Y a des guidounes dans gang

L’an dernier, la performance de Miley Cyrus aux VMA a créé un scandale énorme aux USA. Ce n’est pas nouveau, les Madonna, Christina et autres Britney ont toutes traversé l’étape où elles passaient de vierges à putains (en fait, dans le cas de la Madone, de « fais à peine semblant d’être vierge » à « putain que je suis putain »).

Cette « merveilleuse » dichotomie existe depuis les temps immémoriaux (le N0uveau Testament n’a-t-il pas sa Marie vierge et sa Madeleine putain, et oubliez les doutes sur la réalité historique de la profession de Marie-Madeleine, ce qui est important ici, c’est le stéréotype). On veut une vierge en public, et une putain au lit.

Vous m’auriez demandé mon opinion sur Miss Cyrus l’an dernier et ma réponse aurait contenu les mots « pathétique », « dégoutant », « désespéré » et « immature ». Maintenant, je vois les choses sous un autre angle. Oh je continue a être convaincue à 100% que la langue de Miley n’est foutrement pas sexy, mais je saute moins aux conclusions faciles sur son habillement et ses actions. En fait, j’ai changé drastiquement d’avis sur le phénomène des « guidounes ».

On parles ici des femmes qui expriment ouvertement leur sexualité en public, sans égard à leurs habitudes sexuelles en privé à ne pas confondre avec les « salopes » qui ont beaucoup de partenaires sexuels. (pour ça, on en parlera dans les billets sur la culture du viol et le slut shaming)

Il y a un an, j’étais plutôt d’accord avec l’avis populaire: une fille qui s’habille et qui agit sexy ne se respecte pas, cherche désespérément l’attention, n’est forcément pas très intelligente, a une personnalité nunuche ou manque de talent et cherche à compenser, a des problème d’estime de soi, est anti-féministe, pathétique, pas jolie etc etc etc.

Puis comme Saul sur le chemin de Damas, j’ai entendu la VOIX: J’ai découvert, non seulement ce qu’était vraiment le féminisme, mais que j’était féministe, que je l’avais toujours été, juste que je ne savais pas que je l’étais (je suis pas naïve ou nounoune, 90% des gens que je connais sont des féministes qui s’ignorent, je vous réfère à mon billet « profession de foi » pour plus de détails et à celui de lundi sur l’éveil de cette conviction suites aux événements d’Isla Vista) . Cette découverte a profondément changé ma façon de penser et m’a poussé à questionner beaucoup de mes réflexes, en particulier en ce qui a trait à ma réaction face aux autres femmes.

Le fait est que nous sommes toutes en compétitions les unes contre les autres. Toutes, qu’on le sache ou non. On s’aime, mais on se juge. Beaucoup plus que les hommes peuvent le faire. Les hommes objectifient les femmes, les femmes les évaluent cruellement, constamment et c’est un système de pensé misogyne. Oui, les femmes sont misogynes.

Nous sommes entraînées depuis notre naissance à être parfaites. On nous montre les « exemples à ne pas suivre » et on les traites de tous les noms, pour nous apprendre à ne pas faire comme elles. Cela a pour effet qu’en grandissant, nous nous policerons les unes les autres à coup d’insultes.

À l’époque moderne, les femmes ont pris de plus en plus leur destin en main et le commerce a pris leur porte-monnaie d’assaut. Comment convaincre ces dames d’acheter ta pilule miracle pour maigrir? En la convainquant qu’elle est trop grosse. Toujours trop grosse. Et trop laide, trop ridée, pas assez blonde, pas assez blanche, pas assez bronzée etc. C’est tellement intériorisé qu’on le voit tous les matins dans notre miroir, et pour se sentir mieux on examine les autres, on décortique leurs défaut, comme s’il fallait toujours prouver qu’il y a plus laide que nous. Parce que personne ne veux être la fille la plus laide du monde.

Le fameux Indice de Masse Corporelle qui est censé nous dire si nous sommes en santé me dit que je suis une obèse morbide. Matante Elise est loin d’être mince, et elle n’a pas un poids santé, mais elle est pas morbidement obèse, ça vous me le ferez jamais avaler. L’IMC tel qu’il est répandu n’est pas réaliste, car il ne tiens pas compte de beaucoup de facteurs, mais il est martelé à tour de bras parce que la minceur idéale est impossible à atteindre et ça fait rouler le commerce cosmétique

Il FAUT ABSOLUMENT ressembler à Scarlett Johansson et Cover Girl est la solution à tous nos problèmes. Mais celles qui on la chance d’avoir la génétique de base qui correspond à l’idéal social sont toutes des salopes parce que, s’il faut toutes essayer d’être belle et sexy, celles qui y arrivent ne peuvent pas être des femmes bien.

Si vous trouvez que cette logique est boiteuse, ouais, elle l’est, pas à peu près. Des deux jambes à part ça.

Je vendrais mon âme pour avoir la shape de Monica Belluci, et je vous garanti mon salaire annuel que si je l’avais, je serais la pire guidoune que vous avez jamais vu dans toute votre vie. Pourquoi?

Parce que je pourrais.

Point à la ligne.

Je ne le fais pas, parce que tout ce que j’ai à montrer, c’est des bourrelets et des vergetures (et beaucoup, beaucoup de poils, rappelez-vous).

J’ai toujours rêvé d’essayer un joli corset tout brodé, je trouves ça joli et féminin et ça donne une poitrine à mourir. Je ne l’ai jamais fait parce que pour en trouver un dans lequel je n’aurais pas envie de mourir pour cause de manque d’oxygène, il faudrait que je me tournes vers le sur-mesure et ça me coûterait les yeux de la tête et mes trois premiers-nés, et je les ai déjà promis à Satan pour un gâteau au fromage cappuccino (ça valait totalement le coup). Les corsets, c’est pas pour les grosses madames comme Matante.

Je n’aurais jamais admis ce fait il y a un an. Parce qu’une femme qui se respecte ne rêve pas de se pavaner en corset, ou de montrer son cul. Miley Cyrus devrait arrêter de se montrer à moitié nue et faire de la VRAIE musique.

Avez vous remarqué que Miley, n’a JAMAIS fait de vraie musique? Elle a d’abord été une actrice. Hanna Montana, c’était du bonbon préfabriqué et prémâché. Britney est dans le même panier, (Rihanna est dans une autre catégorie, mais j’en parlerai une autre fois). Ces femmes sont des entertainers, pas des musiciennes. Et choquer vend. C’est une stratégie de marketing. Et ça marche. Et c’est fucking brillant, parce qu’on est 100% conscients que c’est une gimmick, mais ça continues de marcher pareil. On s’accroche à son collier de perle, on dit que c’est donc pathétique, pauvre fille, mais on fixe l’écran avec fascination et on cliques sur les liens avec le même regard que quand on ralentis sur l’autoroute pour voir la voiture accidenté sur le bord du chemin. Et tant qu’on aura cette réaction, il y aura des guidounes qui vont pousser de plus en plus loin. Et elles ont raison.

Les réseaux sociaux et la téléréalité ont accéléré et développé le processus de façon exponentielle, maintenant, il ne manque que des relations sexuelles réelles en direct au prime time pour vraiment avoir tout vu. C’est la merveilleuse roue de l’objectification de la femme. On veut les voir agir comme des putes, mais on veut aussi les punir de nous donner ce qu’on demande.

Le problème, c’est qu’on blâme ces femmes pour l’objectification. Pourtant, ce n’est pas elle qui s’objectifie, ce sont les gens qui la regardent. (Non, trouver une personne attirante n’est pas l’objectifier, c’est plus complexe et on en parlera dans un autre billet)

La façon dont une femme adulte s’habille, c’est de ses affaires. Vous pouvez interdire à vos filles de s’habiller sexy tant que vous payez leurs vêtements, mais essayez de leur donner une raison intelligente, plutôt que de dire : « parce que t’es pas une salope, tu t’habillera pas en salope ». Vous pouvez simplement dire « parce que c’est moi qui paie et je trouve pas ce vêtement joli. » ou « je trouve que ce vêtement est innaproprié pour une fille de ton âge » si elle est plus grande. C’est tout. C’est le vêtement qui est inapproprié après tout, pas la petite fille qui veut le mettre, en général elle ne sais même pas que c’est inapproprié parce que c’est ce qu’elle voit partout. Il faut faire la différence entre le vêtement et la personne. Évitez de catégoriser les femmes qui portent ces vêtements, les jeunes filles veulent être sexy et veulent s’affirmer, en mettant de gros jugements de valeur sur leur habillement, vous créez une situation de fruit défendu: elle vont avoir encore plus envie d’en porter et vont être encore plus réactionnaires face à celles qui en portent.

Une guidoune n’est pas une mauvaise femme, c’est une femme qui a décidé de s’exprimer à sa façon. Elle a pris sa sexualité en mains. Il y en a qui s’y prennent mal ou qui sont exploitées, c’est vrai. Mais tant qu’elle est adulte et n’est pas forcée de se pavaner en sous-vêtement en public, ce n’est ni dégradant, ni insultant, car c’est son choix.  Si ça ne vous plaît pas, il y a une solution toute simple: regardez ailleurs ou changez de poste. De toute façon, peu importe le nombre de couches que vous portez, on est tous tout nus en dessous de notre linge…

Insulter une personne à cause de ses vêtements ou de son sex-appeal et décider à sa place des raisons qui la pousse à porter une jupe au ras des fesses, c’est beaucoup plus révélateur de votre vulgarité que de la sienne.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Le sexe anal (arrêtez de vous cacher, il y a pas de photos)

Note: Le but n’est pas ici de vous convertir aux vertus du sexe anal. Matante Elise ne vous dira jamais assez que quand il est question de sexe, vous ne faites que ce dont vous avez envie. Personne, et surtout pas moi, n’a le droit de vous pousser à faire quelque chose qui vous mets mal à l’aise. Mais pour ceux d’entre-vous qui seraient tentés d’essayer, ou pour ceux qui sont juste curieux et qui veulent savoir comment ça marche, vous trouverez ci-après quelques faits, trucs et conseils.

Ok, on passe aux choses sérieuses!

Un peu d’histoire:

La sodomie est la première forme de contraception de l’histoire. En effet, des recherches sur les pratiques sexuelles en Mésopotamie antique ont révélé que c’était une pratique répandue, autant avec des partenaires masculins que féminin. La logique, assez simple et évidente, est qu’ils se sont rendu compte qu’en passant par la porte arrière, il n’y a pas de bébé 10 lunes plus tard. (merci cours universitaire d’histoire de l’antiquité! En corrigeant le français de mon travail sur l’homosexualité en Mésopotamie, ma coloc à inscrit en marge du paragraphe sur la sodomie « ouch! », le langage scientifique, même en sciences humaines, est assez froid et clinique.)

Dans l’antiquité, ce n’était pas une pratique très scandaleuse, même si le rôle de « bottom » dans une relation anale était associé au rôle de la femme dans la relation, et donc, dans plusieurs cultures, comme était inférieur. C’est pourquoi certaines pratiques de tortures incluaient une sodomie forcée, la douleur étant grande, l’humiliation aussi.

Même après l’antiquité, aussi près de nous qu’à la Renaissance, l’amour à la grecque n’était pas un gros tabou. Les hommes nobles étaient souvent bisexuels, ils passaient l’hiver à la maison à courir les jupons, et les étés sur les champs de bataille à baiser l’aide de camps. L’homosexualité exclusive était mal vue, mais la sodomie occasionnelle? Bof… techniquement c’est illégal, mais on s’en fout tant que c’est consensuel, ou que le top est riche….

