ) et lui et Jonah Hill ont une chimie du tonnerre (mais ils ne battent pas son pairing avec The Rock, qui restera toujours mon couple de rêve!). Ce film, comme Foxcatcher, démontre que Tatum est vraiment un bon comédien, pas seulement une belle gueule. J’espère sincèrement qu’il va faire plus de comédies à l’avenir, parce qu’il brille comme un diamant dans ce genre.

21 Jump Street est à la fois un hommage à la série d’origine et une parodie de films policiers extrêmement bien faite.

Ce n’est pas une machine à cash facile comme les Meet the Spartans et autres parodies faciles des dernières années. Et ce n’est pas non plus un remake paresseux. En fait, dans la fameuse scène avec le Capitaine Hardy, ils s’en moquent en disant clairement au public qu’ils savent qu’ils seront comparés à ces deux genres de films. Ils admettent le cliché du studio en manque d’inspiration qui se rabat sur la nostalgie et les jokes faciles pour engranger des profits sans effort. Mais ils mettent des efforts dans leur film et font la preuve que ce n’est pas le genre qui est problématique, c’est le système. On peut faire de bons films, peu importe le genre, ce qui importe, c’est de mettre du travail et du sérieux dans nos efforts.

Bref, hyper grosse recommandation, super performance de Channing, 10 étoiles sur 5.

Disponible sur Netflix.

Allright, pour la semaine prochaine, que fait-on: Step up, Magic Mike ou Jupiter Ascending?…

Hé, je laisse le suspense…

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Le Grand Visionnement 2015 : Channing Tatum: Introduction

Avant que vous le disiez, oui, vous avez raison, c’est mes hormones qui gèrent mon blogue. J’ai aucune honte à l’admettre.

Faites pas comme si vous étiez surpris.

Alors, dû au fun noir que je me suis faite en écrivant le Grand Visionnement 2015: Tom Hardy (même si ça a fait un flop monumental, j’ai genre eu 1 lecture pour chaque article, et je pense que c’est les relectures que je fais compulsivement pour m’assurer que tout est écrit clairement), j’ai décidé de continuer l’expérience avec mon obsession du moment.

Le seul.
L’unique.

Le merveilleux.

L’extraordinaire.

Channing Tatum.

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Brun? check! Yeux pâles? check ! Jolie bouche? check! Masculinité saine? YOU BET! Drôle? check, check Sexy? check, check, check, check, check, check! Yep, en plein mon genre. Et merde il a même les manches de chemise roulées sur cette photo. OUF!

Oh ça va être toute une ride les amis, parce que M. Tatum a une généreuse dose de navets dans sa filmographie et j’ai souffert, oh que j’ai souffert pour nourrir mon obsession écrire cette série! Je vous rappelles que pour écrire ces billets, je dois en général voir les films à plusieurs reprises, en particulier ceux qui ne m’ont pas impressionée. Dans certains cas, c’est carrément du masochisme. C’était moins pire avec Hardy, ses navets (sauf une énorme exception) sont relativement digestes et son talent exceptionnel rendait le tout plus facile. Channing est un bon acteur, il est même excellent à ses heures, mais il n’est pas du niveau d’Hardy et il ne peut racheter un navet à lui-même.

Mais hey, on a deux Magic Mike avec plein de photos de monsieurs pas de chandail dans un futur rapproché, donc, restez avec nous, ça va valoir la peine! Et les deux Jump Street, qui sont vraiment, vraiment, vraiment bons.

Un billet par semaine, tous les mercredi matin.

On va commencer la semaine prochaine avec les G.I. Joe. Oh oui, on commence avec un super navet et un film potable. Direct dans le vif du sujet!

Si vous aimez me voir souffrir, ça va bien commencer pour vous.

Enjoy!

Les liens pour les différentes parties seront affichés ici et cette introduction restera en haut de la page d’accueil pour la durée du Grand Visionnement.

Partie Dix: GI Joe: Rise of Cobra et GI Joe: Retaliation

Partie Onze: Foxcatcher

Partie Douze: White House Down

Partie Treize: Haywire et Side Effects.

Partie Quatorze: 21 Jump Street

Partie Quinze: Magic Mike

L’empathie et le consentement enthousiaste: La masculinité saine et magique de Magic Mike XXL

Ok, ma meilleure amie Nadia et moi avons décidé de se faire une soirée de filles. Nous sommes allées voir Magic Mike XXL. Nous sommes ressorties du cinéma en flottant.

Je pense que ça fait au minimum 5 ans que j’ai pas vue ma meilleure amie avoir autant de fun.

Ostie que ça fait du bien.

Mais, non, je ne suis pas ici pour vous faire un Grand Visionnement Channing Tatum (quoique c’est pas totalement exclu dans un futur pas trop lointain). Non, je veux vous parler de pourquoi ce film a comblé tant d’ovaires.

Non, ce n’est pas à cause de ceci:

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Oh Matt, mon petit maudit, je t’adore depuis Chuck.

Ou ceci:

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La meilleure scène du film. Hands down.

La raison est hyper simple. Et c’est Antonella qui va vous le dire:

Ce film est fait sur mesure pour les femmes.

Ah putain que ça fait du BIEN!

Vous vous souvenez comment je vous expliquait que l’empathie est le plus puissant des aphrodisiaques?

Channing Tatum l’a compris. Jenna Dewan est chanceuse en tabarnak. (ok, honnêteté complète, je suis 100% volontaire pour une relation polyamoureuse avec le couple Tatum/Dewan. Elle est fucking bandante, et lui… OUF! Bref, si vous cherchez à pimenter votre mariage, Channing & Jenna: realmatanteelise@gmail.com. Just sayin’)

Ok. Ce film est vraiment, absolument, complètement pas intellectuel. C’est sérieusement un film avec zéro cerveau nécessaire.

Mais, mais, mais, mais.

Il est plein de femmes noires.

Il est plein de femmes rondes.

Il est plein de femmes dans la quarantaine.

Et elles sont toutes des REINES.

Pas d’hésitation, pas même une seule seconde, de la part d’aucun des hommes musclés et terriblement sexy de ce film. Pas de joke de grosses, pas de jokes de cougars. Ils sont tous là pour une seule et unique raison: Les faire sourire, leur faire passer un bon moment, les faire se sentir bien dans leur peau.

Putain

de

concept

RÉVOLUTIONNAIRE.

Les putains de stripteaseur/guérisseur de l’âme.

Messieurs, prenez des notes:

Ça n’a rien à voir avec les six packs. Les gars sont beaux, mais un bel égoïste, c’est un total turn-off.

Si vous décidez que la femme que vous voulez est une REINE, pas une princesse pure et innocente, mais une putain de REINE avec des organes génitaux fonctionnels, qui éprouve du plaisir, qui est en plein contrôle de sa sexualité et qui ne cherche qu’à être comblée, je vous GARANTI que plus jamais vous ne dormirez seul sauf quand vous en aurez envie.

  • Une REINE satisfait ses désirs.
  • Une REINE accorde ses faveurs à qui s’en montre digne.
  • Une REINE choisi quand et avec qui elle partage son lit. Et sa décision est FINALE et NON NÉGOCIABLE.
  • Mais il y a d’autres REINES, partout.
  • On ne manipule pas une REINE.
  • On respecte une REINE.
  • Toutes les REINES sont belles.
  • Toutes les REINES méritent le meilleur de leurs rois.
  • Et les REINES savent récompenser ceux qui savent bien les servir comme il se doit.

Oubliez la merde des Pick-up artists.

Ne soyez pas des chasseurs en quête de proies.

Soyez des strip-teaseurs au service des REINES.

Et toutes les Andie MacDowells du monde vous laisseront essayer leur pantoufles de verre.

