Pourquoi je suis si désespérément positive.

Je tappe sur les nerfs de beaucoup de gens. Je le sais, et je voudrais vous dire que je ne fais pas exprès, mais ce ne serait pas totalement vrai. La vérité c’est que je suis consciente de l’effet que mon optimisme à tout crin et mon idéalisme a sur certains gens, et de l’image de tête folle que ça peut renvoyer, mais que j’ai délibérément choisi de ne pas m’en préoccuper.

Parce que notre monde a besoin de positif, de folie joyeuse, parce que moi, en tant que personne, j’ai pris la décision consciente que je serais une force de bonheur dans ce monde. C’est tellement facile d’être fataliste et découragés, et en tant que québécois, c’est pratiquement la fondation de notre identité nationale d’être opprimés et malheureux.

Moi j’ai choisi la route plus difficile de toujours chercher la lumière au bout du tunnel et je le fais pour une raison très simple: Je le fais pour honorer les sacrifices que ma mère a fait pour moi.

Ma maman ne l’a pas eu facile, ceux qui la connaissaient seraient à même d’en témoigner. Je ne pense pas que personne ne lui enviait sa vie de secrétaire avec deux enfants à charge à élever seule, sans voiture, avec une douleur chronique débilitante et l’épée de damoclès du cancer au dessus de la tête comme dessert pour les 5 dernières années de sa vie.

Véronique Cloutier (l’originale, l’autre n’a eu ce nom que LONGTEMPS après…) était une femme pleine de patience, énormément de patience. Trop de patience. Les difficultées de la vie lui tombaient dessus, elles ne la cassaient pas, mais elle pliait, comme la branche de roseau, elle pliait tellement qu’à la fin, elle touchait à terre avec le bout de sa tête. Ma mère était d’une résignation à toute épreuve.

Elle était aussi dépressive dans les dernières années. Pas nécessairement en gros burn out presque suicidaire, mais très peu encline à voir le bon côté des choses à moins qu’il ne lui saute dans la figure en hurlant « JE SUIS UNE BELLE NOUVELLE, CÉLÈBRE MOI! » Elle avait beaucoup de facilité à s’asseoir dans sa chaise berçante et a méditer sur la futilité des efforts qu’elle a fait dans sa vie.

Ce n’était pas une rabat-joie, elle avait un très bon sens de l’humour et elle adorait rire, même à la fin. Les métaphores les plus créatives et imbéciles sur sa mort prochaine pleuvaient entre moi, ma tante Aline, ma tante Renée-Claude et elle, on parlait de quand elle allait rencontrer Elvis, ou quand elle saurait enfin qui a tué JFK ou autre insides jokes que vous ne comprendriez pas à moins d’avoir vécu avec elle. Pour ma mère, la mort n’était pas du tout sérieuse, même la sienne, surtout pas la sienne. Mais, comme beaucoup de ses contemporains, elle avait souscrit à l’adage « née pour un petit pain »…

Ce n’est pas mon cas. Je ne suis pas née pour un petit pain. Je suis née pour cuisiner mon propre pain et il sera aussi gros et moelleux que je le voudrai. Je ne crois pas au destin, plus depuis la mort de ma mère. Ce serait trop injuste que son destin ait été de mourir avant de voir ses enfants s’installer dans la vie, avant d’avoir pu profiter du fruit de toutes ses années de dur travail, avant d’avoir pu jouir un peu de la récolte de tous ses sacrifices. Ce serait tellement injuste que le destin ait choisi de nous l’enlever avant qu’on ait pu lui redonner ce qu’elle nous a offert, alors que beaucoup d’autres qui n’ont pas fait la moitié de ses efforts vivront probablement centenaires et verront 3 ou 4 générations naître et grandir. Je refuse ce destin.

J’ai compris, avec la mort de ma mère et les autres changements qui sont arrivés dans ma vie depuis son départ, que la seule personne en contrôle de mon destin, c’est moi. Que de blâmer le monde, la génétique, la société et le gouvernement pour mes malheurs ne donne absolument rien. Me blâmer moi-même encore moins. Comme ceux qui suivent ce blogue le savent déjà, depuis quelque temps, je me transforme peu à peu. Je crie haut et fort mon féminisme, et vous assistez en direct, à la lecture de mes billets sur les différents aspects de la sexualité, à ma conversion au mouvement sex positive (il n’y a pas d’équivalent français, un billet sur le sujet suivra bientôt, mais en gros, c’est une philosophie qui traite la sexualité comme étant un élément naturellement positif de l’expérience humaine – avec une énorme insistance sur l’importance du consentement – qui ne devrait pas être tabou et traité comme une activité illicite ou mauvaise).

Exprimer ces opinions me permets de me définir en tant que personne et je dois dire que je me sens énormément mieux dans ma peau depuis que j’ai débuté ce petit coin de folie. Ma sexualité, ou plutôt l’absence dans ma vie de ce que la société qualifie de sexualité, a longtemps défini mon estime de moi, je me suis sentie lors des dix dernières années comme étant une sous-personne indésirable, comme vivant en marge d’un monde qui était ouvert à tous et qui m’était renié depuis que mon dernier chum m’a laissée et je ne comprenait pas ce qui ne marchait pas chez moi. J’ai dernièrement pris conscience que rien ne cloche chez moi, je peux bien rester célibataire, ou me faire un chum, ou une blonde, ou deux, ou dix et ça ne change absolument rien à qui je suis.  Et je peux très bien satisfaire mes besoins physiques par moi-même et mes besoins émotifs avec mes amis et ma famille.

Peut-être qu’un jour, un homme entrera dans ma vie et dans mon lit, mais je ne l’attend plus. Si je le croise, tant mieux, sinon, tant pis. Le seul regret que j’ai, c’est que l’absence de sexualité à deux dans ma vie m’empêchera probablement de devenir une maman. Et ça, j’admets que j’ai de la misère à abandonner cet espoir… Mais, en même temps, courir la romance à tout prix ne garantis aucunement que je vais rencontrer quelqu’un qui désire être père… J’ai essayé les sites de rencontre, et sincèrement, je ne comprend pas comment les gens disent qu’ils ont réussi à rencontrer quelqu’un là dessus, j’ai franchement ma claque des commentaires insultants sur mon apparence ou l’inverse, des déclarations d’amour enflammées juste à la vue de ma photo (ouais, très convaincant chose) et des photos de pénis…

Mais je ne renie pas ma sexualité pour autant et le sujet continue à m’intéresser. Et bordel, si l’occasion se présente, je vais définitivement rejouer aux fesses! Cordonnier mal chaussé peut-être, mais je vais quand même vous achaler avec mes découvertes et mes réflexions, je suis altruiste et je veux que vous ayez une belle vie sexuelle!

Cette semaine, en discutant avec ma merveilleuse collègue Michelle et notre Jean-Philippe préféré je leur ait sorti une phrase qui m’a fait réfléchir (je suis souvent géniale dans ma perception de moi-même quand je parles aux autres). On parlait de mes jolies boucles d’oreilles en faux diamants de chez Ardène et de mes bandeaux pour cheveux et je leur ait dit « Depuis que j’ai fait mon coming out de féministe, je me transforme en fille! » Et c’est vrai. J’ai commencé à m’intéresser au féminisme sérieusement en juin. En juillet, je me suis fait couper les cheveux et tout le monde a capoté sur à quel point ça me faisait bien. Puis en août, j’ai suivi les conseil de la belle Andrée-Anne au bureau et je me suis acheté des boucles d’oreilles longues, c’est super beau avec mes cheveux courts. Et j’ai commencé a mettre des bandeaux dans mes cheveux pour matcher avec mes boucles d’oreilles et les mettre en évidences.

J’ai été me faire faire un facial, j’ai repris ma santé dentaire en mains (le découragement s’attaques souvent à ma routine buccale) et je traîne du rouge à lèvre et du mascara dans ma sacoche, mais je n’ai pas encore commencé à les porter. Mais l’important, c’est que je les ai pour le moment ou j’aurai envie de passer à la prochaine étape de « girlification ». En affirmant ma valeur en tant que femme, je me féminise, mais comme pour lorsque j’ai arrêté de fumer, je pense que le moment est simplement venu et que je suis prête. Je le fais pour moi, parce que ça me plaît à moi et pas pour plaire à un autre.

C’est un peu ce qu’Arden Leigh dit dans son livre « New rules of attraction » le premier chapitre est consacré au soin à apporter à son apparence, mais elle insiste que ce doit être fait pour soi et que vous soyez à l’aise (une fille qui veut mourir dans ses souliers à talons hauts de 300$ ne sera pas à l’aise avec son corps et ne pourra se concentrer sur son langage corporel et sera beaucoup moins sexy que celle à côté avec sa paire de ballerines confortables et son air mystérieux…) et d’accord avec les changements que vous apportez. Elle déconseille vivement de suivre la mode, car on ne peut développer une personnalité distinctive en s’habillant comme tout le monde… Bref, mettez vous belle à votre goût, mais pas de façon superficielle. J’aime cette philosophie. (Et je veux des bijoux d’inspiration Steampunk, prenez notes si vous savez pas quoi me donner pour Noël ou ma fête!)

J’ai une job stressante, parfois il ne se passe pas grand chose, et soudain je dois faire 6 affaires en même temps, avec des gens qui font du perfectionnisme obsessif. Ça prends un bonne dose d’estime de soi pour ne pas se mettre à penser qu’on est une incompétente finie. Je n’y arrive pas tout le temps, mais j’essaie…

J’ai un style de vie difficile, je me tape en moyenne deux heures de voyage par jour pour aller travailler, le coût du gaz et celui du stationnement mis ensemble est plus élevé que celui de mon logement. J’arrive souvent à la maison épuisée, surtout l’hiver, quand la température rend le trajet trop difficile. Beaucoup de gens se demandent comment je fais. C’est simple, j’ai choisi de travailler à Québec, mais je ne veux pas quitter la Beauce. Si un jour l’occasion se présente, je serai heureuse de me trouver un travail dans la fonction publique dans mon coin et mon portefeuille et mon emploi du temps seront comblés, mais en attendant, je préfère de loin un environnement de travail où ce que je fais est considéré comme essentiel et valable, ou je suis plus que « juste une secrétaire », avec des conditions de travail au dessus de la moyenne de ce que je trouverais dans le privé, des collègues qui m’apprécient et le sentiment que je suis utile. Le privé m’a très mal appréciée, je n’ai pas envie d’y retourner de si tôt…

Je dirais que je suis présentement dans une belle phase de ma vie, même s’il y a des bout moins le fun que d’autres. Et je veux continuer à cultiver la sérénité dans ma vie. Je me mets en maudit encore, mais c’est rarement pour longtemps. Je dénonce les injustices, parce que je crois qu’on peut toujours améliorer les choses. Je joues à l’avocat du diable, parce que je ne crois pas aux absolus. Je suis réaliste, je regarde le monde tel qu’il est, mais je cherche à l’améliorer, toujours.

Je tape sur les nerfs du monde, parce que je refuse d’admettre que le monde est incurable et je refuse de le laisser me faire tomber. Plus jamais. Je vais pleurer tout mon saoul, bouder pour un jour ou deux, puis remettre mon sourire et retourner à mes photos de chats et d’acteurs mignons (Snowpiercer est sorti sur Netflix US, je pense que je vais avoir une autre éruption de Chris-Evans-est-l’homme-de-ma-vie-itte dans pas long, mes excuses à Norman Reedus et Jeremy Renner, je vais vous négliger un peu les gars…).

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Le secret de la séduction

Quand on parle de consentement ou d’agression sexuelle dans les médias, les fils de commentaires recèlent toujours des perles d’observation du genre : ça va-tu prendre un contrat de consentement de sexe devant juge et témoins ????

Bon, Matante va vous donner aujourd’hui un truc infaillible pour ce qui est de définir si votre partenaire est consentant ou non :

Comme le dit mon modèle, le bon Docteur Nerdlove : « It’s not just about not getting a “no”. It’s about getting a definitive “yes”.

On ne parles pas d’avoir un contrat notarié, mais bien de prendre le temps de s’assurer que votre partenaire a ENVIE de coucher avec vous.

On parle ici d’avoir une fille qui a ENVIE DE VOUS GRIMPER DANS LA BRAGUETTE.

Oui, c’est possible, et c’est pas mal moins difficile que vous le pensez.

Depuis quelque temps, je suis abonnée au Twitter de l la coach de séduction Arden Leigh et je suis en train de lire son livre “New rules of attraction”. Un samedi de la muse lui sera consacré, mais je vais ici vous parler d’un texte qu’elle a publié il y a quelque temps, ainsi que d’un texte du Dr Nerdlove qui contiennent, je crois, la clé de base même pour être des amants et des séducteurs INCROYABLES! (et les trucs marchent autant pour les femmes que pour les hommes)

Je vous mets les liens pour ces textes, et je vous reviens ensuite avec mes explications pour les non-bilingues ainsi que mon interprétation en langage de Matante :

http://ardenleigh.typepad.com/blog/2014/09/the-greatest-pua-advice-of-all-time.html#sthash.5dIXDRBL.dpbs

http://www.doctornerdlove.com/2013/03/enthusiastic-consent/

Arden Leigh est probablement la créature vivant présentement sur cette planète qui se rapproche le plus d’une déesse de l’amour. Ce que j’aime de sa philosophie c’est qu’elle se base sur un principe de séduction tout simple :

L’empathie est le meilleur aphrodisiaque de l’univers. Et c’est un aphrodisiaque universel, il marche avec les hommes, les femmes, les hétéros, les homosexuels, les bi et même les asexuels (certains asexuels ont des relations sexuelles par amour, mais même eux ont besoin de sentir qu’ils sont avec quelqu’un qui se soucient d’eux, même s’ils n’ont pas de désir à proprement parler).

Et putain que c’est vrai. C’est tellement vrai que Jean-Pierre Ferland en a fait sa marque de commerce et qu’il n’y a pas une femme qu’il n’ait rencontrée qui ne soit pas ressortie de l’expérience complètement sous le charme, et ce malgré qu’il ait l’air d’avoir eu la figure trop longtemps collée sur le tuyau d’une balayeuse en marche…

Arden vous dit “fermez-là et écoutez” elle le dit aux femmes et aux hommes, car si vous voulez que votre partenaire satisfasse vos besoins, il faut que vous fassiez de même et pour ce faire, que vous preniez le temps de connaître ces besoins. Si vous voulez que votre copine écoute et compatisse aux difficultés de votre vie, il faut que vous écoutiez et compatissiez aux siennes. Si vous voulez que votre blonde vous fasse jouir, il faut que vous soyez prêt à la faire jouir aussi. C’est pas une question de donnant-donnant, un orgasme en échange d’un autre, mais bien d’effort et de considération.

