Le remède miracle.

Ce midi, j’ai regardé la conférence TED Talks de Monica Lewinsky sur la cyberintimidation.

Pour l’instant il n’est disponible qu’en anglais, mais d’ici peu vous devriez avoir accès aux sous-titres en français. TED est assez efficace pour la traduction.

L’intimidation est un sujet à la mode ces temps-ci, tellement que les professeurs, directeurs et travailleurs sociaux de certaines écoles en font des cauchemars. Je travailles au ministère de la Famille, on est TRÈS au courant de la définition de l’intimidation, c’est notre Ministre qui est responsable du dossier et donc certaines directrices ont frappées des murs quand elles ont tenté d’accuser les fils de mes collègues d’êtres des intimidateurs sans fondement. Mais c’est un autre sujet et je n’ai pas les compétence pour en parler.

Ce que je connaît très bien par contre, c’est l’humiliation et ses répercussions.

C’est vrai que l’école est un terreau fertile pour l’intimidation et l’apprentissage de l’humiliation comme arme de destruction massive, mais le problème ne s’arrête pas à la sortie du secondaire, loin de là.

C’est un réflexe humain que de penser qu’en prouvant que quelqu’un est moins bien que nous, nous allons nous valider et se sentir mieux.

Encore aujourd’hui quand je commente un post publique sur internet (et ce, peu importe le ton de mon commentaire, calme et informé ou agressif et émotionnel, ça ne change rien, la réponse est toujours la même), il y a toujours un commentateur hyper intelligent et mature (ou une commentatrice hyper intelligente et mature, la méchanceté est un des rares champs de la société ou l’égalité est effective, et l’âgisme innexistant, tous les âges, origines ethniques et sexes et, j’imagine, les orientation sexuelles, sont représentées) qui va jeter un coup d’oeil à ma page, voit une photo de moi et décide que le fait que j’ai un surplus de poids rend IMMÉDIATEMENT tous mes arguments totalement invalidés parce que je suis une grosse. Et je me retrouve inondée insultes sur mon poids et mes supposées frustrations sexuelles qui justifieraient que je prenne le risque de m’exprimer en publique. Parce que les grosses madames sont censées ne pas exister, et s’exprimer en publique est une offense qui autorise toutes les tactiques nécessaire pour faire cesser cette insulte à l’univers qu’est le fait que j’existe sans avoir un corps de mannequin. Si j’avais le dit corps de mannequin, je supposes que les jokes de bimbos remplaceraient celles de grosse vache.

En quoi mon poids a rapport à moins que je ne commente sur la difficulté magasiner quand on habille une taille 0, je ne sais pas, mais c’est inévitable, à tous les coups, la grosse mal baisée s’énerve parce que personne veux la fourrer. (Les termes exacts, à tout coups, ils sont vraiment hyper originaux).

Franchement, ce qui est le plus insultant, c’est pas de me faire traiter de grosse torche en manque de sexe, c’est le peu d’imagination que ces gens ont. Quoi, je ne mérite même pas que vous fassiez un petit effort d’imagination? Vous pensez être les premiers à me la sortir? Comme on, un peu d’efforts! Je serais même soulagée d’en avoir un qui me passe un commentaire sur mes lunettes ou mes cheveux courts, ça ferait changement…

Je ne m’étendrai pas sur le divan virtuel et vous parler de tous les dommages que ce genre de commentaire a sur moi, franchement, rendue à pratiquement 35 ans, je deal assez bien avec. Mais je ne vous dirai pas que ça ne me fait rien. C’est faux. Et ne croyez jamais quelqu’un qui vous dit que ce genre de commentaires ne leur fait rien. C’est faux. On apprend a vivre avec et on apprend à cesser de croire les imbéciles, mais ça pique toujours sur le coup. Et ça piquera toujours. C’est surtout de faire la paix avec le fait que ça piquera toujours qui est difficile. Mais c’est possible.

En vous disant ceci, je ne veux pas m’apitoyer sur mon sort, j’ai un sort pas trop mal en fin de compte. Oui c’est frustrant que les gens accordent plus d’importance à ce que j’ai l’air plutôt qu’à ce que j’ai à dire, mais c’est pas ça qui va m’empêcher de parler. Je dirai toujours ce que j’ai à dire et j’ai une excellente maîtrise de la fonction bloquer sur Facebook et de l’option silence de Twitter (qui devrait aussi être offerte sur Facebook en passant, parce que contrairement à la fonction bloquer, elle vous épargne les publications de l’abuseur, mais il ne le sait pas, et donc ne peux pas se glorifier d’avoir “gagné” un argument à coup de dégueulasseries) donc ce n’est pas demain la veille que je vais être chassée d’internet à cause de jokes de grosse. Je suis une nobody, ça a ses avantages.