De plus, dans Magic Mike XXL, on nous montre des exemples d’hommes on ne peut plus masculins, mais tellement loin de l’idée traditionnelle du mâle. Ok physiquement, ils sont totalement dans le main stream. Mais laissez moi vous exposer quelques points qui, à mon avis, sont un excellent exemple de masculinité saine:

  • Quand Mike dit à Ken de le frapper pour passer sa colère, ça ne fonctionne absolument pas.
  • Ritchie veut donner dans son spectacle le total romantisme à ses clientes: mariage avec fleurs et gros diamant, et nuit de noce dans un sling sur du Nine Inch Nails. Mais c’est SON fantasme à lui.
  • Tito a des ambitions quétaines, mais Mike l’encourage et lui offre même son aide.
  • Andre et Ken apprécient le fait qu’ils font du bien au monde.
  • Tarzan s’ennuie de Mike et n’as pas peur de l’admettre.
  • Malik ne se sent pas intimidé par l’autorité de Rome, sa blonde.
  • TOUT LE MONDE BAISE LES PIEDS DE ROME ET PERSONNE NE SE FAIT TRAITER DE MAUVIETTE POUR ÇA.
  • La scène de strip tease la plus hot du film a lieu dans un dépanneur, au son d’une toune des Backstreet Boys, au profit d’une jeune fille boulotte à l’air hyper bête. (Elle sourit à la fin, pendant que nous on hurle dans la salle). Et tous les gars sont dans la fenêtre à encourager Ritchie de bon coeur.
  • Ken est sérieusement en contact avec l’univers. Genre avant longtemps, il va se mettre à léviter. Tous ses amis acceptent ce fait et embarquent dans ses lubies créatives sans même sourciller.
  • Mike essaie d’encourager ses copains à se trouver eux-même, plutôt que de leur dire quoi faire.
  • Mike n’est pas dans une bonne passe, il le sait et décline donc une super chance de se tapper Zoe la photographe bohémienne bisexuelle (jouée par la super belle Amber Heard, faque c’est pas un petit coup qu’il passe, c’est une bombe). Il passe son tour et évite les regrets. Personne ne remets sa décision en question ou lui dit qu’il a raté un bon coup.
  • Le vagin large d’Andi MacDowell est une pantoufle de verre pour le gros pénis de Ritchie!!!!!!

Un dernier point que ce film souligne, c’est l’univers des travailleurs du sexe dans une optique positive. Tout ce que je vous ai dit sur comment ils traitent toutes les femmes comme des Reines? C’est du service à la clientèle (mais hé, pratiquez-le à la maison aussi, c’est plus le fun de se faire servir son assiette avec un sourire qu’on soit chez soi ou au resto ok?).

Contrairement au premier film, il n’y a pas de shady boss pour planter un couteau dans le dos aux danseurs. Pas de petit jeune abitieux, pas de vedette. Juste des gars qui aiment leur job, parce qu’ils sont bons dans ce qu’ils font, que c’est un exutoire à leur créativité, voir une façon de vivre leur vie de rêve sur le stage et qu’ils rendent plein de femmes heureuses tout en se faisant de l’argent. Le job idéal. Ken et Andre parlent d’être des guérisseurs de l’âme et c’est pas loin de la vérité.

Je suis allée dans un bar de danseurs, j’ai eu droit à une danse privée. Et plus d’une décennie plus tard, j’ai encore de super souvenirs de Ricky le danseur qui a tellement eu d’effet sur ma cousine Michelle qu’elle a failli me casser les doigts à force de serrer ma main.

C’est dommage qu’il n’y ait pas ce genre de démonstrations des travailleuses du sexe au cinema. Les strip-teaseuses dans les films sont toujours des mères qui n’ont d’autre choix et qui se sentent coupable et dégradées par leur job. Ou des droguées qui se mettent nues pour leur fix. Et elles sont toujours en compétition les unes avec les autres. La société mets un énorme stigmate sur la sexualité professionnelle et c’est du gaspillage pur et simple. (billet à venir: la pute: pillier de société qui mérite votre RESPECT)

Si on cessait de voir les travailleurs du sexe comme de la vermine et le sexe comme dangereux, on serait beaucoup mieux comme société.

Mais ne me croyez pas sur parole, écoutez plutôt l’opinion d’un ancien danseur exotique:

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Yep!

Matante Elise Out.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Grand Visionnement 2015 Partie Six: Tom Hardy: The Drop

Je vous ai dit que Stuart était un petit téléfilm, mais une expérience merveilleuse, vous vous souvenez?

The Drop n’est pas un téléfilm, mais c’est un petit film, et aussi une expérience superbe.

The Drop (Quand vient la nuit)

Rôle: Bob Saginowski.

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Ok, mettons quelque chose au clair dès le départ. La vedette de ce film, celui qui fera fondre votre cœur, le plus attachant, avec qui on s’identifie et qu’on veut voir sortir gagnant, c’est pas Bob, c’est pas son cousin Marv (James Gandolfini, dans sa dernière performance avant son tragique décès) c’est pas Nadia (Noomi Rapace).

La vedette de ce film, c’est:

OH LE BEAU BÉBÉ! C'EST À QUI LE BEAU TI CHIENCHIEN HEIN? C'EST À QUI LE BEAU TI CHIENCHIEN?

OH LE BEAU BÉBÉ! C’EST À QUI LE BEAU TI CHIENCHIEN HEIN? C’EST À QUI LE BEAU TI CHIENCHIEN?

Ok, avant de commencer à parler du film, on fait une parenthèse sur Tom-dans-la-vraie-vie:

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Tom Hardy and Emily Browning film scenes for the Kray brothers movie 'Legend', set in East London. Pictured: Tom Hardy Ref: SPL815469  150814   Picture by: Neil Warner / Splash News Splash News and Pictures Los Angeles:310-821-2666 New York:212-619-2666 London:870-934-2666 photodesk@splashnews.com

Le premier, le deuxième et le dernier sont ses chiens. Les autres sont des rencontres au hasard de la vie. Des histoires d'un soir, une semaine, un mois, mais non moins significative. Tom garde un souvenir impérissable de chaque pitou qui a passé entre ses bras.

Le premier, le deuxième et le cinquième sont ses chiens. Les autres sont des rencontres au hasard de la vie. Des histoires d’un soir, une semaine, un mois, mais non moins significatives. Tom garde un souvenir impérissable de chaque pitou qui a passé entre ses bras.

Tom Hardy est un Crazy Puppy Guy. Il ADORE les chiens. Il a déjà donné une entrevue où il a dit le mot « chien » à 62 reprises. Et c’était pas pour PETA ou une organisation pour les droits des animaux, c’était une entrevue pour la promotion du film The Drop. Ok, il y a un chien dans le film, et il vole la vedette, mais c’est pas le SUJET du film.

Il peut pas s’empêcher de caliner et bécotter tous les chiens qu’il croise.

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Ce mec, mesdames et messieurs, ce mec va me faire mourir. Il est comme une matante avec les bébés, mais c’est avec les chiens-chiens.

Mais il est pas anti-chats non plus, contrairement à beaucoup d’amoureux des chiens, comme vous pouvez le voir ici si le post tumblr se charge pas bien, les photos valent la peine (et Tom a un orthographe merdique, mais je l’aime pareil):

L’histoire de CJ le chat qui parle roumain a même insipiré une autre belle histoire (je fais un caméo, trouvez-moi!):

https://storify.com/thelindsayellis/this-is-not-my-kitten-this-is-god-s-child

Pour les curieux, Capable Jupiter et son frère Nux sont très heureux chez Nella, la meilleure amie de Lindsay. Il y a plein de photos sur twitter et facebook.

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Cette poubelle est tellement plus confortable que celle de la ruelle où Lindsay nous a trouvé!!!

N’ayez jamais honte de vos moment de joie sur les réseaux sociaux, vous ne savez jamais qui votre bonté va inspirer.

Bon, parenthèse fermée, passons au film:

À Brooklyn, les mafieux utilisent différents bars et tavernes comme coffres-forts d’un soir. On les appelles les Drop Bars et ils ne savent jamais longtemps d’avance quand leur tour viendra.

Bob Saginowski travaille à la taverne Cousin Marv’s (Marv est vraiment son cousin « you see, his father, and my mother, they all sisters« ) qui appartient depuis 8 ans à la mafia tchétchène. C’est un homme tranquille, au grand cœur, qui paie des tournées aux habitués venus célébrer la mémoire d’un de leurs copains disparu, qui laisse une femme seule et triste boire gratuitement et fumer dans la taverne parce qu’elle n’a nulle part où aller. Un bon gros bonnasse.