Tous les êtres humains ont besoin de compassion, sous une forme ou une autre et une relation amoureuse à long terme ou un échange sexuel unique ou périodique sans attachements sont des moments privilégiés de transmission de la compassion. On ne parle pas ici nécessairement de régler toutes les daddy issues de votre one night stand, mais de l’approcher avec l’accord suivant “mon but ce soir, c’est de consacrer toute mon attention et mes effort à atteindre la moment où tu aura l’impression que ta cervelle se liquéfie sous la pression de tout le plaisir que je vais te donner, est-tu partant pour essayer de me rendre la pareille?”.

La sexualité humaine n’est pas un acte mécanique avec une recette unique pour faire jouir tout le monde, c’est une relation complexe entre deux partenaires (ou plus), un échange, où l’égoïsme n’a pas sa place. Cela dit, le fameux mythe qui dit que vous devez absolument promettre votre amour éternel à une fille pour qu’elle accepte de coucher avec vous me pue totalement aux nez. Ça peut être vrai dans certains cas (chez les hommes aussi, en passant, certains ne sont pas capables de coucher avec une fille sans attachement), mais des fois, nous aussi on a juste envie de se mettre, point final. ET IL N’Y A RIEN DE MAL À ÇA. Malgré tout ce que vos mamans vous ont dit les filles, le sexe désinvolte ne fait pas de vous des putes, ça fait de vous des femmes adultes qui répondent à leurs besoins sexuels, c’est tout.

Ce qui est important dans le message c’est qu’il s’adresse AUX DEUX PARTENAIRES. Arden Leigh est une grande ennemie de la misandrie, elle aime les hommes, elle veut qu’ils soient heureux et elle veut apprendre à ses élèves que si elles veulent attirer un homme elles doivent démontrer qu’elles sont là pour lui, et non pas seulement pour leur bien-être personnel.Et elle tient EXACTEMENT le même discours aux hommes : vous voulez d’une déesse dans votre lit? Qu’avez-vous à lui offrir en échange de ses faveurs? Tu veux que je te montre le 7e ciel? Tu dois être prêt à me faire voler moi aussi. Échange de bons procédés.

Si elle défend les droits des hommes et leur réputation, elle s’attend à ce qu’ils fassent la même chose pour elle le moment venu, d’où sa réponse à tous les caves qui lui envoient des messages misogynes : « sorry boys, I only fuck feminists ». Femme ou homme, on ne peut pas exiger satisfaction si on est pas prêts à offrir une contrepartie.

Comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas d’excuse pour qu’une fille s’ennuie au lit avec vous. Si elle n’a pas de fun, vous arrêtez et vous cherchez une autre approche. Si vous êtes assuré qu’elle a du fun, vous êtes 100% sûr qu’elle n’est pas là de force. Les femmes ont cette extraordinaire habileté à atteindre l’orgasme de différentes façons (et la pénétration n’est pas, et de loin, la plus répandue) donc si vous ne performez pas dans un des aspects de la couchette, vous pouvez toujours vous rattraper dans un autre. Rien n’est désespéré au lit avec une femme qui a un peu de bonne volonté et de communication. Mais pour ça, il faut de l’empathie.

Et des préliminaires, une TONNE de préliminaires. Les gars, sérieux, vous voulez qu’elle vous supplie de la prendre drette là, tout de suite, enweille-je-suis-en-train-de-mourir-de-désir? préliminaire, préliminaires, PRÉLIMINAIRES. Il y en a une tonne de différents, qui impliquent les doigts, le souffle, la langue, des jouets, les possibilités sont infinies et pour des trucs techniques, on en reparlera dans un autre billet, mais sachez que la créativité et la communication sont vos amies. Aucun mal à pose la question « ça t’aimes-tu ça ou tu préfère que je le fasse comme ça? » ou  » veux-tu qu’on essaye ça? ». La grande peur de se faire répondre « non » est tellement ancrée chez les gars que beaucoup ne posent même pas la question, pour éviter d’entendre la réponse. Si seulement ils savaient que de respecter un non pourrait les mener à une douzaines de oui… C’est un investissement, pas une perte.

En passant mesdames, le message vaut aussi pour vous, l’étoile, c’est platte, investissez vous un peu que diantre!

Être poche au lit, ce n’est pas une malédiction qu’on ne peut surmonter, en fait, être bon au lit, c’est assez facile. Il faut juste être à l’écoute. À l’écoute de son corps et de ses réactions, pour repérer ce qu’on aime et qu’on n’aime pas (et là, Matante en profite pour vous rappeler que la masturbation et les fantasmes sont vos meilleurs amis.) À l’écoute du corps de votre partenaire et de ses réactions, en surveillant ses frissons, sa respiration, sa chaleur et son odeur, tout ça change avec la montée du désir et de l’excitation. Il faut surtout être à l’attention des signes que votre partenaire n’est plus dans le mood. C’est facile de perdre sa concentration et de sortir du mindset d’excitation, et une fois qu’on y est plus, c’est compliqué de s’y remettre tout seul et d’apprécier ce qui se passe. Il faut communiquer ce qu’on aime et qu’on aime pas, et pour être capable de le faire, il faut qu’on sache que notre partenaire est intéressé et prêt à entendre ce qu’on lui dit.

Et oui, je sais, si la fille fake, vous pouvez pas deviner. Je suis tout à fait d’accord, on ne peut pas s’attendre à ce que notre partenaire devine qu’on est pas sincère dans notre « oui, j’aime ça » et j’encourage toutes les filles à cesser cette pratique contreproductive. Mais encore une fois, je vous rappelles aussi qu’on socialise les filles dès l’enfance à être gentilles et à ne pas faire de peine, et cette socialisation est tellement intégrée que certaines filles n’arrivent tout simplement pas à dire qu’elle n’ont pas de plaisir au lit. Cela dit, encore une fois, si c’est ELLE QUI VOUS GRIMPE DESSUS, les chances qu’elle fake son orgasme à l’autre bout sont réduites de pas mal.

Pour apprécier pleinement une rencontre sexuelle, il faut une sérieuse dose d’abandon, c’est pourquoi souvent la première fois avec un nouveau partenaire n’est pas géniale géniale, on est maladroits et on a peur de faire mauvaise impression, donc on surveille trop ses actions et on arrive difficilement à cette perte de contrôle qui mène au plaisir qui nous fait mordre les lèvres au sang. (Ou l’épaule de mon ex, pauvre lui, je me sens encore coupable, mais c’est totalement de sa faute à lui, il était trop habile!) Si vous arrivez à mettre votre partenaire dans cet état, c’est clair qu’elle est consentante et qu’elle ne regrettera pas votre rencontre.

À partir du moment où votre but n’est plus que votre “cible” accepte de coucher avec vous, mais qu’elle en REDEMANDE, vous n’avez plus à vous soucier de la question de consentement. Si c’est elle qui vous saute dessus en geignant “baise-moi”, la question ne se pose pas. C’est de ça qu’il s’agit quand on parle de consentement enthousiaste. Mais vous n’arriverez jamais à ce résultat sans une bonne dose de confiance et de respect.

Et c’est là que le bât blesse pour beaucoup de gens. Homme et femmes. Du côté des hommes, quand on parle de séduction, surtout dans les milieux des pick-up artists, beaucoup de discours tournent autour du concept de « briser les barrières » entre vous et le fond de culotte de votre “victime”. Ce n’est pas de la séduction, c’est de la manipulation et de l’objectification. Ce n’est pas une femme qui est désirée, c’est une poupée gonflable qui doit être utilisée. On enseigne aux hommes à avoir les filles à l’usure, à force d’insister, de la manipuler, de profiter du conditionnement social qui apprend aux filles qu’un non clair est impoli, elle va céder et vous allez pouvoir soulager la démangeaison de Pablo. Son plaisir à elle n’a aucune importance. En lisant ce genre de texte, mon vagin se contracte de dégout par réflexe. Putain que ces gars doivent être plattes au lit! Et c’est peut-être moi qui est naïve, mais j’ai vraiment du mal à comprendre la satisfaction qu’il y a à coucher avec quelqu’un qui n’est pas dedans, à part soulager une érection, et je ne pense pas que ce soit vraiment du « plaisir ». Si c’est votre seul problème, ben, la masturbation demande pas mal moins d’efforts et donne le même résultat. Et, en prime, vous ne faites pas perdre de temps à une pauvre fille qui compte les mouches au plafond et va dire à ses amies que vous êtes poche au lit…

Dans le cas des femmes, on est entraînées depuis l’enfance à protéger notre vertu contre la libido forcenée des hommes, qui sont tous des cochons, alors quand on tombe sur un gars qui n’est pas dans le mood, on se dit tout de suite une des deux choses suivantes (ou les deux) : “Qu’est-ce que j’ai qui ne va pas?” ou “Qu’est-ce qu’il a qui ne va pas?”. C’est impossible que notre chum n’ait pas envie de coucher avec nous, voyons donc, tout le monde sait que les gars sont comme des scouts “toujours prêts! » J’avais exactement cette réaction avec mon premier chum ‘sexuel’. Sa drive était beaucoup moins ardente que la mienne et je n’arrivais pas à comprendre qu’il n’avait juste pas envie ce soir, je pensais qu’il n’avait pas envie DE MOI, et ça me rendait parano et très frustrée. Avec le recul et la maturité, je me suis rendue compte qu’il m’aimait vraiment, et qu’il me désirait, il n’était juste pas une boule d’hormone en feu comme moi. Le fait que je faisais la découverte de ma libido, alors que tout ça n’avait rien de nouveau pour lui a sûrement amplifié l’écart entre nos drives sexuelles et mon comportement envers son manque d’enthousiasme n’a pas été des plus matures, je dois l’admettre…

C’est certain aussi que dans une relation de couple à long terme, le feu n’est pas toujours aussi ardent qu’au début. Mais même dans ce contexte, ne pas se mettre à bouder ou faire du chantage à chaque fois que votre blonde a mal à la tête peut vous mener à pas mal plus de parties de jambes en l’air au bout du compte. Le respect est un investissement à long terme. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’exceptions, mais elles sont… ben… exceptionnelles est le mot approprié!

Une chose que ces messieurs doivent aussi garder en tête quand on parle de consentement, surtout dans le cas d’un one night stand ou d’une fille qui n’est pas encore notre blonde officielle, c’est la valeur que la société donne à l’activité sexuelle d’une femme. Si vous préférez, le fameux archétype de la vierge/putain. On donne une énorme valeur à la femme qui nous résiste, une valeur qu’elle perd dès le moment où elle cède. À chaque fois qu’on couche avec un gars, on prend le risque de se faire traiter en putain dès le lendemain. Soit directement, ou par la machine à rumeur, qui se met en branle lorsqu’il se vante à ses copains le lendemain. C’est un risque qu’on court avec chaque nouveau partenaire. Un risque que les hommes ne courent pas. Tant qu’il est célibataire, quel serait le problème à ce que la fille se vante d’avoir couché avec lui le lendemain? Elle peut dire qu’il était mauvais au lit, mais c’est facile de la traiter de menteuse ou de frigide…

Un autre risque que les femmes prennent avec leur vie sexuelle et qui est beaucoup plus rare pour les hommes (mais pas impossible), c’est le fameux Schrodinger’s rapist. C’est-à-dire le fait qu’un violeur n’a pas de tatouage dans le front pour l’identifier et que donc chaque homme que l’on rencontre dans notre vie est (comme le chat dans la boite de la théorie du physicien est à la fois mort et vivant tant qu’on n’a pas ouvert la boîte) à la fois un violeur et un bon gars tant qu’on ne se retrouve pas seule avec lui. Pour certaines filles, Schrodinger’s rapist est beaucoup plus présent que pour d’autres, (une femme sur trois à eu affaire au violeur de l’équation, et elle et ses amies dans la confidence sont donc TRÈS au fait de la réalité de Schrodinger’s rapist) ce n’est pas de votre faute, mais ce n’est pas plus de la sienne. Ou si vous voulez, chaque femme que vous rencontrez est Schrodinger’s victim. Une de vos partenaire sexuelle sur trois a probablement été violentée sexuellement dans le passé et n’a aucune confiance en vous, dès le départ.

Vous trouvez ça injuste messieurs? Nous aussi croyez-le! Dites-vous que pour les filles, souvent le monde ressemble à la première journée en prison d’un gars, ça va peut-être réussir à vous faire comprendre un peu mieux le pourquoi de nos réticences.

Comprendre ces réticences et en tenir compte dans la façon dont vous abordez votre partenaire, potentielle ou régulière, peut vous amener très loin. Une femme qui se sent en confiance et respectée va être plus à même de communiquer son désir et donc d’enlever tout doute sur son consentement.

Toute les objections que j’entends lorsqu’on parle de l’importance d’avoir un consentement clair à une relation sexuelle sonnent à mes oreilles un peu comme : « mais là, vous êtes en train de me dire que je dois faire un effort pour avoir droit à une sexualité??? »

Qui est l’imbécile qui vous a dit que vous n’aviez pas d’efforts à faire pour avoir une sexualité? Matante aurait une sérieuse conversation à avoir avec lui…

Oui, vous devez faire un effort pour avoir droit à une sexualité. Ce n’est pas un droit acquis de naissance. Personne ne vous DOIT de sexe et si vous voulez en obtenir, il faut que vous soyez prêts à donner à l’autre toute l’attention et le plaisir que vous voulez avoir pour vous-même. Et surtout, tout être humain a droit au contrôle plein et entier sur sa vie sexuelle, peu importe son genre.

Et en prime, si vous arrivez à atteindre cet état de consentement enthousiaste, vous n’aurez plus JAMAIS de baise ennuyante et vous allez rencontrer beaucoup moins de cas de migraines dans votre couple.

Bref, le sexe féministe, c’est hot en maudit.

Allez en paix dans la joie, le respect, le plaisir et les taches douteuses sur vos draps!

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Répondre de ses actes

Bon tout d’abord j’ai une chose à dire et je veux que ce soit très très très clair :

Je n’ai absolument rien à foutre de savoir si Michael Brown était un criminel ou s’il a provoqué l’agent Wilson ou non.

Tout comme je n’ai rien à foutre de savoir si le père du petit garçon de 5 ans décédé à Longueuil en février dernier conduisait dangereusement ou non.

Rien

À

Foutre

Du

Tout.

Ça n’a aucune espèce d’importance.

Que Brown ait oui ou non frappé Wilson au visage ne change rien au fait qu’il n’était pas armé (fait prouvé et corroboré par tous les témoins) et qu’il a reçu 6 balles.

Après l’affaire Zimmerman, excusez-moi si je prends le stéréotype du thug noir assoiffé de sang avec un sérieux grain de sel.

Le fait est qu’aux États-Unis, le racisme est encore très fort, il a seulement changé de forme et se fait plus subtil et pernicieux.

