Ce matin, j’ai pleuré comme une madeleine pendant 10 minutes. Incontrôlablement, sans retenue. Et je me trouvais tellement nounoune de pleurer ainsi. J’ai simplement partagé la caricature d’Ygrek pour le décès de Jacques Parizeau avec un petit message simple pour exprimer mon respect pour l’homme. Et je me suis mise à pleurer.
J’admire beaucoup Jacques Parizeau. C’était un homme brillant, vraiment hyper intelligent. Un architecte de la révolution tranquille, un homme d’idées et de convictions qui n’as jamais fait de compromis avec sa conscience. Mais je n’ai jamais eu d’affection pour lui. Alors pourquoi je me suis mise à pleurer ainsi son départ?
Parce que Jacques Parizeau fait partie d’une part de moi pleine d’idéaux et d’espoirs qui n’existe plus. J’ai encore des idéaux et des espoirs, si vous lisez mes textes, vous savez que je crois fermement en une société ouverte et égalitaire et j’essaie à ma manière de lancer des gouttelettes d’eau pour contribuer à l’océan.
Mais, Parizeau, c’était 1995, j’avais 15 ans, j’étais en histoire du Canada secondaire 4 et j’étais Séparatiste avec un grand S. Oh que je le voulais tu donc mon Pays! J’adorais la politique à l’époque. J’en mangeais, j’en rêvais. J’ai pleuré ce matin, parce que je n’ai plus ces idéaux. Le Pays, c’était en 1996 que je le voulais. Je suis toujours FERMEMENT indépendantiste, très nationaliste, protectrice de ma culture et de ma langue, et le rêve du Pays reste dans le fond de ma pensée, mais référendum demain matin? Je ne voterais pas oui. Je n’ai pas confiance en ceux qui veulent nous donner un pays aujourd’hui, je n’ai pas confiance au Québec que nous avons maintenant pour qu’il devienne un pays. Je ne suis pas la seule, j’en suis certaine.
Je vous dis ça en toute neutralité, un état de choses, je n’ai confiance en aucun des projets de société qui nous sont offerts présentement, tout partis confondus. Le fait que je travailles pour le gouvernement me permets au moins de me dire que je travailles pour le bien du peuple québécois, peu importe qui est en haut.
Mais j’ai le deuil de la fille de 15 ans qui était tellement sûre de ses rêves. Mais je ne la regrette pas. J’aime la femme de bientôt 35 ans qui voit les nuances de gris (fuck E.L. James, elle ne me volera pas mes métaphores qui fittent bien pour illustrer mon idée!), même si c’était tellement plus simple quand tout était noir et blanc.
Des hommes comme Jacques Parizeau, il ne s’en fait plus. C’est normal, et ce n’est pas une mauvaise chose. Le monde change, et les gens doivent changer avec. L’historienne en moi a toujours un œil sur le passé, bien entendu, mais il faut aspirer à un avenir différent, et ce sont des gens différents qui nous amènerons les projets sociaux de demain. Que les idéaux de 2015 soient différents de ceux de 1980 ou de 1995, ce n’est pas une défaite, la stagnation est une mauvaise chose. C’est pour ça que je ne me considèrerai jamais comme une conservatrice (idéologique, pas juste politique).
On a besoin d’un projet nouveau, d’une idée nouvelle. Je dis ceci en toute neutralité, je n’interpelle aucun parti politique, je parle à tout le monde. Nous avons besoin d’un nouveau rêve québécois, on a besoin de se rappeler, toutes idéologies politiques confondues, que le Québec peut et doit se tenir debout.
J’ai aucune idée par où commencer. Mais c’est pour ça que je ne me lance pas en politique.
J’essaie de ne pas me borner à être une activiste dénonciatrice. Il est absolument primordial de relever les instances de sexisme dans notre culture et de les mettre en lumière, car la misogynie intégrée et non-reconnue est la plus dommageable, mais de passer son temps à hurler à l’inégalité sans offrir d’alternative ne sert à rien.
Je me considère aussi comme généralement anti-censure. Je ne pense pas qu’on doive montrer n’importe quoi à n’importe qui, mais je suis d’avis que plutôt que s’acharner à interdire la violence et le sexe, il est plus important de discuter des œuvres de violence et de sexe et d’apprendre d’elles.
Par exemple, parce que je sais que certains d’entre-vous vont me dire que j’ai fait de la censure en encourageant les gens à ne pas aller voir le film de 50 nuances de bullshit, ce n’est pas l’œuvre en tant que telle que je trouve malsaine, même si elle est vraiment pourrie d’un point de vue artistique, mais le fait que tout le marketing, le fandom et l’auteure elle-même, s’acharnent à déclarer que c’est une histoire d’amour parfaite au-dessus de toute critique, alors que ce n’est ABSOLUEMENT pas le cas. Si E.L. James avait réagit aux membres de la communauté Kink qui lui disaient que son livre ne décrit pas une relation saine en disant « je le voyais plus comme une histoire d’amour entre une fille simple et un homme au passé traumatisant, mais je vois ce que vous me dites. C’est de la fiction, je me permets une certaine liberté créative » passe encore. Elle s’est plutôt planté dans une défense à tout prix de ses personnages, refusant qu’on décrive Christian Grey autrement que comme un héro romantique parfait et accusant les gens qui critiquaient son livre d’avoir des préjugés contre le BDSM. Laissez-moi être très claire : Elle accusait des PRATIQUANTS d’avoir des préjugés contre le BDSM, parce qu’ils lui ont dit que son livre n’était pas représentatif de leur réalité. C’est comme si j’écrivais un livre sur le Congo, et que j’accusais les congolais qui me disent que la vie au Congo n’est pas comme dans mon livre de racisme! Le niveau d’égocentrisme et de déni de la réalité dangereux est incroyable!
Arlette Cousture serait probablement la première à vous dire qu’Ovila Pronovost n’est pas un exemple de mari parfait, ça ne l’empêche pas d’être un fantasme. Un personnage n’a pas à être parfait, mais il faut reconnaitre ses failles et les utiliser afin de comprendre la réalité, c’est selon moi, l’utilité première d’une bonne fiction.