En rentrant à la maison un soir, Bob entend un drôle de bruit en provenance d’une poubelle. Il découvre un chiot ensanglanté. La propriétaire de la maison, Nadia, alertée par le bruit, vient voir ce qui se passe et découvre Bob et le petit chien. Après avoir pris une photo du permis de Bob et l’avoir envoyé à 4 personnes par texto (pas conne, la fille) elle le laisse entrer chez elle et lui donne un coup de main pour nettoyer et soigner le pitou. Elle lui explique que s’il ne veut pas garder le petit pittbull, il peut le donner à un refuge et qu’il trouvera peut-être une bonne famille… ou pas… Bob demande a Nadia de garder le chien pendant 48 heures, le temps qu’il réfléchisse.

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Vous savez déjà ce qu’il va décider, hein?

Le lendemain soir, le bar Cousin Marv’s se fait hold-upper par deux petits criminels. Les propriétaires tchétchènes sont évidement très fâchés de la situation et demandent à Marv et Bob de leur trouver l’identité des coupables.

S’en suit une série d’événements avec tous les acteurs en relation avec Bob: Cousin Marv et sa nostalgie de l’époque où il était un big shot, Nadia et ses démons, le détective Torres qui est très au courrant de l’identité des proprio du bar, Chovka, le propriétaire en question qui soupçonne que quelqu’un cherche à le baiser et Eric Deeds, l’ex de Nadia et le propriétaire originel du petit chien, un petit tough avec une couple de visses en moins dans la cervelle.

Et, au milieu de tout ce bordel, Bob, son passé, ses remords, son mystère et Rocco le chien, symbole de rédemption.

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Tout cet enchevêtrement de destins verra sa conclusion le soir du Superbowl, où c’est le tour de Cousin Marv’s d’être le Drop Bar.

C’est un excellent crime drama, avec des acteurs au sommet de leur art et des dialogues à faire mourir de rire au milieu de toute la noirceur. Un petit bijoux de film.

Bob fait cette face parce qu'il y a une FILLE dans sa cuisine. OMG!

Bob fait cette face parce qu’il y a une FILLE dans sa cuisine. Et elle le REGARDE! OMG!

The Drop nous offre la meilleure performance de Tom Hardy. La meilleure. Vous vous souvenez quand je vous disais qu’Hardy est un spécialiste de l’évolution des personnages? Bob, c’est son chef-d’oeuvre dans ce domaine. Ce que Tom Hardy nous montre avec Bob, c’est un strip-tease psychologique. Tout au long du film, il pèles doucement toutes les couches de Saginowski jusqu’à la fin, où on le voit enfin en vrai. Mais la merveille, dans tout ça, c’est que Bob ne change pas, il reste un bon gars à la base, même si, comme le dit Torres: « I bet no one ever sees you coming. » Un mystère, dans un énigme, sous une question, dans une chemise de flanelle, qui tient le bar et nettoie derrière les clients (et Rocco).

Notez bien, ce genre de performance est déjà difficile au théatre, où le récit est linéaire, mais au cinéma, tout est tourné en ordre mélangé. C’est le cas de ce film, oui, j’ai vérifié. Ce qui veut dire que, à chaque nouvelle scène, Hardy devait trouver exactement où il était rendu dans l’histoire et évaluer à quel niveau il devait montrer Bob. Chapeau au réalisateur, Michaël R. Roskam, qui est aussi un soutien essentiel à cet accomplissement. Il a dit en entrevue avoir coupé plein de répliques de Bob, parce qu’elles étaient superflues, car avec Tom, on pouvait déjà voir Bob réfléchir à l’écran, donc le spectateur n’avait pas besoin de se faire expliquer la pensée du personnage. Un move intelligent, qui mets d’autant plus tout le talent de sa vedette en évidence.

Le travail de Tommy dans ce film est tout en nuances, et c’est un autre aspect de sa maîtrise de son art que j’adore. Hardy peut facilement vous servir un personnage grandiloquent au limite de la caricature (on en reparlera quand on sera rendu à Bronson), mais il peut aussi être subtil au point d’être effacé. C’est la marque d’un grand maître. Ce qui fait de Céline Dion une chanteuse exceptionelle, c’est pas ses grandes envolées lyriques, mais le fait qu’elle peut passer de la gymnastique vocale au murmure musical avec le même niveau de qualité.

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Ouais, en gros, je viens de vous expliquer que Tom Hardy est le Céline Dion des acteurs.

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Je m’attendais pas à cette conclusion, mais ça fitte…

Bob, avec sa voix éraillée et son accent brooklynois, sa naiveté, sa gentillesse, sa froideur, sa violence, sa générosité, son sens moral, est un personnage hyper complexe, mais oh combien humain.

Et pour finir, une photo des retrouvailles des deux vedettes à la première du film:

NEW YORK, NY - SEPTEMBER 08:  Tom Hardy and Zora the dog attend

NEW YORK, NY – SEPTEMBER 08: Tom Hardy and Zora the dog attend « The Drop » New York Premiere at Sunshine Cinema on September 8, 2014 in New York City. (Photo by Theo Wargo/Getty Images

Tout nouvellement arrivé sur Netflix en anglais.

BONUS: si vous connaissez un milliardaire qui pourrait financer ceci:

Je promet que je vais aller le voir au cinéma à TOUS LES JOURS!!

Next: un film particulier, tourné de façon inhabituelle et matante vas vous philosopher sur la nature humaine, le sens des responsabilité et les choix moraux impossibles.

On décortique Locke.

TÉMOIGNEZ!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

J’essaie de ne pas me borner à être une activiste dénonciatrice. Il est absolument primordial de relever les instances de sexisme dans notre culture et de les mettre en lumière, car la misogynie intégrée et non-reconnue est la plus dommageable, mais de passer son temps à hurler à l’inégalité sans offrir d’alternative ne sert à rien.

Je me considère aussi comme généralement anti-censure. Je ne pense pas qu’on doive montrer n’importe quoi à n’importe qui, mais je suis d’avis que plutôt que s’acharner à interdire la violence et le sexe, il est plus important de discuter des œuvres de violence et de sexe et d’apprendre d’elles.

Par exemple, parce que je sais que certains d’entre-vous vont me dire que j’ai fait de la censure en encourageant les gens à ne pas aller voir le film de 50 nuances de bullshit, ce n’est pas l’œuvre en tant que telle que je trouve malsaine, même si elle est vraiment pourrie d’un point de vue artistique, mais le fait que tout le marketing, le fandom et l’auteure elle-même, s’acharnent à déclarer que c’est une histoire d’amour parfaite au-dessus de toute critique, alors que ce n’est ABSOLUEMENT pas le cas. Si E.L. James avait réagit aux membres de la communauté Kink qui lui disaient que son livre ne décrit pas une relation saine en disant « je le voyais plus comme une histoire d’amour entre une fille simple et un homme au passé traumatisant, mais je vois ce que vous me dites. C’est de la fiction, je me permets une certaine liberté créative » passe encore. Elle s’est plutôt planté dans une défense à tout prix de ses personnages, refusant qu’on décrive Christian Grey autrement que comme un héro romantique parfait et accusant les gens qui critiquaient son livre d’avoir des préjugés contre le BDSM. Laissez-moi être très claire : Elle accusait des PRATIQUANTS d’avoir des préjugés contre le BDSM, parce qu’ils lui ont dit que son livre n’était pas représentatif de leur réalité. C’est comme si j’écrivais un livre sur le Congo, et que j’accusais les congolais qui me disent que la vie au Congo n’est pas comme dans mon livre de racisme! Le niveau d’égocentrisme et de déni de la réalité dangereux est incroyable!

Arlette Cousture serait probablement la première à vous dire qu’Ovila Pronovost n’est pas un exemple de mari parfait, ça ne l’empêche pas d’être un fantasme. Un personnage n’a pas à être parfait, mais il faut reconnaitre ses failles et les utiliser afin de comprendre la réalité, c’est selon moi, l’utilité première d’une bonne fiction.

Mais revenons-en au sujet premier : de l’activisme positif. Si discuter des aspects problématiques d’une œuvre est une bonne chose, c’est une tactique incomplète. Il est aussi important de vous parler d’œuvres qui réussissent bien.

Et on en vient à Mad Max : Fury Road.