Pour d’autres, les conséquences sont beaucoup plus graves et douloureuses. Mme Lewinsky est officiellement la première d’une longue série de personnes qui ont vu l’internet leur dérober toute leur dignité. Zoe Quinn, Anita Sarkeesian et Brianna Wu sont les trois symboles actuels de l’abus que des milliers de personnes subissent en ligne.

D’où vient cette cruauté? Ce n’est pas internet qui l’a créée, je la subissait bien avant ma première visite sur le www, le web lui a seulement donné une nouvelle avenue d’expression. Cette avenue semble encore, (mais est de moins en moins, j’y reviendrai) un lieu d’impunité, une tribune ou s’exprimer sans avoir à répondre de ses actes. Cette avenue d’expression a permis à des milliers de gens ostracisés de trouver un refuge ou être qui ils sont vraiment, homosexuels, transgenre, hadicapés, anxieux, dépressifs, etc. Tous ces gens que la société en général juge et rejette ont pu partager leurs expériences sans peur avec d’autres et briser leur solitude. Et c’est extraordinaire et le plus grand accomplissement d’internet. L’anonymat en ligne permets aux victimes d’abus de demander de l’aide, aux fétichistes de vivre leur sexualité sans peur à plein de gens blessés de trouver le réconfort, l’affection, l’acceptation et la sécurité que le monde hors-ligne leur refuse.

Malheureusement, dès les débuts d’internet, et encore plus maintenant avec l’avènement des réseaux sociaux, beaucoup ont profité de cet anonymat pour propager la haine et laisser aller leur cruauté à des niveaux mortels. Mme Lewinsky parles d’elle même, la première victime d’humiliation en ligne à l’échelle mondiale, et du cas de Tyler Clementi dans son allocution. Je vous ai déjà parlé dAudrie Potts et Reteah Pearson dans ce blogue. L’humiliation publique a des conséquences mortelles. Des membres virulents du Gamergate essaient ouvertement depuis août dernier d’utiliser le passé de dépressive de Zoe Quinn pour la pousser au suicide en usant de toutes les informations, vraies ou mensongère, sur lesquelles ils mettent la main pour l’humilier, la menacer, lui faire mal, détruire sa carrière, la forcer à se cacher. On parles ici ouvertement chercher à faire mourir quelqu’un à force de torture mentale.

C’est impossible pour moi de rester silencieuse face à ce genre de choses. Je ne suis personne, mais j’ai une grande gueule et j’ai fermement l’intention de m’en servir. Ce blogue où je discute des sujets qui me tiennent à cœur est une façon que j’ai d’essayer de faire prendre conscience aux gens des conséquences de leurs actions.

J’ai aussi commencé à commenter les différents status et posts qui véhiculent des messages avec un fond d’humiliation. Même si on parles de simple blagues, et que personne n’est nommé, de sous entendre que la peine d’amour d’une personne n’a pas de valeur parce qu’elle a eu beaucoup de partenaires sexuels véhicules le principe du slut-shaming (oui, c’est de là que vient mon billet à la défense des filles faciles de la semaine dernière). Qui êtes-vous pour décider à la place de quelqu’un d’autre de la valeur de ses sentiments? Qui êtes-vous pour prétendre connaître sa valeur morale?

Je ne le fais pas pour faire taire les gens, vous avez le droit de trouver la blague drôle et de la partager, je veux simplement que vous preniez 5 secondes pour penser à la signification de votre joke, et aux conséquences que ce genre de commentaire peux avoir lorsqu’il est tellement véhiculé “à la blague” qu’il devient une vérité immuable. L’idée n’est pas de tuer l’humour, mais de nourrir la réflexion, et je pense que tout comique qui se respecte cherche à faire réfléchir en même temps que rire, donc assumez votre côté humoriste jusqu’au bout.