Mais soudainement, et encore aujourd’hui dans certains pays, la pratique de la sodomie, associée à l’homosexualité en tant que déviation de la nature, est devenue une pratique illégale avec une répression féroce.

Pourquoi? La fin des guerres de grands champs de bataille qui tenaient les hommes éloignés une saison ou deux tout au plus, les débuts du mariage d’amour romantique et de la monogamie obligatoire (avant, quand on était riche, on respectait sa femme et on aimait sa maîtresse), la réforme religieuse, etc. L’église, en perdant du pouvoir, a gagné en rigidité et a cessé de fermer les yeux sur des pratiques qu’elle tolérait auparavant si on payait nos indulgences.

Maintenant, l’homosexualité et la pratique de la sodomie, ne sont plus illégaux, mais le stigmate est toujours grand, héritage de toute cette répression et ce discours sur le non-naturel de mettre son pénis ailleurs que dans un vagin. Selon cette logique, la fellation est aussi contre nature? Fuck, j’aime ça tailler des pipes moi! Vous gâchez tout mon fun!

Fin de mon analyse de pseudo-historienne sociale. Passons aux choses sérieuses: Comment, techniquement, s’amuse-t-on avec son anus?

Note: Le fait que je souffre de la maladie de Crohn et que mon anus est donc régulièrement tellement irrité que je pleure sur la toilette fait que je n’ai testé aucunes des pratiques énumérées ci après. On peut dire que j’ai un billet du médecin. Mais j’ai fait des recherches et parlé avec des « pratiquants » donc, je sort pas tout ça de mon derrière, (vive les métaphores à propos…)

Il y a plusieurs pratiques sexuelles qui entrent dans la catégorie du sexe anal, comme pour tout le reste des pratiques sexuelles, la pénétration n’est pas le be all end all, ce n’est même pas la pratique la plus agréable.

Comme le sexe anal implique la manipulation d’une région peu ragoutante du corps, il y a un énorme tabou autour de toutes les pratiques entourant cette forme de relation. C’est vrai qu’un anus sale, c’est dégeu. Mais il faut qu’il soit sale. Il n’y a pas un flot continu qui sort de là (s’il y a un flot continu qui sort de votre trou de cul, allez voir un docteur, quelque chose ne va pas).

Le tour de l’anus contient beaucoup de terminaisons nerveuses, l’intérieur en est dépourvu. Il est donc rare pour une femme d’atteindre l’orgasme pendant la pénétration anale sans stimulation simultanée d’autres zones érogènes. Dans le cas des hommes, la stimulation de la prostate peut rendre l’expérience très agréable, voir orgasmique. Cela ne veux pas dire pour autant que l’expérience est ennuyante ou désagréable pour une femme, il suffit de savoir comment s’y prendre.

Les choses essentielles à savoir:

1- Le sexe anal, ça se planifie: ce n’est pas le moment d’être spontané. Personne n’aime les membres de Team Surprise Anal. Il y a un ÉNORME tabou entourant les pratiques par la porte arrière et même si votre partenaire a signifié son intérêt pour l’expérience, il faut y aller doucement et garder les lignes de communications ouvertes en tout temps. Ne mettez pas la pression sur votre partenaire: s’il ou elle ne veut pas, that’s it, on passe à autre chose. (oui, il y a beaucoup de gays qui ne sont pas des adeptes de sodomie, ce n’est pas la seule pratique sexuelle à laquelle ils peuvent s’adonner) Ça ne sert à rien d’insister, car la règle numéro un est la détente et la relaxation. Un anus récalcitrant va se serrer et rendre toute tentative de pénétration, que ce soit avec un doigt ou autre chose, franchement désagréable. L’anus n’est pas un vagin, il est élastique, mais il ne fait pas sa propre lubrification comme le vagin, c’est donc une région qu’il faut approcher avec énormément de délicatesse et en toute confiance.

2- Hygiène et protection: Quand on dit que ça se planifie, on parles aussi d’hygiène et de protection. La question de l’hygiène est assez évidente, on veut que tout soit très très très propre avant d’aller jouer dans ce coin là… Pas de tacos ou de jus de pruneau juste avant non plus. Pour ce qui est de la protection, l’anus n’étant pas naturellement lubrifié, la friction peut causer des micro-déchirures autant au niveau de l’anus que du pénis ce qui augmente le risque de transmission de MTS ou simplement d’infections. Donc condom, pas mal nécessaire et beaucoup de lubrifiant. Si on parles de stimulation digitale, des ongles courts, courts, courts, et limés et même un gant de caoutchouc sont des bonnes idées pour éviter de blesser votre partenaire. Et toujours beaucoup, beaucoup de lubrifiant. Le KY est votre meilleur ami au lit anyway. Il faut, bien entendu, éviter de passer d’un trou à l’autre sans un bon nettoyage ou un changement de condom. Juste essuyer n’est clairement pas suffisant. (sérieux, mettez un condom, ça simplifies tellement les choses).

3- Allez y doucement et progressivement, et pas seulement la première fois, à chaque fois. Je ne le répéterai jamais assez, les films et les livres vendent du rêve, oubliez Brokeback Mountain, un peu de crachat et enweille swinge direct dedans, c’est la PIRE idée que vous puissiez avoir. Si ça fait mal ou que ça saigne, VOUS VOUS Y PRENEZ MAL. Ça vaut aussi pour la pénétration vaginale, même la première fois (on reparlera de la virginité et des mythes l’entourant dans un autre billet, mais non, perdre sa virginité, c’est pas censé saigner ou faire mal). On ne commence JAMAIS par le pénis. Avec un doigt très lubrifié (il y a une panoplie de lubrifiants sur le marché, privilégiez ceux à base de silicone ou d’eau qui ne risquent pas d’endommager les condoms et/ou d’irriter le ti trou) on caresse doucement la région autour de l’anus, prenez votre temps c’est cette région qui est la plus sensible et donc le bout le plus agréable pour le « réceptionnaire » de votre jeu. Ça a aussi l’avantage d’exciter le partenaire et de l’aider à se détendre et à relaxer les muscles de son sphincter, ce qui facilitera les choses quand vous voudrez aller en-dedans. Vous n’irez pas au troisième but la première fois. Pas de pénis la première fois. Pas si vous voulez éviter que votre partenaire refuse que vous l’approchiez de nouveau pendant 60 ans. On commence par un doigt, puis au fur et à mesure que votre partenaire se sent à l’aise, vous rajouter un doigt, rendu à trois, vous pouvez essayer avec un petit godemiché et passer à la pénétration proprement dite. Tout ceci se fera sur une étendue de plusieurs sessions, et la décision du point où on arrête la session revient entièrement au bottom. Nop, c’est non négociable, non c’est pas une décision prise à deux, quand il ou elle dit stop BACK THE FUCK OFF IMMEDIATLY. Votre merveilleux rêve de vous prendre pour Derek Atlas pour la Saint-Valentin doit être planifié et fait dans le respect et la confiance.

Si vous vous fichez que votre partenaire souffre pendant la relation, vous ne méritez pas d’avoir une vie sexuelle, point à la ligne.

4- il y a aussi le rimming, c’est à dire le léchage d’anus (C’EST PAS YARK CACA S’IL SORT DE LA DOUCHE, ARRÊTEZ DE RÉAGIR COMME DES ENFANTS DE PREMIÈRE ANNÉE). C’est apparement très agréable et ça a l’avantage de ne pas faire mal. C’est aussi une bonne excuse pour sortir la bouteille de lubrifiant à saveur de fraises que votre chum de gars vous a donné en joke à noël (avertissement, la plupart des lubrifiants à saveurs donnés en joke à noël sont cheapettes et goûtent le chimique, donc essayez-le avant le rimming, parce que vous reculer en hurlant « beurk, dégeulasse! » en pleine session, c’est un peu insultant pour votre partenaire…).

Tout cela est bien beau, mais comme je l’ai dit au début de mon article, rien ne vous oblige à faire quoi que ce soit si ça ne vous tente pas, donc, amusez vous à votre rythme et ne vous sentez pas « pas game » si vous avez pas envie d’explorer la porte arrière!

Bonne soirée, moi je vais aller faire tremper mon anus dans le bain!

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Samedi de la Muse: Todd Nathanson, critique de musique pop et missionnaire Twitter.

Je suis une grande fan du site That guy with the glasses depuis de nombreuses années, ceux d’entre vous qui sont abonnés à ma page facebook on sûrement vu des vidéos passer dans ma timeline. Ce site, qui est le porte étendard de la compagnie de production Channel Awesome, publie des critiques par différents intervenants sur différentes formes de divertissement populaires dans la culture geek.

Un de mes vidéoblogueurs préféré est Todd Nathanson, qui, sous le nom de Todd in the Shadows  s’intéresse à la musique populaire, en particulier, les chansons qui se classent au palmares Billboard. C’est vidéos son bien fait, très drôle et bien réfléchis.

Il y a son émission de base: Todd’s pop song reviews: des critiques de chansons dans le top 20

Ses critiques de films mettant en vedettes des artistes pop, c’est temps-ci il se tape la filmographie de Madonna, ouch!

La série One hit wonderland où il s’intéresse à ces artiste qui n’ont eu qu’un seul hit en carrière. C’est là que le talent de recherche de Todd brille de mille feux. Je recommande particulièrement « Come on Eileen », « Thumbthumping » et « Safety Dance » (Il est pas un fan de bonhomme Carnaval).

Son honnêteté rafraîchissante est son atout principal, il est capable d’avouer autant sa haine totale de « Blah blah blah de Ke$ha », mais aussi son amour de « Die Young » de la même artiste. Ils avoue sa relation d’amour-haine avec Katie Perry, son dégoût pour les chansons de gars à guitare acoustique « White guy with acoustic guitar music », sa haine de Bieber et -CHOC!- le fait qu’il aimerait certaines chansons de One Direction et Taylor Swift! Il a un excellent sens du timing et un amour apparent de son sujet.

Je recommande chaudement ses vidéos, pour leur côté amusant, mais aussi parce qu’ils sont instructifs.

Sur Twitter, Todd conserve son honnêteté candide. De son amour incommensurable pour Kali, la chienne de sa copine (qui est trooooooop petite, mais a définitivement l’âme la plus merveilleuse de l’univers), à ses commentaires sur Star Trek: The next generation (Conselor Troi ne sert à rien). Et ses opinions. Des opinions bien pensées et bien exprimées.

La première fois où Todd m’as impressionnée avec ses opinions passionnées, mais toujours réfléchies, est dans son vidéo sur Chris Brown. Son dégoût pour Chris, ses excuses insincères et la misogynie de sa musique, mais aussi pour ses supporter de la Team Breezy, qui excusent ses gestes en accusant Rihanna de l’avoir provoqué ou d’avoir menti à la police, sont évidents, mais pas mesquins et les raisons sont bien expliquées.

Plus tôt cette année, un homme a commencé à envoyer des messages dégueulasses aux filles de Chanel Awesome, incluant Lindsay Ellis, la conjointe de Todd. Ça commençait avec classe par des demandes que les filles se filment en rotant pour lui faire plaisir, et quand, comme on peut s’y attendre, il se faisait répondre non, il passait aux menaces. Lindsay et ses collègues se faisaient menacer de viol et de mort, leurs conjoints, leur enfants et leurs animaux de compagnies étaient aussi menacés de façon violente et graphique. Parce qu’elles ne voulaient pas rotter pour lui. Tsé, un champion là.