À Oklahoma City, un policier a été accusé par 8 femmes différentes de viol et d’attouchements sexuels, mais personne n’a voulu écouter les victimes parce qu’elles étaient des noires des quartiers malfamés. C’est une tactique ingénieuse après tout, on ne s’attaque qu’aux victimes que personne ne croira.

http://www.buzzfeed.com/claudiakoerner/8-women-testify-that-oklahoma-city-police-officer-sexually-a

Le mouvement des Birthers, ces Américains, incluant la grande intellectuelle Sarah Palin, qui demandent à voir le certificat de naissance du président est tellement ridicule. Ce serait drôle, si ce n’était pas si raciste. Voyons donc, un noir américain n’aurait jamais pu avoir l’opportunité de devenir Président! Oubliez le fait que sa mère est blanche, il a la peau foncée, il n’aurait pas dû recevoir une éducation suffisante pour avoir l’opportunité de se lancer en politique! Il a sûrement tout manigancé du Kenya, son vrai pays d’origine, et le parti démocrate cache sa vraie identité!

Et si vous regardez un peu les statistiques et l’historique en matière de relations raciales de la police de Ferguson et Saint-Louis… Oh boy…

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/11/25/les-fractures-de-ferguson_4528678_3222.html

J’ai toujours eu le plus grand respect pour la police, je déteste tous les mouvements anarchiques du genre Fuck the police, je n’aime pas quand on parle d’eux comme les bœufs, les chiens sales, les cochons, etc. Ce sont des représentants de l’ordre public, dont le travail est d’assurer la sécurité de tous, et en tant que citoyen, notre devoir est d’obéir aux lois (le Code de la route en est une, en passant…) et lorsqu’on ne le fait pas, d’en assumer les conséquences (oui ça inclus être inculpés pour vandalisme, la liberté d’expression donne le droit de critiquer le gouvernement sans peur de représailles, elle ne donne pas le droit d’agir comme des sauvages et de démolir le bien public ou le bien d’autrui).

Un système judiciaire parfait, ça n’existe pas et ça n’existera jamais, parce que le système judiciaire est créé et géré par des humains. Je suis donc tout à fait consciente qu’il y aura parfois des ratés (Guy Turcotte…). C’est notre devoir de citoyen dans ces cas de dénoncer ces injustices.

C’est ce qui est arrivé à Ferguson. Dès le moment de la mort de Mike Brown, la population a fait savoir son indignation face à la mort de ce jeune de 18 ans non armé. Encore une fois, je me fous ENTIÈREMENT de savoir s’il a injurié ou frappé Darren Wilson, il n’était pas armé et ce n’était pas un membre de gang. Je suis contre l’idée d’envoyer chier ou de frapper un policier, mais ça mérite la prison, pas 6 balles.

6 balles, pour un coup de poing au visage et un « you wouldn’t dare shoot me ».

6 balles.

Wilson n’essayait pas de se défendre, il a tiré 12 coups, dont 6 ont atteint sa cible, son intention était d’éliminer le suspect.

Le discours qu’il a tenu lors de la comparution devant le Grand Jury est éloquent, il ne parle de Brown qu’en terme de « it ». On jurerait l’entendre décrire une attaque de l’Incroyable Hulk. Pourtant, le taux de radiation gamma n’est pas particulièrement élevé au Missouri. Ce n’était pas un être humain, parce que sinon, Wilson serait coupable d’homicide (volontaire ou non). Il s’est défendu contre un « démon » de 18 ans qui faisait du vol à l’étalage et de la rébellion contre l’autorité.

Les manifestations ont rapidement tourné à la violence, et les images filmées en direct et montrées sur internet m’ont donné froid dans le dos.

Ce n’était pas une escouade antiémeute, c’était un bataillon de l’armée. Ce n’était pas des voitures de police, c’était des camions blindés de l’armée peints en noir avec le symbole du poste de police en blanc. Ce n’était pas des policiers, c’était des mercenaires.

Pourquoi les agents auraient pris la peine de retirer leur numéro d’identification avant d’aller appréhender des journalistes? DES JOURNALISTES, CALVAIRES, ILS ONT BRUTALISÉ UN JOURNALISTE DU PUTAIN DE WASHINGTON POST ET ONT REFUSÉ DE S’IDENTIFIER! Bref, n’importe quel malade aurait pu profiter du chaos pour se déguiser en policier et aller bûcher sur des gens pour le fun, les vraies polices refusaient de s’identifier, comment on aurait pu savoir que ce n’était pas une vraie police! Hyper intelligent comme tactique…

Non, vous ne me ferez pas avaler que c’est la « procédure normale », que c’est de la « force nécessaire ». Tu dois utiliser la force dans le cadre de ton travail, si cette force est justifiée, aucune raison de cacher son identité.

Le fait est que devant la réaction à la mort de Brown, le service de police de Ferguson a PANIQUÉ. Ils ont paniqué et refusent d’admettre qu’ils ont paniqué. Est-ce que la manifestation devait être contenue par la police? Oui, toutes les manifestations devraient l’être. Est-ce que la nature de cette manifestation demandait que les agents soient plus vigilants et mieux protégés? Oui, certainement, ils étaient l’objet de la colère. Est-ce que ça justifiait de sortir l’artillerie lourde et de transformer les rues de la ville en zone de guerre, de cacher leur identité afin d’éviter d’avoir à rendre compte de leurs actes et de traiter TOUS les manifestants comme des fous enragés?

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel_interactif/2014/08/21/ferguson-produit-d-une-longue-histoire-de-brutalites-policieres_4474169_4355770.html

Permettez-moi d’en douter. De ce que j’ai vu (en direct, dois-je vous rappeler, sans montage possible), des gens étaient armés de pancartes et de cris, et se sont fait traiter comme des terroristes en puissance.

Je ne nie pas qu’il y avait probablement des violents dans le tas, mais ce n’était pas très visible dans les vidéos que j’ai vu (EN DIRECT, je vous le rappelle, pas sur un site de nouvelles, parce que les journalistes étaient tenus à l’écart dans une zone très bien délimitée et sous la menace, mais sur Twich, filmé par des civils, sur leurs téléphones, une télé pas mal plus réalité que tous les épisodes des Kardashian).

Incident isolé, direz-vous? Qu’il le soit ou pas ne le rend pas moins inacceptable.

Est-ce que les agissements de Darren Wilson étaient justifiés? Je n’ai aucune certitude et je suis tout à fait prête à lui donner le bénéfice du doute, innocent jusqu’à preuve du contraire. La peur et la panique peuvent nous faire agir de façon très stupide et, à écouter son témoignage devant le Grand Jury, il était apparemment terrifié.

Le fait est qu’on ne le saura jamais. Que le Grand Jury a décidé que ça ne valait pas la peine qu’on se pose la question.

C’est inacceptable. Totalement inacceptable. Il y a eu mort d’homme, il DEVRAIT AUTOMATIQUEMENT y avoir une enquête et une poursuite judiciaire, ne serait-ce que pour prouver une fois pour toutes l’innocence de Darren Wilson. La décision du Grand Jury ne prouve pas qu’il était en droit de tirer 12 balles, tout ce qu’elle dit, c’est que son droit de tirer ou non n’a pas d’importance. On ne lui dira même pas « on comprend que t’étais sous l’adrénaline, ce n’était pas la meilleure décision du monde, mais on comprend. Va faire un ti cours de gestion de crises et on en parle plus. » On ne lui dira pas qu’il avait raison ou qu’il avait tors, on s’en fout.

C’est inacceptable. Policier ou non, TOUS les citoyens doivent répondre de leurs actes, tout le monde peu perdre le contrôle et les circonstances atténuantes existent, mais elles doivent êtres appliquées dans la détermination de la culpabilité d’une personne. Elles ne doivent pas servir d’excuse pour ne pas chercher à savoir si la personne est coupable ou non.

C’était la PIRE décision que le Grand Jury pouvait prendre.

Quel risque y avait-il à aller en procès? Un non-lieu, faute de preuves? Au moins ces preuves auraient été analysées par les avocats, rendues publiques, on aurait fait un EFFORT pour démontrer à la famille Brown que leur perte avait une valeur. Là, on leur dit « too bad, on n’a pas de temps à perdre avec la mort de votre fils ». Ça aurait gaspillé l’argent public peut-être? Et tous les frais que les manifestations et l’état d’urgence vont entraîner, c’est moins qu’un procès qui n’aurait peut-être pas fait taire les manifestants, mais les aurait certainement calmés un peu?

Je vous mets ici les commentaires d’un procureur sur la performance douteuse du DA McCulloch (En passant, la famille Brown et leur avocat avaient demandé qu’on assigne un autre Procureur pour la présentation devant le Grand Jury, puisque McCulloch est connu pour son penchant pro-police. La demande a été refusée…) En gros, elle démontre, exemple à l’appuis que McCulloch n’a même pas pris la peine de poser les questions de base, tel que : « Pensiez-vous que Brown était armé? ». La job a été butché. Soit McCulloch est incompétent, soit c’était délibéré.

https://t.co/JMYGRe4iGU

Vous me direz que la justice n’a pas à se soucier de l’opinion publique, qu’elle ne doit pas avoir de biais. Je suis d’accord, jusqu’à un certain point. La justice doit aussi servir le BIEN public, et donner ne serais-ce qu’une chance à la famille Brown de voir justice rendue pour la mort de leur fils aurait assuré le bien public. On ne demandait pas le lynchage de Darren Wilson, on demandait un procès. L’opinion publique n’a pas à influencer le verdict du procès, mais dans ce cas-ci, elle aurait dû influencer la décision de tenir le procès ou non. (Encore une fois, je vous mentionne Guy Turcotte, juste en passant de même…)

Ce n’est même pas une question de satisfaire la masse. Présentement la cote de confiance envers le service de police de Ferguson est très près de zéro. Genre, les policiers, leurs familles, leurs amis et le KKK local. Sans la confiance de la population, aucune force policière ne peut prétendre à la légitimité. Le procès aurait au moins redonné un peu d’espoir dans le système pour les gens de Ferguson, il aurait pu être tenu dans une autre juridiction, afin d’assurer la neutralité du jugement, et on aurait au moins pu se dire qu’on aura tout fait pour faire la lumière sur ce qui s’est passé. Mais on a préféré mettre le couvercle tout croche sur le presto et maintenant ça pète et ça déborde partout.

Oui, j’ai une opinion similaire en ce qui a trait à l’accident de février dernier à Longueuil. Que le père ait conduit 100 % prudemment ou non, une filature ne justifie pas de rouler à 120 dans une zone de 50, il n’était pas à la poursuite d’un individu armé et dangereux, il suivait un crosseur! Le policier devrait faire face à des accusations de conduite dangereuse ayant entraîné la mort et ce sera au juge de décider si c’était justifié ou non. Point final. Je suis donc très contente de la décision de la ministre de la Justice de confier le dossier à des procureurs indépendants.

C’est à ça aussi que la justice sert, à maintenir la confiance du public dans l’autorité légitime. Si elle n’arrive pas à le faire, elle perd sa légitimité.

Barak Obama doit être TELLEMENT en colère présentement, je m’attendais presque à entendre aux nouvelles se matin qu’il avait été hospitalisé. La déception est immense partout aux États-Unis et partout dans le monde occidental. Ce pays, qui se doit de par sa nature même d’être un exemple mondial, est encore aux prises avec les préjugés raciaux les plus simplistes, on donne zéro chance aux noirs américains et, quand ils réussissent on remet en cause leur légitimité. Ajoutez à cela l’énorme laxisme de la justice quand il est question d’agent de police (ce qui est aussi le cas au Québec) et je ne suis pas du tout étonnée que les USA soient en feu aujourd’hui.

Ce n’est pas mon pays, ce n’est probablement pas le vôtre, mais ne vous leurrez pas, ils donnent le ton au niveau mondial, qu’on le veuille ou non, et ce genre d’événement aura des répercussions partout à long terme, ne serait-ce qu’en servant d’exemple sur comment ne PAS gérer une crise de cette nature.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Soyons positifs, Carol & Daryl 4 Ever : Le plus extraordinaire couple de la télé américaine

(Spoiler pour les 4 premières saisons et vagues informations sur le début de la cinquième de The Walking Dead)

Bon, matante vous parles beaucoup de toxicité et de mauvaises relations ces temps-ci, il faut bien que parfois elle vous parle des exemples de belles relations qui émergent dans la culture populaire.

Aujourd’hui, je vais vous parler de Carol Peletier et Daryl Dixon, deux des personnages de la série américaine The Walking Dead, diffusée sur AMC (présentement dans sa 5ieme saison), de l’extraordinaire développement de leurs histoires et de la relation entre eux.

(Note : le texte présent se base ENTIÈREMENT sur la série télé, je n’ai pas lu les comics, et, de toute façon, Daryl n’apparait pas dedans, donc laissez vos commentaires sur les différences avec les comics pour reddit et tumblr, matante s’en fout…)

Alors, pour les non-initiés, la série The Walking Dead a lieu en Georgie, USA, à l’époque moderne, alors que Rick Grimes (joué par l’excellent acteur britannique Andrew Lincoln, avec un accent du sud, trop hot), Shérif d’une petite ville non loin d’Atlanta, s’éveille à la suite d’un coma provoqué par une blessure par balle pour découvrir que l’hôpital et la ville entière sont déserts, à l’exception d’une multitude de cadavres ambulants assoiffés de chaire humaine. (Ouais, c’est des zombies, mais ils n’utilisent pas ce nom dans la série, ils disent walkers, bitters ou geeks). Il doit retrouver sa famille et tenter de survivre dans un monde où tout s’est effondré et les morts-vivants ne sont que la menace la plus évidente…

L’univers post-apocalyptique, tout en nous donnant de gros frissons et de l’action saignante à point, permet une exploration sur la société et les relations humaines suprêmement intéressante. Dans les deux premières saisons, par exemple, Rick, shérif et bon gars, doit choisir entre ses principes et la survie de sa famille. Son partenaire Shane, explore les tréfonds de son manque d’empathie et, en l’absence de règles sociales fortes et établies, perds ses repères et devient une figure tragique de perte de contrôle. Lori, l’épouse de Rick, se trouve elle aussi perdue sans sa place bien définie et rassurante de mère et de femme au foyer. Lori n’est pas faible, mais elle est perdue. Les trois sont pris dans un triangle amoureux foutrement plus intéressant que celui de Twilight. La relation de ces trois personnages a conduit les deux premières saisons et avivé les passions, et la haine, de plusieurs fans. Tout le monde hait Lori et Shane, ils ont des bonnes raisons pour ça, mais moi je les aime, dans tout leur trou-de-culisme, comme dirait François Pérusse. Ce sont des âmes à la dérive qui ont perdu leurs place et n’arrivent pas à s’adapter au monde qui est devenu le leur.