ALLEZ VOIR CE FILM.

TOUT DE SUITE.

C’EST UN CHEF D’ŒUVRE CINÉMATOGRAPHIQUE ET UN FILM CULTE.

OUI IL EST DÉJÀ UN FILM CULTE UNE SEMAINE APRÈS SA SORTIE.

Il y a deux semaines, suite aux visionnements de presse et la première du film à Cannes, certains analystes ont mentionné que Mad Max était un film féministe. Immédiatement, les tenants du mouvement MRA (Mens Rights Activists, des gens qui sont beaucoup plus occupés à essayer de détruire le féminisme plutôt que de promouvoir les droits des hommes) se sont mis à faire campagne pour encourager les gens à boycotter ce film de « propagande ».

Ils ont 100% tors à propos du film. Mad Max est bel et bien ce que je qualifierais d’un film féministe (et âge-positif aussi, on y reviendra) mais ce n’est absolument pas de la propagande. La raison première à ça est tout simplement qu’avant la sortie du film, George Miller, le réalisateur et scénariste, ne s’était même pas rendu compte que son film était féministe. Quand les premiers articles ont sorti, sa réaction a été en gros « Ah oui? Ah ben, regardes-donc ça, c’est vrai que c’est féministe comme film, j’y avais pas pensé, mais maintenant que vous le dites, ça ben de l’allure. » Si vous me permettez de revenir à l’exemple de Madame James plus haut, Miller ne s’est pas acharné à hurler qu’il avait fait un film de gars et que son film ne pouvait pas être féministe, il a bel et bien fait un film de gars, qui s’adonne à être aussi féministe, il a reconnu que ce n’était pas son intention, mais que vu d’un autre angle, c’était bien là. Ok, dans son cas, à moins d’être un MRA, de qualifier le film de féministe n’est pas négatif en soi, mais il est resté ouvert à l’interprétation que le public a fait de son œuvre malgré que ça n’ait pas été dans son intention première, et en ressort beaucoup plus intelligent et professionnel que E.L. James.

Attention, le fait que ce film soit féministe n’est pas ce qui en fait un film culte. Ce qui en fait un film culte c’est qu’il est brillant à TOUS LES NIVEAUX. Entendez-moi bien : Mad Max : Fury Road est visuellement PARFAIT. Le film est un joyau de montage, d’effets spéciaux (majoritairement réels, très peu de CGI comparé aux films d’action habituels) et d’action à couper le souffle non-stop. C’est 100 % un film de gars, avec un désert à perte de vue, de la gazoline, des armes à feux et des explosions. C’est une course-poursuite de 2h20 monté au quart-de-tour sans l’effet qui donne mal au cœur des montages rapides habituels. On ne perd rien de l’action, tout en ayant l’impression d’être sur un trip d’acide solide. Et tout ça avec une esthétique post-apocalyptique punk fucké au max.

Je sonne comme une pub, je le sais, ce n’est pas voulu, c’est juste ce que je pense. ALLEZ VOIR CE FILM. Une leçon de cinéma accessible au grand public.

Mais revenons-en au film féministe qui se cache dans toute cette masculinité.

Le gros avantage qu’a George Miller, c’est qu’il n’a absolument rien à prouver à qui que ce soit. À 70 ans, avec 15 films (dont tous les Mad Max et un de mes films préféré « Les sorcières d’Eastwick » avec Nicholson, Cher, Suzan Sarandon et Michelle Pfeiffer) et un Oscar à son actif (meilleur film d’animation pour « Les petits pieds du bonheur » il a aussi réalisé la suite et Babe 2 : un cochon dans la ville, on peut dire que le bonhomme est polyvalent) ses preuves sont faites depuis longtemps. Mad Max, c’est son bébé, personne d’autre n’y a touché contrairement à Ridley Scott et la série Alien qui est passée entre les mains de nombreux réalisateurs et scénaristes avant de revenir dans les siennes avec Prometeus. Miller peux donc faire de Max ce qu’il veut, personne ne peut lui imposer quoi que ce soit, exactement comme Georges Lucas avec les Star Wars (avant la vente des droits à Disney, évidemment).

Est-ce que George Miller est un féministe? Peu importe, franchement, je suis d’avis que se déclarer comme féministe est un choix personnel et Miller n’a pas fait de coming out, donc je ne le ferai pas à sa place. Mais disons que le fait qu’il ne se soit pas mis sur la défensive quand on a qualifié son film de féministe en dit long sur son avis sur l’égalité des sexes.

Alors, c’est quoi, au juste Mad Max? Comme la dernière fois que j’ai vu un des films de la série avant Fury Road date de mon secondaire (voire, probablement de mon primaire, bref, ça fait longtemps en calvaire) je suis allé consulter l’Oracle Wikipedia pour un résumé rapide :

Max Rockatansky (plus quétainement mâle comme nom, tu meurs) est un policier de la route dans une Australie dystopienne. À la suite d’une guerre contre une bande de motocyclistes (The Acolytes) Max perds sa famille et une bonne partie de sa santé mentale. Plus tard, à la suite d’une énorme crise énergétique et une guerre mondiale, l’Australie est devenue une contrée désertique et sauvage, où le pétrole et l’eau sont devenus des denrées rarissimes et précieuses. Max essaie de survivre dans ce monde post-apocalyptique du mieux qu’il peut et se trouve mêlé aux combats de différentes factions de survivants.

Il est un peu comme le Vagabond de la série télé. Il se promène, rencontre des gens, les aide, et repart de son côté. C’est ainsi depuis le deuxième film, Road Warrior. Max est le personnage principal de tous les films, mais il n’est le protagoniste que du premier. Il se mêle des histoires des autres, lui-même n’a plus d’histoire propre depuis la mort de sa famille.

Venons-en à Fury Road, le quatrième et plus récent film de la série. Max Rockatansky (sérieusement, ce nom est ridiculement macho, j’adore!), interprété ici par Tom Hardy, Mel Gibson n’ayant plus vraiment le casting pour ce genre de rôle, est devenu plus ou moins un hobo : cheveux longs et hirsutes, barbe en laine d’acier. Il parcourt le désert dans son supercharged V-8 Pursuit Special, son « char » (non ce n’est pas une voiture, cette bête magnifique est un « char » pur et dur, plein de pétrole et de testostérone) et dévore des salamandres à deux têtes vivantes (pas de temps à perdre à faire de la cuisine). Il est pris en chasse par un groupe de guerriers de la route, les War Boys qui sont l’armée de la secte d’Immortan Joe (les noms dans cette série, les amis, c’est de l’art kitch en soi, c’est magnifique). Les War Boys arrivent à capturer Max et après avoir découvert qu’il est O-, ils le rasent et l’emprisonnent pour servir de « poche de sang ».

L’Imperator (titre qui désigne un conducteur de char de guerre) Furiosa (Charlize Theron, cheveux rasés et graisse de moteur sur la moitié du visage) quant à elle, se prépare à diriger un convoi de ravitaillement pour aller chercher de l’essence et des armes pour Joe. Il profite de ce départ pour faire une cérémonie afin d’affirmer son autorité à ses fidèles. C’est dans cette séquence qu’on découvre, sans besoin d’exposition dans le dialogue, toute la répugnance du personnage : son apparence est loin d’être sexy, il a un contrôle complet sur l’approvisionnement d’eau de la populace et semble très heureux de les voir l’aduler et le prier pour un peu d’eau et se battre pratiquement à mort pour un seau ou un bol d’eau et ne mentionnons pas la « laiterie », c’est assez traumatisant (mais pas hyper violent, étonnamment, Joe ne semble pas avoir besoin de gore pour affirmer son autorité).

Lorsqu’il s’aperçoit que Furiosa dévie du chemin pour se rendre au point d’approvisionnement, Joe a une soudaine réalisation terrifiante : il court jusqu’à la porte coffre-fort de son harem et le trouve vide. Ses cinq « pondeuses », Capable, Toast the Knowing, The Dag, Cheedo the Fragile et The Splendid Angharad (j’ai regardé dans wikipédia pour les noms, je ne me souvenais honnêtement que des noms de Capable, Cheedo et Splendide dans la version française) ont disparu, et sur les murs, la raison : « we are not things » (nous ne sommes pas des choses) « Our babies will not be warlords » (nos enfants ne seront pas des seigneurs de guerre). Les femmes n’ont pas été kidnappées, elles se sont enfuies.