Mais revenons-en au sujet premier : de l’activisme positif. Si discuter des aspects problématiques d’une œuvre est une bonne chose, c’est une tactique incomplète. Il est aussi important de vous parler d’œuvres qui réussissent bien.
Et on en vient à Mad Max : Fury Road.
ALLEZ VOIR CE FILM.
TOUT DE SUITE.
C’EST UN CHEF D’ŒUVRE CINÉMATOGRAPHIQUE ET UN FILM CULTE.
OUI IL EST DÉJÀ UN FILM CULTE UNE SEMAINE APRÈS SA SORTIE.
Il y a deux semaines, suite aux visionnements de presse et la première du film à Cannes, certains analystes ont mentionné que Mad Max était un film féministe. Immédiatement, les tenants du mouvement MRA (Mens Rights Activists, des gens qui sont beaucoup plus occupés à essayer de détruire le féminisme plutôt que de promouvoir les droits des hommes) se sont mis à faire campagne pour encourager les gens à boycotter ce film de « propagande ».
Ils ont 100% tors à propos du film. Mad Max est bel et bien ce que je qualifierais d’un film féministe (et âge-positif aussi, on y reviendra) mais ce n’est absolument pas de la propagande. La raison première à ça est tout simplement qu’avant la sortie du film, George Miller, le réalisateur et scénariste, ne s’était même pas rendu compte que son film était féministe. Quand les premiers articles ont sorti, sa réaction a été en gros « Ah oui? Ah ben, regardes-donc ça, c’est vrai que c’est féministe comme film, j’y avais pas pensé, mais maintenant que vous le dites, ça ben de l’allure. » Si vous me permettez de revenir à l’exemple de Madame James plus haut, Miller ne s’est pas acharné à hurler qu’il avait fait un film de gars et que son film ne pouvait pas être féministe, il a bel et bien fait un film de gars, qui s’adonne à être aussi féministe, il a reconnu que ce n’était pas son intention, mais que vu d’un autre angle, c’était bien là. Ok, dans son cas, à moins d’être un MRA, de qualifier le film de féministe n’est pas négatif en soi, mais il est resté ouvert à l’interprétation que le public a fait de son œuvre malgré que ça n’ait pas été dans son intention première, et en ressort beaucoup plus intelligent et professionnel que E.L. James.
Attention, le fait que ce film soit féministe n’est pas ce qui en fait un film culte. Ce qui en fait un film culte c’est qu’il est brillant à TOUS LES NIVEAUX. Entendez-moi bien : Mad Max : Fury Road est visuellement PARFAIT. Le film est un joyau de montage, d’effets spéciaux (majoritairement réels, très peu de CGI comparé aux films d’action habituels) et d’action à couper le souffle non-stop. C’est 100 % un film de gars, avec un désert à perte de vue, de la gazoline, des armes à feux et des explosions. C’est une course-poursuite de 2h20 monté au quart-de-tour sans l’effet qui donne mal au cœur des montages rapides habituels. On ne perd rien de l’action, tout en ayant l’impression d’être sur un trip d’acide solide. Et tout ça avec une esthétique post-apocalyptique punk fucké au max.
Je sonne comme une pub, je le sais, ce n’est pas voulu, c’est juste ce que je pense. ALLEZ VOIR CE FILM. Une leçon de cinéma accessible au grand public.
Mais revenons-en au film féministe qui se cache dans toute cette masculinité.
Le gros avantage qu’a George Miller, c’est qu’il n’a absolument rien à prouver à qui que ce soit. À 70 ans, avec 15 films (dont tous les Mad Max et un de mes films préféré « Les sorcières d’Eastwick » avec Nicholson, Cher, Suzan Sarandon et Michelle Pfeiffer) et un Oscar à son actif (meilleur film d’animation pour « Les petits pieds du bonheur » il a aussi réalisé la suite et Babe 2 : un cochon dans la ville, on peut dire que le bonhomme est polyvalent) ses preuves sont faites depuis longtemps. Mad Max, c’est son bébé, personne d’autre n’y a touché contrairement à Ridley Scott et la série Alien qui est passée entre les mains de nombreux réalisateurs et scénaristes avant de revenir dans les siennes avec Prometeus. Miller peux donc faire de Max ce qu’il veut, personne ne peut lui imposer quoi que ce soit, exactement comme Georges Lucas avec les Star Wars (avant la vente des droits à Disney, évidemment).
Est-ce que George Miller est un féministe? Peu importe, franchement, je suis d’avis que se déclarer comme féministe est un choix personnel et Miller n’a pas fait de coming out, donc je ne le ferai pas à sa place. Mais disons que le fait qu’il ne se soit pas mis sur la défensive quand on a qualifié son film de féministe en dit long sur son avis sur l’égalité des sexes.
Alors, c’est quoi, au juste Mad Max? Comme la dernière fois que j’ai vu un des films de la série avant Fury Road date de mon secondaire (voire, probablement de mon primaire, bref, ça fait longtemps en calvaire) je suis allé consulter l’Oracle Wikipedia pour un résumé rapide :
Max Rockatansky (plus quétainement mâle comme nom, tu meurs) est un policier de la route dans une Australie dystopienne. À la suite d’une guerre contre une bande de motocyclistes (The Acolytes) Max perds sa famille et une bonne partie de sa santé mentale. Plus tard, à la suite d’une énorme crise énergétique et une guerre mondiale, l’Australie est devenue une contrée désertique et sauvage, où le pétrole et l’eau sont devenus des denrées rarissimes et précieuses. Max essaie de survivre dans ce monde post-apocalyptique du mieux qu’il peut et se trouve mêlé aux combats de différentes factions de survivants.
Il est un peu comme le Vagabond de la série télé. Il se promène, rencontre des gens, les aide, et repart de son côté. C’est ainsi depuis le deuxième film, Road Warrior. Max est le personnage principal de tous les films, mais il n’est le protagoniste que du premier. Il se mêle des histoires des autres, lui-même n’a plus d’histoire propre depuis la mort de sa famille.