J’aime les autre aussi : Andrea, l’avocate qui veut tout le temps s’imposer de la mauvaise manière et se fait rabaisser sans cesse, Dale, le vieux sage plein de cœur avec son chapeau de Gilligan, Michonne, la samouraï solitaire, Glenn et Maggie, les amoureux accrochés l’un à l’autre dans la tempête, Hershel, l’homme simple plein de conviction et d’aveuglement qui se transforme en boussole morale, Beth, l’ado suicidaire qui devient une figure maternelle forte, Sasha et Tyreese, frère et sœur qui gardent un fond fort de bonté sous leur carapace dure dans toute cette horreur, Carl, obligé de passer d’enfant à adulte beaucoup trop tôt, le Governor, le bad guy de la troisième et la quatrième saison, un fou braque comme on en voit peu, et tous les autres, tant de personnages forts qui ne stagnent pas, cette série est foutrement bien écrite (je suppose que le matériel de base, les comics, sont tout aussi solides côté écriture.)

Ouais, j’adore cette série. Mais on est ici aujourd’hui pour parler des deux diamants de cet assemblage de précieux joyaux de personnages.

Il est tout d’abord important de savoir que le personnage de Daryl Dixon n’existe pas dans la bande dessinée. L’acteur Norman Reedus a auditionné pour le rôle de Merl, mais les producteurs ont plutôt choisi Michael Rooker (un fucking bon move de casting, Rooker casse la baraque en Merl, il est jouissif à regarder). Ils ont toutefois tellement aimé Reedus en redneck, qu’ils ont créé un petit frère à Merl, Daryl. Grand bien leur en fit, car Daryl, avec son arbalète, sa Harley (techniquement, c’est celle de son frère) et sa veste de cuir sans manche avec des ailes au dos, est carrément devenu une icône. Reedus reçoit énormément d’attention de fans transis d’amour : il a reçu en cadeau un écureuil (le plat traditionnel des rednecks) de la part d’une fille qui lui a dit qu’elle l’a chassé avec une pelle (c’est à la fois impressionnant et inquiétant), s’est fait demander de souffler dans une bouteille par des fans japonaises qui ont ramené son haleine avec elles à Tokyo et une fan lui a même envoyé un implant mammaire pour lui remonter le moral après qu’il ait dit qu’il ne feelait pas dans une entrevue. Il le garde dans sa roulotte sur le plateau de tournage de la série et s’en sert comme support pour son téléphone. (J’adore Norman Reedus!)

Il va sans dire que, dans l’éventualité où Daryl Dixon perdrait la vie, il y aurait probablement des émeutes…

Carol Peletier, elle, existe dans les comics avec sa fille Sophia, mais, si je me fies à wikipedia, son personnage est extrêmement différent. Dans la série, on voit aussi son époux Ed durant la première saison, ce qui établit les bases du personnage. Melissa McBride, tout comme Norman Reedus, est la définition même du terme Powerhouse Performer, c’est une actrice christement solide et l’extraordinaire voyage de Carol perdrait la majorité de sa puissance avec une actrice moins talentueuse.

La relation entre ces deux personnages n’est pas traditionnelle, il n’y a pas de sexualité entre eux, mais elle est pleine d’amour profond et de respect et je trouve que c’est une des relations les plus romantiques qu’il m’ait jamais été donnée de voir. Est-ce qu’ils sont amoureux? Pas tout à fait, peut-être un peu, mais ce ne sont pas de simples amis non plus.

On commence par le début :

Donc, au début de la série, il y a Carol, maman de Sophia et épouse d’Ed, l’exemple type du chien sale. Ed bats sa femme et regardes sa fillette de 12 ans avec un air inquiétant. Tsé, un vrai champion en camisole blanche, là. Carol est soumise et apeurée face à son mari, mais elle se durcit toutefois lorsque Ed louche du côté de sa petite. Heureusement pour Sophia et sa maman, les zombies se tapent un petit buffet dans le bide d’Ed en fin de saison un et les libèrent ainsi de cette ombre menaçante.

À cette époque, j'ignorait encore à quel point j'allais t'aimer ma belle.

À cette époque, j’ignorait encore à quel point j’allais t’aimer ma belle.

Daryl pour sa part, joint le groupe avec son grand frère Merl, qui est lui aussi un salaud, mais d’un autre genre. En effet, on apprend plus tard que l’intention première des deux frères Dixon était de voler le campement et de se sauver dans la nuit. C’était l’idée de Merl et Daryl, en bon petit frère manipulé, l’a suivi. Les circonstances en ont voulu autrement quand Merl disparaît lors d’une expédition de ravitaillement à Atlanta. Daryl choisit de rester avec le groupe et commence à se faire une place dans ce monde bizarre.

Ses premiers mots: "Son of a bitch! That's MY dear!" et tout le monde l'a adoré dès la première seconde le tabarouette.

Ses premiers mots: « Son of a bitch! That’s MY deer! » et tout le monde l’a adoré dès la première seconde, le petit tabarouette. Non mais regardez cette face de tanant, vous aussi vous sentez l’affection grandir, avouez!

La première véritable interaction entre Daryl et Carol survient suite à la mort d’Ed. Pour protéger le groupe, Daryl et les autres hommes doivent briser le crâne des victimes de l’attaque afin de prévenir leur retour en zombie. Lorsque vient le tour d’Ed, Carol demande à Daryl de la laisser s’en charger et l’acte de péter le crane d’Ed a sûrement un effet cathartique sur la femme abusée qui se libère de ses chaînes matrimoniales.

C’est surtout durant la saison deux que leur relation prend forme.

L’action principale de la saison deux est enclenchée durant le premier épisode lorsque Sophia, la fille de Carol, se perds en forêt. Carol, au désespoir, s’effondre peu à peu, passant de la panique, à la culpabilité, au blâme et à la dépression. Daryl, en traqueur expérimenté, prend le lead dans les recherches pour trouver la fillette et refuse, tout comme Rick, d’abandonner, malgré les prédictions pessimistes de Shane qui rappelle à son collègue policier que les chances de retrouver la gamine baissent à chaque jour et sont pratiquement nulles.

Daryl apporte aussi du réconfort à la mère blessée, en lui amenant une fleur (Cherokee Rose, dans une bouteille de bière, parce que c’est le contenant traditionnel du redneck, j’imagine) et en lui racontant la légende indienne de ces mères Cherokee qui ont versé tant de larmes à la perte de leurs petits durant les déportations (la fameuse Trail of tears) que les dieux ont fait pousser la rose pour apaiser leur douleur. Il lui dit ensuite que s’il sait pertinemment que personne ne regrette son frère (« I’m not fool enough to imagine that there’s a flower blooming for my brother ») il est persuadée que celle-là a fleuri pour Sophia et qu’il va la retrouver. Melissa McBride brille en subtilité dans cette scène, les larmes coulant librement sur les joues de Carol sans un seul sanglot et son regard éloquent, ça donne des frissons. La fragilité de Carol durant cette période est palpable, on a l’impression que si on respire trop fort, elle va éclater en mille morceaux. Mais, sous-jacent, un espoir, contre toute attente, que sa petite fille est encore en vie, quelque part.

Daryl continue les recherches seul à cheval et se blesse sévèrement (une flèche dans la hanche, et une balle lui effleurant le crâne, gracieuseté de Trigger Happy Andrea qui l’a pris pour un zombie) et c’est à ce moment qu’entre en scène l’échange qui, selon moi, est à la source de la relation entre les deux. Daryl est alité et bandé (dans le sens de bandages en tissus, pas dans le sens de Pédro au garde à vous, bande de pervers.) et Carol vient lui porter un plateau. Elle lui donne un baiser sur la tempe et lui dit qu’il a plus fait pour sa fille dans les derniers jours qu’Ed dans toute sa vie. Daryl lui répond qu’il n’a rien fait que Rick ou Shane (les deux leader du groupe, dois-je rappeler) n’auraient fait. Et Carol lui assène le coup de grâce:

« I know, you’re every bit as good as them. Every bit. » (Je sais, tu vaux exactement autant qu’eux. Tu es exactement aussi bien qu’eux.)

Girl, tu vas me faire brailler. Imaginez, le redneck de rien, qui a mangé des volées toute son enfance, qui s’est perdu 9 jours dans les bois à 10 ans et que personne n’a même pris la peine de chercher, qui a vécu toute sa vie dans l’ombre d’un frère qui le rabaissait pour mieux pouvoir s’en servir, se fait dire qu’il est un homme aussi honorable et valable que les deux policiers qui sont en charge du groupe? Moi aussi j’aurais commencé à vénérer cette femme à sa place.

Petit moment émotif, entendez vous les anges chanter?

Daryl en plein petit moment émotif, entendez vous les anges chanter?

Bien entendu, l’attachement de Carol et Daryl n’est pas harmonieux et sans heurts. Daryl réagit agressivement à la fragilité que Carol lui démontre lorsqu’elle tente de l’empêcher de repartir en forêt avant qu’il ne soit guéri. Il ne veut pas être responsable de son équilibre. Daryl Dixon ne peut accepter que quelqu’un se soucie de lui parce qu’il ne peut accepter qu’il vaille la peine qu’on se soucie de lui. Il se reprends toutefois, fait des excuses sincères et réaffirme sa conviction qu’il va retrouver Sophia.

La découverte de Sophia dans la grange d’Hershel, en zombie, démolit les deux personnages (et Rick aussi, qui se sent responsable de la disparition de la fillette, et bordel, le regard d’Andrew Lincoln dans cette scène me fait capoter, y as pas un seul mauvais acteur dans cette série). Carol se remets plus vite que Daryl, probablement parce que la mort officielle de son bébé lui donne enfin la certitude nécessaire pour faire son deuil. Lui se sent en colère et s’isole du groupe, son échec réveillant sa conviction un incapable et qu’il se berce d’illusions. Il est agressif et désagréable avec tout le monde, pour les éloigner. Et encore une fois, Carol s’attire les foudres de Dixon lorsqu’elle essaie de l’empêcher de se détacher du groupe, elle ne veut pas le perdre lui aussi et elle lui dit qu’il mérite mieux que de rester seul. C’est encore une scène puissante entre deux acteurs au sommet de leur art, Daryl menaçant, limite violent, et Carol qui le regarde droit dans les yeux, déterminée à ne pas se laisser intimider, convaincue qu’il ne lui fera pas de mal.

C’est intéressant de voir la dynamique masuclin/féminin entre les deux. À première vue, ce sont des stéréotypes assez classiques, mais il y a tellement plus sous la surface. Même si Daryl, redneck jusqu’au bout des ongles (on le voit même manger de l’écureuil cru pendant la saison deux, beurk) utilise un language injurieux (il est, tout comme Jesse Pinckman de Breaking Bad, un amateur de « bitch »), même s’il est très masculin et qu’il a définitivement un penchant colérique, surtout durant les deux premières saisons, pas une seule seconde on ne pense qu’il est misogyne. Dangereux? Probablement. Impulsif? Définitivement. Mais mauvais? Absoluement pas. Carol, pour sa part, même si elle est le stéréotype typique de la femme abusée, petit oiseau fragile qui essaie de se fondre dans le décor, elle laisse entrevoir à dose minime, peu à peu, l’extraordinaire femme forte en devenir (et aussi la froideur dont elle fera preuve durant les épreuves qui l’attendent dans les saisons 4 et 5 (look at the flowers), mais je n’en dirai pas plus, c’est trop douloureux et je veux que vous le voyez par vous même). Ce dosage subtil en doit autant à l’écriture qu’à la performance de Melissa McBride, qui manie Carol avec finesse, du grand art.

L’invasion de la ferme des Green et le départ sur la route à la fin de la saison deux transforment la dynamique du groupe. Carol exprime ses doutes sur Rick à Daryl,  et essaie de le convaincre de partir avec elle (elle tente même de le manipuler en appelant à son honneur, mais ça ne fonctionne pas). Lui affirme qu’il a pleine et entière confiance en Grimes. Lorsque Rick, à bout, déclare qu’il n’y aura plus de démocratie, et que ceux qui ne veulent pas le suivre n’ont qu’à partir, Dixon reste sans hésiter une seconde, et donc Carol choisit de rester elle aussi.

Au début de la troisième saison, qui a lieu 6 ou 7 mois après la finale de la saison deux, le groupe est devenue une cellule de survie et Carol s’est développée en une femme d’action. Elle s’est prise en main, a appris à tirer et à soigner les blessures avec Hershel. Elle s’est rapprochée de Lori et se prépare à l’aider durant son accouchement. (une zombie fraîchement tuée, c’est un bon dummy pour s’exercer a pratiquer une césarienne avec un poignard hein? Encore une fois, beurk! J’adore cette série…)

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Deux badass, faisant des trucs de badass.

Elle a même trouvé un sens de l’humour pince sans rire comme dans une de mes petites scènes préférées entre elle et Daryl. Daryl est sur le toit d’un camion au bord de la barrière de la prison où le groupe passe sa première nuit, à surveiller les environs, et Carol vient lui donner à manger. Elle admet qu’il a eu raison d’avoir confiance en Rick et, après qu’il ait massé son épaule douloureuse (Carol a dû tirer beaucoup pour nettoyer la cour de la prison et ressent les effets secondaires du recul de l’arme), elle lui dit avec un sourire en coin (et je ne traduirai pas, parce que c’est le jeux de mots qui est drôle, désolé, si vous parlez pas anglais, vous la trouverez pas drôle)

Daryl: We better get back.

Carol : That’s pretty romantic, wanna screw around?

Daryl: Pfft! I’ll go down first.

Carol: Even better!

Daryl: Stahhhp!

Les deux ont développé une belle complicité.

Lorsque Carol se trouve prise dans une cellule d’isolement durant l’attaque de la prison, Daryl et les autres sont persuadés qu’elle est morte et Dixon est clairement en colère. Mais cette fois-ci, c’est plus intériorisé qu’après la perte de Sophia, parce qu’il sait qu’on a besoin de lui. En effet, sans Daryl et Maggie, qui sont parti à la recherche de lait maternel, bébé Judith n’aurait pas survécu longtemps après sa naissance. C’est Daryl qui retrouve Carol et les scripteurs et le réalisateur offrent aux fans du couple une belle scène de Carol dans les bras de Daryl.

 AWWWWW, ça serait cute si elle n'était pas incapable de marcher parce qu'elle est affamée et déshydratée par son séjour de 3 jours en cellule...