On a ici l’élément féministe de base : Leur départ n’est pas quelque chose qui leur arrive, Furiosa ne les a pas libérées, elles lui ont demandé de l’aide pour s’enfuir. Trop souvent les femmes subissent les événements dans un film. Les messages inscrits sur les murs du harem nous indiquent que les 5 épouses ont pris en charge leur destin. Miller a dit qu’en écrivant le scénario, l’idée première était la fuite des femmes. Il est venu à la conclusion qu’elles devaient être aidées par une femme, parce que  « the thing that people were chasing was to be not an object, but the five wives. I needed a warrior. But it couldn’t be a man taking five wives from another man. That’s an entirely different story. So everything grew out of that.”

Donc, le protagoniste du film est une femme, Furiosa. Et le trésor de la course-poursuite est un harem de concubines qui ont décidé de prendre la fuite.

Je ne vous raconterai pas le reste du film, parce que je veux que vous alliez le voir mais laissez-moi vous parler de petits moments qui soulignent mon point :

  • Le film est à propos d’esclaves sexuelles, mais il n’y a pas de scène de sexe.
  • Il n’y a pas d’histoire d’amour, une petite relation de tendresse entre deux personnages, mais pas de Romance avec un grand R. Le moment le plus tendre est un rapide baiser sur une joue.
  • Max démontre son appréciation face au courage et aux capacités de Furiosa et des concubines. Pas dans des gros discours appréciatifs soulignés en gras, mais par un hochement de tête, un mini grognement, un regard ou un rapide pouce levé. Pas de «  tu te débrouilles bien pour une fille » juste « tu te débrouilles bien ».
  • Aucun des personnages féminins ne fait de yeux doux à Max, aucune ne fait montre du moindre intérêt pour son aura Mâle. Et quand tu as la face de Tom Hardy, ça relève de l’exploit…
  • Max, à plusieurs reprises, laisse le contrôle à Furiosa, il n’essaie pas de prendre le lead du convoi, il fait sa part et ne s’ingère pas dans les décisions du groupe. Il ne se laisse pas bosser, il n’est pas soumis, il est simplement pragmatique. Je vous réfère au génial Tumblr Feminist Mad Max pour des exemples concrets.
  • Quand il leur propose un plan vers la fin du film, il le PROPOSE, et il les laisse décider.
  • Il y a 5 concubines, ce sont des esclaves sexuelles, leur seule valeur, aux yeux d’Immortan Joe et de ses Warriors, est leur capacité reproductive. Mais le mot pute n’est pas utilisé une seule fois dans tout le film.
  • Il y a des personnages de femmes âgées dans le film, personne, à aucun moment, n’a de commentaire sur leur âge ni de doutes sur leurs capacités. Ce film est age-positive. L’employée du Secrétariat aux aînés que je suis s’en réjouit énormément.

Bref, les interactions entre les personnages ne sont pas dictées par leur genre ou leur âge. Les sexes sont égaux. Et c’est ça le féminisme. Hommes et femmes égaux, ni plus, ni moins.

Encore une fois, c’est 100% un film de gars. Action mur à mur, véhicules hyper boostés, héros musclé qui s’exprime majoritairement en grognements, esthétique punk post-apocalyptique, armes à feux, moto cross, et femmes légèrement vêtues (ce sont, après tout, des esclaves sexuelles, quoique j’ai vu beaucoup de mamelons pointus pour des filles en plein désert… lol)

Bref, je surveilles attentivement Amazon pour précommander ce film en Blue-Ray , et je vais l’enfoncer dans la gorge de tous ceux qui me diront que le féminisme hait les hommes et que les féministes essaient de tuer la masculinité.

La toujours fascinante et merveilleusement intelligente Lindsay Ellis a fait un mini épisode de sa série Losse Canon pour parler de l’évolution du personnage de Max. Excellent vidéo à voir si vous comprenez l’anglais.

On s’embarque dans une nouvelle aventure? (Mais dans un terrain très familier)

OK mes ti papoutes, matante vous a négligé un peu dernièrement, mais elle vous a pas oublié. Je suis en train de laisser une bouillabaisse matantesque mijoter dans mon crockpot mental.

Dans les prochaines semaines, je vais vous parler d’une série de romans BDSM connue sous le nom de « The Sophie Scaife series » écrite par Abigail Barnette, le nom de plume de la blogueuse Jenny Trout (son twitter @Jenny_Trout est une source de joie quotidienne en passant).

Une superbe histoire d’amour extrêmement romantique, mais surtout, adulte, féministe et kinky à mort.

Je voudrais vous parler de cette série de livres en la décortiquant avec vous. Sophie Scaife et Neil Elwood sont des personnages très complets et complexes, très réalistes, adultes et intelligents. Je veux me servir de Sophie et son amoureux pour vous parler de dynamiques de couples, de sexualité et de BDSM.

Et ne soyez pas surpris si j’écorche Christian Grey et Anastasia Steel au passage, OK, pas mal constamment, la comparaison est inévitable et je ne peux pas perdre une seule occasion de chi.. sur « l’œuvre » de E.L. James.

Je vais commencer par vous faire un résumé des trois livres. Je n’essaierai pas de vous cacher les spoilers, ça compromettrait mes billets suivants. Ensuite, je vous ferai une série de billets analysant les personnages en tant que tels et les différents aspects de leurs relations, incluant la sexualité des deux protagonistes qui est définitivement kinky.

Ceci dit, si vous lisez l’anglais, je vous recommande, non, je vous ORDONNE de lire le premier tome avant de lire mon résumé, il est gratuit en format Kindle sur Amazon, donc le budget n’est pas une excuse. Si vous êtes un minimum comme moi, vous allez vous taper les trois en moins de 2 semaines (les deux autres sont 5 $ en format Kindle, ça se lit hyper bien).

Voici un synopsis sans spoilers pour vous humecter les lèvres :

 

Sophie Scaife a 24 ans, elle est l’assistante de la directrice de Porteas, un magazine de mode. Depuis 6 ans, elle fantasme sur Leif, un étranger à l’accent britannique avec qui elle a passé une nuit d’exploration de sa sexualité alors que leur vol pour Tokyo avait été reporté.

Après 30 minutes de retard de sa patronne, Sophie commence à s’inquiéter, est-ce qu’il est s’est passé quelque chose de grave? La réponse ne tarde pas à arriver : Porteas a été vendu au géant médiatique Elwood & Stern et la direction est maintenant entre les mains du milliardaire Neil Elwood. À l’arrivée de son nouveau patron, Sophie a le choc de sa vie : le magnat de la presse écrite n’est nul autre que l’étranger qui est devenu l’idéal d’après lequel elle juge tous ses partenaires sexuels depuis 6 ans…

Une prémisse assez classique, quasi stéréotype, mais croyez-moi, le traitement est loin d’être culcul (OK, un peu parfois, ça reste une histoire d’amour, mais Abigail Barnette ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles, contrairement à beaucoup d’auteurs de romans d’amour *tousse, E.L. James, tousse*).

Bref, dans les prochaines semaines, je vous emmène dans le merveilleux monde se Sophie Scaife et on explorera avec elle l’amour, l’amitié, les relations homme-femmes, la sexualité en général et le BDSM en particulier.

Enjoy!

 Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Soyons positifs, Carol & Daryl 4 Ever : Le plus extraordinaire couple de la télé américaine

(Spoiler pour les 4 premières saisons et vagues informations sur le début de la cinquième de The Walking Dead)

Bon, matante vous parles beaucoup de toxicité et de mauvaises relations ces temps-ci, il faut bien que parfois elle vous parle des exemples de belles relations qui émergent dans la culture populaire.

Aujourd’hui, je vais vous parler de Carol Peletier et Daryl Dixon, deux des personnages de la série américaine The Walking Dead, diffusée sur AMC (présentement dans sa 5ieme saison), de l’extraordinaire développement de leurs histoires et de la relation entre eux.