Libre à vous d’en faire ce que vous voulez, vous pouvez effacer mon commentaire s’il ne vous plaît pas, (oui c’est tout à fait possible sur Facebook, vous avez le contrôle des commentaires de vos posts, vous pouvez me demander comment, ça va me faire plaisir de vous l’expliquer) mais sachez que je ne juge pas votre valeur en tant que personne et que je ne cherche pas à me lancer dans un débat sur votre droit à l’expression. Vous avez le droit de vous exprimez comme vous le voulez, mais ce droit s’étend à tous et donc, j’utilise le mien pour exprimer mon point de vue sur la blague. En aucun cas je ne cherche à vous faire retirer votre post ou a ce que vous vous excusiez ou défendiez votre point de vue. Je veux juste vous faire réfléchir, c’est tout.

Je ne suis pas un ange, et je partage des jokes sur internet qui, j’en suis certaine, véhiculent parfois des messages plus ou moins recommandables. Personne n’est parfait, et j’assume totalement mes actions. Donc vous pouvez aussi commenter mes jokes si vous les trouvez douteuses. Et si vous voulez débattre plus en profondeur du sens profond de mes jokes de pets, ou de vos jokes de blondes, la messagerie directe est peut-être plus appropriée que les commentaires. J’ai confiance en tous mes amis Facebook pour avoir l’intelligence de débattre du sujet plutôt que de monter dans les brancards et s’abaisser aux jugements personnels, cependant, je sais d’expérience que ce n’est pas nécessairement le cas de tous vos amis.

Chacun de mes billets résulte en une discussion en profondeur du sujet avec un de mes amis sur Facebook messenger et j’aime beaucoup nos joutes intellectuelles, surtout parce qu’elles restent entre moi et lui et un troisième parti ne s’ingère pas dans notre discussion pour me traiter de fru qui aurait besoin d’une bonne baise pour me changer les idées et me faire descendre de mes grands chevaux. Je vais donc mettre le lien à ce billet avec mes commentaires pour vous rappeler qu’elle est l’intention de mon commentaire et pourquoi ce n’est ni une attaque, ni un jugement sur vous, mais bien une invitation à la réflexion.

L’idée est de muscler notre réflexe de compassion. Parce qu’il est atrophié. La société nous encourage à qualifier la souffrance des autres, « un cancer est beaucoup plus grave qu’une dépression », pourtant les deux sont des poisons à action lente qui peuvent vous mener à la mort. « S’attarder sur le sexisme en occident est tellement futile quand on pense à toutes ces femmes qui souffrent sous l’égide de l’EI » (en passant, je hais l’expression État Islamique, parce que c’est un nom qu’ils ont usurpé et ils n’ont rien à voir avec la vraie religion musulmane), pourtant, les gens qui disent ceci ne font pas plus pour les femmes de Syrie que celles de Saint-Rédempteur. Mais dès qu’on considère la compassion comme un bien non renouvelable, on doit marchander et la conserver seulement pour les “vraies” causes.

Je hais ce système de pensée. C’est totalement faux. La compassion est infinie et c’est le remède à tellement de maux. Ça ne coûte rien et ça nous fait du bien autant qu’à la personne qui la reçoit. Éliminer les pensées méchantes, travailler a devenir quelqu’un de meilleur, c’est d’abord et avant tout à soi que ça sert. Apprendre à s’ouvrir aux autres nous apprend à nous ouvrir à nous-mêmes, car la première victime de notre manque d’empathie, c’est la personne dans le miroir. Nous avons très peu de compassion pour nous-mêmes, parce que la société nous juge durement et nous encourage à juger durement. Ça commence par soi, et ça doit finir par soi.

Ce n’est pas facile, le réflexe ne se cultive qu’à long terme, mais les bénéfices sont immédiats. Dès le moment où on identifie notre côté méchant, qu’on l’accepte et qu’on essaie consciemment de le corriger, on se sent immédiatement mieux. La culpabilité est un sentiment inutile à long terme, elle nous sert à identifier nos mauvais comportement, mais il ne faut pas la laisser nous empêcher d’avancer.