AWWWWW, ça serait cute si elle n’était pas incapable de marcher parce qu’elle est affamée et déshydratée par son séjour de 3 jours en cellule d’isolement…

Lorsque Daryl retrouve son frère et décide de partir avec lui, la peine de Carol est évidente, mais elle fait vite la paix avec son choix. Elle explique à une Beth inquiète le genre de relation que les frères Dixon ont, et on sent le spectre d’Ed dans son discours. Mais on sent aussi qu’elle a confiance en son ami, qu’elle sait que Daryl est un homme bien et que Merl n’en fera plus son valet. Et elle a raison. Au retour de Daryl avec Merl, c’est Carol qui lui explique qu’elle comprend qu’il aime son frère, mais que Merl est mauvais pour lui et qu’il ne doit pas se laisser rabaisser. Merl est impressionné par l’évolution de la femme, de petit oiseau apeuré à femme forte qui n’a peur de rien. Ce à quoi Carol réagit en mettant Merl au défi de cesser de balancer à gauche et à droite et de choisir son camps. C’est certainement un élément d’influence dans la décision de Merl de se sacrifier pour donner une chance au groupe contre le Gouverneur et les troupes de Woodbury. La mort de Merl affecte Daryl, mais le libère à son tour d’une ombre qui pesait sur sa vie.Le fait que Merl soit décédé dans un acte de sacrifice, prouvant qu’il n’était pas un salaud irrécupérable, a probablement aidé son petit frère à faire la paix avec ses démons.

Il y a peu à dire sur la relation entre Carol et Daryl durant la saison 4, leur relation a atteint sa vitesse de croisière et n’évolue plus vraiment, ils sont toujours aussi proches. Carol l’appelle affectueusement Pookie et lui rappelle qu’elle l’a aimé en premier, en référence à l’admiration que les nombreux habitants de la prison ont face à celui qui les a amené en sûreté et leur fourni à manger. Carol et Daryl sont séparés pour une grande partie de cette saison, leurs personnages évoluent de leur côté (et Carol se voit confronté a des choix fucking déchirants) et ne se retrouvent qu’au début de la cinquième saison. Mais ils s’aiment toujours autant. Il restera à voir comment les décisions de Carol viendront l’affecter, mais je suis certaine que Daryl sera là pour la maintenir bien ancrée sur terre, ou, à tout le moins, il va essayer à sa façon, je ne sais pas si ce sera efficace.

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Pookie et sa fan numéro un.

Daryl et Carol, contrairement à leurs compagnons, ne souffrent pas de la perte de repères que l’effondrement de la société a occasionné, parce qu’ils étaient déjà dans la marge et n’avaient pas de place dans la société avant l’Infection. Ils ne sont pas perdus, comme Lori ou Andrea, ils n’ont jamais défini leur identité par leur place dans la société. Les walkers leur ont donné l’occasion de devenir membres à part entière d’un groupe, des membres importants et utiles, une occasion qu’ils n’auraient probablement jamais eu autrement.

La relation entre ces deux personnages est tellement viscérale, ils débutent tous les deux leur histoire en victimes blessés chacun à sa façon et trouvent ensemble le courage de prendre ce monde de face. Tous les deux ont vécu dans l’ombre de personnes qui avaient promis de les aimer, mais qui ne leur ont donné que du mépris et de la violence. C’est probablement pour ça qu’ils parlent le même langage et sont capable d’offrir à l’autre ce dont il a besoin. C’est dans Daryl que Carol a trouvé la force d’espérer envers et contre tout, c’est en Carol que Daryl a vu le reflet de l’homme honorable qu’il pouvait devenir. Ils n’ont pas besoin de grandes explications ou de déclarations fleuries, leur connexion vient tout droit des trippes et se passe de mots.

Bien des fans de la série font du shipping Daryl/Beth depuis leur cuite à la fin de la saison 4, mais je n’aimerais pas vraiment ce pairing. De un, la jolie blonde de 18 ans et le redneck dans la trentaine avancé (on ne sait pas l’âge exact de Daryl, mais il n’est pas dans la vingtaine et Reedus a 45 ans dans la vraie vie, donc, je ne pense pas m’avancer trop en évaluant qu’il a au moins 35 ans au début de la série), ça a un peu trop un relent de Jailbait à mon goût (et Carl serait TRÈS déçu de perdre la seule fille plus ou moins de son âge des environs…) Aussi, ça risquerait trop de tomber dans le cliché de « je vais te guérir à coup d’amour oh mon preux chevalier protecteur » et Dieu sait que matante aime pas ce cliché. Beth est géniale, et ce que j’ai lu de ses aventures dans l’hôpital au début de la cinquième saison est prometteur (non, je ne regardes pas les épisodes, je veux attendre de pouvoir tous me les tapper d’une shot, mais j’ai pas la patience d’attendre pour savoir ce qui va se passer, donc je vis de spoiler tous les lundis), mais je ne pense pas qu’elle ferait une bonne Madame Dixon. Mais c’est juste mon opinion.

Est-ce que ça veut dire que je préfèrerait Carol en Mme Daryl? Pas nécessairement. Un développement romantique à leur relation me semblerait plus logique que dans le cas de Daryl et Beth, mais je n’ai pas besoin de les voir s’embrasser pour considérer qu’ils ont réussi leur relation. Elle est déjà réussie. Je ne pense pas qu’il soit absolument nécessaire que Daryl (ou Rick, parce qu’il a aussi ses théories de relations potentielles à toutes les saisons) trouve l’amour avec un grand A, on peut très bien réussir sa vie, et son histoire, sans ça… Mais Carol ferait plus de sens que tout autre candidate s’il faut le caser.

Norman Reedus a souvent dit en entrevue lorsqu’on lui parle d’une éventuelle relation romantique pour Daryl, que ce soit avec Carol, Beth ou quiconque, qu’il espérait que ce serait maladroit et réaliste, qu’il a toujours abordé Daryl comme virginal, pas nécessairement vierge, mais mal à l’aise, et ça paraît dans ses interactions avec les autres. La seule personne qu’il est à l’aise de prendre dans ses bras est Carol, et elle a gagné ce droit après beaucoup de temps.

à part bébé Judith, ce qui a fait tomber toute l'audience féminine dans les pommes.

Ok, il y a aussi bébé Judith, ce qui a fait tomber toute l’audience féminine dans les pommes. Petite chanceuse va, et tout ce dont elle a eu besoin, c’est de passer à deux doigts de mourir de faim à quelques heures de sa naissance!

Mais même avec elle, Reedus ne joue pas Dixon complètement détendu, il y a toujours un regard en coin, une hésitation, et McBride prend toujours la peine de réagir à cette tension sans dire un mot. Tout est dans le non dit, et les deux acteurs sont vraiment extraordinaires.

Mais peu importe la fin, qu’ils finissent ensemble ou non, l’histoire de Daryl et Carol est ma préféré, une histoire simple, sans jeux de pouvoir, sans bullshit, sans tension sexuelle clichée, sans regards languis d’amour en close-up pour qu’on sache qu’ils s’aiment d’amour amoureux, sans possessivité ou quiproquos. Une relation pleine d’amour simple et de respect entre un homme et une femme, qui n’ont pas besoin de jouer de game, qui, s’ils ne se disent pas tout, ne se mentent jamais. Je suis heureuse de les regarder évoluer, on a besoin de plus d’histoires comme la leur.

quid-de-carol-dans-tout-ca

AWWWWW ils sont cute tous les deux!

Mise à jour du lundi matin:

Ok, Norman Reedus a mis cette capture d’écran de son téléphone sur Instagram hier soir après la diffusion de l’épisode « Consumed » (un épisode entier juste sur Daryl et Carol!!! Trop hâte de le voir!!!) et elle est trop drôle, sa maman aussi est une fan de Carol! (Plus texto de môman que ça, tu meurs. Aussi, j’espère qu’il a branché son cell rapidement après ça, c’est pas bon de laisser la batterie se vider autant…)

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Mom

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Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Samedi de la Muse : Neil deGrasse Tyson et l’amour de la connaissance.

Neil deGrasse Tyson est un astrophysicien et un cosmologue américain. Tout comme Hubert Reeves, c’est aussi un vulgarisateur extrêmement efficace avec un enthousiasme pour son sujet très contagieux.

Je connaissait vaguement le personnage pour l’avoir vu dans quelques documentaires et reportages en lien avec l’astronomie, mais j’ai vraiment fait sa connaissance  en mars dernier, quand je me suis assise pour regarder la première de l’émission Cosmos, à Fox.

Et putain, je suis tombée en amour…

Pas avec Neil, même s’il est absolument adorable, mais avec le savoir qu’il communiquait. Cosmos est un reboot de la série du même nom diffusée en 1980 et animée par l’astrophysicien Carl Sagan et qui a inspiré des milliers de jeunes américains à se tourner vers une carrière en science. C’est une série documentaire sur l’état actuel des connaissances scientifiques sur l’Univers. Ne vous leurrez pas, ce n’est pas du tout une série de chiffres et de graphiques présentés sur un tableau. Il s’agit littéralement d’un voyage dans le temps et l’espace à bord du « Ship of the Imagination » où on découvre non seulement l’évolution de l’Univers du Big Bang jusqu’aux théories sur la mort de notre système solaire, mais aussi un cours d’histoire de la science incluant tous les domaines : biologie, acoustique, astronomie, chimie, physique, mathématique, génétique etc, de l’antiquité à l’époque moderne (l’historienne en moi était en pamoison devant toutes les infos sur l’état des connaissances scientifiques dans l’antiquité, putain nos ancêtres étaient des génies). Dès le départ, on nous met l’Univers en perspective avec un calendrier cosmique où la race humaine n’occupe que la dernière minute de la dernière journée de l’année cosmique ayant débuté au moment du Big Bang. Ça fait réfléchir sur notre importance à l’échelle universelle… Les effets spéciaux sont à couper le souffle et les propos, facile à suivre.

La série est présentement seulement disponible en anglais, mais une version traduite ou sous-titrée ne devrait pas tarder. Je recommande chaudement.

En dehors de la télé Neil anime Star Talk, un podcast où il discute de science et d’astronomie avec des invitées soit scientifiques ou du monde du spectacle. Encore une excellente source de savoir vulgarisé, mais il faut bien comprendre l’anglais.

Son Twitter est un bijou philosophique, scientifique et hilarant. Durant la diffusion des 13 épisodes de Cosmos à Fox, il twittait en direct en regardant l’émission et lorsqu’un épisode à été déplacé pour la diffusion d’une course de Nascar, il a passé l’heure habituelle de diffusion à twitter à propos de force centrifuge, de la composition chimique des pneus, de principe d’adhérence et de thermodynamique, c’était génial.

Il est aussi un philosophe à ses heures et ses citations font souvent le tour des générateurs de Memes :

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Je ne suis pas du tout une scientifique, mais je suis curieuse de nature et Neil deGrasse Tyson est un puits de savoir enveloppé dans une épaisse couche d’humour et de simplicité.

Merci Neil!

https://twitter.com/neiltyson

https://www.facebook.com/neildegrassetyson

http://www.haydenplanetarium.org/tyson/

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LE CONSENTEMENT N’EST PAS OPTIONEL

Bon Matante est en tabarnak, en ostie, en câlisse, en tout ce que vous voudrez.

Dans la foulée de l’affaire Jian Ghomeshi (en résumé, le populaire animateur de la CBC a été accusé de comportements sexuels inappropriés et violents par 9 femmes à ce jour), la journaliste Sue Montgomery a pris Twitter d’assaut avec l’hashtag #BeenRapedNeverReported qui a généré une réponse à la fois peu surprenante et brise-cœur. Tellement de femmes qui traînent en silence un fardeau inimaginable, mon coeur se fend encore juste d’y penser.

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne et la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi ont ressenti, à la vue de cette vague déferlante de témoignages, le besoin de sortir de l’ombre et de parler publiquement, elles aussi, de leurs expériences avec la violence sexuelle.

Jeudi, la journaliste Michèle Ouimet a parlé dans un éditorial de La Presse du viol brutal qu’elle a subi à l’âge de 21 ans, mais surtout, des raisons pourquoi elle n’avait pas porté plainte et de la honte qu’elle avait ressentie et ressent toujours. http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/michele-ouimet/201411/06/01-4816422-la-honte.php

Le même jour, l’actrice canadienne Kate Hewlett (que j’adore d’un amour pur et profond) a aussi utilisé l’hashtag sur twitter pour parler du viol qu’elle a subi il y a 15 ans au mariage d’un couple d’amis et du fait qu’elle n’en avait pas parlé pour ne pas faire de peine à sa copine et son époux en entachant leur belle journée. J’ai éclaté en sanglots en lisant son simple message de moins de 140 caractères.

Lundi, l’ancienne vice-première ministre du Canada, Sheila Copps a parlé du viol qu’elle a subit il y a plus de 30 ans et de la façon dont la police avait refusé de donner suite à l’enquête.

Mesdames, je suis absolument dévastée de savoir que vous avez vécu cette terrible épreuve et vous avez tout mon amour et tout mon soutien.

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Une femme sur trois est agressée sexuellement dans sa vie, mais une grande proportion s’ajoute avec celles qui ont subi à un moment ou un autre, des attouchements non désirés. J’ai une amie qui s’est fait tripotée par un avocat en pleine réunion en dessous de la table. Ce n’était pas violent, mais que croyez vous qu’elle a pensé quand il lui a demandé de passer chercher des dossier à son bureau? Elle s’est arrangée pour ne pas y aller et elle a bien fait.

Je fais partie de la minorité chanceuse de femmes qui n’a jamais dû dans sa vie poser un geste ou subir un geste de nature sexuelle sans mon consentement. Ne vous leurrez pas, je fais partie d’une MINORITÉ, et j’en suis consciente.

Et je sais aussi que cet état de choses pourrait changer quelque part dans mon avenir. Les femmes plus âgées ne sont absolument pas à l’abri des agressions sexuelles, pas du tout. Ce n’est pas une question d’âge ou d’apparence.

Cet état de choses me fait sentir tellement impuissante et tellement en colère. Pourquoi la moitié de la population de la planète est-elle considérée comme étant née pour satisfaire les bas instincts d’une minorité de l’autre moitié de cette population?

Ce ne sont pas tous les hommes qui sont des agresseurs, ce n’est même pas la majorité, mais ceux qui le sont généralement protégés de façon inconsciente par la société. On minimise l’impact de leurs geste, on leur trouve des excuses et on cherche à ne pas ébruiter les choses. Il ne faut surtout pas en parler, ça ferait trop de vagues.

Quelqu’un peut me dire pourquoi, pourquoi, pourquoi grand dieux faut-il qu’à chaque fois qu’on parle d’agression sexuelle, il y ait une main métaphorique qui se lève dans l’audience pour nous mettre en garde contre les dommages que le discours de dénonciation pourrait créer? « Ça ne concerne pas personne ce que je fais dans ma chambre à coucher! », « Elle n’a rien dit pendant 2 jours/semaines/mois/ans, c’est parce qu’elle l’a regretté après coup et qu’elle veut se faire du capital de sympathie », « elle n’a pas dit non, ça veut dire qu’elle voulait », « à les entendre parler, on ne peut pas être spontanés au lit, c’est toujours du viol si on a pas un contrat signé et notarié » « faire l’amour à une femme ce n’est pas l’agresser, c’est ça que je comprends moi, c’est dans la nature des choses », « à ce rythme-là, on aura plus jamais le droit de baiser ».