Dans ce cas-ci, Todd a à peine réagit sur Twitter, malgré que sa copine, lui et leur précieuse Kali aient été menacés par un homme qui habite la même ville qu’eux, mais je vous en parles, parce que je pense que c’est ce qui a rempli le vase, et quand Gamergate a pointé son nez, le vase de Todd a débordé.

Non, il n’as pas hurlé, il n’a pas juré, il a fait ce que Todd fait le mieux, ce qu’il a appris à l’école de journalisme, qu’il a mis en pratique dans sa courte carrière de reporter local et qu’il applique toujours dans chacune de ses vidéos: il a fait des recherches. Et les résultats de sa recherche l’ont mené à la conclusion que Gamergate est un mouvement misogyne haineux. Il a expliqué le tout dans un excellent texte publié sur Chez Apocalypse. Les réactions du GG ne se sont pas fait attendre.

Encore une fois, il ne s’est pas mis en colère, mais il s’est mis à parler, et, ce faisant il a fait la chose la plus couillue de l’univers: il est entré en conversation, sérieuse et respectueuse avec les gens du Gamergate qui semblaient raisonnables.

Dude, you are one hell of a man.

Patiemment, sur plusieurs jours, il leur a démontré la toxicité de leur mouvement, la misogynie rampante et leur a donné des solutions alternatives pour combattre la corruption dans le journalisme de jeux vidéos.

Est-ce que ça a fonctionné? Parfois, rarement, mais quelques personnes parmi les modérés ont changé d’avis. Ils ont abandonné le mouvement. Grâce à Todd, le missionnaire.

Todd a abandoné sa Mission au moment des menaces de massacre à l’université de l’Utah. Après plus d’un mois, il s’est dit que tous ceux qui restaient étaient des convaincus et qu’il n’avait plus de temps à perdre. Mais il a quand même fait une dernière tentative:

https://storify.com/ShadowTodd/why-i-do-not-believe-that-gamergate-actually-conde

Il leur a offert une solution toute simple pour se détacher de l’étiquette de harceleurs: Gamergate devrait amasser des fonds pour les victimes des radicaux de leur mouvements: Zoe Quinn, Anita Sarkeesian et Brianna Wu. Pas besoin de le faire pour les trois, ou même sincèrement, juste en choisir une et lui donner de l’argent pour compenser la merde qu’elle a subit. Simplement comme un move de PR, juste pour montrer publiquement qu’ils sont contre le harcèlement et que le but de leur groupe n’est pas de pousser les femmes hors du milieu des jeux vidéos.

Il a ensuite attendu une heure et a compilé les réponses:

B0IzQMuIgAAxul5

  • Les accusation de harcèlement étaient fausses: 3 (une rhétorique commune à GG, elles font semblant d’êtres attaquées pour se faire de la pub et faire de l’argent.)
  • Non, juste non: 1
  • Mais on a donné aux deux développeuses des Fine Young Capitalists: 5 (le fait est que ces contributions on ouvertement été faites dans le but avoué de faire chier Zoe Quinn, qui a eu une dispute publique avec ces deux développeuse. Donc, ça ne prouve pas que le mouvement s’intéresse plus à l’éthique journalistique qu’à démolir Quinn, plûtot le contraire)
  • Non, je les hais: 15 (court, net et précis)
  • Les gens qui les ont harcelés n’étaient pas du Gamergate: 7 (peu importe, car il y sont publiquement associés, et donner à leur victimes vous dissocieraient d’eux)
  • Fuck Gawker (un site de nouvelles qui a couvert GG) 6 (Rapport?)
  • Demandes de preuves : 6 (On entends tout le temps ça, prouvez nous qu’elles ont été abusées, prouvez-nous que c’était des gens du GG, prouvez-nous que le soleil se lève à l’ouest, prouvez-nous que Lee Harvey Oswald est pas impliqué, ils se foutent des preuves, ils ont jamais assez de preuves)
  • Je dis pas qu’elles le méritaient, mais elles le méritaient: 2
  • Mais on a reporter les abus à Twitter: 6 (Avec l’efficacité que Twitter a pour ce genre de choses, c’est aussi efficace qu’aller dire au premier ministre que votre la fille de la voisine vous a fait un finger)
  • Elles ne l’accepteront pas : 1 (point légitime, mais pas valable pour refuser du point de vue PR, l’important c’est de publiquement offrir de l’aide, si elles la refusent, c’est leur problème, le move de PR est valable quand même)
  • Nous donnons à des oeuvres de charité plus importantes : 7 (Bonjour le voisin gonflable charitable! Aussi, on parles ici d’un move de PR, pas de charité sincère)
  • Elles ont pas besoin d’aide: 5 (Certain, devoir vivre sur la route et changer toutes des coordonnées, c’est gratis ça…)
  • Va chier Todd: 12 (Solide argumentation, si t’as 10 ans)
  • #NotAllGG: 3 (C’est pas MOI BON!)
  • Et pour ceux dans notre mouvements qui se font harceler?: 5 (Oh, mais ils font exprès pour avoir de l’attention, où sont les preuves, ils sont correct, on les aime pas etc. Pis ça feel comment de l’autre bord?)
  • Fais plus de recherches: 3 (c’est particulièrement insultant pour quelqu’un comme Todd, qui n’affirmes rien sans avoir 3 sources fiables différentes)
  • Elles veulent juste de l’argent: 1
  • On en fera jamais assez à vos yeux : 3
  • Ce serait une bonne idée d’aider les victimes des abuseurs dans notre groupe: 0

Bref, encore une fois, Todd a fait la preuve que Gamergate est une bande d’hypocrites qui crient à l’attaque à leur légitimité tout en continuant de laisser les abuseurs se servir de leur étiquette pour avancer leurs objectifs misogynes. Et encore plus génial, il l’a fait sans perdre son calme, sans gros mots, il leur a tendu une corde, et ils se sont pendus avec.

J’aimerais avoir ce genre de patience, mais je tombe dans le sarcasme beaucoup trop facilement.

Donc, si ce n’est pas pour son humour, sa passion pour la musique et son obsession de la recherche, sa patience et sa passion pour ses convictions sont les raisons pour lesquelles j’admire sincèrement Todd Nathanson.

https://twitter.com/ShadowTodd

http://thatguywiththeglasses.com/videolinks/teamt/tis

http://chezapocalypse.com/

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Ceci ne concerne pas la mousse de nombril.

Note: si vous cherchez le rapport avec le titre, il n’y en a pas. C’est la faute de Pier-Luc Bouchard et je n’expliquerai pas le contexte. Parce que.

J’ai eu une semaine merdique. La journée d’aujourd’hui a été tellement horrible que je me suis retrouvée en pleurs dans la cafétéria du building voisin de mon lieu de travail avec ma collègue Michelle parce que j’en pouvais plus. Un gros climat de changement et de frustration, comme il en arrive beaucoup dans la fonction publique, et le fait que ma position dans l’organisation de notre équipe faisait que je me trouvais à être la soupape de tout le monde ont eu raison de ma patience et de mon optimisme. Je ne blâme personne, ni aucune situation pour cela, c’est des choses qui arrivent et ça passe, ça passe toujours.

Je vais aller acheter une grosse boîte de Timbits demain matin en montant au bureau, ça va changer l’atmosphère.

À tout cela s’ajoute l’état de choc dans lequel nous avons tous passé notre journée, scotchés au site de la cyberpresse (que nous devons tous consulter quotidiennement parce qu’au niveau de l’organigramme où nous sommes, si quelque chose concernant notre clientèle ou nos organismes partenaires sort dans les médias, on doit réagir, genre, tousuitedrettelà) à lire les détails des événements au parlement fédéral.

L’écoeurite aigue que je subis m’as fait aller manger chez Mc Donald parce que fuck la cuisine, j’en peux pus, la vie est une salope.

Je m’installe devant la télé du resto, avec un journal de Québec d’un bord et mon cellulaire sur l’application de LaPresse de l’autre.

Dans le Journal, on parles de l’attentat de Saint-Jean hier. À la télé et sur mon cellulaire, de la fusillade de la Colline. Dans les deux, un thème point commun:

Attentat Islamiste

Voilà mes deux cennes là dessus.

Ces deux gars-là ne sont pas des musulmans. Les gens du groupe État Islamique non plus. L’islam, c’est pas ça.

Philippe, arrêtes de me regarder de côté avec ton air de : « bon, Elise la naïve nous sort encore son idéalisme mal placée ».

NON, je ne suis pas naïve, je suis renseignée. L’Islam n’est pas une religion violente. Pas plus que le Christianisme. Je me fous royalement de ce que vous en pensez, c’est un FAIT. Je n’accepterai aucun argument ou commentaire disant le contraire à moins que vous ne me prouviez que vous avez lu la Bible ET le Coran au complet (rien à foutre de vos citations isolées pour justifier votre point de vue) et que vous avez visité une mosquée à au moins 3 reprises. Le problème ce n’est pas la religion musulmane. Le problème c’est la radicalisation.

Je peux même accepter l’argument que le problème c’est la religion en général, mais je refuse l’argument que l’Islam en particulier est plus problématique que les autres religions. La xénophobie n’est jamais une bonne visière pour analyser une situation.

Le Christianisme a eu son lot de fous cinglés. Les Croisades ont fait des millions de victimes innocentes, Richard Coeur de Lion était sanguinaire (face, croyez-le ou non, au code moral chevaleresque de Saladin, le général musulman qui a fait à plusieurs reprises montre de pitié, d’humanité et de charité envers son ennemi chrétien), l’Inquisition n’a rien à envier à la Charia, Jeanne D’arc n’était pas un exemple d’équilibre, Gilles de Rai était tout simplement diabolique, les guerres de religions en Europe ont peint plus d’un siècle rouge sang au nom du même Dieu, on s’obstinait sur les indulgences, le Pape, la lecture de la bible, la communion et autres détails qui n’ont rien à voir avec le message du Christ. Dieu est une fucking bonne excuse, qu’on le prie en latin, en anglais, en gaélique, à travers un prêtre, directement ou sur un tapis tourné vers la Mecque.

Comment on combat le radicalisme?

Aucune Fucking Idée. Mais je peux vous garantir que cracher sur le prochain musulman que vous croiserez demain matin accomplira Fuck All.

Et malgré que je sois pour la laïcisation de l’État et de la société en général, je vous promets que ça ne réglera pas le problème non plus. La laïcisation ne transformera pas les radicaux en bons citoyens, ce n’est pas une bonne solution pour ça. C’est une bonne solution pour d’autres raisons et je suis convaincue que c’est une bonne chose, mais ça n’éliminera pas le radicalisme.

Restreindre l’accès aux armes à feux? Comment? Rien ne nous dit qu’ils se sont procuré leurs armes légalement. Une personne déterminée, encore plus si elle fait partie d’une organisation militarisée, va facilement se procurer une arme. Et on a pas besoin d’un fusil pour faire des dommages, on peut facilement fabriquer des bombes avec des objets de tous les jours. Nop, le contrôle des armes est une bonne chose (je suis heureuse de vivre dans une société qui ne pense pas que d’avoir une arme sur soi en tout temps est un droit qui doit être défendu), mais ça n’éliminera pas les fous.

Dans le Journal de Québec aujourd’hui, Richard Martineau suggérait que les gens de la Mosquée que fréquentait Martin Couture-Rouleau auraient pu ou dû remarquer sa radicalisation et réagir. C’est une idée à approfondir.