(Note : le texte présent se base ENTIÈREMENT sur la série télé, je n’ai pas lu les comics, et, de toute façon, Daryl n’apparait pas dedans, donc laissez vos commentaires sur les différences avec les comics pour reddit et tumblr, matante s’en fout…)

Alors, pour les non-initiés, la série The Walking Dead a lieu en Georgie, USA, à l’époque moderne, alors que Rick Grimes (joué par l’excellent acteur britannique Andrew Lincoln, avec un accent du sud, trop hot), Shérif d’une petite ville non loin d’Atlanta, s’éveille à la suite d’un coma provoqué par une blessure par balle pour découvrir que l’hôpital et la ville entière sont déserts, à l’exception d’une multitude de cadavres ambulants assoiffés de chaire humaine. (Ouais, c’est des zombies, mais ils n’utilisent pas ce nom dans la série, ils disent walkers, bitters ou geeks). Il doit retrouver sa famille et tenter de survivre dans un monde où tout s’est effondré et les morts-vivants ne sont que la menace la plus évidente…

L’univers post-apocalyptique, tout en nous donnant de gros frissons et de l’action saignante à point, permet une exploration sur la société et les relations humaines suprêmement intéressante. Dans les deux premières saisons, par exemple, Rick, shérif et bon gars, doit choisir entre ses principes et la survie de sa famille. Son partenaire Shane, explore les tréfonds de son manque d’empathie et, en l’absence de règles sociales fortes et établies, perds ses repères et devient une figure tragique de perte de contrôle. Lori, l’épouse de Rick, se trouve elle aussi perdue sans sa place bien définie et rassurante de mère et de femme au foyer. Lori n’est pas faible, mais elle est perdue. Les trois sont pris dans un triangle amoureux foutrement plus intéressant que celui de Twilight. La relation de ces trois personnages a conduit les deux premières saisons et avivé les passions, et la haine, de plusieurs fans. Tout le monde hait Lori et Shane, ils ont des bonnes raisons pour ça, mais moi je les aime, dans tout leur trou-de-culisme, comme dirait François Pérusse. Ce sont des âmes à la dérive qui ont perdu leurs place et n’arrivent pas à s’adapter au monde qui est devenu le leur.

J’aime les autre aussi : Andrea, l’avocate qui veut tout le temps s’imposer de la mauvaise manière et se fait rabaisser sans cesse, Dale, le vieux sage plein de cœur avec son chapeau de Gilligan, Michonne, la samouraï solitaire, Glenn et Maggie, les amoureux accrochés l’un à l’autre dans la tempête, Hershel, l’homme simple plein de conviction et d’aveuglement qui se transforme en boussole morale, Beth, l’ado suicidaire qui devient une figure maternelle forte, Sasha et Tyreese, frère et sœur qui gardent un fond fort de bonté sous leur carapace dure dans toute cette horreur, Carl, obligé de passer d’enfant à adulte beaucoup trop tôt, le Governor, le bad guy de la troisième et la quatrième saison, un fou braque comme on en voit peu, et tous les autres, tant de personnages forts qui ne stagnent pas, cette série est foutrement bien écrite (je suppose que le matériel de base, les comics, sont tout aussi solides côté écriture.)

Ouais, j’adore cette série. Mais on est ici aujourd’hui pour parler des deux diamants de cet assemblage de précieux joyaux de personnages.

Il est tout d’abord important de savoir que le personnage de Daryl Dixon n’existe pas dans la bande dessinée. L’acteur Norman Reedus a auditionné pour le rôle de Merl, mais les producteurs ont plutôt choisi Michael Rooker (un fucking bon move de casting, Rooker casse la baraque en Merl, il est jouissif à regarder). Ils ont toutefois tellement aimé Reedus en redneck, qu’ils ont créé un petit frère à Merl, Daryl. Grand bien leur en fit, car Daryl, avec son arbalète, sa Harley (techniquement, c’est celle de son frère) et sa veste de cuir sans manche avec des ailes au dos, est carrément devenu une icône. Reedus reçoit énormément d’attention de fans transis d’amour : il a reçu en cadeau un écureuil (le plat traditionnel des rednecks) de la part d’une fille qui lui a dit qu’elle l’a chassé avec une pelle (c’est à la fois impressionnant et inquiétant), s’est fait demander de souffler dans une bouteille par des fans japonaises qui ont ramené son haleine avec elles à Tokyo et une fan lui a même envoyé un implant mammaire pour lui remonter le moral après qu’il ait dit qu’il ne feelait pas dans une entrevue. Il le garde dans sa roulotte sur le plateau de tournage de la série et s’en sert comme support pour son téléphone. (J’adore Norman Reedus!)

Il va sans dire que, dans l’éventualité où Daryl Dixon perdrait la vie, il y aurait probablement des émeutes…

Carol Peletier, elle, existe dans les comics avec sa fille Sophia, mais, si je me fies à wikipedia, son personnage est extrêmement différent. Dans la série, on voit aussi son époux Ed durant la première saison, ce qui établit les bases du personnage. Melissa McBride, tout comme Norman Reedus, est la définition même du terme Powerhouse Performer, c’est une actrice christement solide et l’extraordinaire voyage de Carol perdrait la majorité de sa puissance avec une actrice moins talentueuse.

La relation entre ces deux personnages n’est pas traditionnelle, il n’y a pas de sexualité entre eux, mais elle est pleine d’amour profond et de respect et je trouve que c’est une des relations les plus romantiques qu’il m’ait jamais été donnée de voir. Est-ce qu’ils sont amoureux? Pas tout à fait, peut-être un peu, mais ce ne sont pas de simples amis non plus.

On commence par le début :

Donc, au début de la série, il y a Carol, maman de Sophia et épouse d’Ed, l’exemple type du chien sale. Ed bats sa femme et regardes sa fillette de 12 ans avec un air inquiétant. Tsé, un vrai champion en camisole blanche, là. Carol est soumise et apeurée face à son mari, mais elle se durcit toutefois lorsque Ed louche du côté de sa petite. Heureusement pour Sophia et sa maman, les zombies se tapent un petit buffet dans le bide d’Ed en fin de saison un et les libèrent ainsi de cette ombre menaçante.

À cette époque, j'ignorait encore à quel point j'allais t'aimer ma belle.

À cette époque, j’ignorait encore à quel point j’allais t’aimer ma belle.

Daryl pour sa part, joint le groupe avec son grand frère Merl, qui est lui aussi un salaud, mais d’un autre genre. En effet, on apprend plus tard que l’intention première des deux frères Dixon était de voler le campement et de se sauver dans la nuit. C’était l’idée de Merl et Daryl, en bon petit frère manipulé, l’a suivi. Les circonstances en ont voulu autrement quand Merl disparaît lors d’une expédition de ravitaillement à Atlanta. Daryl choisit de rester avec le groupe et commence à se faire une place dans ce monde bizarre.

Ses premiers mots: "Son of a bitch! That's MY dear!" et tout le monde l'a adoré dès la première seconde le tabarouette.

Ses premiers mots: « Son of a bitch! That’s MY deer! » et tout le monde l’a adoré dès la première seconde, le petit tabarouette. Non mais regardez cette face de tanant, vous aussi vous sentez l’affection grandir, avouez!

La première véritable interaction entre Daryl et Carol survient suite à la mort d’Ed. Pour protéger le groupe, Daryl et les autres hommes doivent briser le crâne des victimes de l’attaque afin de prévenir leur retour en zombie. Lorsque vient le tour d’Ed, Carol demande à Daryl de la laisser s’en charger et l’acte de péter le crane d’Ed a sûrement un effet cathartique sur la femme abusée qui se libère de ses chaînes matrimoniales.

C’est surtout durant la saison deux que leur relation prend forme.

L’action principale de la saison deux est enclenchée durant le premier épisode lorsque Sophia, la fille de Carol, se perds en forêt. Carol, au désespoir, s’effondre peu à peu, passant de la panique, à la culpabilité, au blâme et à la dépression. Daryl, en traqueur expérimenté, prend le lead dans les recherches pour trouver la fillette et refuse, tout comme Rick, d’abandonner, malgré les prédictions pessimistes de Shane qui rappelle à son collègue policier que les chances de retrouver la gamine baissent à chaque jour et sont pratiquement nulles.