Venons-en à Fury Road, le quatrième et plus récent film de la série. Max Rockatansky (sérieusement, ce nom est ridiculement macho, j’adore!), interprété ici par Tom Hardy, Mel Gibson n’ayant plus vraiment le casting pour ce genre de rôle, est devenu plus ou moins un hobo : cheveux longs et hirsutes, barbe en laine d’acier. Il parcourt le désert dans son supercharged V-8 Pursuit Special, son « char » (non ce n’est pas une voiture, cette bête magnifique est un « char » pur et dur, plein de pétrole et de testostérone) et dévore des salamandres à deux têtes vivantes (pas de temps à perdre à faire de la cuisine). Il est pris en chasse par un groupe de guerriers de la route, les War Boys qui sont l’armée de la secte d’Immortan Joe (les noms dans cette série, les amis, c’est de l’art kitch en soi, c’est magnifique). Les War Boys arrivent à capturer Max et après avoir découvert qu’il est O-, ils le rasent et l’emprisonnent pour servir de « poche de sang ».
L’Imperator (titre qui désigne un conducteur de char de guerre) Furiosa (Charlize Theron, cheveux rasés et graisse de moteur sur la moitié du visage) quant à elle, se prépare à diriger un convoi de ravitaillement pour aller chercher de l’essence et des armes pour Joe. Il profite de ce départ pour faire une cérémonie afin d’affirmer son autorité à ses fidèles. C’est dans cette séquence qu’on découvre, sans besoin d’exposition dans le dialogue, toute la répugnance du personnage : son apparence est loin d’être sexy, il a un contrôle complet sur l’approvisionnement d’eau de la populace et semble très heureux de les voir l’aduler et le prier pour un peu d’eau et se battre pratiquement à mort pour un seau ou un bol d’eau et ne mentionnons pas la « laiterie », c’est assez traumatisant (mais pas hyper violent, étonnamment, Joe ne semble pas avoir besoin de gore pour affirmer son autorité).
Lorsqu’il s’aperçoit que Furiosa dévie du chemin pour se rendre au point d’approvisionnement, Joe a une soudaine réalisation terrifiante : il court jusqu’à la porte coffre-fort de son harem et le trouve vide. Ses cinq « pondeuses », Capable, Toast the Knowing, The Dag, Cheedo the Fragile et The Splendid Angharad (j’ai regardé dans wikipédia pour les noms, je ne me souvenais honnêtement que des noms de Capable, Cheedo et Splendide dans la version française) ont disparu, et sur les murs, la raison : « we are not things » (nous ne sommes pas des choses) « Our babies will not be warlords » (nos enfants ne seront pas des seigneurs de guerre). Les femmes n’ont pas été kidnappées, elles se sont enfuies.
On a ici l’élément féministe de base : Leur départ n’est pas quelque chose qui leur arrive, Furiosa ne les a pas libérées, elles lui ont demandé de l’aide pour s’enfuir. Trop souvent les femmes subissent les événements dans un film. Les messages inscrits sur les murs du harem nous indiquent que les 5 épouses ont pris en charge leur destin. Miller a dit qu’en écrivant le scénario, l’idée première était la fuite des femmes. Il est venu à la conclusion qu’elles devaient être aidées par une femme, parce que « the thing that people were chasing was to be not an object, but the five wives. I needed a warrior. But it couldn’t be a man taking five wives from another man. That’s an entirely different story. So everything grew out of that.”
Donc, le protagoniste du film est une femme, Furiosa. Et le trésor de la course-poursuite est un harem de concubines qui ont décidé de prendre la fuite.
Je ne vous raconterai pas le reste du film, parce que je veux que vous alliez le voir mais laissez-moi vous parler de petits moments qui soulignent mon point :
Le film est à propos d’esclaves sexuelles, mais il n’y a pas de scène de sexe.
Il n’y a pas d’histoire d’amour, une petite relation de tendresse entre deux personnages, mais pas de Romance avec un grand R. Le moment le plus tendre est un rapide baiser sur une joue.
Max démontre son appréciation face au courage et aux capacités de Furiosa et des concubines. Pas dans des gros discours appréciatifs soulignés en gras, mais par un hochement de tête, un mini grognement, un regard ou un rapide pouce levé. Pas de « tu te débrouilles bien pour une fille » juste « tu te débrouilles bien ».
Aucun des personnages féminins ne fait de yeux doux à Max, aucune ne fait montre du moindre intérêt pour son aura Mâle. Et quand tu as la face de Tom Hardy, ça relève de l’exploit…
Max, à plusieurs reprises, laisse le contrôle à Furiosa, il n’essaie pas de prendre le lead du convoi, il fait sa part et ne s’ingère pas dans les décisions du groupe. Il ne se laisse pas bosser, il n’est pas soumis, il est simplement pragmatique. Je vous réfère au génial Tumblr Feminist Mad Max pour des exemples concrets.
Quand il leur propose un plan vers la fin du film, il le PROPOSE, et il les laisse décider.
Il y a 5 concubines, ce sont des esclaves sexuelles, leur seule valeur, aux yeux d’Immortan Joe et de ses Warriors, est leur capacité reproductive. Mais le mot pute n’est pas utilisé une seule fois dans tout le film.
Il y a des personnages de femmes âgées dans le film, personne, à aucun moment, n’a de commentaire sur leur âge ni de doutes sur leurs capacités. Ce film est age-positive. L’employée du Secrétariat aux aînés que je suis s’en réjouit énormément.
Bref, les interactions entre les personnages ne sont pas dictées par leur genre ou leur âge. Les sexes sont égaux. Et c’est ça le féminisme. Hommes et femmes égaux, ni plus, ni moins.