Dans les deux attentats de cette semaine, on parles d’Islamisme radical, dans le cas d’Elliot Rodger, dont j’ai parlé lundi, de masculinité toxique, dans celui de Mister Bain, de francophobie, dans celui de Justin Bourque, une haine de l’autorité, tous ces cas ont en commun des hommes isolés, ayant pour des raisons multiples, une vie difficile, un sentiment d’isolement et d’injustice énorme. Ils cherchaient un exutoire à leur frustration et à leur rage contre le monde et l’ont trouvé dans des idéologies toxiques.

Quand on est frustrés, on cherche quelqu’un à blâmer, un ennemi sur qui mettre la faute de ce qui nous arrive. On ne peut supporter l’état dans lequel on est et on doit se soulager de la haine et du dégoût accumulés. Et les mouvement extrémistes, que ce soit les Red Pillers, les Survivalists, les Néo Nazis, l’Etat Islamique ou autre nous donnent toujours ce dont on a besoin: Un Ennemi clair et précis. Parce que blâmer la vie ne soulage pas la douleur de l’impression d’échec. Il faut que ce soit la faute de quelqu’un.

Sortir ces gens de leur isolement AVANT qu’ils ne tombent dans les mouvements extrêmes est un pari plus sûr que d’essayer d’éliminer les déclarations religieuses ou empêcher l’accès aux armes. C’est une tâche complexe, mais commencer par être attentifs à ce qui se passe autour de nous, aux gens qui sont esseulés, cesser de se dire que quelqu’un d’autre s’en occupera, que ce n’est pas de nos affaires. J’aimerais vraiment arrêter d’entendre des commentaires de « c’était un gars normal, il avait des problèmes, il était isolé, mais il avait pas l’air violent ». Les trou de culs qui on un air de croche et qui sont volubilement des trou de cul, c’est juste à la télé. Dans la vie de tous les jours, les personnes qui ont des intentions violentes vont faire tous les efforts possibles pour les cacher jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Je ne vous dis pas d’appeler la police à tout bout de champs, mais si votre cousin qui feel pas s’intéresse à des théories de la conspiration, ne classez pas automatiquement ça dans le dossier « c’est juste une phase ». Peut-être que s’en est juste une, mais peut-être que s’en est pas non plus.

Prenez deux secondes ce soir, demain et en fin de semaine pour penser à Patrice Vincent et  Nathan Cirillo, il est toujours facile d’oublier le nom des victimes.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

C’est la faute d’Elliot Rodger

Ok, matante sera pas drôle dans celui-ci.

J’ai à quelques reprises parlé de ma conversion au féminisme. La vérité est que ce fut plutôt un éveil. Et l’éveil a été brutal en christ.

http://www.doctornerdlove.com/2014/05/elliot-rodger-price-toxic-masculinity

Le 23 mai 2014, Elliot Rodger a poignardé 3 personnes dans son appartement d’Isla Vista, une ville universitaire de Californie, il est ensuite parti et en a tué 3 autres et blessé 13 avant de perdre la vie.

Elliot Rodger a fait tout ça parce qu’il était vierge. À 22 ans, il était toujours vierge et il trouvait que c’était une insulte personnelle et une injustice inacceptable et quelqu’un devait payer. Dans son vocabulaire, les femmes étaient à blâmer pour sa virginité, car elles lui avaient refusé l’accès au sexe.

Rapidement les médias se sont jetés sur l’histoire et ont mis de l’avant ses potentiels problèmes de santé mentale afin d’expliquer son geste.

Bull. fucking. shit.

Ravaillac était fou, mais il a tué Henri IV parce qu’il baignait dans une atmosphère violente dans laquelle il entendait quotidiennement des gens appeler à la mort du roi païen.

Richard Henry Bain est probablement fou, mais il a tué une personne et en a blessé une autre en tentant d’atteindre Pauline Marois parce qu’il a été nourri des histoires prédisant un holocauste anglophone dans le cas d’une victoire du PQ.

Un problème de santé mentale peut être un élément de la situation, et même un élément très important, mais ce n’est pas une excuse pour occulter les phénomènes sociaux qui poussent ces gens à agir. C’est facile de dire « il est fou » et de passer à autre chose, en ignorant la toxicité qui a allumé le feu. Dans le cas de Rodger, la masculinité toxique. Ce schéma de pensée qui dit à la fois que les femmes sont des biens de consommations promis aux hommes à l’âge adulte, que la valeur d’un homme augmente à chaque femme avec laquelle il couche, et que celle d’une femme diminue avec chaque homme avec lequel elle couche. Dans cette équation, une vierge vaut 100%, un puceau, 0%. Dans cette logique, un vierge de 22 ans est soit défectueux, ou quelqu’un lui a mis des bâtons dans les roues.

L’idée que les femmes sont les Gatekeepers de la sexualité, qu’elles sont hypergames, incapable d’amour inconditionnel, et qu’elles ont la tâche de « donner » du sexe et donc lorsqu’un homme n’a pas de sexe, on lui « dénie un droit » est extrêmement répandue et est tellement profondément inscrite dans notre société qu’avant la tuerie d’Isla Vista, je n’avais JAMAIS remarqué ce système de pensée.

Maintenant je le vois partout, et ça me fait chier. Ce genre de logique justifie la violence et la déshumanisation des femmes et elle est PARTOUT.

  • Elle est dans l’idée qu’une femme ne couche avec un homme que pour améliorer son statut social ou pour « se faire vivre ».
  • Elle est dans l’idée que seul les « mâles alphas » ont droit à une sexualité (c’est de la bullshit même chez les animaux)
  • Elle est dans l’idée que l’amitié entre un homme et une femme est impossible et que de suggérer autrement est insultant pour l’homme. (l’ostie de Friendzone, je me réveille la nuit juste pour pouvoir haïr l’ostie de Friendzone).
  • Elle est dans l’idée qu’une personne est « out of your league » et que vous n’arriverez jamais à l’intéresser, donc, ça sert à rien de faire des efforts.
  • Elle est dans l’idée que si une fille est habillée sexy, c’est parce qu’elle « fait de la pub » pour avoir du sexe. Et si elle dit non, c’est une agace.

Dans la foulé des événements et au fur et à mesure qu’on en apprenait plus sur les idées d’Elliot Rodger, les femmes sur twitter ont commencé à partager leurs expériences avec le sexisme et la misogynie violente avec le hashtag #YesAllWomen et le floodgate s’est ouvert.

Je me suis rendue compte que oui TOUTES les femmes ont eue à un moment ou un autre peur pour leur sécurité à cause de leur genre. Pour ma part, j’ai, à plus d’une reprise, dû prendre des détours pour rentrer chez moi quand je prend mes marches quotidiennes parce qu’un gars à qui j’ai dit bonjour en passant, comme je le fais à toutes les personnes que je croise, s’est mis à me suivre. J’ai, à plus d’une reprise, sursauté quand une voiture qui passe m’as klaxonné et qu’un gars à moitié sorti de la fenêtre m’a crié « grosse torche ».

Je me suis rendue compte que la violence et l’agressivité envers les femmes sont tellement répandus que notre société ne les voient pas. Qu’on dit d’Elliot Rodger qu’il est fou, mais on occulte le fait que sa tuerie est un crime misogyne.

(et avant que vous ne me sortiez une fierté nationale mal placée en parlant de la culture des USA qui est misogyne, mais on est tellement mieux ici au Québec, laissez-moi vous rappeler que:

  • Guy Turcotte a tué ses deux enfants pour se venger de son ex qui est partie avec un autre homme.
  • François Tartamella a tué son ex femme et la fille de celle-ci quand il a perdu les pédales parce qu’elle aurait PEUT-ÊTRE couché avec quelqu’un lors d’un voyage à Cuba qu’elle a fait après leur séparation.
  • La police de Montréal a dû publier des recommandations aux femmes de la métropole de ne pas prendre de taxis seules pour éviter une agression sexuelle.
  • Le fait que l’absence de non a été interprété comme un oui par le jury dans la poursuite pour agression sexuelle contre le l’adjudant André Gagnon.
  • MARC LÉPINE)

La réaction d’une grande partie de la communauté internaute masculine (et même d’une quantité inquiétante de femmes) à la lecture du hashtag #YesAllWomen?

Une prise de conscience des effets des gestes inappropriés que certains hommes ont envers les femmes et des gestes concrets pour les dénoncer?

Une simple reconnaissance empathique de la réalité d’être une femme, du genre « wow, c’est vraiment poche, je suis désolé que vous ayez à subir ce genre de choses »?

Ah vous êtes cute! Quelques personnes ont réagit ainsi et ce fut énormément apprécié, certains hommes ont même participé au #YesAllWomen en partageant des événements dont ils avaient été témoins, mais la réaction la plus vocale a été de créer le hashtag #NotAllMen. Dans le sens de « oui, mais c’est pas tous les hommes qui sont comme ça… »

  1. Euh, c’est pas ce qu’on disait, on disait que toutes les femmes ont subi la misogynie, pas que tous les hommes sont misogynes…
  2. Ah ok, donc comme il n’y a qu’un seul creep qui me talonne et qui insiste pour que j’ailles prendre un verre avec lui quand je marche dans la rue, c’est pas grave, il n’y a pas du tout de problème! Fious! Je suis soulagée! Je vais prendre un sac de M&M et en tremper 2 dans le cyanure. Allez-y prenez vous des M&M! Il n’y a pas de problème, #NotAllM&M.

Ou si vous préférez, en langage approprié pour la maturité des intervenants du #NotAllMen: Oh, PARDON mes pôv ti pouts, en parlant de nos expériences, on avait oublié que vous existiez!!! Honte à nous, méchantes filles…

Ces gars essayaient de s’immiscer dans une conversation qui n’était pas à propos d’eux. Ils essayaient de détourner une discussion au sujet des femmes, pour en faire une apologie de la gent masculine. Ils voulaient qu’on valide leur identité et qu’on les rassurent en leur disant: oui, on sait que TOI t’es pas un méchant, on t’aime toi. Comme un enfant de 4 ans qui demande à toute les 5 minutes à maman « Je suis un bon garçon moi, hein maman? »

Mon ti pout, si le fedora te fait pas, pas besoin de te défendre, ok?

Je ne suis pas parvenue à cette conclusion seule avec mes ovaires frustrés, la personne qui m’a fait réaliser en premier la toxicité réelle du #NotAllMen est Harris O’Malley, aka Dr NerdLove. Un gars.

Bien entendu, les gars qu’il a confrontés et à qui il a dit que cette conversation ne les concernaient pas l’ont immédiatement accusé d’être un White Knight.

Un quoi?

Le white knighting est l’idée selon laquelle un gars va défendre une femme seulement pour se mettre dans ses bonnes volontés. Parce que Dieu sait que tout effort fait à l’avantage d’une femme n’as qu’un seul et unique but: L’accès à son vagin.

Parce que c’est la seule chose à laquelle les femmes sont bonnes, am I right?

Plus je lisais sur le sujet de la masculinité toxique et les événements de Isla Vista, plus je tombais sur des déclarations féministes et plus je me rendais compte d’une chose hyper simple, mais hyper puissante:

Je suis une féministe. Et je peux changer les choses en déclarant que je suis une féministe. Et en expliquant ad nauséam ce qu’est le féminisme.