L’idée est de consciement se dire “ok, ce que j’ai fait/dit/pensé n’était pas très gentil.” ensuite, si vous avez fait de la peine à quelqu’un, vous vous excusez. Ne cherchez pas à justifier ce que vous avez fait ou dit. Vous dites seulement que vous êtes désolés et que ça ne se reproduira plus. N’attendez pas son pardon, ce n’est pas à vous d’exiger quand, comment et pourquoi une  personne devrait cesser de se sentir blessée. Vous prenez ensuite des mesures afin que la situation ne se reproduise plus. Souvent, la prise de conscience en soi est suffisante pour vous faire réfléchir avant d’agir à l’avenir. Si la méchanceté s’est passée seulement dans votre tête et qu’elle n’est pas sortie, c’est génial. Vous n’avez qu’à reconnaître que ce n’était pas une pensée gentille et à la corriger consciemment.

Ouais, je sais, je sonne comme une animatrice en pastorale. Ce n’est pas pour rien que la plupart des religions enseignent la compassion. Si on regardes les textes sacrés à l’origine, l’islam, le christianisme, le bouddhisme, le judaïsme et l’hindouisme prêchent tous la compassion et la générosité. Le problème n’est pas l’intention, mais l’application.

Je ne prêche pas à travers mon chapeau quand je parles de l’entraînement à la compassion. Je pratique ceci depuis un bon bout et je témoigne à 100000000% de l’efficacité et des bienfaits de la pratique de la compassion. Les bénéfices personnels sont immédiats, et justifient à eux seuls l’exercice. Pensez-y un peu, en devenant une meilleure personne, vous êtes plus agréables aux gens autour de vous, vous faites moins de peine, volontaire ou non, à vos proches, mais en plus, vous vous aimez plus et vous vous sentez plus solide et mieux dans votre peau. TOUT LE MONDE EST GAGNANT.

Hey, je suis terriblement optimiste, je sais. Je ne suis pas naïve au point de croire que ce billet va créer une armée de Mère Thérésa qui vont faire la paix dans le monde à coup d’amour. Mais si je peux vous encourager à réfléchir aux autres et qu’un seul d’entre vous devient une personne plus empathique grâce à mon « missionarat » je serai très contente. Ce n’est qu’une goutte, mais c’est avec ça qu’on débute un océan.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

La licorne facile.

Je me suis récemment fait accuser de défendre les filles faciles.

Euh, c’est pas vraiment l’accusation du siècle, ni une insulte, parce que c’est totalement vrai. Oh que oui Matante défend les filles faciles, et comment!

Je l’ai dit et je le répète, le féminisme auquel j’adhère est sexuellement positif. Je suis totalement contre les systèmes de pensée misogynes qui régulent la sexualité féminine en disant que la valeur d’une personne est en relation avec le nombre de partenaires sexuels qu’elle a eue dans sa vie. Plus précisément, que la valeur d’un homme augmente à chaque « conquête » et celle d’une femme baisse à chaque « reddition ». Je revendique le droit aux femmes d’avoir une sexualité désinvolte si elles le veulent et aux hommes d’avoir peu de partenaires si ça leur chante.

Parlons donc de la fameuse fille facile et du « danger » qu’elle pose à la société qui « justifie » toute la haine qu’on lui porte.

Alors, une fille facile, contrairement à une guidoune, ne fait pas que s’habiller sexy et flirter, elle livre la marchandise. On parles ici de la Marie-couches-toi-là. Celle qui, comme la rue Principale, se fait passer dessus par tout le monde.

Premièrement, des filles comme ça, c’est TRÈS rare. Oh ça existe, mais j’en ai pas encore rencontré qui n’avaient aucun standard et couchaient vraiment avec tout le monde. En général, même les filles les plus faciles que j’ai croisé dans ma vie avaient certaines exceptions. Mais mettons que cette Licorne cochonne existe vraiment. Quel serait donc le problème avec elle?

(Tous mes arguments valent aussi pour les « players » les hommes faciles, tant qu’ils ne sont pas des agresseurs sexuels déguisés. Consentement, consentement, consentement.)

1- Elle couche avec tout ce qui bouge.

Est-ce qu’elle viole qui que ce soit? Non? Ok, il est où le problème d’abord? Adultes consentants, donc c’est pas de vos affaires. Et en ayant plusieurs partenaires, elle acquiert de l’expérience et une bonne connaissance de son corps et ses désirs ce qui ne peux que lui servir dans le futur.

2- Elle va vous voler votre chum.

Non, elle cherche un trip de cul, pas un chum. Et si je reviens à l’argument des adultes consentant, ben, si elle couche avec votre chum, l’écœurant de l’équation c’est pas mal plus lui, et c’est tant mieux si elle vous a permis de voir son vrai visage tout de suite plutôt que dans 15 ans après trois enfants. Donc, merci fille facile!