Daryl apporte aussi du réconfort à la mère blessée, en lui amenant une fleur (Cherokee Rose, dans une bouteille de bière, parce que c’est le contenant traditionnel du redneck, j’imagine) et en lui racontant la légende indienne de ces mères Cherokee qui ont versé tant de larmes à la perte de leurs petits durant les déportations (la fameuse Trail of tears) que les dieux ont fait pousser la rose pour apaiser leur douleur. Il lui dit ensuite que s’il sait pertinemment que personne ne regrette son frère (« I’m not fool enough to imagine that there’s a flower blooming for my brother ») il est persuadée que celle-là a fleuri pour Sophia et qu’il va la retrouver. Melissa McBride brille en subtilité dans cette scène, les larmes coulant librement sur les joues de Carol sans un seul sanglot et son regard éloquent, ça donne des frissons. La fragilité de Carol durant cette période est palpable, on a l’impression que si on respire trop fort, elle va éclater en mille morceaux. Mais, sous-jacent, un espoir, contre toute attente, que sa petite fille est encore en vie, quelque part.

Daryl continue les recherches seul à cheval et se blesse sévèrement (une flèche dans la hanche, et une balle lui effleurant le crâne, gracieuseté de Trigger Happy Andrea qui l’a pris pour un zombie) et c’est à ce moment qu’entre en scène l’échange qui, selon moi, est à la source de la relation entre les deux. Daryl est alité et bandé (dans le sens de bandages en tissus, pas dans le sens de Pédro au garde à vous, bande de pervers.) et Carol vient lui porter un plateau. Elle lui donne un baiser sur la tempe et lui dit qu’il a plus fait pour sa fille dans les derniers jours qu’Ed dans toute sa vie. Daryl lui répond qu’il n’a rien fait que Rick ou Shane (les deux leader du groupe, dois-je rappeler) n’auraient fait. Et Carol lui assène le coup de grâce:

« I know, you’re every bit as good as them. Every bit. » (Je sais, tu vaux exactement autant qu’eux. Tu es exactement aussi bien qu’eux.)

Girl, tu vas me faire brailler. Imaginez, le redneck de rien, qui a mangé des volées toute son enfance, qui s’est perdu 9 jours dans les bois à 10 ans et que personne n’a même pris la peine de chercher, qui a vécu toute sa vie dans l’ombre d’un frère qui le rabaissait pour mieux pouvoir s’en servir, se fait dire qu’il est un homme aussi honorable et valable que les deux policiers qui sont en charge du groupe? Moi aussi j’aurais commencé à vénérer cette femme à sa place.

Petit moment émotif, entendez vous les anges chanter?

Daryl en plein petit moment émotif, entendez vous les anges chanter?

Bien entendu, l’attachement de Carol et Daryl n’est pas harmonieux et sans heurts. Daryl réagit agressivement à la fragilité que Carol lui démontre lorsqu’elle tente de l’empêcher de repartir en forêt avant qu’il ne soit guéri. Il ne veut pas être responsable de son équilibre. Daryl Dixon ne peut accepter que quelqu’un se soucie de lui parce qu’il ne peut accepter qu’il vaille la peine qu’on se soucie de lui. Il se reprends toutefois, fait des excuses sincères et réaffirme sa conviction qu’il va retrouver Sophia.

La découverte de Sophia dans la grange d’Hershel, en zombie, démolit les deux personnages (et Rick aussi, qui se sent responsable de la disparition de la fillette, et bordel, le regard d’Andrew Lincoln dans cette scène me fait capoter, y as pas un seul mauvais acteur dans cette série). Carol se remets plus vite que Daryl, probablement parce que la mort officielle de son bébé lui donne enfin la certitude nécessaire pour faire son deuil. Lui se sent en colère et s’isole du groupe, son échec réveillant sa conviction un incapable et qu’il se berce d’illusions. Il est agressif et désagréable avec tout le monde, pour les éloigner. Et encore une fois, Carol s’attire les foudres de Dixon lorsqu’elle essaie de l’empêcher de se détacher du groupe, elle ne veut pas le perdre lui aussi et elle lui dit qu’il mérite mieux que de rester seul. C’est encore une scène puissante entre deux acteurs au sommet de leur art, Daryl menaçant, limite violent, et Carol qui le regarde droit dans les yeux, déterminée à ne pas se laisser intimider, convaincue qu’il ne lui fera pas de mal.

C’est intéressant de voir la dynamique masuclin/féminin entre les deux. À première vue, ce sont des stéréotypes assez classiques, mais il y a tellement plus sous la surface. Même si Daryl, redneck jusqu’au bout des ongles (on le voit même manger de l’écureuil cru pendant la saison deux, beurk) utilise un language injurieux (il est, tout comme Jesse Pinckman de Breaking Bad, un amateur de « bitch »), même s’il est très masculin et qu’il a définitivement un penchant colérique, surtout durant les deux premières saisons, pas une seule seconde on ne pense qu’il est misogyne. Dangereux? Probablement. Impulsif? Définitivement. Mais mauvais? Absoluement pas. Carol, pour sa part, même si elle est le stéréotype typique de la femme abusée, petit oiseau fragile qui essaie de se fondre dans le décor, elle laisse entrevoir à dose minime, peu à peu, l’extraordinaire femme forte en devenir (et aussi la froideur dont elle fera preuve durant les épreuves qui l’attendent dans les saisons 4 et 5 (look at the flowers), mais je n’en dirai pas plus, c’est trop douloureux et je veux que vous le voyez par vous même). Ce dosage subtil en doit autant à l’écriture qu’à la performance de Melissa McBride, qui manie Carol avec finesse, du grand art.

L’invasion de la ferme des Green et le départ sur la route à la fin de la saison deux transforment la dynamique du groupe. Carol exprime ses doutes sur Rick à Daryl,  et essaie de le convaincre de partir avec elle (elle tente même de le manipuler en appelant à son honneur, mais ça ne fonctionne pas). Lui affirme qu’il a pleine et entière confiance en Grimes. Lorsque Rick, à bout, déclare qu’il n’y aura plus de démocratie, et que ceux qui ne veulent pas le suivre n’ont qu’à partir, Dixon reste sans hésiter une seconde, et donc Carol choisit de rester elle aussi.

Au début de la troisième saison, qui a lieu 6 ou 7 mois après la finale de la saison deux, le groupe est devenue une cellule de survie et Carol s’est développée en une femme d’action. Elle s’est prise en main, a appris à tirer et à soigner les blessures avec Hershel. Elle s’est rapprochée de Lori et se prépare à l’aider durant son accouchement. (une zombie fraîchement tuée, c’est un bon dummy pour s’exercer a pratiquer une césarienne avec un poignard hein? Encore une fois, beurk! J’adore cette série…)

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Deux badass, faisant des trucs de badass.

Elle a même trouvé un sens de l’humour pince sans rire comme dans une de mes petites scènes préférées entre elle et Daryl. Daryl est sur le toit d’un camion au bord de la barrière de la prison où le groupe passe sa première nuit, à surveiller les environs, et Carol vient lui donner à manger. Elle admet qu’il a eu raison d’avoir confiance en Rick et, après qu’il ait massé son épaule douloureuse (Carol a dû tirer beaucoup pour nettoyer la cour de la prison et ressent les effets secondaires du recul de l’arme), elle lui dit avec un sourire en coin (et je ne traduirai pas, parce que c’est le jeux de mots qui est drôle, désolé, si vous parlez pas anglais, vous la trouverez pas drôle)

Daryl: We better get back.

Carol : That’s pretty romantic, wanna screw around?

Daryl: Pfft! I’ll go down first.

Carol: Even better!

Daryl: Stahhhp!

Les deux ont développé une belle complicité.

Lorsque Carol se trouve prise dans une cellule d’isolement durant l’attaque de la prison, Daryl et les autres sont persuadés qu’elle est morte et Dixon est clairement en colère. Mais cette fois-ci, c’est plus intériorisé qu’après la perte de Sophia, parce qu’il sait qu’on a besoin de lui. En effet, sans Daryl et Maggie, qui sont parti à la recherche de lait maternel, bébé Judith n’aurait pas survécu longtemps après sa naissance. C’est Daryl qui retrouve Carol et les scripteurs et le réalisateur offrent aux fans du couple une belle scène de Carol dans les bras de Daryl.