Encore une fois, c’est 100% un film de gars. Action mur à mur, véhicules hyper boostés, héros musclé qui s’exprime majoritairement en grognements, esthétique punk post-apocalyptique, armes à feux, moto cross, et femmes légèrement vêtues (ce sont, après tout, des esclaves sexuelles, quoique j’ai vu beaucoup de mamelons pointus pour des filles en plein désert… lol)
Bref, je surveilles attentivement Amazon pour précommander ce film en Blue-Ray , et je vais l’enfoncer dans la gorge de tous ceux qui me diront que le féminisme hait les hommes et que les féministes essaient de tuer la masculinité.
La toujours fascinante et merveilleusement intelligente Lindsay Ellis a fait un mini épisode de sa série Losse Canon pour parler de l’évolution du personnage de Max. Excellent vidéo à voir si vous comprenez l’anglais.
Un quickie ce matin pour vous parler de culture visuelle. Je suis une MANIAQUE de cinéma et de télé. Le cinéma et la télé sont des formes d’art à part entière et peuvent être appréciés de tellements de manières différentes.
Ce matin, j’ai revisoné Watchmen, avec ce montage en ouverture où Zach Snyder maîtrise la synthèse et le langage visuel de façon absolument époustoufflante. Dire que c’est ce même réalisateur qui a transformé Superman en dépressif, moi qui croyais qu’il était bon en adapatation. Il a bien adapté Watchmen, parce que Watchmen n’est pas une histoire optimiste, point final. Au moment où je tapais ceci sur Facebook, j’ai repensé à certains commentaires que j’ai souvent entendus de gens qui ne sont pas des amateurs de culture populaire.
Pour ma part, j’aime autant les films d’Auteurs que le cinéma Grand-Public. Et je pense que les deux ont la même valeur. Il y a des chef-d’oeuvres et des navets dans les deux genres.
Je vous donne aujourd’hui une liste d’intervenants sur le net qui analysent des films. Ils ont tous des points de vue différents et c’est la somme de ces points de vue qui rendent mon appréciation des mes expériences cinématographiques et télévisuelles tellement plus riches.
Dudu est un diplomé d’une école de cinéma et ils vous explique, dans les détails, toutes les décisions de réalisation de grands, et moins grands, films. Gardez une oeil sur les vidéos de la série « Pourquoi j’ai raison et vous avez tort »
Commencez par: au choix, la rétrospective Alien, Twilight ou celle d’Harry Potter. Dudu compare les différents styles des réalisateurs de ces séries, c’est fascinant.
Kyle Kallgren se spécialise dans le cinéma d’auteur. En plus de sa série de base, qui analyse les film « pour snobs » et nous explique qu’ils ne sont pas inaccessibles et que non, ils ne sont pas par défaut meilleurs, ils ont leur navet aussi, Kyle a trois mini séries :
How to speak movie: qui parle de techniques de cinéma.
Shakespeare Month: tous les ans, débutant le jour de l’anniversaire du Barde (en retard cette année, mais sur le point de débuter) il parle d’adaptations cinématographiques des pièces de Will.
Between the lines: Ma série préférée, qui parle de symbolique et d’archétypes dans la culture populaire. Sa vidéo sur Batman et la chauve-souris, Honey Booboo et les freakshow et celle des différentes idéologies des Avengers sont absolument géniaux.
Leon Thomas est extrèmement intelligent. Non, sérieux, il est VRAIMENT hyper intelligent. Un peu comme Durendal, il vous décortique un film et vous fait voir le tout sous un jour totalement différent et vous allez courrir revoir le film pour constater de vos yeux les découvertes.
Commencez par: Mulholland Drive ou Clockwork Orange. Mind.Blown.
Jack Chen se spécialise dans les films d’horreur. Ici, je précise qu’il n’est absoluement pas nécessaire d’avoir vu les films ou d’être des fans du genre pour regarder les vidéos de ces intervenants. À travers les analyse de Jack, vous découvrirez la position privilégiée du récit d’horreur pour parler de la situation sociale du monde dans lequel ils ont été créés.
Commencez par: Sa double feature sur I spit on your grave.
Je vous laisse avec la catchphrase de Durendal: Prenez soins de vous, allez voir des films!
Ce midi, j’ai regardé la conférence TED Talks de Monica Lewinsky sur la cyberintimidation.
Pour l’instant il n’est disponible qu’en anglais, mais d’ici peu vous devriez avoir accès aux sous-titres en français. TED est assez efficace pour la traduction.
L’intimidation est un sujet à la mode ces temps-ci, tellement que les professeurs, directeurs et travailleurs sociaux de certaines écoles en font des cauchemars. Je travailles au ministère de la Famille, on est TRÈS au courant de la définition de l’intimidation, c’est notre Ministre qui est responsable du dossier et donc certaines directrices ont frappées des murs quand elles ont tenté d’accuser les fils de mes collègues d’êtres des intimidateurs sans fondement. Mais c’est un autre sujet et je n’ai pas les compétence pour en parler.
Ce que je connaît très bien par contre, c’est l’humiliation et ses répercussions.
C’est vrai que l’école est un terreau fertile pour l’intimidation et l’apprentissage de l’humiliation comme arme de destruction massive, mais le problème ne s’arrête pas à la sortie du secondaire, loin de là.
C’est un réflexe humain que de penser qu’en prouvant que quelqu’un est moins bien que nous, nous allons nous valider et se sentir mieux.
Encore aujourd’hui quand je commente un post publique sur internet (et ce, peu importe le ton de mon commentaire, calme et informé ou agressif et émotionnel, ça ne change rien, la réponse est toujours la même), il y a toujours un commentateur hyper intelligent et mature (ou une commentatrice hyper intelligente et mature, la méchanceté est un des rares champs de la société ou l’égalité est effective, et l’âgisme innexistant, tous les âges, origines ethniques et sexes et, j’imagine, les orientation sexuelles, sont représentées) qui va jeter un coup d’oeil à ma page, voit une photo de moi et décide que le fait que j’ai un surplus de poids rend IMMÉDIATEMENT tous mes arguments totalement invalidés parce que je suis une grosse. Et je me retrouve inondée insultes sur mon poids et mes supposées frustrations sexuelles qui justifieraient que je prenne le risque de m’exprimer en publique. Parce que les grosses madames sont censées ne pas exister, et s’exprimer en publique est une offense qui autorise toutes les tactiques nécessaire pour faire cesser cette insulte à l’univers qu’est le fait que j’existe sans avoir un corps de mannequin. Si j’avais le dit corps de mannequin, je supposes que les jokes de bimbos remplaceraient celles de grosse vache.