3-Elle corrompt la jeunesse.

Là vous l’accusez de pédophilie et c’est un peu fort, on se calme calvaire!

4-Non, non! On veut dire qu’elle donne un mauvais exemple à la jeunesse.

Ah, ok, parce que c’est elle qui élève vos enfants! C’est elle qui leur apprend la différence entre le bien et le mal! Et cacher la sexualité aux enfant c’est la meilleure façon pour eux de prendre des décisions réfléchies et adultes par rapport à leur sexualité le moment venu. (je pense que je viens de péter mon sarcasme-o-mêtre)

Après tout, les endroits en Amérique du Nord où le taux de grossese chez les adolescentes est le plus élevé sont ceux où il n’y a pas d’éducation sexuelle dans les écoles. Et les endroits où il y a une éducation sexuelle complète, les jeunes perdent leur virginité en moyenne beaucoup plus tard.

Ce qui prouve que parler aux enfants du sexe les encourage à avoir du sexe jeune comment déjà?

5- Elle ne se respecte pas.

Expliquez-moi ça. Non sérieux, si vous mettez de côté l’idée qu’une femme n’a de valeur que lorsqu’elle est vierge, (parce que cibole on est en 2015, arrivez en ville) comment une femme qui couche avec plusieurs hommes ne se respecte pas? Je ne parles pas d’une victime d’abus, je parles d’une adulte qui a des relations sexuelles consentante avec plusieurs partenaires. Un gars qui fait la même chose est un player, il a la touch, c’est un séducteur, il a de la game. Mais une fille ne se respecte pas?

Moi je pense le contraire, elle respecte ses besoins et ses envies et elle découvre sa sexualité selon ses critères et non pas ceux de la société. Ses partenaires ne sont pas là pour lui enlever de la valeur, au contraire, ils lui font tous découvrir un nouvel aspect de sa sexualité, même une baise plate nous informe sur ce qu’on n’aime pas au lit.

6- Elle est pleine de maladies.

Qui vous a dit ça? Avez-vous son bilan médical?

Et si c’est le cas, c’est parce que les gars avec qui elle couche ne pensent pas à se protéger non plus, donc c’est un blâme qui se partage à deux. La contraception n’est pas l’obligation d’un seul partenaire et si tu couche avec une fille sans protection, ben assumes les conséquence comme un adulte. Anyway, les filles sexuellement aventureuses sont en général assez brillantes pour savoir comment éviter les MTS, probablement plus que celles qui se pensent tellement meilleures parce qu’elles ont acheté la bouillie sociale qui leur dit que le sexe est un acte à ne pratiquer qu’avec son « vrai amour » et que « quand on aime, on se fait confiance » donc on a pas besoin de se protéger.

6-Elle est incapable d’avoir une vraie relation.

Bullshit. La sexualité d’une personne est en constante évolution et une fille qui explore ses options n’est pas condamnée à passer sa vie en one night stands. Un moment donné, elle peut très bien changer d’avis et avoir envie d’un chum stable. Ou non, et c’est franchement pas un problème tant qu’elle ne fait de promesse à personne.

Le mythe de la Mauvaise Fille est un mécanisme patriarcal misogyne. C’est une facette très populaire du Girl Hate qui encourage les femmes à se voir comme des compétitrices pour les faveurs masculines. C’est une idée qui découle du mythe que les femmes bien n’aiment pas le sexe et qu’elles doivent limiter l’accès au sexe des hommes pour pouvoir les garder sous leur contrôle. Encore une fois, cette idée encourage aussi le préjugé que les hommes sont des animaux sans contrôle de leurs actions et que c’est donc aux femmes que revient toute la responsabilité de sauvegarder leur moralité en leur bloquant l’accès au sexe.

Ce mythe encourage l’idée que certaines personnes peuvent perdre leur titre d’humain décent parce qu’ils ont une sexualité active et consentante. Si une femme qui est étiquetée comme facile ne se respecte pas, on a pas à la respecter. Si elle est une conne qui couche avec TOUT LE MONDE elle n’as pas le droit de refuser. Si elle dit non, c’est une insulte personnelle et elle doit payer. Si elle se fait violer, c’est de sa faute.