FUCK. THAT. TOTAL. ROTTING. HORSESHIT.

(Je suis tellement en tabarnack, j’en oublie ma langue maternelle!!!!)

Qui est-ce qui détermine si le partenaire A est consentant dans une relation sexuelle?

LE PARTENAIRE A.

FUCKING

PERSONNE

D’AUTRE.

Nop, c’est pas toi, ni la police, ni le juge, ni la loi, ni Louise Deschâtelets, ni le Pape, ni Robert Downey Jr.

Personne ne me dira ce dont j’ai envie dans la vie. Personne n’a le droit de me le dire, personne n’a le droit de vous le dire non plus.

LES ÊTRES HUMAINS NE SONT PAS DES BIENS DE CONSOMMATION AU SERVICE DE LA LIBIDO D’AUTRUI.

Je me fous que vous ayez payé 300 millions de dollars pour un souper de homard albinos dans un hôtel 5 étoiles que vous avez fait construire au sommet du mont Everest pour l’occasion, si elle dit qu’elle n’était pas consentante, ELLE N’ÉTAIT PAS CONSENTANTE ET VOUS N’AVEZ PAS DE CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES.

Rien à foutre que la seule façon que tu as de bander ce soit en giflant ta partenaire, chacun son kink et t’as le droit de vivre le tiens, mais si elle te dit qu’elle ne veut pas ou qu’elle change d’avis après la première claque, c’est TA JOB D’ARRÊTER TOUT ET DE PASSER À LA SUIVANTE. Si tu continues, tu es un agresseur, point final.

Elle vous a dit bonjour? Ça ne veut pas dire qu’elle veut que vous lui pogniez une fesse.

Elle a une jupe courte? Ça ne veut pas dire qu’elle veut que vous lui flattiez une cuisse.

Elle vous a embrassé? Ça ne veut pas dire qu’elle veut que vous lui broutiez le minou.

Elle vous a fait une pipe? Ça ne veut pas dire qu’elle veut que vous la pénétriez.

Elle vous dit, « J’ai envie de toi » dans le bar? Ça ne veut pas dire qu’elle n’a pas le droit de changer d’idée rendue dans votre appartement.

Il n’y a pas de point de non-retour dans une relation sexuelle,

Il n’y a pas d’étape où on n’a pas le droit de changer d’idée,

Il n’y a pas de trop tard.

J’en ai ma claque des commentaires qui disent qu’une victime (femme ou homme) « aurait dû savoir dans quoi elle s’embarquait » quand elle se fait agresser, des commentaires sur ce qu’elle portait, ce qu’elle avait bu, son nombre de partenaires sexuels, ses habitudes au lit, sa carrière, etc.

Il n’y a pas de situation qui justifie d’agresser sexuellement une personne! Il n’y a pas de circonstances atténuantes pour un viol!

Je réclame le droit aux femmes d’avoir une vie sexuelle désinvolte au même titre que les hommes! Oui, je veux qu’on puisse suivre un gars qu’on a rencontré dans un bar chez lui et se le taper si ça nous tente et que ça ne devient pas NOTRE faute si on se retrouve dans un fossé le lendemain matin. Ce ne serait pas non plus la faute du gars si la situation était inversée!

De toute façon, ce n’est pas l’étranger au bar qui est le plus dangereux, c’est le gars que tu connais. Dans 80 % des infractions d’ordre sexuel en 2002, la victime connaissait son agresseur et la proportion n’a certainement pas baissé 12 ans plus tard.

Quand c’est ton chum qui décide que « ça me tente pas » ça ne veut rien dire parce qu’en tant que conjointe, c’est ta job de soulager ses envies, t’es pas avec un étranger que t’as rencontré il y a deux minutes!

Quand c’est ton frère ou ton cousin qui se glisse dans ta chambre, tu t’es pas fait sauter dessus au coin d’une ruelle sombre!

J’en ai MARRE qu’on blâme les victimes pour leurs agressions, qu’on dise qu’elles ou ils ont couru après, qu’elles ou ils auraient dû rester sobres, rester avec le groupe, s’habiller plus modestement, rester enfermés dans une cage dans un coffre-fort de banque pour éviter de se faire violenter.

NONONONONONONONONONONONONONONONONONONONONONONON!

Ce n’est pas à la victime de ne pas se faire agresser, c’est à l’agresseur de ne pas agresser!

Oui, vous devez dire à vos filles d’éviter les rues sombres, se méfier de leurs drinks, faire attention, parce que, malheureusement, les monstres existent, mais si le pire arrive, VOUS N’AVEZ AUCUN DROIT DE LUI DIRE « TU AURAIS DÛ ». CE N’EST PAS DE SA FAUTE!!!!!!

Saviez-vous qu’au Canada, avant les années 70, c’était légalement impossible de violer son épouse? Parce que dans les liens sacrés du mariage, on doit faire son devoir, que ça nous tente ou non.

On parle d’il y a moins de 50 ans, pas du Moyen-Âge!

Une prostituée se fait payer pour coucher avec un client, mais ça ne vous donne pas le droit de briser l’entente qui disait que votre 100 $ vous donnait droit à une pipe et la pénétrer de force! C’est quand même un viol! Si vous payez pour un café au resto, personne ne va vous laisser repartir avec une pizza en disant « ben fallait s’y attendre, on vend de la bouffe, c’est pas vraiment un vol, c’est notre job de nourrir le monde… »

Une actrice porno n’est plus un jouet sexuel dès qu’elle est en dehors de votre écran. Elle fait une job. C’est vrai que si elle travaille avec une compagnie réputée, elle peut choisir ses partenaires et s’amuser au travail, mais ça ne veut absolument pas dire qu’elle est une nymphomane qui vas vous enfourcher dès qu’elle va vous voir et ça ne lui enlève pas le droit de dire non! Personne de sain d’esprit ne va sacrer une volée à Daniel Radcliffe parce qu’il ne veut pas vous faire apparaître un patronus!

Blâmer les victimes, peu importe le crime, est un comportement répugnant que je n’expliquerai JAMAIS.

Les réseaux sociaux ont transformé des histoires déjà horribles en torture de tous les instants pour les victimes qui non seulement se voient blâmées pour leurs agressions, mais voient leurs agresseurs défendus sur la place publique comme étant victimes d’une pute qui cherche à détruire leur réputation.

LES ACCUSATEURS ONT AUSSI DROIT À LA PRÉSOMPTION D’INNOCENCE, COMME LES ACCUSÉS. Ils et elles disent la vérité jusqu’à preuve du contraire.

Oui les fausses accusations de viol ça existe… dans 4 % des cas… Alors lâchez-moi avec les « c’est surement une menteuse qui veut se faire du capital de sympathie » Les statistiques disent qu’il y a un maximum de chances qu’elle dise la vérité. La seule réaction raisonnable c’est de fermer sa gueule et de laisser la police enquêter calvaire.

En novembre 2011, Rehtah Pearson, une jeune fille de 15 ans s’est rendue dans la maison d’une amie près de chez elle en Nouvelle-Écosse. Le seul souvenir qu’elle a eu de cette soirée est une vague impression d’avoir vomi à un moment donné. Mais très rapidement, des photos de la jeune fille en train de se faire violer se sont mises à circuler sur internet et Rehtah a reçu le titre de « pute de l’année » à son école. Rehtah s’est retrouvée seule, face à une école hostile et une force de police qui refuse de donner suite à un cas de « rumeurs ». En 2013, elle a choisi de se pendre pour arrêter l’horreur qui avait envahi sa vie.

En août 2012, à Steubenville en Ohio, une jeune fille intoxiquée se retrouve à l’arrière d’une voiture avec des garçons. Son chandail et son pantalon lui sont retirés, elle est pénétrée avec les doigts par un de ses voisins de banquette et par un autre garçon une fois rendue à destination. L’un d’entre eux a même tenté de la forcer à lui faire une fellation, mais elle était trop partie pour réagir au pénis dans sa bouche. Le tout a été filmé et photographié par les autres personnes présentes. Toute cette documentation s’est retrouvée sur twitter, facebook et youtube. Au moment du procès, sur CNN, le reporter disait :

« Incredibly difficult, even for an outsider like me, to watch what happened as these two young men that had such promising futures, star football players, very good students, literally watched as they believed their lives fell apart…when that sentence came down, [Ma’lik] collapsed in the arms of his attorney…He said to him, ‘My life is over. No one is going to want me now. »

(Extrèmement difficile, même pour un étranger comme moi, de voir ce qui arrive à ces deux jeunes hommes qui avaient un futur si prometteur, des stars de l’équipe de football, de bons étudiants, de les regarder alors qu’ils voient leur vie s’effondrer… quand la sentence a été rendue [Ma’lik] s’est effondré dans les bras de son avocat… Il lui a dit « Ma vie est finie. Personne ne voudra de moi maintenant »)

Parce que la vie de la victime n’est pas ruinée elle…

Tabarnak.

Audrie Pott, 15 ans, à Saratoga, s’est suicidée en 2012, huit jours après qu’elle ait été violée et que des photos de son agression sexuelle se sont retrouvées sur les médias sociaux.

Les deux victimes des viols à l’école secondaire Torringthon au Connecticut ont été blâmées pour leur agression sur Twitter et leurs agresseurs ont été défendus vigoureusement par leur entourage.

JE NE COMPRENDS PAS. JE NE COMPRENDRAI

JAMAIS.

Comment peut-on traiter une jeune fille de 15 ans, qui était VISIBLEMENT inconsciente, et donc, totalement incapable de consentir a une relation sexuelle, de pute et traiter ses agresseurs en victime de salope qui ruine leur vie?

Comment peut-on agir ainsi et prétendre appartenir au genre humain???

Comment peut-on excuser de la violence sexuelle en disant « boys will be boys »

No they will not, they are supposed to become men for fuck’s sake!

Les exemples que je vous ai donnés concernent des victimes et des AGRESSEURS adolescents. Je regarde des photos de la fille de ma soeur qui a l’âge de Retha et Audrie au moment de leurs viols et j’ai froid dans le dos…

Mais ce n’est pas mieux chez les adultes…

Des théories ridicules circulent disant qu’une femme ne peut pas tomber enceinte des suites d’un viol, car son corps aurait une « défense naturelle » qui empêcherait la fécondation en cas de traumatisme. Donc si une femme tombe enceinte, ce n’était pas un viol.

Allez raconter ça à un biologiste qu’il vous éclate de rire en pleine face!

Le taux de testostérone, cette fameuse excuse miracle qui régit la violence et la drive sexuelle des êtres humains, combinée aux phéromones, qui apparemment feraient perdre tout le contrôle d’un homme sur ses actions. Certain, c’est très scientifique et surtout pas du tout insultant comme insinuation que tous les hommes sont des bêtes incontrôlables juste pour excuser quelques écœurants dans la gang. Way to go boys!

L’habitude encore très présente chez la police, mais aussi dans les cours de justice, de décrire dans les détails l’habillement d’une présumée victime. Pourtant, il n’y a pas de dispositions dans la loi qui parlent d’un habillement quelconque qui rendrait une relation non consentante légale.

Le médecin militaire qui dit à son patient en soignant les blessures à son anus « son, men don’t get raped. »

CeeLoo Green, qui dit sur Twitter que si la victime ne se souvient de rien, ce n’est pas du viol, car un viol, c’est traumatisant et on se souvient d’un événement traumatisant.

COMMENT PEUT-ON PENSER UNE CHOSE PAREILLE?

Jian Ghomeshi a tout d’abord parlé d’habitude avec le rough sex pour expliquer les premières accusations avant de se fermer comme une huitre lorsque je les accusations se sont multipliées. Chose, t’aurais peut-être dû t’assurer qu’elles étaient d’accord avant de les étrangler. Le BDSM n’est pas une excuse pour faire du mal à quelqu’un!

Comment peut-on appeler la pénétration d’une personne alors qu’elle est raide, les dents serrées, qu’elle pousse sur nos épaules ou qu’elles n’a aucune conscience de ce qui se passe autour d’elle “faire l’amour” ou même “baiser”. Quel plaisir peut-on trouver à ce genre de rencontre?

Alain Vadeboncoeur explique ses propres sentiments sur la culture du viol d’une façon éloquente qui m’a touchée profondément. http://bit.ly/1wCz5LH

La culture du viol EXISTE et il est temps de se sortir la tête du sable. Il faut TOUS en tant que citoyens faire notre part, en dénonçant les agresseurs, en écoutant les victimes et en leur donnant le bénéfice du doute et en éduquant nos enfants sur la sexualité.

Il faut que les garçons et les filles sachent ce qu’est une relation sexuelle consentante et qu’ils le sachent AU MOMENT DE LA PUBERTÉ.

Oui, il y a beaucoup d’exemples de sexualité et de relations malsaines dans la culture (50 Shades of Grey est une relation tellement abusive, j’ai envie de créer une machine qui rendrait Christian Grey réel pour pouvoir le foutre en prison personnellement), mais si les femmes au foyer américaines avaient appris comment repérer une relation abusive, elles ne penseraient pas qu’un gars qui te tape violemment dessus a coup de ceinture et qui ne s’arrête même pas quant tu éclates en sanglots est un bon dominateur et que c’est kinky,  ce ramassis d’ordures ne serait pas devenu un best-seller.

Ce n’est pas à la porno à apprendre à vos fils comment agir avec une femme, ce n’est pas à la porno à apprendre a vos fille comment vivre leur sexualité, calvaire!

Parler de sexualité avec les jeunes (que ce soit avec les parents ou à l’école) devrait être un processus constant qui débute dès le moment où ils demandent comment sont faits les bébés. Pas besoin de parler de viol à un gamin de 5 ans, mais on parle d’amour, d’affection et de câlins.

On explique à sa petite fille que si son ami à l’école ne veut pas qu’elle lui prenne la main, c’est vrai que ce n’est pas le fun, mais il ne faut pas insister, c’est lui qui décide, c’est sa main à lui.

Et même chose si c’est votre fils, c’est cute qu’il aime sa voisine, mais si elle ne veut rien savoir de lui, il faut lui apprendre à passer à autre chose et bien lui faire comprendre que ce n’est pas de sa faute à lui si elle ne l’aime pas, mais ce n’est pas de sa faute à elle non plus.

Pas toujours évident, je vous l’accorde, mais qui a dit qu’élever des enfants l’était?

Dès le moment où votre partenaire cesse de démontrer de l’enthousiasme pour ce que vous lui faites, CE N’EST PLUS DU SEXE.