  • Le féminisme dit qu’Elliot Rodger avait tort: sa virginité ne faisait pas de lui un sous-homme, il n’était pas lésé dans ses droits et les femmes ne lui ont pas barré la route vers le statut de vrai homme.
  • Le féminisme dit que les hommes valent autant que les femmes, et que les femmes valent autant que les hommes et le nombre de partenaires sexuels d’une personne n’as rien à voir avec sa valeur, les gens ne sont pas des biens de consommation qui perdent ou prennent de la valeur selon « l’usure ».
  • Le féminisme dit qu’un homme n’a pas à être un athlète pour être intéressant.
  • Le féminisme dit que l’hypergamie, c’est de la bullshit, parce qu’on peut avancer socialement par nous-même, il n’est pas nécessaire de le faire en couchant avec des hommes importants.
  • Le féminisme dit que la sexualité est un travail de collaboration et non pas une faveur qui doit être accordée.
  • Le féminisme dit que le consentement ce n’est pas travailler à éviter un non, mais obtenir un oui enthousiaste.

Je ne hais pas Elliot Rodger. J’ai plutôt un énorme sentiment de tristesse quand je pense à lui, à combien il devait souffrir.

Mais je hais ses opinions, viscéralement. Et je n’accepterai JAMAIS sa logique.

Je lutterai jusqu’à mon dernier souffle pour prouver qu’il avait tort.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Samedi de la Muse: Le bon Dr NerdLove

Dr NerdLove est l’alter-égo superhéroique d’Harris O’Malley. Ce n’est pas un vrai docteur (comme il le dit si bien lui-même à ceux qui l’accusent de se faire passer pour un médecin: « Dr NerdLove n’est pas un vrai docteur. Dr Doom non plus, mais personne ne le remets en question ». Sérieusement, quelqu’un pense que NerdLove est un nom légal?), mais bien un héros à la rescousse du cœur et du fond de culottes des geeks de ce monde.

Il est l’auteur du blogue « Paging Dr. Nerdlove » un courrier du cœur qui s’adresse aux internautes. Il est comme Louise Déchâtelets, mais roux, avec une barbe et une obsession pour les trames sonores de jeux vidéos.

Quelles sont les qualifications du Doc? Aucune académique, c’est un artiste et auteur de profession, mais une expérience personnelle avec la dépression et les malaises sociaux (anxiété, gêne, mauvaise image de soi etc.), un background de geek, un passage dans la communauté des PUA (pick-up artists, les séducteurs en série, pensez aux protagonistes de Wedding Crashers) et un éveil à la maturité qui lui a donné envie d’aider son prochain, plutôt que je courir les jupons sans cesse.

Harris a un discours féministe (et pourtant, il est Texan…), aucunement misandriste, un ton humoristique et empathique et un langage facile à comprendre. Il a été un des grand influenceurs dans ma « conversion » au féminisme et c’est dans les pages de son blogue que j’ai découvert les problèmes que la misogynie créaient pour les hommes et aussi les bénéfices que le féminisme peut leur apporter. C’est en grande partie grâce à lui que j’ai compris qu’il me fallait absolument avoir aussi une optique masculine dans mes réflexions, car sinon, je n’aurais que la moitié des réponses.

C’est aussi lui qui m’a ouvert les yeux sur des aspects très inquiétants de la masculinité toxique (la culture du viol, la communauté Red Pill, les alpha males etc.) Certains des textes que j’ai lu sur son blogue m’ont carrément empêchée de dormir. Mais je lui suis reconnaissante de m’avoir introduit à ces réalités qui sont déplaisantes, mais qui prouvent d’autant plus le besoin d’un discours adulte et féministe dans la société autant pour le bien des femmes que pour celui des hommes.

Je vous recommande en particulier les articles suivants:

Son article en deux parties sur les one-night stands (mais qui contient des conseils qui peuvent s’appliquer dans la vie sexuelle de tous les jours aussi):

http://www.doctornerdlove.com/2014/03/fck-like-a-gentleman-pt-1/
http://www.doctornerdlove.com/2014/03/fck-like-a-gentleman-pt-2/

Un de ses articles sur la masculinité toxique:

http://www.doctornerdlove.com/2014/08/prove-youre-man-violence-harassment-toxic-masculinity/

Son article sur comment avoir PLUS de sexe:

http://www.doctornerdlove.com/2013/08/secret-to-get-more-sex/

Sa réponse à une fille qui s’inquiète de l’implication de son frère dans le mouvement Red Pill:

http://www.doctornerdlove.com/2014/09/the-red-pill/

et son article sur le célibat:

http://www.doctornerdlove.com/2014/02/its-ok-to-be-single/

Mais vous pouvez vous promener dans son blogue et vous trouverez sûrement quelque chose d’intéressant et qui vous parles plus particulièrement.

Merci Harris!

http://www.doctornerdlove.com

http://twitter.com/drnerdlove

http://facebook.com/DrNerdLove

http://drnerdlove.tumblr.com

GamerGate: Naissance d’un mouvement de haine.

Bon, je devais vous parler de guidounes aujourd’hui, mais j’ai repoussé ce billet à jeudi prochain parce que des événements sont survenus qui m’ont convaincue qu’il était temps pour moi de parler du Gamergate.

Note 1 : les Actes se sont chevauchés dans le temps et ne sont pas tous arrivés l’un après l’autre, j’ai choisi de séparer le texte ainsi parce que, sincèrement, c’est déjà assez complexe comme ça, si j’y avais été dans l’ordre chronologique, vous auriez mal à la tête après 3 paragraphes.

Note 2: je me considère comme une gamer, même si certains diraient que je ne joue pas à de « vrai » jeux. Je m’en fiche. Le terme de gamer n’est plus depuis longtemps l’étiquette officielle des mâle de race blanche entre 15 et 35 ans qui jouent à Halo. Et même parmi ceux-ci, une énorme proportion ne toucheraient pas le GamerGate avec une perche de 100 pieds. Évitez donc la généralisation : jouer à Assassins Creed n’est pas une carte de membre du mouvement GamerGate.

Acte 1 : Zoe Quinn et le raid de départ:

En août dernier, un programmeur du nom de Eron Gjoni a vécu un événement dévastateur : il s’est fait plaquer par sa conjointe, Zoe Quinn, une développeuse de jeux vidéos. Ce sont des choses qui arrivent, et qui font mal. Eron a décidé, dans sa grande sagesse, d’aller vider son cœur sur internet. Il est allé sur le site Reddit et sur d’autres forums s’adressant aux amateurs de jeux vidéos et a publié une loooooongue diatribe (on parles d’entre 8 000 et 10 000 mots, ce billet, pour comparaison en contient environ 3 000) accusant Zoe de tous les péchés du monde.

Son crime le plus grave : elle aurait couché avec un journaliste du nom de Nathan Grayson alors qu’elle était encore en couple avec Gjoni. Grayson était à l’époque un pigiste pour les sites Kotaku et Rock Paper Shotgun, deux sites qui s’intéressent aux jeux vidéos.

Il n’en fallait pas plus pour que la guerre soit déclarée.

Zoe Quinn est soudainement devenue l’ennemie publique numéro un.

ELLE A COUCHÉ AVEC UN GARS POUR AVOIR DE LA PUB POUR SON JEU!!!!!!!!!!

(Note : Nathan Grayson n’as jamais testé Depression Quest, le jeu de Zoe Quinn et n’a jamais fait de critiques dudit jeu que ce soit pour Kotaku ou Rock Paper Shotgun, mais bon, CORRUPTION À COUP DE VAGIN!!!!)

Je vous mets le lien pour son témoignage de l’expérience (et sérieusement, les commentaires de l’Éditeur au début et à la fin de l’article sont jouissifs et la quintessence de la raison pour laquelle je suis à la veille de créer un culte basé sur le site Cracked.com) :

http://www.cracked.com/blog/5-things-i-learned-as-internets-most-hated-person/

Le phénomène du doxxing (trouver et publier les coordonnées personnelles d’une personne dans le but avoué d’encourager le harcèlement) et du revenge porn (partager du contenu intime et des informations –vraies ou fabriquées- sur la vie sexuelle d’une personne dans le but de salir sa réputation) ne sont absolument pas nouveaux. Zoe Quinn a eu la malchance de se trouver au centre de ces deux phénomènes poussés à l’extrême. Si vous n’avez pas cliqué sur le lien que j’ai mis plus haut, vous devez savoir qu’en une soirée, Zoe a découvert que :

  1. Son ex avait publié sur plusieurs plateformes un texte haineux rempli de détails sur leur vie à deux et d’accusations.
  2. L’entrée Wikipédia la concernant avait été mise à jour avec la mention « died 13th of October 2014 (We hope)). (décès 13 octobre 2014 (nous espérons))
  3. 4Chan s’est vite rempli d’informations personnelles sur elle et sur Nathan Grayson qui ont été partagées de façon exponentielle en quelques minutes.
  4. Tous les réseaux sociaux auxquelles elle appartenait avaient soudainement explosés en un raz-de-marée d’insultes, de menaces et de haine horrible.
  5. Des forums ont commencé à pousser à droite et à gauche qui avaient pour seul but de trouver toutes les « preuves » possibles et imaginables qu’elle était la pire pute de l’histoire de l’humanité (La putain de Babylone serait verte de jalousie à lire tout ça).

Et ensuite, ça a débordé dans le monde réel. Et c’est là que ça devient TERRIFIANT.

  1. Le père de Zoe a commencé à recevoir des appels de gens l’injuriant et lui disant que sa fille est une traînée.
  2. Ses amis et leurs contacts Skype ont été hackés et ils ont reçu plein de merde.
  3. Un collègue développeur qui a pris sa défense a vu ses informations bancaires publiées à la vue de tous.
  4. Certains des forum ont commencé des conversations qui se résument à des descriptions de fantasmes dans lesquels Zoe est violée et/ou tuée. Ils s’encouragent dans ces fantasmes et se rassurent en se disant mutuellement que c’est correct d’avoir ce genre de sentiments, c’est normal de détester Zoe et de vouloir qu’elle meure dans la souffrance, c’est une salope horrible après tout.
  5. Et j’en passe, et j’en passe. Et le tout a pris une telle ampleur que des publications nationales se sont vues forcées d’en parler.
  6. Zoe a dû quitter son logis et elle doit squatter chez des amis depuis août, car son adresse personnelle, actuelle ainsi que TOUTES ses adresses à vie, ont été rendus publiques et des gens menaçaient d’aller chez elle pour la violer et/ou la tuer.

On en a pas trop entendu parler au Québec, parce que tout ceci concerne une américaine et si vous n’évoluez pas en profondeur dans les milieux gamers, vous n’avez probablement jamais entendu parler de Zoe Quinn ou d’Eron Gjoni. Même moi, qui évolue dans les milieux geeks, je n’avais jamais entendu le nom de Zoe Quinn avant le mois d’août.

Mais je veux que vous connaissiez leurs noms. Parce que le « scandale » entourant leur séparation a donné naissance à un mouvement tellement subversif que vous allez tôt ou tard entendre parler de victimes réelles et tragiques du GamerGate.

Acte 2 : naissance d’un mouvement

L’expression GamerGate (et le hashtag l’accompagnant) ont été créés dans la foulé de « l’affaire Zoe Quinn » et ont été popularisés par Adam Baldwin, l’homme qui a fait la preuve irréfutable que les cartoon villains existent dans le monde réel et sont encore pire que les personnages inventés.