 AWWWWW, ça serait cute si elle n'était pas incapable de marcher parce qu'elle est affamée et déshydratée par son séjour de 3 jours en cellule...

AWWWWW, ça serait cute si elle n’était pas incapable de marcher parce qu’elle est affamée et déshydratée par son séjour de 3 jours en cellule d’isolement…

Lorsque Daryl retrouve son frère et décide de partir avec lui, la peine de Carol est évidente, mais elle fait vite la paix avec son choix. Elle explique à une Beth inquiète le genre de relation que les frères Dixon ont, et on sent le spectre d’Ed dans son discours. Mais on sent aussi qu’elle a confiance en son ami, qu’elle sait que Daryl est un homme bien et que Merl n’en fera plus son valet. Et elle a raison. Au retour de Daryl avec Merl, c’est Carol qui lui explique qu’elle comprend qu’il aime son frère, mais que Merl est mauvais pour lui et qu’il ne doit pas se laisser rabaisser. Merl est impressionné par l’évolution de la femme, de petit oiseau apeuré à femme forte qui n’a peur de rien. Ce à quoi Carol réagit en mettant Merl au défi de cesser de balancer à gauche et à droite et de choisir son camps. C’est certainement un élément d’influence dans la décision de Merl de se sacrifier pour donner une chance au groupe contre le Gouverneur et les troupes de Woodbury. La mort de Merl affecte Daryl, mais le libère à son tour d’une ombre qui pesait sur sa vie.Le fait que Merl soit décédé dans un acte de sacrifice, prouvant qu’il n’était pas un salaud irrécupérable, a probablement aidé son petit frère à faire la paix avec ses démons.

Il y a peu à dire sur la relation entre Carol et Daryl durant la saison 4, leur relation a atteint sa vitesse de croisière et n’évolue plus vraiment, ils sont toujours aussi proches. Carol l’appelle affectueusement Pookie et lui rappelle qu’elle l’a aimé en premier, en référence à l’admiration que les nombreux habitants de la prison ont face à celui qui les a amené en sûreté et leur fourni à manger. Carol et Daryl sont séparés pour une grande partie de cette saison, leurs personnages évoluent de leur côté (et Carol se voit confronté a des choix fucking déchirants) et ne se retrouvent qu’au début de la cinquième saison. Mais ils s’aiment toujours autant. Il restera à voir comment les décisions de Carol viendront l’affecter, mais je suis certaine que Daryl sera là pour la maintenir bien ancrée sur terre, ou, à tout le moins, il va essayer à sa façon, je ne sais pas si ce sera efficace.

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Pookie et sa fan numéro un.

Daryl et Carol, contrairement à leurs compagnons, ne souffrent pas de la perte de repères que l’effondrement de la société a occasionné, parce qu’ils étaient déjà dans la marge et n’avaient pas de place dans la société avant l’Infection. Ils ne sont pas perdus, comme Lori ou Andrea, ils n’ont jamais défini leur identité par leur place dans la société. Les walkers leur ont donné l’occasion de devenir membres à part entière d’un groupe, des membres importants et utiles, une occasion qu’ils n’auraient probablement jamais eu autrement.

La relation entre ces deux personnages est tellement viscérale, ils débutent tous les deux leur histoire en victimes blessés chacun à sa façon et trouvent ensemble le courage de prendre ce monde de face. Tous les deux ont vécu dans l’ombre de personnes qui avaient promis de les aimer, mais qui ne leur ont donné que du mépris et de la violence. C’est probablement pour ça qu’ils parlent le même langage et sont capable d’offrir à l’autre ce dont il a besoin. C’est dans Daryl que Carol a trouvé la force d’espérer envers et contre tout, c’est en Carol que Daryl a vu le reflet de l’homme honorable qu’il pouvait devenir. Ils n’ont pas besoin de grandes explications ou de déclarations fleuries, leur connexion vient tout droit des trippes et se passe de mots.

Bien des fans de la série font du shipping Daryl/Beth depuis leur cuite à la fin de la saison 4, mais je n’aimerais pas vraiment ce pairing. De un, la jolie blonde de 18 ans et le redneck dans la trentaine avancé (on ne sait pas l’âge exact de Daryl, mais il n’est pas dans la vingtaine et Reedus a 45 ans dans la vraie vie, donc, je ne pense pas m’avancer trop en évaluant qu’il a au moins 35 ans au début de la série), ça a un peu trop un relent de Jailbait à mon goût (et Carl serait TRÈS déçu de perdre la seule fille plus ou moins de son âge des environs…) Aussi, ça risquerait trop de tomber dans le cliché de « je vais te guérir à coup d’amour oh mon preux chevalier protecteur » et Dieu sait que matante aime pas ce cliché. Beth est géniale, et ce que j’ai lu de ses aventures dans l’hôpital au début de la cinquième saison est prometteur (non, je ne regardes pas les épisodes, je veux attendre de pouvoir tous me les tapper d’une shot, mais j’ai pas la patience d’attendre pour savoir ce qui va se passer, donc je vis de spoiler tous les lundis), mais je ne pense pas qu’elle ferait une bonne Madame Dixon. Mais c’est juste mon opinion.

Est-ce que ça veut dire que je préfèrerait Carol en Mme Daryl? Pas nécessairement. Un développement romantique à leur relation me semblerait plus logique que dans le cas de Daryl et Beth, mais je n’ai pas besoin de les voir s’embrasser pour considérer qu’ils ont réussi leur relation. Elle est déjà réussie. Je ne pense pas qu’il soit absolument nécessaire que Daryl (ou Rick, parce qu’il a aussi ses théories de relations potentielles à toutes les saisons) trouve l’amour avec un grand A, on peut très bien réussir sa vie, et son histoire, sans ça… Mais Carol ferait plus de sens que tout autre candidate s’il faut le caser.

Norman Reedus a souvent dit en entrevue lorsqu’on lui parle d’une éventuelle relation romantique pour Daryl, que ce soit avec Carol, Beth ou quiconque, qu’il espérait que ce serait maladroit et réaliste, qu’il a toujours abordé Daryl comme virginal, pas nécessairement vierge, mais mal à l’aise, et ça paraît dans ses interactions avec les autres. La seule personne qu’il est à l’aise de prendre dans ses bras est Carol, et elle a gagné ce droit après beaucoup de temps.

à part bébé Judith, ce qui a fait tomber toute l'audience féminine dans les pommes.

Ok, il y a aussi bébé Judith, ce qui a fait tomber toute l’audience féminine dans les pommes. Petite chanceuse va, et tout ce dont elle a eu besoin, c’est de passer à deux doigts de mourir de faim à quelques heures de sa naissance!

Mais même avec elle, Reedus ne joue pas Dixon complètement détendu, il y a toujours un regard en coin, une hésitation, et McBride prend toujours la peine de réagir à cette tension sans dire un mot. Tout est dans le non dit, et les deux acteurs sont vraiment extraordinaires.

Mais peu importe la fin, qu’ils finissent ensemble ou non, l’histoire de Daryl et Carol est ma préféré, une histoire simple, sans jeux de pouvoir, sans bullshit, sans tension sexuelle clichée, sans regards languis d’amour en close-up pour qu’on sache qu’ils s’aiment d’amour amoureux, sans possessivité ou quiproquos. Une relation pleine d’amour simple et de respect entre un homme et une femme, qui n’ont pas besoin de jouer de game, qui, s’ils ne se disent pas tout, ne se mentent jamais. Je suis heureuse de les regarder évoluer, on a besoin de plus d’histoires comme la leur.

quid-de-carol-dans-tout-ca

AWWWWW ils sont cute tous les deux!

Mise à jour du lundi matin:

Ok, Norman Reedus a mis cette capture d’écran de son téléphone sur Instagram hier soir après la diffusion de l’épisode « Consumed » (un épisode entier juste sur Daryl et Carol!!! Trop hâte de le voir!!!) et elle est trop drôle, sa maman aussi est une fan de Carol! (Plus texto de môman que ça, tu meurs. Aussi, j’espère qu’il a branché son cell rapidement après ça, c’est pas bon de laisser la batterie se vider autant…)

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