En quoi mon poids a rapport à moins que je ne commente sur la difficulté magasiner quand on habille une taille 0, je ne sais pas, mais c’est inévitable, à tous les coups, la grosse mal baisée s’énerve parce que personne veux la fourrer. (Les termes exacts, à tout coups, ils sont vraiment hyper originaux).
Franchement, ce qui est le plus insultant, c’est pas de me faire traiter de grosse torche en manque de sexe, c’est le peu d’imagination que ces gens ont. Quoi, je ne mérite même pas que vous fassiez un petit effort d’imagination? Vous pensez être les premiers à me la sortir? Comme on, un peu d’efforts! Je serais même soulagée d’en avoir un qui me passe un commentaire sur mes lunettes ou mes cheveux courts, ça ferait changement…
Je ne m’étendrai pas sur le divan virtuel et vous parler de tous les dommages que ce genre de commentaire a sur moi, franchement, rendue à pratiquement 35 ans, je deal assez bien avec. Mais je ne vous dirai pas que ça ne me fait rien. C’est faux. Et ne croyez jamais quelqu’un qui vous dit que ce genre de commentaires ne leur fait rien. C’est faux. On apprend a vivre avec et on apprend à cesser de croire les imbéciles, mais ça pique toujours sur le coup. Et ça piquera toujours. C’est surtout de faire la paix avec le fait que ça piquera toujours qui est difficile. Mais c’est possible.
En vous disant ceci, je ne veux pas m’apitoyer sur mon sort, j’ai un sort pas trop mal en fin de compte. Oui c’est frustrant que les gens accordent plus d’importance à ce que j’ai l’air plutôt qu’à ce que j’ai à dire, mais c’est pas ça qui va m’empêcher de parler. Je dirai toujours ce que j’ai à dire et j’ai une excellente maîtrise de la fonction bloquer sur Facebook et de l’option silence de Twitter (qui devrait aussi être offerte sur Facebook en passant, parce que contrairement à la fonction bloquer, elle vous épargne les publications de l’abuseur, mais il ne le sait pas, et donc ne peux pas se glorifier d’avoir “gagné” un argument à coup de dégueulasseries) donc ce n’est pas demain la veille que je vais être chassée d’internet à cause de jokes de grosse. Je suis une nobody, ça a ses avantages.
Pour d’autres, les conséquences sont beaucoup plus graves et douloureuses. Mme Lewinsky est officiellement la première d’une longue série de personnes qui ont vu l’internet leur dérober toute leur dignité. Zoe Quinn, Anita Sarkeesian et Brianna Wu sont les trois symboles actuels de l’abus que des milliers de personnes subissent en ligne.
D’où vient cette cruauté? Ce n’est pas internet qui l’a créée, je la subissait bien avant ma première visite sur le www, le web lui a seulement donné une nouvelle avenue d’expression. Cette avenue semble encore, (mais est de moins en moins, j’y reviendrai) un lieu d’impunité, une tribune ou s’exprimer sans avoir à répondre de ses actes. Cette avenue d’expression a permis à des milliers de gens ostracisés de trouver un refuge ou être qui ils sont vraiment, homosexuels, transgenre, hadicapés, anxieux, dépressifs, etc. Tous ces gens que la société en général juge et rejette ont pu partager leurs expériences sans peur avec d’autres et briser leur solitude. Et c’est extraordinaire et le plus grand accomplissement d’internet. L’anonymat en ligne permets aux victimes d’abus de demander de l’aide, aux fétichistes de vivre leur sexualité sans peur à plein de gens blessés de trouver le réconfort, l’affection, l’acceptation et la sécurité que le monde hors-ligne leur refuse.
Malheureusement, dès les débuts d’internet, et encore plus maintenant avec l’avènement des réseaux sociaux, beaucoup ont profité de cet anonymat pour propager la haine et laisser aller leur cruauté à des niveaux mortels. Mme Lewinsky parles d’elle même, la première victime d’humiliation en ligne à l’échelle mondiale, et du cas de Tyler Clementi dans son allocution. Je vous ai déjà parlé d’Audrie Potts et Reteah Pearson dans ce blogue. L’humiliation publique a des conséquences mortelles. Des membres virulents du Gamergate essaient ouvertement depuis août dernier d’utiliser le passé de dépressive de Zoe Quinn pour la pousser au suicide en usant de toutes les informations, vraies ou mensongère, sur lesquelles ils mettent la main pour l’humilier, la menacer, lui faire mal, détruire sa carrière, la forcer à se cacher. On parles ici ouvertement chercher à faire mourir quelqu’un à force de torture mentale.
C’est impossible pour moi de rester silencieuse face à ce genre de choses. Je ne suis personne, mais j’ai une grande gueule et j’ai fermement l’intention de m’en servir. Ce blogue où je discute des sujets qui me tiennent à cœur est une façon que j’ai d’essayer de faire prendre conscience aux gens des conséquences de leurs actions.
J’ai aussi commencé à commenter les différents status et posts qui véhiculent des messages avec un fond d’humiliation. Même si on parles de simple blagues, et que personne n’est nommé, de sous entendre que la peine d’amour d’une personne n’a pas de valeur parce qu’elle a eu beaucoup de partenaires sexuels véhicules le principe du slut-shaming (oui, c’est de là que vient monbillet à la défense des filles facilesde la semaine dernière). Qui êtes-vous pour décider à la place de quelqu’un d’autre de la valeur de ses sentiments? Qui êtes-vous pour prétendre connaître sa valeur morale?
The only way in which the word "slut" is valid is if you believe another adult's sex life is yours to dictate, which speaks volumes.