Et on en reviens à mon cheval de bataille officiel, la culture du viol. Parce que le vrai danger du mythe de la fille facile, c’est que c’est une Licorne. La fille facile qui est vilipendée partout, elle n’existe pas. Il y a des filles qui ont une sexualité active, il y a des travailleuses du sexe, mais des filles qui ne disent JAMAIS non à personne, ça n’existe pas.

Insinuer qu’une fille couche avec tout le monde est par défaut un mensonge. Et ce mensonge est utilisé tellement souvent pour excuser des actes inexcusables. Retah Pearson, Audrey Potts et la victime de Stuebenville ont été traitées de filles facile pour justifier le viol qu’elles ont subi et pour essayer d’innocenter leurs agresseurs. L’un des auteurs du viol collectif à Delhi en 2012 a dit à une journaliste de la BBC que les filles bien ne se promènent pas dehors le soir, que les mauvaises filles ne devraient pas résister quand on les violent et qu’elles ne devraient pas dénoncer leurs violeurs, sinon, les hommes n’auront pas le choix que de les tuer pour éviter la prison.

Ça c’est l’extrême, mais c’est le même système de pensée.

Donc, si je trouve que votre insinuation que la voisine d’à côté ou « kkun qu’on connait » est une fille facile n’est pas du tout drôle, c’est pas que j’ai pas d’humour, c’est que c’est pas une joke, il y a des gens qui en sont morts.

Et tant que la « joke » servira aux mean girls et aux imbéciles pour se donner une simili supériorité morale, le mythe va se perpétuer et la sexualité va rester un tabou sale qui n’est que pour les personnes sans valeur. Et une personne sans valeur n’est qu’un objet, on a pas à lui demander son avis avant de s’en servir.

Oh que oui je défend les filles faciles. Il y a rien de mal à être une fille facile. Je les préfères 100 fois aux fausses prudes méchantes qui perpétuent la honte et utilisent l’humiliation comme une arme de destruction massive.

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L’art de fermer sa gueule.

Je suis tombée sur ceci sur Tumblr :

http://beludor.tumblr.com/post/113009668799/gregorypeckofficial-thatroxxiegirl-hi-tumblr-i

Je suis tellement TANNÉE des gens qui, une fois qu’ils ont réussi a changer leur vie, utilisent leur réussite comme une excuse pour chier sur la tête des gens qui n’ont pas accompli le même exploit. Ma réponse à la fin du billet de cette horrible fille en fait foi.

Je suis une grosse madame qui a fumé pendant 15 ans. Des born again haters (© Jenny Trout), j’en ai connu des tonnes. Des ex-fumeurs qui pétent des coches parce qu’ils doivent attendre leur chums de gars 2 minutes pour qu’il finisse sa cigarette, ou pire, ceux qui te disent tes horreurs pleine de jugement sous prétexte de “t’aider” comme Mireille Deyglun l’avait fait en s’adressant a son amie dans l’horrible campagne de “La semaine sans fumée” en 2011. Je venais tout juste d’arrêter et j’étais tellement en tabarnak de l’entendre chier sur la tête de son amie, en critiquant son odeur, en se plaignant du temps qu’elles devaient attendre après elle et toutes sortes de choses égocentriques et mean girl. En fait toute la campagne de cette année là m’avait mise en tabarnak, surtout Joel Legendre et son “jeux de retenir son souffle en passant par les portes avec son fils” à cause des gens qui fument dehors. J’ai même envoyé un long courriel aux relations publiques de l’organisation pour leur dire que l’humiliation et la discrimination ne sont pas des bonnes méthodes pour aider les gens à se défaire d’une dépendance et que c’était aussi des valeurs horribles a véhiculer dans la société.

Mais je m’écartes du sujet. La jeune fille du billet Tumblr et Madame Deyglun sont des exemples de gens qui ont un flagrant problème d’estime de soi, leur réussite a régler leur problème n’a pas eu l’effet d’augmenter leur estime de soi escompté et elles se vengent en étant méchantes envers les gens qui représentent l’aspect d’elles-mêmes qu’elles n’ont pas réussi a laisser derrière. Ça fait 4 ans que j’ai cessé de fumer et je vous promets une chose: JAMAIS de ma vie j’essaierai de culpabiliser un fumeur. Parce que c’est totalement inefficace, ils se sentent déjà coupable et ce n’est pas ce qui va les faire arrêter, et surtout, parce que c’est MÉCHANT.