Est-ce que ça veut dire qu’on n’a pas le droit d’être mauvais au lit?

YEP.

Heureusement, être bon au lit, ça s’apprend et il n’est jamais trop tard pour apprendre.

Si votre blonde n’a visiblement pas de fun, vous arrêtez tout.

Ensuite, vous lui demandez si elle veut continuer, et ce qu’elle a envie que vous lui fassiez pour la remettre dans le goût.

Si elle ne sait pas, testez quelques trucs, soyez créatifs, la bouche et les doigts sont souvent pas mal plus efficaces que Pablo le Pénis Protubérant pour faire geindre votre copine. Allez-y doucement pour ne pas lui faire mal et surveillez ses réactions.

Si elle ne veut pas continuer, vous allez dans la salle de bain, vous vous faites couler une bonne douche, vous flattez un peu Pablo et vous allez faire dodo.

AUCUNE AUTRE RÉACTION N’EST ACCEPTABLE. CONDUISEZ-VOUS COMME DES ADULTES, SI VOUS VOULEZ LES PRIVILÈGES D’UNE VIE ADULTE.

Et si quelqu’un vous force à faire quoi que ce soit contre votre volonté, parlez, dites-le, dénoncez.

Je vais vous croire, ce n’est pas votre faute.

Matante Elise Out.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

Samedi de la Muse: Emma Watson et la campagne He for She

Texte copié-collé direct du site  de l’ONU  parce que je veux vous forcer à le lire et que j’ai absolument rien à ajouter pour expliquer pourquoi cette femme m’inspire.

Si vous ne le lisez pas jusqu’au bout, je vais me rendre chez vous et cracher dans votre pot de Nutella (Philippe, je vais cracher dans ta bière, puisque t’es allergique au Nutella)

[L’allocution prononcée fait foi]

Nous lançons aujourd’hui la campagne « HeForShe ».

Je m’adresse à vous en ce jour, car j’ai besoin de votre aide. Nous souhaitons mettre fin aux inégalités entre les sexes, et pour y parvenir, l’implication de tous est indispensable.

Il s’agit de la première campagne de ce genre menée par l’ONU : nous souhaitons mobiliser autant d’hommes et de garçons que possible pour qu’ils militent pour l’égalité des sexes. Mais au-delà des discours, nous voulons obtenir des résultats tangibles.

J’ai été nommée il y a six mois et depuis, plus je parle de féminisme, plus je réalise que la lutte pour les droits des femmes est trop souvent associée à la haine des hommes. S’il y a bien une chose dont je suis certaine, c’est que cela doit cesser.

Pour mémoire, le féminisme se définit comme « la conviction que les hommes et les femmes doivent jouir des mêmes droits et des mêmes chances. C’est cela la théorie politique, économique et sociale de l’égalité des sexes ».

J’ai commencé à m’interroger sur les préjugés liés au genre à l’âge de huit ans, lorsque j’ai eu du mal à comprendre pourquoi on me qualifiait d’« autoritaire » pour le simple fait de vouloir mettre en scène les pièces que nous allions jouer devant nos parents, ce que l’on ne reprochait pas aux garçons.

Lorsqu’à 14 ans, certains journaux ont commencé à me sexualiser.

Lorsqu’à 15 ans, mes amies ont abandonné leurs équipes de sport parce qu’elles ne voulaient pas paraître « trop musclées ».

Et lorsqu’à 18 ans, j’ai réalisé que mes copains étaient incapables d’exprimer leurs sentiments.

Je me suis dit que j’étais féministe et cela m’a paru tout naturel. Mais mes récentes recherches m’ont montré à quel point le féminisme est devenu impopulaire.

Apparemment, je fais partie de ces femmes aux propos jugés trop forts, trop agressifs, trop ségrégateurs, anti-hommes et peu séduisants.

Pourquoi ce mot suscite-t-il un tel malaise ?

Je suis originaire de Grande-Bretagne et je pense qu’il est normal qu’en tant que femme, je sois payée autant que mes homologues masculins. Je pense qu’il est normal que je puisse disposer de mon propre corps comme bon me semble. Je trouve normal que des femmes participent à la politique et aux prises de décision de mon pays pour me représenter. Je trouve normal que la société m’accorde le même respect que les hommes.

Mais je constate avec regret qu’il n’y a pas un pays au monde où toutes les femmes sont assurées de bénéficier de ces droits.

Aucun pays dans le monde ne peut aujourd’hui se prévaloir d’être parvenu à instaurer l’égalité entre les hommes et les femmes.

Ces droits sont, à mon sens, des droits fondamentaux de l’humain. Mais je fais partie de celles qui ont de la chance. Je suis une grande privilégiée, car mes parents ne m’ont pas moins aimée parce que j’étais une fille. Mon école ne m’a pas imposé de limites parce que j’étais une fille. Mes tuteurs ne sont pas partis du principe que j’irais moins loin parce que j’étais susceptible d’avoir un jour des enfants. Toutes ces personnes ont été les ambassadrices/eurs de l’égalité des sexes qui ont fait de moi celle que je suis aujourd’hui. Elles et ils ne le savent peut-être pas, mais elles et ils sont les féministes involontaires qui sont en train de changer le monde d’aujourd’hui.. Et nous avons besoin de plus de gens comme ça.

Et si vous n’aimez toujours pas ce mot, sachez qu’il importe moins que les idées et les aspirations qu’il renferme. Parce que toutes les femmes n’ont pas eu les mêmes droits que moi. En effet, statistiquement, rares sont celles qui en ont bénéficié.

En 1995, Hilary Clinton a prononcé un discours mémorable à Beijing sur les droits des femmes. Bon nombre des propositions qu’elle a formulées sont hélas restées lettre morte.

Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est que les hommes ne représentaient que 30 pour cent de son auditoire. Comment pouvons-nous espérer changer le monde quand la moitié de la population n’est pas invitée ou n’a pas le sentiment d’être la bienvenue pour prendre part au débat ?

Messieurs, j’aimerais profiter de cette opportunité pour vous inviter formellement. L’égalité des sexes est aussi votre problème.

Parce que, jusqu’à présent, la société a considéré que mon père avait un rôle moins important à jouer dans mon éducation que ma mère, alors que j’avais besoin de lui tout autant.

J’ai vu des jeunes hommes qui souffraient de troubles psychiatriques, mais qui ne demandaient pas d’aide, par crainte d’avoir l’air moins « viril ». Au Royaume-Uni, le suicide est la principale cause de mortalité chez les hommes de 20 à 49 ans, devant les accidents de la route, le cancer et les maladies cardiovasculaires. J’ai vu des hommes fragilisés et peu sûrs d’eux essayer de se conformer à ce qu’ils pensaient être le succès au masculin. Les hommes souffrent également de l’inégalité des sexes.

Nous parlons peu des hommes qui sont prisonniers de stéréotypes liés au genre, mais je sais qu’il y en a, et que le jour où ils parviendront à s’en libérer, la situation des femmes s’en verra spontanément améliorée.

Si les hommes n’ont plus besoin d’être agressifs pour se faire accepter, les femmes ne se sentiront plus obligées d’être soumises. Si les hommes n’ont plus besoin de dominer, les femmes n’auront alors pas à être dominées.

Les hommes, au même titre que les femmes, ont le droit d’être sensibles. Les hommes, tout comme les femmes, devraient se sentir libres d’être forts… Il est grand temps que nous appréhendions l’égalité comme un spectre, au lieu d’y voir deux idéaux distincts et opposés.

Si nous arrêtons de définir les autres en fonction de ce qu’ils ne sont pas et si nous cherchons plutôt à nous définir par ce que nous sommes, cela nous rendra plus libres, et c’est précisément la raison d’être de HeForShe, à savoir, la liberté.

Je veux que les hommes relèvent ce défi, afin que leurs filles, leurs sœurs et leurs mères n’aient pas à subir un quelconque préjudice, mais aussi pour que leurs fils puissent se montrer vulnérables et humains, en reprenant possession de ces parties d’eux-mêmes qu’ils avaient mis de côté, afin de parvenir à une version plus vraie et plus complète d’eux-mêmes.

Vous vous demandez peut-être : que fait cette fille de Harry Potter sur la scène des Nations Unies ? C’est une bonne question, et croyez-moi, je me la suis posée. J’ignore si je suis qualifiée pour être ici. Tout ce que je sais, c’est que ce problème me tient à cœur et que je souhaite apporter ma contribution pour faire bouger les choses.

Compte tenu de ce que j’ai vu, et étant donné que l’on m’en donne l’opportunité, il est de mon devoir de ne pas rester silencieuse. L’homme d’État anglais Edmund Burke a dit : « Pour que le mal triomphe, seule suffit l’inactivité des hommes de bien ».

Lorsque j’ai éprouvé du trac pour prononcer ce discours et dans mes moments de doute, je me suis répétée avec fermeté : si je ne le fais pas, qui le fera ? Si je ne le fais pas maintenant, alors quand ? Si le doute s’empare de vous quand une occasion similaire s’offre à vous, j’espère que ces mots vous seront utiles.

Parce qu’en fait, si nous n’agissons pas, il faudra attendre 75 ans, ou peut-être mon 100e anniversaire, avant que les femmes puissent prétendre au même salaire que les hommes, à travail égal. Au cours des 16 années à venir, 15,5 millions de filles seront mariées alors qu’elles ne seront encore que des enfants. Et au rythme actuel, toutes les filles africaines issues de milieux ruraux ne recevront une éducation secondaire qu’en 2086.

Si vous croyez à l’égalité des sexes, vous êtes peut-être l’un ou l’une de ces féministes qui s’ignorent, auxquels je faisais référence il y a quelques instants. Et pour cela, je vous applaudis.

Nous luttons pour un monde uni et nous avons la chance d’avoir un mouvement unificateur. Ce mouvement s’appelle HeForShe. Je vous invite à vous manifester, à faire entendre vos idées, à être le « lui » pour « elle » et à vous demander : si je ne le fais pas, qui le fera ? Si je ne le fais pas maintenant, alors quand ?

Je vous remercie de votre attention.

– See more at: http://www.unwomen.org/fr/news/stories/2014/9/emma-watson-gender-equality-is-your-issue-too#sthash.Xe2zTu2h.dpuf

Rien à ajouter.

Merci Emma.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

La « /$%?&* de Friendzone

« In popular culture, friend zone refers to a platonic relationship wherein one person, most commonly a man, wishes to enter into a romantic or sexual relationship, while the other does not.[1][2] It is generally considered to be an undesirable or dreaded[3] situation by the lovelorn person. » Source : Wikipedia .

La friend zone! Duckie dans le film Pretty in pink, tellement en amour avec sa copine Andy, mais rejeté au profit du gars riche, le pauvre Duckie, proto héro de la friend zone.

La friend zone est dérivée de deux systèmes de pensés sexistes:

  1. Les femmes et les hommes ne peuvent être amis.
  2. Les femmes couchent seulement avec des trous de cul et se foutent des bons gars.

Commençons par le numéro un que j’appelle « la théorie de Quand Harry rencontre Sally. »

L’idée qu’un homme et une femme ne peuvent pas être amis est fortement incrustée dans notre culture, tellement que je me sens obligée, à chaque fois que je parles de mon ami Pier-Luc à une nouvelle personne, de préciser qu’il est l’époux de ma meilleure amie. Parce que sinon, les gens assument soit que c’est mon chum, soit que je suis en amour avec lui.

J’aime Pier-Luc très fort, depuis le jour où je l’ai rencontré. Nous deux, ça été le coup de foudre amical, en moins d’une minute, j’ai adoré ce gars. J’ai déjà dormi en cuillère avec lui, souvent. À une époque, il était tellement tout le temps chez nous que sa mère lui a sérieusement proposé de me payer un loyer et de juste emménager. Mais il s’est jamais rien passé de plus sexuel qu’un bec sur la joue et un gros câlin entre nous.

Et tout ça se passait deux à trois ans avant qu’il ne commence à sortir avec Nadia. Il n’était pas chez nous parce qu’il voulait coucher avec moi, ou parce qu’il courrait après la voisine d’en haut, il était chez nous parce qu’on s’entendait super bien et qu’on se comprenait. Et c’est encore comme ça aujourd’hui, plus de douze ans plus tard.

Au Cégep, les mercredi après-midi, mon cousin Georges venait me faire la jasette. Comme les résidences étaient bruyantes, comme il n’y avait pas de cours à ce moment là, je fermait ma porte pour qu’on puisse s’entendre parler. Après la deuxième visite, tout l’étage parlait de mon nouveau chum. Il venait en plein après-midi, alors que tout le monde était là et il repartait après une heure, les vêtements dans le même état et sans m’embrasser, mais il était forcément là pour tirer un coup non? Pourquoi j’aurais invité un gars dans ma chambre en plein après midi sinon?

Avec ce genre de réflexe social, pas étonnant que les homme assument qu’une fille qui est amicale avec eux est une porte ouverte à une partie de jambes en l’air.

Beaucoup de gars sont très intimidés à l’idée d’aborder une fille et je les comprends, c’est VRAIMENT pas évident. Avec toute la merde que les filles reçoivent dans la rue et dans les bars (les merveilleuses pick-up lines qui ont souvent un ton d’objectification et qui parfois frôlent carrément la menace de violence physique – billet à venir: comment NE PAS aborder une fille-) on est souvent sur la défensive avec un gars qu’on ne connais pas. On a pas toujours une attitude ouverte et invitante, mais on a des fucking bonnes raisons pour ça.

Une méthode rassurante pour laquelle on opte souvent est de l’aborder amicalement. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise idée, après tout, le susmentionné Pier-Luc a d’abord été l’ami de celle qui est maintenant la mère de ses deux enfants. Cependant, c’est problématique d’aborder une fille avec des intentions romantiques sans lui mentionner ces intentions (pour revenir au susmetionné Pier-Luc, il a abordé sa future épouse sincèrement amicalement au départ, les sentiments amoureux ne sont apparus que plus tard et il a été très straightforward à leur propos) Quand on essaie de switcher la narration de Buddy Movie à Comédie Romantique, qu’elle nous dit qu’elle n’est pas intéressée et soudainement c’est une maudite agace qui nous a fait perdre notre temps.

Euh, pardon? Et son temps à elle qu’elle a investi dans une amitié qui ne menait à rien?

Ma réaction première à ce genre de situation est une forte envie de dire:

Oh pauvre ti pout! Il trouve ça pas juste que la méchante fille veuille pas jouer avec son pipi? Si tu piques une crise parce qu’une fille veut pas jouer avec ton pipi, peut-être que t’es pas encore un grand garçon mon pout. Vas faire une tite sieste, joue un peu tout seul avec ton pipi, ça va te faire du bien. Ensuite, retourne voir ta maman et demande lui de refaire ton éducation, parce qu’elle a visiblement manqué son coup la première fois.