(apartée au sujet d’Adam Baldwin : il fut une époque où j’aurais sacrifié, un bras, une jambe et un rein pour Adam Baldwin. Il était en vedette dans mes deux séries préférées : Firefly et Chuck, il avait fait quelques épisodes d’Angel et c’est un acteur vachement charismatique et attachant. Puis j’ai commencé à le suivre sur twitter. Et je me suis vite rendue compte que Jayne, Casey et Hamillton ont l’air de hippies comparés à leur interprète. J’ai rapidement annulé mon abonnement à son twitter, mais il arrive encore régulièrement que je tombe sur un de ses gazouillis immondes dans un article dénonçant le discours de la droite ou parlant de la déconnexion avec la réalité de certains extrémistes. Son dernier en date disait qu’on n’avait « aucune preuve qu’Obama ne cherchait pas à propager Ebola aux USA. » J’ai résisté à une forte envie de lui répondre qu’on n’avait aussi « aucune preuve qu’Adam Baldwin n’avait pas de fantasmes d’orgie avec 45 membres d’Al Quaïda et 4 chèvres », parce que je me suis dit que ce serait insultant pour les gays, les terroristes, les amateurs d’orgies, les zoophiles et les chèvres, d’être associés à ce ramassis de pus immonde. Je continue toutefois à adorer Chuck, Angel et Firefly, parce que Josh Shwartz et Joss Wheadon sont des gars géniaux, ces séries sont superbement bien faites et ce n’est pas de leur faute si leur casting pour le trou de cul de service était bon à ce point.)

Le mouvement prétend officiellement « combattre la corruption dans le monde du jeux vidéo ». Ce qui est une cause tout à fait louable et que j’encourage. Le fait est que le milieu du journalisme de jeux vidéo a un gros problème, venant en grande partie du fait que leur pricipale source de revenu, la publicité des compagnies de jeux vidéo, leur vient des même personnes dont ils doivent juger le travail…

Un exemple? La compagnie qui a publié Middle-Earth: Shadows of Mordor a offert des exemplaires avant publication du jeux à des critiques sur You Tube et les a payés, à condition qu’ils s’engagent à faire des commentaires positifs.

Les GamerGaters se sont jetté sur ce scandale non? C’est clairement du journalisme biaisé ça!

Non, ce n’est pas ce que le GamerGate fait dans la réalité.

http://jezebel.com/gamergate-trolls-arent-ethics-crusaders-theyre-a-hate-1644984010

Dans la réalité, le GamerGate est simplement la cause légitime que les gens qui ont harcelé et harcèlent encore Zoe Quinn et plusieurs autres personnes (pas seulement des femmes, mais majoritairement) ont utilisé pour recruter des gens pour les défendre. Ça a superbement bien fonctionné. Et c’est tout simplement horrible, horrible, horrible.

Le lien suivant montre une partie de la documentation recueillie par Zoe Quinn et d’autres personnes pour la police. On voit étape par étape comment ils ont eu l’idée de mettre un verni d’éthique pour camoufler leur ignominie.

https://storify.com/EffNOVideoGames/stopgamergate-it-has-always-been-a-spin

Les partisants les plus modérés du GamerGate vous diront que tout ça n’a rien à voir avec eux, qu’ils veulent « l’intégrité journalistique » et qu’ils dénoncent le harcèlement, mais les pressions qu’ils ont fait ont toujours pour cible des sites qui ont publiés des articles critiquant l’origine de leur mouvement, et non pas les sites de jeux qui publient des critiques favorables pour les jeux de leurs commanditaires avant même que les copies de test ne soient disponibles. Ils sont tellement occupés à défendre leur nom qu’ils ne s’occupent ABSOLUMENT pas d’intégrité journalistique. Si vous regardez la liste des sites qu’ils veulent qu’on boycotte au nom de l’intégrité dans le journalisme de jeux vidéos, vous y verrez Cracked et Dr Nerdlove, qui ne font AUCUNE critique de jeux vidéos, mais ont le malheur d’avoir pris position contre le mouvement GamerGate. Dans le cas de Cracked, ce fut après avoir reçu des tonnes de demandes des gens du GamerGate pour qu’ils parlent de leur cause. Les gens de Cracked ont finalement plié sous la pression et ont lu les tweets, articles et forums consacré au GamerGate, pour finir par arriver à la conclusion que, et je cite : « if what they’re saying is true, then this is still the most pointless fucking bullshit anyone has ever forced us to read. » (si tout ce qu’ils disent est vrai, c’est tout de même la calvaire de bullshit la plus insensée qu’on nous ait jamais forcé à lire.) Bref, ils se sont tirés dans le pied en exigeant que Cracked prenne position.

Mais bien entendu, les gens du GamerGate vous diront que les gens qui écrivent pour Cracked sont payés pour le faire, donc, CORRUPTION!!!!

Oui, parce qu’être payé pour faire sa job, c’est automatiquement être corrompu, seul les bénévoles sont au-dessus de tout soupçons, on a jamais entendu parler de détournements de fonds dans des organismes caritatifs après tout.

Ouais… Ok….

Oh, et combien de critiques de jeux vidéos ont été écrites par Zoe Quinn?

Un grand total de ZÉRO.

Mais c’est à propos de l’éthique en journalisme de jeux vidéos et rien d’autre. Ils ont rien à voir avec les harceleurs…

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Non, ça n’a pas du tout l’air d’une campagne de harcèlement organisée. Il n’y a pas de harcèlement organisé, GamerGate est contre le harcèlement organisé.

Et ils ne veulent pas abandonner leur étiquette infâmante et se battre pour l’intégrité journalistique sans être associé à ce nom et à toute la merde qu’il représente. Parce que… euh… parce que… hmmm… Parce que?

Parce que le parti Nazi était la seule solution pour sauver la nation allemande. GamerGate est le seul et unique moyen de défendre les droits des gamers. (est-ce que ça compte dans la loi de Godwin? J’ai pas nommé Hitler directement.)

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Acte 3 : Anita Sarkeesian, Tropes vs Women in video games, ou « les illuminati féministes vont nous voler nos first person shooters! »

Anita Sarkeesian est d’origine Canadienne, mais habite depuis longtemps aux Etats-Unis. En 2011, elle a commencé à publier sur sa chaine You Tube la série Tropes vs Women qui parle des stéréotypes clichés sur les femmes dans la fiction, télé, film, comics et livres.

Dès le départ, elle a eu beaucoup de critiques disant qu’elle était une féministe enragée, mais rien de très grave ou de difficile a gérer.

Jusqu’en 2012, lorsqu’elle a démaré une campagne sur Kickstarter pour ammasser des fonds pour la saison 5 de sa série: Tropes vs Women IN VIDEOGAMES.

Oh mon Dieu! Elle va toucher à la VACHE SACRÉE!
SI ELLE CRITIQUE LES JEUX SEXISTES, ON VA NOUS ENLEVER NOS JEUX SEXISTES!!!

La fin du monde est arrivée! Tous à vos shotguns!

Euh…Ça fait trois ans qu’elle critique la télé et les comics sexistes, et il y a toujours de la télé et des comics sexistes. Mais ça veut rien dire, c’est pas des produits culturels importants comme les jeux vidéos…

Les menaces de mort et de viol on immédiatement débuté. Et pourtant, Anita avait un objectif d’amasser 6 000$ pour acheter les consoles, jeux et différents équipements pour sa série. Avec tout le foin qui a été fait autour de sa campagne Kickstarter, elle a ramassé …

15 000$.

POUAHHHHHH!!!!!!!!!!!!

Vu tout ce succès, Anita a décidé d’élargir son analyse et de retarder la production de la série d’un an.

Le hasard a voulu que le premier vidéo soit publié en plein débuts du GamerGate.

Et vous devinez le reste de l’histoire. Anita et son conjoint sont présentement sur la route, car leur adresse a été publiée et des menaces directes leur ont été envoyés à tous les deux. Les parents d’Anita reçoivent quotidiennement un lot de haine et de menaces de mort (leur adresse a aussi été publiée) pour avoir mis l’Antéchrist au monde. Depuis août, chacune de ses apparitions publique a été faite sous la menace d’attaques à la bombe ou autres actes de violence.

Attention, le contenu de l’image suivante est dérangeant en calisse.

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Je vous rapelles que tout ceci est fait au nom de la défense des JEUX VIDÉOS. Vraiment, ces gens sont des pionniers des droits sociaux. Des fucking Malcom X…

Jusqu’au 14 octobre 2014, alors qu’à la veille d’une conférence d’Anita à l’université d’état de l’Utah les responsables ont reçu plusieurs messages promettant la « pire tuerie par arme à feux de l’histoire » si la conférencière se présentait le lendemain. Et en lisant les extraits rendus publiques, j’ai vu écarlate.

Ce malade mental faisait référence au « Montreal shootings ». Dans le sens de Polytechnique. Il se prend pour l’héritier de Marc Lépine.

Pas de mots.

Tout simplement pas de mots.

Je n’ai pas de mots pour dire dans quel état ces deux mots m’ont mise. Je pleurais de rage, de déception et de tristesse.

Je n’ai pas connu de victimes de la tuerie du 6 décembre 1989, mais j’avais 9 ans à l’époque. Je me souviens des parents détruits à la télé, de ma mère figée devant l’écran, le visage inondé de larmes, des informations qui sortaient sur les motivations de Lépine et de cette réalisation terrifiante: Être une fille, c’est dangereux. Juste parce que j’étais née avec une vulve, j’étais en danger.

Et ce tas d’ordure se vante de faire « mieux » que Marc Lépine?

Fuck you, with a rusty crowbar, you despicable shitbag full of rotten pus!

L’Utah étant un État permettant le transport d’une arme cachée avec détention d’un permis, ce qui veut dire que légalement, ni l’université, ni la police ne pouvait fouiller les participants et refuser l’accès aux armes sur le campus ou dans la salle de conférence, Anita a pris la décision d’annuler la rencontre. Si elle participe régulièrement à des aparitions publiques malgré que sa vie soit menacée, elle ne pouvait en bonne conscience, mettre la vie des collégiens de USU en danger. Comme elle l’a dit, ce n’est pas la menace qui l’a fait plier, mais le fait qu’elle ne peut pas prendre les mesures pour assurer sa sécurité et, surtout, celle des innocents sur le campus.

Mais allez-y GamerGaters, continuez à dire d’un côté que vous n’êtes pas parmis les harceleurs, tout en continuant de défendre une étiquette que ces ordures utilisent sans gêne pour justifier leur misogynie putride!

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Ok mon petit, logique très solide là, c’est très rassurant tout ça…

Oh! Et j’allais oublier le dernier argument: Zoe et Anita auraient, selon certains, CRÉÉ DE TOUTES PIÈCES tous les comptes Twitter et les screencaps qu’elles ont partagées pour dénoncer la violence qu’elles subissent. Pour attirer l’attention, et pour se faire du capital de sympathie. Le victim blaming dans sa forme la plus pure!

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Ce serait drôle, si c’était pas si pathétique.

Quelqu’un a dit dans un article que les GamerGaters qui crient haut et fort qu’ils sont contre le harcèlement sont comme les membres du KKK qui disaient qu’ils ne détestaient pas les noirs, ils sont juste fiers d’être blancs.

Ok dude, je te crois sur parole, t’es là pour la défense de l’intégrité journalistique …

Je vous ai exposé ici les deux principales victimes du GG, mais plusieurs femmes dans l’industrie du jeu ont été attaquées, certaines ont simplement décidé d’abandonner leur passion et de changer de carrière. D’autres se battent, et en paient le prix. Comme Brianna Wu, la dernière en date à avoir dû partir de chez elle après des menaces.