Je ne le fais pas pour faire taire les gens, vous avez le droit de trouver la blague drôle et de la partager, je veux simplement que vous preniez 5 secondes pour penser à la signification de votre joke, et aux conséquences que ce genre de commentaire peux avoir lorsqu’il est tellement véhiculé “à la blague” qu’il devient une vérité immuable. L’idée n’est pas de tuer l’humour, mais de nourrir la réflexion, et je pense que tout comique qui se respecte cherche à faire réfléchir en même temps que rire, donc assumez votre côté humoriste jusqu’au bout.
Libre à vous d’en faire ce que vous voulez, vous pouvez effacer mon commentaire s’il ne vous plaît pas, (oui c’est tout à fait possible sur Facebook, vous avez le contrôle des commentaires de vos posts, vous pouvez me demander comment, ça va me faire plaisir de vous l’expliquer) mais sachez que je ne juge pas votre valeur en tant que personne et que je ne cherche pas à me lancer dans un débat sur votre droit à l’expression. Vous avez le droit de vous exprimez comme vous le voulez, mais ce droit s’étend à tous et donc, j’utilise le mien pour exprimer mon point de vue sur la blague. En aucun cas je ne cherche à vous faire retirer votre post ou a ce que vous vous excusiez ou défendiez votre point de vue. Je veux juste vous faire réfléchir, c’est tout.
Je ne suis pas un ange, et je partage des jokes sur internet qui, j’en suis certaine, véhiculent parfois des messages plus ou moins recommandables. Personne n’est parfait, et j’assume totalement mes actions. Donc vous pouvez aussi commenter mes jokes si vous les trouvez douteuses. Et si vous voulez débattre plus en profondeur du sens profond de mes jokes de pets, ou de vos jokes de blondes, la messagerie directe est peut-être plus appropriée que les commentaires. J’ai confiance en tous mes amis Facebook pour avoir l’intelligence de débattre du sujet plutôt que de monter dans les brancards et s’abaisser aux jugements personnels, cependant, je sais d’expérience que ce n’est pas nécessairement le cas de tous vos amis.
Chacun de mes billets résulte en une discussion en profondeur du sujet avec un de mes amis sur Facebook messenger et j’aime beaucoup nos joutes intellectuelles, surtout parce qu’elles restent entre moi et lui et un troisième parti ne s’ingère pas dans notre discussion pour me traiter de fru qui aurait besoin d’une bonne baise pour me changer les idées et me faire descendre de mes grands chevaux. Je vais donc mettre le lien à ce billet avec mes commentaires pour vous rappeler qu’elle est l’intention de mon commentaire et pourquoi ce n’est ni une attaque, ni un jugement sur vous, mais bien une invitation à la réflexion.
L’idée est de muscler notre réflexe de compassion. Parce qu’il est atrophié. La société nous encourage à qualifier la souffrance des autres, « un cancer est beaucoup plus grave qu’une dépression », pourtant les deux sont des poisons à action lente qui peuvent vous mener à la mort. « S’attarder sur le sexisme en occident est tellement futile quand on pense à toutes ces femmes qui souffrent sous l’égide de l’EI » (en passant, je hais l’expression État Islamique, parce que c’est un nom qu’ils ont usurpé et ils n’ont rien à voir avec la vraie religion musulmane), pourtant, les gens qui disent ceci ne font pas plus pour les femmes de Syrie que celles de Saint-Rédempteur. Mais dès qu’on considère la compassion comme un bien non renouvelable, on doit marchander et la conserver seulement pour les “vraies” causes.
Je hais ce système de pensée. C’est totalement faux. La compassion est infinie et c’est le remède à tellement de maux. Ça ne coûte rien et ça nous fait du bien autant qu’à la personne qui la reçoit. Éliminer les pensées méchantes, travailler a devenir quelqu’un de meilleur, c’est d’abord et avant tout à soi que ça sert. Apprendre à s’ouvrir aux autres nous apprend à nous ouvrir à nous-mêmes, car la première victime de notre manque d’empathie, c’est la personne dans le miroir. Nous avons très peu de compassion pour nous-mêmes, parce que la société nous juge durement et nous encourage à juger durement. Ça commence par soi, et ça doit finir par soi.
Ce n’est pas facile, le réflexe ne se cultive qu’à long terme, mais les bénéfices sont immédiats. Dès le moment où on identifie notre côté méchant, qu’on l’accepte et qu’on essaie consciemment de le corriger, on se sent immédiatement mieux. La culpabilité est un sentiment inutile à long terme, elle nous sert à identifier nos mauvais comportement, mais il ne faut pas la laisser nous empêcher d’avancer.
L’idée est de consciement se dire “ok, ce que j’ai fait/dit/pensé n’était pas très gentil.” ensuite, si vous avez fait de la peine à quelqu’un, vous vous excusez. Ne cherchez pas à justifier ce que vous avez fait ou dit. Vous dites seulement que vous êtes désolés et que ça ne se reproduira plus. N’attendez pas son pardon, ce n’est pas à vous d’exiger quand, comment et pourquoi une personne devrait cesser de se sentir blessée. Vous prenez ensuite des mesures afin que la situation ne se reproduise plus. Souvent, la prise de conscience en soi est suffisante pour vous faire réfléchir avant d’agir à l’avenir. Si la méchanceté s’est passée seulement dans votre tête et qu’elle n’est pas sortie, c’est génial. Vous n’avez qu’à reconnaître que ce n’était pas une pensée gentille et à la corriger consciemment.
Ouais, je sais, je sonne comme une animatrice en pastorale. Ce n’est pas pour rien que la plupart des religions enseignent la compassion. Si on regardes les textes sacrés à l’origine, l’islam, le christianisme, le bouddhisme, le judaïsme et l’hindouisme prêchent tous la compassion et la générosité. Le problème n’est pas l’intention, mais l’application.