Si un jour je perds mes kilos en trop, je vous garanti qu’il en sera de même pour les gens en surpoids que je croiserai. Personne au monde ne sait ce que cette personne vit, personne ne connaît sa situation physique (des débalancements hormonaux peuvent causer l’obésité, même si les habitudes de vie son saines), psychologiques (la dépendance est un problème très complexe avec des causes aussi nombreuse qu’il y a de dépendants), financières (manger bien, c’est beaucoup plus cher que manger mal, j’en sais quelque chose) ou situationelle.

Alors, si un jour vous accomplissez un but que vous vous êtes fixés, exprimez votre joie et votre satisfaction tant que vous voulez, soyez heureux et contents pour vous, mais laissez les autres tranquilles, réussir ne vous donnes pas la science infuse et la connaissance illimité des capacités des autres.

 

Matante Out.

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On s’embarque dans une nouvelle aventure? (Mais dans un terrain très familier)

OK mes ti papoutes, matante vous a négligé un peu dernièrement, mais elle vous a pas oublié. Je suis en train de laisser une bouillabaisse matantesque mijoter dans mon crockpot mental.

Dans les prochaines semaines, je vais vous parler d’une série de romans BDSM connue sous le nom de « The Sophie Scaife series » écrite par Abigail Barnette, le nom de plume de la blogueuse Jenny Trout (son twitter @Jenny_Trout est une source de joie quotidienne en passant).

Une superbe histoire d’amour extrêmement romantique, mais surtout, adulte, féministe et kinky à mort.

Je voudrais vous parler de cette série de livres en la décortiquant avec vous. Sophie Scaife et Neil Elwood sont des personnages très complets et complexes, très réalistes, adultes et intelligents. Je veux me servir de Sophie et son amoureux pour vous parler de dynamiques de couples, de sexualité et de BDSM.

Et ne soyez pas surpris si j’écorche Christian Grey et Anastasia Steel au passage, OK, pas mal constamment, la comparaison est inévitable et je ne peux pas perdre une seule occasion de chi.. sur « l’œuvre » de E.L. James.

Je vais commencer par vous faire un résumé des trois livres. Je n’essaierai pas de vous cacher les spoilers, ça compromettrait mes billets suivants. Ensuite, je vous ferai une série de billets analysant les personnages en tant que tels et les différents aspects de leurs relations, incluant la sexualité des deux protagonistes qui est définitivement kinky.

Ceci dit, si vous lisez l’anglais, je vous recommande, non, je vous ORDONNE de lire le premier tome avant de lire mon résumé, il est gratuit en format Kindle sur Amazon, donc le budget n’est pas une excuse. Si vous êtes un minimum comme moi, vous allez vous taper les trois en moins de 2 semaines (les deux autres sont 5 $ en format Kindle, ça se lit hyper bien).

Voici un synopsis sans spoilers pour vous humecter les lèvres :

 

Sophie Scaife a 24 ans, elle est l’assistante de la directrice de Porteas, un magazine de mode. Depuis 6 ans, elle fantasme sur Leif, un étranger à l’accent britannique avec qui elle a passé une nuit d’exploration de sa sexualité alors que leur vol pour Tokyo avait été reporté.

Après 30 minutes de retard de sa patronne, Sophie commence à s’inquiéter, est-ce qu’il est s’est passé quelque chose de grave? La réponse ne tarde pas à arriver : Porteas a été vendu au géant médiatique Elwood & Stern et la direction est maintenant entre les mains du milliardaire Neil Elwood. À l’arrivée de son nouveau patron, Sophie a le choc de sa vie : le magnat de la presse écrite n’est nul autre que l’étranger qui est devenu l’idéal d’après lequel elle juge tous ses partenaires sexuels depuis 6 ans…

Une prémisse assez classique, quasi stéréotype, mais croyez-moi, le traitement est loin d’être culcul (OK, un peu parfois, ça reste une histoire d’amour, mais Abigail Barnette ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles, contrairement à beaucoup d’auteurs de romans d’amour *tousse, E.L. James, tousse*).

Bref, dans les prochaines semaines, je vous emmène dans le merveilleux monde se Sophie Scaife et on explorera avec elle l’amour, l’amitié, les relations homme-femmes, la sexualité en général et le BDSM en particulier.

Enjoy!

 Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com