De nombreux sites et personnalités ont reçu des hatemails pour avoir critiqué GamerGate ou simplement pour avoir partagé une des vidéos d’Anita Sarkeesian. Encore aujourd’hui, Twitter est rempli d’angry eggs (des comptes anonymes ayant l’avatar par défaut de twitter, un oeuf, créés simplement dans le but de dire le plus d’horreurs possibles avant de se faire éjecter par le site) qui se jettent sur toute personne qui ne chante pas les louanges de GamerGate et ne partage pas l’opinion des VRAIS gamers.

Et les appels à la violence continuent, et vont continuer pendant longtemps. Et, j’ai peur de l’admettre, probablement jusqu’à ce qu’un drame comme celui dont je parlerai dans mon billet de lundi se produise.

Je pries tous les soirs qu’on en arrive pas là. J’ai malheureusement peu d’espoir.

Bon, on va finir en moins déprimant. Quand on ne peut pas en pleurer, vaut mieux en rire. Voici deux séries de Tweets qui se moquent du mouvement GamerGate.

Ici Lindsay Ellis utilise l’identité de son idole d’enfance STARSCREAM pour tenter de devenir la Chef du GamerGate. Starscream réussi aussi bien que lorsqu’il essaie de prendre la relève de Megatron:

https://storify.com/thelindsayellis/starscream-lord-of-gamergate

Dans le deuxième, Josh Langland essaie de trouver le prochain grand scandale d’internet (j’étais inspirée, vous verrez mes contributions sous le nom @Beludore):

https://storify.com/Beludore/the-next-great-internet-scandal

Je vous mets aussi tous les articles de Cracked sur le GamerGate, parce que c’est trop drôle de voir à quel point leurs pressions sur le site pour qu’il parlent d’eux leur a pété dans la figure:

http://www.cracked.com/blog/7-ways-gamergate-debate-has-made-world-worse/

http://www.cracked.com/quick-fixes/a-90-second-guide-to-determine-if-your-internet-cause-bs/

http://www.cracked.com/blog/4-ways-gamers-still-suck-at-dealing-with-women/

Et pour finir, Hey GAMERGATERS!

Go Fuck Yourselves.

Matante Elise out.

Les hommes aux hommes, les femmes aux deux et les autres…

Connaissez-vous l’échelle de Kinsey?

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L’étude d’Alfred Kinsey date des années 50 (en fait, la donné X n’avait pas de nom jusqu’à tout récemment, elle n’avait qu’une description disant « absence de désir sexuel ») et son célèbre rapport est contestable scientifiquement, mais c’était un début d’exploration de la sexualité humaine sans jugement moral, et beaucoup de ses découvertes ont inspiré la sexologie moderne. Je prend ici son échelle comme introduction sur un sujet hyper complexe et fascinant: l’identité et l’orientation sexuelle.

On dit que l’hétérosexualité est le « désir sexuel pour des individus de sexe opposé », l’homosexualité est la « déviation du désir vers le même sexe, tant dans les fantasmes que dans la relation corporelle. », et la bisexualité est formée de  « pratiques sexuelles aussi bien avec des partenaires de même sexe que de sexe différent. » (Larousse 2014)

J’attire votre attention sur le vocabulaire des trois définitions: L’hétéro est assez direct au point, l’homo parle de déviation du désir et la bi parle de pratiques sexuelles.

Hmmm, en 2014, être homo c’est dévier son désir, et être bi, c’est juste une question d’action sexuelle…

Le dictionnaire ne parle même pas d’asexualité : l’absence de désir sexuel. Oui ça existe, et c’est pas le résultat d’un abus sexuel ou d’un traumatisme, et je vais vous faire un billet juste là dessus dans pas très long, car c’est très peu connu et c’est vraiment fascinant pour une horny beast comme Matante Elise.

En fait, Matante va vous dire quelque chose qui risque de vous surprendre (ou pas trop pour ceux qui me connaissent bien): Je ne crois pas au concept d’identité ou d’orientation sexuelle. Biologiquement, je suis une femme, je m’identifies comme tel et je suis principalement attirée par les hommes,

bruns,

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avec des yeux pâles,

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une bouche bien dessinée

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une belle carrure,

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ou une barbe bien entretenue,

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ou toutes ces réponses:

Le moment où Matante Elise a vu Chris Evans avec une barbe, elle s’est mise à croire en un Dieu bienveillant qui l’aime.

Je dis principalement, parce que je vous jure que si Monica Bellucci me faisait des avances, je sauterais sur l’occasion tellement vite qu’on entendrait le pop de l’air qui claquerais en reprenant sa place à l’endroit où je me trouvais une nanoseconde avant d’avoir la face entre ses deux magnifiques seins. (J’ai soudain chaud…).

Je m’identifie comme hétérosexuelle, mais toute énervée que je sois dès que Chris Hemsworth enlève son chandail, je vais vous faire un aveux: j’adore les seins des femmes. J’ai toujours tendance à fixer un peu par là parce que je trouve ça beau et, dans certains cas, carrément attirant. Pour revenir à la superbe Monica, il y a des extraits du Pactes des loups et de Shoot’em up qui m’ont carrément émoustillée et c’était pas à cause de Clive Owen.

(aparté à propos de Shoot’em up, ce film contient la scène de sexe la plus glorieuse qu’il m’ait été donnée de voir dans ma vie. Monica en plein orgasme bruyant alors que les balles sifflent partout autour… c’est… Je … c’est… je pense que c’est de l’art surréaliste. J’arrive pas à décrire, j’ai peine à croire que cette scène existe pour de vrai. C’est tellement bizarre, du génie cinématographique.)

Pendant longtemps je me suis demandée si j’étais bisexuelle ou lesbienne. Honnêtement, j’en sais vraiment rien. Je pense que si je tombais en amour avec une femme, ce serait pas la fin du monde, mais à date, je suis juste sortie avec des hommes. Et j’ai connu des lesbiennes, mais aucune qui ait même passée proche d’émouvoir mes bobettes. Si on demande au Larousse, je suis hétro et homo, mais pas bi. Je suis attirée par le sexe opposé, j’ai parfois des fantasme sur le même sexe, mais je n’ai pratiqué qu’avec des hommes. J’ai connu des gars qui avaient eu une ou quelques aventures homosexuelles, mais qui se définissent comme hétéro et sont en couple stable avec une femme depuis longtemps et ne se remettent pas en question du tout. Mais Larousse dirait qu’ils sont bi. Wow, c’est tellement clair là, j’en ai mal aux yeux…

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Alors, la conclusion à laquelle je suis venue est semblable à celle de Kinsey: il n’y a pas d’absolut dans l’orientation sexuelle, elle est fluide et il n’est pas anormal de ne pas être 100% un ou l’autre ou même 50/50. Et elle varie toujours un peu au cours de notre vie, même si la majorité des gens ont une prédominance d’un bord ou de l’autre. Ou si vous préférez: ON S’EN FOUS!!!

Et l’identité sexuelle là dedans?

Ben avant de déterminer si vous être gay, hétéro, bi ou pan-sexuel, faut déterminer d’où vous partez.

Permettez-moi de vous présenter Ven Gethenian:

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Alors, donnez votre vote: garçon ou fille?

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Pensez-y comme il faut là.

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La réponse: ben, c’est pas si simple que ça. Ven se décrit comme (et je vais utiliser la terminologie anglaise car il n’y a pas encore d’équivalent français): Queergender lesbian assexual.

Queergender: ne s’identifie ni comme un homme, ni comme une femme.

Lesbian: femme aux femmes.

Assexual: sans désir sexuel.

Ok, minute, pas sûre, faut que j’y pense…

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Dans le pantalon de Ven, il y a une vulve. Mais il préfère qu’on l’identifie avec le pronom masculin, plus neutre. Il est marié à une femme et ils ont une fille de 8 ans qui l’appelle papa.

Certains d’entre vous doivent penser que Ven est une @/%?&* de folle qui a besoin d’une bonne thérapie. Et vous dire qu’une lesbienne asexuelle, c’est un peu contradictoire.

Pas moi. Pas du tout. Ven est bien dans sa peau, sa femme l’adore et c’est réciproque, c’est un excellent artiste et une personne merveilleuse. (et il y aura un billet sur lui dans mes Samedi de la Muse).

Et l’asexualité est aussi complexe que toutes les autres orientations, mais on explorera ça ensemble dans un autre billet.

Ma collègue Michelle m’a parlé d’un camarade de classe de ses fils qui pendant l’été a changé d’identité sexuelle. Diego a commencé à porter des robes et a changé de nom (je ne me souvient plus de son nouveau nom, mais c’est pas Dora, j’ai fait la joke quand Michelle m’en a parlé). Elle m’en parlait à cause de l’extraordinaire réaction de ses fils et de leurs amis face à cette nouvelle petite fille: c’est à dire qu’ils s’en foutent complètement. Ex-Diego est maintenant une fille, et c’est tout, c’est pas grave. C’est cool. Elle était visiblement mal à l’aise avec le concept d’un transgenre de 8 ans, mais tout à fait fière et admiratrice devant la superbe réaction des enfants. Avec raison. Jamais à l’époque où j’avais 8 ans un garçon n’aurait pu devenir une petite fille tout à coup sans se faire regarder croche et traiter de tapette ou d’autre nom full classy dans le même genre.

Pour l’instant, la plupart des chercheurs en psychologie du développement s’entendent pour dire que l’identité sexuelle se précise vers 4 ans chez un enfant. Il y n’a vraiment presque pas de chances que ex-Diego change d’idée et veuille redevenir un garçon. Il est fort probable qu’on ait expliqué à ses parent que pour lui éviter des problème d’identité, il serait préférable de la laisser s’identifier comme une petite fille en attendant sa puberté pour démarrer un éventuel traitement hormonal et se préparer à une chirurgie de réattribution sexuelle.

Comme l’expliquait ma belle Laci adorée, les genres binaires (fille/garçon) est un concept occidental. En Inde, il y a les Hijra, les Fa’fafine en Polynésie, les Khanith au Sultanat d’Oman, le troisième genre est un concept répandu au Moyen-Orient et en Asie. (attention, même si le troisième genre est officiellement reconnu dans ces pays, la stigmate sociale est encore très grande.)

D’où ça vient tout ça? Comment on devient transgenre?

Je sais pas, un surplus d’hormones pendant la grossesse, une névrose de la mère, une soirée trop arrosée dans le laboratoire du Bon Dieu, un bogue dans la Matrice, on s’en fout. Le fait est que si Georgette se sent plus comme un Gérard, c’est pas une mini-jupe qui va le faire sentir bien dans sa peau. Et c’est fucking pas de nos affaires.

Bon ok, mais les travestis là dedans?

Ben mon avis là dessus: Heille, les filles ont toutes le beau linge et le maquillage hot, on peut bien partager non? Pis si t’es game pour porter des talons haut à 6 pied 2, 200 lbs, t’es plus courageux que moi. You go girl!