Je ne prêche pas à travers mon chapeau quand je parles de l’entraînement à la compassion. Je pratique ceci depuis un bon bout et je témoigne à 100000000% de l’efficacité et des bienfaits de la pratique de la compassion. Les bénéfices personnels sont immédiats, et justifient à eux seuls l’exercice. Pensez-y un peu, en devenant une meilleure personne, vous êtes plus agréables aux gens autour de vous, vous faites moins de peine, volontaire ou non, à vos proches, mais en plus, vous vous aimez plus et vous vous sentez plus solide et mieux dans votre peau. TOUT LE MONDE EST GAGNANT.
Hey, je suis terriblement optimiste, je sais. Je ne suis pas naïve au point de croire que ce billet va créer une armée de Mère Thérésa qui vont faire la paix dans le monde à coup d’amour. Mais si je peux vous encourager à réfléchir aux autres et qu’un seul d’entre vous devient une personne plus empathique grâce à mon « missionarat » je serai très contente. Ce n’est qu’une goutte, mais c’est avec ça qu’on débute un océan.
Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com
Je suis tellement TANNÉE des gens qui, une fois qu’ils ont réussi a changer leur vie, utilisent leur réussite comme une excuse pour chier sur la tête des gens qui n’ont pas accompli le même exploit. Ma réponse à la fin du billet de cette horrible fille en fait foi.
Mais je m’écartes du sujet. La jeune fille du billet Tumblr et Madame Deyglun sont des exemples de gens qui ont un flagrant problème d’estime de soi, leur réussite a régler leur problème n’a pas eu l’effet d’augmenter leur estime de soi escompté et elles se vengent en étant méchantes envers les gens qui représentent l’aspect d’elles-mêmes qu’elles n’ont pas réussi a laisser derrière. Ça fait 4 ans que j’ai cessé de fumer et je vous promets une chose: JAMAIS de ma vie j’essaierai de culpabiliser un fumeur. Parce que c’est totalement inefficace, ils se sentent déjà coupable et ce n’est pas ce qui va les faire arrêter, et surtout, parce que c’est MÉCHANT.
Si un jour je perds mes kilos en trop, je vous garanti qu’il en sera de même pour les gens en surpoids que je croiserai. Personne au monde ne sait ce que cette personne vit, personne ne connaît sa situation physique (des débalancements hormonaux peuvent causer l’obésité, même si les habitudes de vie son saines), psychologiques (la dépendance est un problème très complexe avec des causes aussi nombreuse qu’il y a de dépendants), financières (manger bien, c’est beaucoup plus cher que manger mal, j’en sais quelque chose) ou situationelle.
Alors, si un jour vous accomplissez un but que vous vous êtes fixés, exprimez votre joie et votre satisfaction tant que vous voulez, soyez heureux et contents pour vous, mais laissez les autres tranquilles, réussir ne vous donnes pas la science infuse et la connaissance illimité des capacités des autres.
Matante Out.
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Avez-vous déjà pensé qu’un militant pour les droits des noirs est raciste? Parce qu’en déclarant qu’il est POUR les droits des noirs, c’est injuste pour les blancs, les asiatiques ou les arabes?
Non, vous n’avez jamais pensé ça, parce que vous lisez ce blogue, et si vous lisez ce blogue, c’est que vous êtes des êtres humains décents et dotés d’un minimum intelligence.
Vous avez compris, même inconsciement, qu’historiquement, dans le monde occidental, depuis des siècles, les gens de race blanche ont été privilégiés. Et ils ont vécu en sécurité derrière la barrière de la pâleur de leur peau, sans peur de perdre leur liberté, leur dignité, leur famille ou leur droit à la vie par le caprice d’un autre être humain. Ils ont traversé les siècles en étant considérés par défaut comme des êtres humains à part entière. Et vous savez que ce n’est pas le cas des noirs. Vous avez compris et intégré ce principe sans même faire le cheminement logique, c’est tout naturel.
En effet, dans notre société où encore aujourd’hui, être né avec une peau foncée vous condamne immédiatement à être vu différemment et être automatiquement associés à des gens plus prompts à une vie de criminalité, il est NÉCESSAIRE d’avoir des militants pour les droits des noirs. Il est NÉCESSAIRE d’avoir des BLANCS qui militent pour les droits des noirs ou des ethnies. Ça n’enlève rien aux blancs. Se déclarer pour les droits des noirs veux en fait dire qu’on souhaite l’égalité des races, ça ne veux pas dire qu’on oublies les blancs.
Reprenez le raisonnement que je viens de vous exposer, et revenez me dire en quoi il est injuste (et « étymologiquement incorrect, donc on devrait le changer parce que ça porte a confusion ») que les militants pour l’égalité des sexes s’appellent des féministes.
Non, non, je ne cherche pas à me faire rassurer, à me faire dire « ben non, t’es pas grosse », « il y en a des pas mal plus grosses que toi » ou autres trucs rassurants. Je suis grosse, c’est un fait.
Et alors?
Non, sérieusement. Je suis grosse.
Pis après?
Pensez-y un peu. En quoi mon surplus de poids influence la vie des autres?
Quand je me promène sur la rue et qu’en passant, un char me klaxonne et qu’un gars d’environ 17 ans se sort la tête et me crie « grosse torche, t’es grosse » qu’est-ce qu’il pense accomplir? Est-ce qu’il pense que je ne suis pas au courant?
Quand mes matantes pleines de bonnes intentions me disent de m’habiller lousse pour cacher mes bourrelets, à qui pensent-elles que ces conseils vont servir? À moi?
Je suis une grosse, une toutoune, une ronde, etc.
Et alors?
J’ai pris la décision il y a quelque temps d’assumer l’identité et de refuser de l’accepter comme une insulte. Parce qu’être grosse, ce n’est pas un problème.
L’IMC N’EST PAS UN INDICATEUR ULTIME ET INCONTOURNABLE DE BONNE SANTÉ.
UNE FEMME N’A PAS BESOIN D’ÊTRE MINCE POUR ÊTRE BELLE ET BIEN DANS SA PEAU.