Non mais calvaire, vous rendez-vous compte à quel point c’est insultant de se faire dire qu’on a fait perdre son temps à un gars en refusant de coucher avec lui? J’ai-tu l’air d’une poupée gonflable moi?

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J’ai vu mieux comme sex toy…

Peu importe l’attitude avec laquelle vous abordez une fille, la seule réaction adulte au rejet, c’est de passer à la suivante. Toute autre réaction (encore plus si elle est assaisonnée d’insultes) est l’équivalent d’un gamin de 2 ans en train de faire la tranche de bacon dans l’allée du Toys R us. Pas super sexy…

Bon, passons au deuxième:

Le pauvre bon gars, qui se fend en quatre pour faire plaisir à la femme de ses rêve, lui rend toute sorte de services, passe des heures à écouter ses problèmes et, juste comme il allait lui faire sa grande déclaration, l’écœurant de service la lui chipe sous le nez!

Les filles ont une variante de ça: tu te tappes des films d’horreur et des jeux vidéos pour montrer que t’es pas comme les autres filles faciles, t’es cool toi, et il part après la première paire de seins qui passe.

Encore une fois, la réaction est fortement révélatrice du niveau de respect que vous avez pour la personne avec laquelle vous êtes censée être en amour. « Connasse superficielle qui peut pas voir la chance qu’elle aurait de m’avoir », « Grand con qui penses juste avec sa bite, je suis 100 fois meilleure que cette salope à grosse boule avec rien dans la tête ».

Tsé là, la femme de ta vie, celle qui va porter tes futurs enfants.

Alors, quel est le problème dans ces deux scénarios?

On reproche à la personne une situation dans laquelle on s’est mis sois-même. On lui offre une main amicale, alors qu’on voudrait plutôt lui arracher son linge.

Et puis, sincèrement, faire tous ces efforts pour atteindre l’entrejambe de quelqu’un tout en clamant l’amitié sincère, ça a un relent de manipulation pas très sain…

Encore une fois, je sais qu’aborder quelqu’un c’est terrifiant et que l’amitié peut parfois paraître comme une bonne voie détournée vers la romance. Mais en offrant son amitié à une personne, la chose qu’elle va accepter, c’est juste ça, une amitié. Si vous voulez pousser les choses plus loin, vous retournez à la case départ, vous changez les termes du contrat et vous risquez de vous faire rejeter.

Je suis pas une experte en séduction (ma longue liste de conjoints qui peut se compter sur les doigts d’une main même après un accident de scie ronde en fait la preuve), mais je peux vous dire que j’ai jamais séduit un gars en étant juste la fille cool avec qui il se tient, j’ai été la fille cool avec qui il se tient qui lui a fait savoir qu’elle était intéressée. Ensuite, c’est son tour de faire le move, il le fait, cool, il choisi de rester ami, cool aussi. Si ça fait trop mal, je prend du recul, je m’éloigne un peu, et quand je suis remontée de mon down, je reviens sur une base amicale. À date, j’ai jamais eu de problème avec cette méthode.

Il faut pas attendre trop longtemps, que votre crush se transforme en obsession et que vous ayez déjà donné des noms à vos futurs enfants. Plus vous vous bâtissez de châteaux en Espagne, plus vous allez souffrir d’un éventuel rejet et moins vous voudrez agir et plus vous vous mettrez vous même en situation d’éternel ami.

Ce n’est pas non plus une bonne idée de tomber dans l’excès contraire et offrir un quicky à une fille 30 secondes après lui avoir dit bonjour. C’est un travail d’équilibre et je vous invite à consulter le site du Dr Nerdlove si vous voulez des trucs pour naviguer l’approche.

Mais en résumé: La friend zone n’existe que dans votre tête. Personne ne vous mets dans une liste « juste ami », c’est vous même qui vous vendez comme ami et non comme amoureux.

Et sérieusement ti pout, le jouage avec les pipis à deux, c’est pour les grands garçons.

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Samedi de la Muse: Tara Deenihan

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La tornade rousse qui coanime le segment What the Fuck is Wrong with You? de l’émission web Radio Dead Air tout les lundis à 23h30 est tellement géniale que je manque de mots pour la décrire.

Comme vous l’aurez deviné Tara est de descendance irlandaise (le roux, la pâleur, le prénom, dur à manquer), c’est une girly girl jusqu’au bout des ongles (manucurés avec soin), une comic book geek avec un propension pour les personnages féminins roux (Firestar et Poison Ivy en particulier) une obsession maladive pour les hippopotames et une personnalité enflammée.

À 37 ans Tara est une grande enfant pleine de sagesse et de rouge à lèvres. Elle a un humour superbe, c’est la reine des jeux de mots à double sens et du commentaire juste au point.

Son twitter est rempli de soleil, d’hippopotames, de photos de Bridget, le chaton de son neveu avec qui elle habite, de déclarations d’amour enflammées pour Chris Evans (elle a du goût la coquine…) et de la crème des articles de Buzzfeed.

Tara est un rayon de soleil dans  mes journées.

Merci Tara!

http://thatguywiththeglasses.com/videolinks/teamt/nash/wtfiwwy

https://twitter.com/tara_atrandom

http://taraatrandom.tumblr.com/

https://www.facebook.com/tara.deenihan?fref=ts

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Samedi de la Muse: Todd Nathanson, critique de musique pop et missionnaire Twitter.

Je suis une grande fan du site That guy with the glasses depuis de nombreuses années, ceux d’entre vous qui sont abonnés à ma page facebook on sûrement vu des vidéos passer dans ma timeline. Ce site, qui est le porte étendard de la compagnie de production Channel Awesome, publie des critiques par différents intervenants sur différentes formes de divertissement populaires dans la culture geek.

Un de mes vidéoblogueurs préféré est Todd Nathanson, qui, sous le nom de Todd in the Shadows  s’intéresse à la musique populaire, en particulier, les chansons qui se classent au palmares Billboard. C’est vidéos son bien fait, très drôle et bien réfléchis.

Il y a son émission de base: Todd’s pop song reviews: des critiques de chansons dans le top 20

Ses critiques de films mettant en vedettes des artistes pop, c’est temps-ci il se tape la filmographie de Madonna, ouch!

La série One hit wonderland où il s’intéresse à ces artiste qui n’ont eu qu’un seul hit en carrière. C’est là que le talent de recherche de Todd brille de mille feux. Je recommande particulièrement « Come on Eileen », « Thumbthumping » et « Safety Dance » (Il est pas un fan de bonhomme Carnaval).

Son honnêteté rafraîchissante est son atout principal, il est capable d’avouer autant sa haine totale de « Blah blah blah de Ke$ha », mais aussi son amour de « Die Young » de la même artiste. Ils avoue sa relation d’amour-haine avec Katie Perry, son dégoût pour les chansons de gars à guitare acoustique « White guy with acoustic guitar music », sa haine de Bieber et -CHOC!- le fait qu’il aimerait certaines chansons de One Direction et Taylor Swift! Il a un excellent sens du timing et un amour apparent de son sujet.

Je recommande chaudement ses vidéos, pour leur côté amusant, mais aussi parce qu’ils sont instructifs.

Sur Twitter, Todd conserve son honnêteté candide. De son amour incommensurable pour Kali, la chienne de sa copine (qui est trooooooop petite, mais a définitivement l’âme la plus merveilleuse de l’univers), à ses commentaires sur Star Trek: The next generation (Conselor Troi ne sert à rien). Et ses opinions. Des opinions bien pensées et bien exprimées.

La première fois où Todd m’as impressionnée avec ses opinions passionnées, mais toujours réfléchies, est dans son vidéo sur Chris Brown. Son dégoût pour Chris, ses excuses insincères et la misogynie de sa musique, mais aussi pour ses supporter de la Team Breezy, qui excusent ses gestes en accusant Rihanna de l’avoir provoqué ou d’avoir menti à la police, sont évidents, mais pas mesquins et les raisons sont bien expliquées.

Plus tôt cette année, un homme a commencé à envoyer des messages dégueulasses aux filles de Chanel Awesome, incluant Lindsay Ellis, la conjointe de Todd. Ça commençait avec classe par des demandes que les filles se filment en rotant pour lui faire plaisir, et quand, comme on peut s’y attendre, il se faisait répondre non, il passait aux menaces. Lindsay et ses collègues se faisaient menacer de viol et de mort, leurs conjoints, leur enfants et leurs animaux de compagnies étaient aussi menacés de façon violente et graphique. Parce qu’elles ne voulaient pas rotter pour lui. Tsé, un champion là.

Dans ce cas-ci, Todd a à peine réagit sur Twitter, malgré que sa copine, lui et leur précieuse Kali aient été menacés par un homme qui habite la même ville qu’eux, mais je vous en parles, parce que je pense que c’est ce qui a rempli le vase, et quand Gamergate a pointé son nez, le vase de Todd a débordé.

Non, il n’as pas hurlé, il n’a pas juré, il a fait ce que Todd fait le mieux, ce qu’il a appris à l’école de journalisme, qu’il a mis en pratique dans sa courte carrière de reporter local et qu’il applique toujours dans chacune de ses vidéos: il a fait des recherches. Et les résultats de sa recherche l’ont mené à la conclusion que Gamergate est un mouvement misogyne haineux. Il a expliqué le tout dans un excellent texte publié sur Chez Apocalypse. Les réactions du GG ne se sont pas fait attendre.

Encore une fois, il ne s’est pas mis en colère, mais il s’est mis à parler, et, ce faisant il a fait la chose la plus couillue de l’univers: il est entré en conversation, sérieuse et respectueuse avec les gens du Gamergate qui semblaient raisonnables.

Dude, you are one hell of a man.

Patiemment, sur plusieurs jours, il leur a démontré la toxicité de leur mouvement, la misogynie rampante et leur a donné des solutions alternatives pour combattre la corruption dans le journalisme de jeux vidéos.

Est-ce que ça a fonctionné? Parfois, rarement, mais quelques personnes parmi les modérés ont changé d’avis. Ils ont abandonné le mouvement. Grâce à Todd, le missionnaire.

Todd a abandoné sa Mission au moment des menaces de massacre à l’université de l’Utah. Après plus d’un mois, il s’est dit que tous ceux qui restaient étaient des convaincus et qu’il n’avait plus de temps à perdre. Mais il a quand même fait une dernière tentative:

https://storify.com/ShadowTodd/why-i-do-not-believe-that-gamergate-actually-conde

Il leur a offert une solution toute simple pour se détacher de l’étiquette de harceleurs: Gamergate devrait amasser des fonds pour les victimes des radicaux de leur mouvements: Zoe Quinn, Anita Sarkeesian et Brianna Wu. Pas besoin de le faire pour les trois, ou même sincèrement, juste en choisir une et lui donner de l’argent pour compenser la merde qu’elle a subit. Simplement comme un move de PR, juste pour montrer publiquement qu’ils sont contre le harcèlement et que le but de leur groupe n’est pas de pousser les femmes hors du milieu des jeux vidéos.

Il a ensuite attendu une heure et a compilé les réponses:

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  • Les accusation de harcèlement étaient fausses: 3 (une rhétorique commune à GG, elles font semblant d’êtres attaquées pour se faire de la pub et faire de l’argent.)
  • Non, juste non: 1
  • Mais on a donné aux deux développeuses des Fine Young Capitalists: 5 (le fait est que ces contributions on ouvertement été faites dans le but avoué de faire chier Zoe Quinn, qui a eu une dispute publique avec ces deux développeuse. Donc, ça ne prouve pas que le mouvement s’intéresse plus à l’éthique journalistique qu’à démolir Quinn, plûtot le contraire)
  • Non, je les hais: 15 (court, net et précis)
  • Les gens qui les ont harcelés n’étaient pas du Gamergate: 7 (peu importe, car il y sont publiquement associés, et donner à leur victimes vous dissocieraient d’eux)
  • Fuck Gawker (un site de nouvelles qui a couvert GG) 6 (Rapport?)
  • Demandes de preuves : 6 (On entends tout le temps ça, prouvez nous qu’elles ont été abusées, prouvez-nous que c’était des gens du GG, prouvez-nous que le soleil se lève à l’ouest, prouvez-nous que Lee Harvey Oswald est pas impliqué, ils se foutent des preuves, ils ont jamais assez de preuves)
  • Je dis pas qu’elles le méritaient, mais elles le méritaient: 2
  • Mais on a reporter les abus à Twitter: 6 (Avec l’efficacité que Twitter a pour ce genre de choses, c’est aussi efficace qu’aller dire au premier ministre que votre la fille de la voisine vous a fait un finger)
  • Elles ne l’accepteront pas : 1 (point légitime, mais pas valable pour refuser du point de vue PR, l’important c’est de publiquement offrir de l’aide, si elles la refusent, c’est leur problème, le move de PR est valable quand même)
  • Nous donnons à des oeuvres de charité plus importantes : 7 (Bonjour le voisin gonflable charitable! Aussi, on parles ici d’un move de PR, pas de charité sincère)
  • Elles ont pas besoin d’aide: 5 (Certain, devoir vivre sur la route et changer toutes des coordonnées, c’est gratis ça…)
  • Va chier Todd: 12 (Solide argumentation, si t’as 10 ans)
  • #NotAllGG: 3 (C’est pas MOI BON!)
  • Et pour ceux dans notre mouvements qui se font harceler?: 5 (Oh, mais ils font exprès pour avoir de l’attention, où sont les preuves, ils sont correct, on les aime pas etc. Pis ça feel comment de l’autre bord?)
  • Fais plus de recherches: 3 (c’est particulièrement insultant pour quelqu’un comme Todd, qui n’affirmes rien sans avoir 3 sources fiables différentes)
  • Elles veulent juste de l’argent: 1
  • On en fera jamais assez à vos yeux : 3
  • Ce serait une bonne idée d’aider les victimes des abuseurs dans notre groupe: 0

Bref, encore une fois, Todd a fait la preuve que Gamergate est une bande d’hypocrites qui crient à l’attaque à leur légitimité tout en continuant de laisser les abuseurs se servir de leur étiquette pour avancer leurs objectifs misogynes. Et encore plus génial, il l’a fait sans perdre son calme, sans gros mots, il leur a tendu une corde, et ils se sont pendus avec.

J’aimerais avoir ce genre de patience, mais je tombe dans le sarcasme beaucoup trop facilement.

Donc, si ce n’est pas pour son humour, sa passion pour la musique et son obsession de la recherche, sa patience et sa passion pour ses convictions sont les raisons pour lesquelles j’admire sincèrement Todd Nathanson.

https://twitter.com/ShadowTodd

http://thatguywiththeglasses.com/videolinks/teamt/tis

http://chezapocalypse.com/

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com