Travesti ou transgenre, ça vous fait pas mal tant qu’ils ne vous sautent pas dessus pour vous agresser non? ( et les agresseurs sont pas plus fréquent chez les transgenre que chez les « normaux »)

Moi, j’aimerais beaucoup avoir une amie drag-queen qui aurait peut-être des trucs pour habiller ma carrure de joueur de football…

Alors, est ce que Matante vous dit de remettre votre orientation sexuelle en question? Non, pantoute, elle vous dit juste que si vous êtes pas certains à 100%, ben c’est VRAIMENT normal et que tout est possible. Mettre un nom dessus peut aider à bien se sentir dans sa sexualité et à accepter les titillements occasionnels à l’autre extrémité du spectrum, mais c’est pas obligatoire. Moi, je suis une femme cisgenre velue et carrée hétéro avec fantaisies lesbiennes occasionnelles et j’ai décidé que c’était correct que je me sente drôle en regardant « Howling 2 »

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Holly god of cleavages, cette poitrine est extraordinaire…

Peut-être que le terme de pansexuelle pourrait s’appliquer dans mon cas, je sais pas, je vais continuer d’y penser…

Au prochain épisode: on parles de guidounes!

Full de poils

J’aime pas ça me montrer toute nue.

J’accepte mes kilos en trop, mes vergetures, mes seins tombants et mes fesses plates, mais il y a une idée avec laquelle la pub, la télé et les films ont vraiment réussi à m’endoctriner : le poil sur une femme, c’est yark caca. (l’utilisation du langage enfantin est volontaire, car ma logique me dit que mon dégoût est immature, mais je n’arrive pas à être logique à ce aujet, comme vous le verrez)

Et j’ai la chance extraordinaire d’être une femme particulièrement velue. J’ai une belle chevelure épaisse et fournie qui me donne l’air du roi lion quand je me lève le matin et que m’envient la plupart de mes copines qui achètent 123 567 produits volumisants et passent 15 heures avec le sèche-cheveux à essayer de ressembler à Jennifer Anniston, alors que dans mon cas, ça arrive naturel.

Le hic, c’est que tout mon corps est dans la même situation, la tête, les sourcils, le menton (beaucoup moins les deux derniers maintenant que l’électrolyse a fait son travail), les aisselles, les mamelons, les bras, les doigts, le ventre (le fameux « chemin du paradis ») l’entrejambe (c’est fourni à faire pâlir de jalousie une porn star des années 70, la grande époque du Bushy Pussy et ça dépasse sur mes cuisses de façon gênante) les jambes (l’hiver, je pourrais faire compétition avec certains des hommes les plus mâles que je connaisse) les fesses et le bas du dos (JAMAIS de pantalons taille-basse pour Matante Elise, à moins que je ne sois en costume de loup-garou) les pieds et les orteils.

Et pourtant :

  • Je hais intensément et viscéralement me raser, m’épiler, me crémer et l’électrolyse.
  • Je sais que pour des raisons d’hygiène, les parties génitales devraient garder au moins partiellement leur pelage, car le poil réduit les chances d’infections à levure et un mont de Vénus tout nu, ça pique en calvince (oui, je sais ça par expérience).
  • Une bonne hygiène élimine la nécessité de se raser l’entrejambe et les aisselles puisque les odeurs ne viennent pas des poils et disparaissent avec de l’eau et du savon utilisés de façon régulière. Ce n’est donc pas une question de propreté.

Donc, je devrais logiquement pouvoir faire la paix avec mon Sasquach body, comme je l’ai fait avec mes autres problèmes d’image de soi, mais je n’y arrive pas.

L’hiver, je ne me rase pratiquement jamais. Parce que j’haïs ça, que je suis couverte et parce que c’est du temps que je peux utiliser à faire des choses plus utiles, comme surfer sur Tumblr et dormir. Je n’ai jamais rasé mon dos et mes fesses, parce qu’habile et flexible comme je suis, je suis convaincue qu’une tentative se solderait en une visite à l’urgence très douloureuse et humiliante (cela venant d’une fille qui doit régulièrement montrer son anus DE L’INTÉRIEUR à des professionnels de la santé, vive la maladie de Crohn, je n’ai plus aucune pudeur).

Je regarde les films et la télé et je n’ai JAMAIS de toute ma vie, vu une fille qui avait du poil apparent sur les fesses ou dans le bas du dos. Oh! je me souviens très clairement du mouton entre les jambes de Marie-Josée Croze dans Maëlstrom, mais elle avait les fesses douces comme celles d’un bébé. Les miennes aussi sont douces, mais plus comme le dos de mes deux chats, Grimon et Molly. Même dans les histoires médiévales, toutes les femmes ont les jambes et le popotin imberbe, on leur laisse en général le buisson ardent, mais trimé au max et, dans les cas où le réalisme est poussé à l’extrême, quelques poils aux aisselles. Alors que moi, je me promène avec de quoi régler tous les problèmes de calvitie dans la LNH sous mes bras et la moumoute de Passe-Montagne dans les culottes.

« TMI Matante Elise », que je vous entends dire dans votre salon. Mais restez avec moi un peu.

Je parle ici de mes problèmes d’image de soi parce que c’est à la base des problèmes que j’ai dans ma vie sexuelle. Et comme je veux qu’on amorce un dialogue adulte sur la sexualité dans notre société, je me dois de montrer l’exemple.

Ça fait 10 ans que je suis célibataire et que je ne suis pas active sexuellement dans le sens médical du terme. (Personnellement, je considère que j’ai une vie sexuelle active et satisfaisante parce que ça fait longtemps que j’ai appris que la masturbation ne rendait pas sourd et qu’en fait, elle développait les zones érogènes, ce qui rend la danse à deux encore plus intéressante). Et quand je pense à éventuellement tomber en amour et recommencer la valse de l’arrachage de linge passionné (dans ma tête, en général avec Chris Evans, Michael Fassbender ou Benedict Cumberbatch, dépendant si j’ai regardé Captain America, X-Men ou Sherlock le plus récemment), j’ai encore et toujours la hantise de me montrer le pelage. OK, dans ma vie de débauchée passée, la question se réglait comme ça : Matane fermait la lumière avant de danser le tango horizontal et essayait de se convaincre que son chum n’avait pas le sens du toucher assez développé pour sentir la fourrure de son bas du dos. Mais, si on pense à une relation à long terme et à explorer des avenues sexuelles nouvelles (vous découvrirez dans les prochaines semaines que si je ne suis pas extrêmement expérimentée, je suis ÉNORMÉMENT ouverte d’esprit), il va bien falloir que je me montre dans mon plus simple appareil à la clarté un moment donné.

Alors voilà mon défi, accepter le fait que je ne suis pas assez riche pour un traitement au laser à la grandeur du corps et faire confiance au fait que mon prochain conjoint n’aura pas trop de dégoût à coucher avec Bigfoot.

Quel est le vôtre? Pas besoin de le partager dans les commentaires si vous ne voulez pas, mais j’aimerais que vous vous posiez la question à votre moi-même : Qu’est-ce qui me freine dans ma sexualité et qui m’empêche peut-être de faire des choses dont j’aurais envie? C’est pas obligé d’être physique, ça peut être quelque chose que vous avez toujours voulu faire sans oser. Essayez d’explorer pourquoi vous vous privez et restez à l’antenne, on va continuer à s’enfoncer dans le terrier du Lapin et discuter des aspects de la sexualité moderne et comment se sentir bien avec les envies de son pipi (et aussi avec ses envies de pipi, si c’est votre truc).

AVERTISSEMENT AVERTISSEMENT AVERTISSEMENT AVERTISSEMENT

Dans les prochains jours/semaines, je vais vous parler de sexualité et de mes réflexions sur le sujet. Mon but est de me positionner personnellement par rapport à ma vision de ma sexualité et de questionner mes opinions et me mettre au défi intellectuellement. J’ai choisi de faire cette démarche de façon publique parce que j’ai envie d’une conversation franche et adulte sur le sujet et je sais que je ne suis pas la seule. Le sexe est partout dans notre culture, nous somme tous constamment en contact avec la sexualité, mais dès qu’on en parle sérieusement, tout le monde se transforme en novice de couvent qui ne sais pas la différence entre les petites filles et les petits garçons. On se cache derrières nos mains et on a un petit rire gêné.

Je vais vous parler de sexe de façon adulte et précise, sachez donc que:

1- Matante Elise n’est pas une sexologue (je suis une secrétaire cochonne à la place), mais elle a un sexe, elle s’en sert et ces billets contiendront beaucoup d’info sur ma sexualité, je ne me cacherai pas, il y aura probablement du TMI (too much information) pour certains. Mais c’est le seul repère que j’ai et j’espère que mes aveux candides et comiques vous inspireront à ouvrir le dialogue plutôt que de vous choquer.

2- Je vais parler de plusieurs aspects de la sexualité, certains seront positifs, d’autres controversés et d’autres carrément négatifs et/ou terrifiants. Et je ne parlerai pas seulement de pratiques que j’approuve, mais aussi de choses qui vont à l’encontre de mes valeurs et que je trouve personnellement répugnantes. Soyez-en conscient et gardez l’esprit ouvert. Il sera entre autre question de :

l’image corporelle personnelle et publique,

les réseaux sociaux par rapport à la sexualité, le cybersexe, le revenge porn,

l’anatomie sexuelle et son fonctionnement,

les pratiques sexuelles autres que la pénétration vaginale: la masturbation, le sexe anal, le sex oral, le fingering, le fisting etc.

d’identité sexuelle incluant: homosexualité, asexualité, bisexualité, transsexualité, « genderqueer »

BDSM, poney play et le role playing sexuel,

fétichismes (incluant uro et scatophilie),

le casual sex, les relation ouvertes, l’échangisme, les ménages à trois,

La culture du viol, les agression sexuelles, le slut-shaming, la dégradation sexuelle, le victim blaming,

la bestialité et la pédophilie,

le féminisme, la mysoginie et la mysandrie dans l’optique sexuelle

le consentement enthousiaste, les jouets sexuels, la pornographie, la littérature érotique.

3-Le ton des différent billet va varier selon le sujet (je ne m’attend pas à faire beaucoup de joke sur la culture du viol, mais il y aura sûrement quelques rigolades sur le sexe anal ou les vibrateurs et assurément beaucoup de blagues sur mon image corporelle) et je vais essayer d’énoncer clairement le sujet de chaque billet dans le titre, libre à vous d’éviter ceux qui vous rendent particulièrement mal à l’aise. Cela dit, j’espère que vous essayerez comme moi d’avoir un esprit ouvert et une curiosité saine et que vous lirez tous les billets. Mais rien ne vous y oblige et je ne jugerai personne.

4-Il n’y aura aucune photos nues ou pornographique dans les billets. Donc Safe for Work, mais le langage sera cru. Je suis d’avis que la lecture en sera bénéfique pour toute personne ayant débuté sa puberté depuis quelques mois. J’ai la conviction personnelle que de cacher la sexualité et tous ses aspects aux jeunes est extrêmement dommageable et encourage la honte et les fausses idées destructrices. Je crois que d’en parler de façon adulte, positive et claire (et pourquoi pas ludique) les encouragera à prendre des décisions éclairées et matures face à leur sexualité le moment venu. Cela étant dit, la décision de quand et comment aborder le sujet de la sexualité avec un mineur appartient aux parents à 100%.

5- Je vous encourage, non, laissons la fierté de côté, je vous supplies à genoux de commenter, donner votre opinion, poser des questions, suggérer des sujets et de PARTAGER les billets. Partagez, partagez, partagez. Je cherche à nourrir ma réflexion et vos opinions, tant qu’elles resteront respectueuses, seront autant d’éléments qui serviront exactement à atteindre ce but. Plus on sera de fous mieux se sera. Je veux une orgie intellectuelle bon!

J’ai déjà un billet d’enregistré et de programmé pour demain, je vais en écrire d’autres dans les prochains jours, mais je vais essayer de me limiter à en publier maximum 2 par semaine, question de ne pas gaver les gens.

Ok, c’est parti!