J’AI L’AIR DONT J’AI ENVIE, PAS CELUI QUE LES AUTRES VEULENT QUE J’AIE.
Je m’habille de la façon qui me tente dans des vêtements dans lesquels je me sens confortable. J’ai un taux de cholestérol pratiquement normal. Je fais du yoga et je marche. J’essaie de bien manger.
Je suis grosse, je le sais, et c’est absolument correct.
Si mon apparence vous déplaît, regardez ailleurs.
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Pas d’après RaeLynn, une jolie chanteuse country blondinette. Todd a parlé de son hit « God made Girls » il y a quelques mois sur Twitter, mais je n’avais pas écouté la chansons au complet avant ce soir et j’ai été renversée de découvrir que je n’étais pas une vraie fille!!!
Cette chanson est tellement pleine de clichés d’un autre âge, je pense qu’elle a été écrite par un voyageur temporel arrivé tout droit des années 50.
Entrons dans le monde merveilleux de RaeLynn et analysons les raisons que le Créateur a eu pour créer les petites filles. Et rions-en au possible, parce que sinon je vais me mettre à pleurer en pensant que cette tounne a été écrite en 2014….
Somebody’s gotta wear a pretty skirt, (Quelqu’un doit porter une jolie jupe)
Les Écossais sont insultés par cette affirmation.
Somebody’s gotta be the one to flirt, (Quelqu’un doit être celle qui flirte)
Joey dans Friends, Dean Winchester et le beau Marco dans La Petite Vie sont des filles.
Somebody’s gotta wanna hold his hand so God Made Girls (Quelqu’un doit vouloir tenir sa main, alors Dieu a fait les filles)
Sinon, il passerait sa journée avec la main dans ses culottes ou les doigts dans le nez…
Somebody’s gotta make him get dressed up, (Quelqu’un doit le faire s’habiller propre)
C’est pour ça que tous les chefs d’entreprises portent des complets, s’il n’y avait pas de filles, ils irraient travailler en chemise hawaienne et bas blancs dans des sandales… En janvier…
Give him a reason to wash that truck, (Lui donner une raison de laver ce camion)
POUAHHHHHHHHHHH!!!!! Attends juste une minute, sans les filles, les gars ne laveraient pas leur trucks? Cocotte, t’as jamais rencontrée mon frère Phil, il lave MON char tellement il aime pas voir un char sale.
Somebody’s gotta teach him how to dance, (Quelqu’un doit lui apprendre à danser)
Chaning Tatum and Patrick Swayze beg to differ…
So God made girls.( Alors Dieu a fait les filles)
Et Satan a fait les femmes.
He needed something soft and loud and sweet and proud (il a besoin de quelque chose de doux et bruyant et tendre et fière)
Doux: je me suis pas épilée depuis un bout, mes jambes font compétitions au dos de mes chats, donc ok. Bruyant: CHECK! Tendre: À mes heures. Fière: Lol, non, j’ai aucune fierté, je suis une tonne de ridicule sur deux pattes. Oh, mais j’oubliais, je ne suis pas une QUELQUE CHOSE, je suis QUELQU’UN, donc c’est raté, je ne suis pas une fille.
Voici une fille d’après cette description:
But tough enough to break a heart (mais assez forte pour briser un coeur)
Les filles ont une forte teneur en cholestérol, c’est connu.
Something beautiful and breakable that lights up in the dark (Quelque chose de beau et de fragile qui s’illumine dans le noir)
On parles d’une fille ou d’une lampe? RaeLynn, chérie, si tu t’illumine dans le noir, je pense qu’une visite chez le médecin est de mise.
So God made girls, God made girls (Alors Dieu a fait les filles, Dieu a fait les filles)
He stood back and told the boys, « I’m ’bout to rock your world. » (il s’est levé et a dis aux garçons “je vais changer votre vie”)
Avant les filles, les gars l’avaient facile, ils pouvaient jouer à GTA en mangeant du Kraft Dinner direct dans la casserole en paix, maintenant que Dieu a créé les filles, ils sont obligés de prendre une douche et s’habiller et bientôt, ils ne pourront plus jouer qu’à Barbie’s beauty salon! #GamerGate #DoxxGod
And God made girls (for singing in your front seat) (Et Dieu a fait les filles [pour chanter sur le siège avant])
Je ne chante sur le siège avant que quand c’est moi qui conduit, et toujours “Baby Got Back”, parce que je rêve d’avoir un gros derrrière.
God made girls (for dancin’ to our own beat) (Dieu a fait les filles [pour dancer sur notre propre rythme])
Ok, RaeLynn, tu gagnes celle-là, mais il y a pas 2 000 façons de rendre la vaisselle intéressante…
He stood back and told the boys, « I’m ’bout to rock your world. » (il s’est levé et a dis aux garçons “je vais changer votre vie”)
Apparement Dieu a fait les filles pour remplir le monde de musique et de danse. Mesdames, nous sommes toutes Kevin Bacon dans Footloose. (merci Starlord de nous avoir rappelé l’héroïsme de M. Bacon)
And God made girls. (Et Dieu a fait les filles)
Je pensais que les filles venaient des feuilles de choux…
Somebody’s gotta be the one to cry (Quelqu’un doit être celle qui pleure)
Pour qu’on puisse lui dire d’arrêter de faire une montagne avec rien?
Somebody’s gotta let him drive (quelqu’un doit le laisser conduire)
Pourquoi avoir un permis ou une voiture quand tu as un chum?
Give him a reason to hold that door so God made girls (Lui donner une raison de tenir la porte, alors Dieu a fait les filles)
C’est sûr que s’il tiend la porte pour personne, ça a l’air cave en maudine…
Somebody’s gotta put up a fight, (quelqu’un doit se battre)
Ah RaeLynn! Attention à ta jolie jupe!
Make him wait on a Saturday night (Le faire attendre un samedi soir)
Oui, parce que regarder la peinture sécher, c’est le mercredi soir.
To walk downstairs and blow his mind, (descendre l’escalier et le faire exploser son cerveau)
J’arrive juste à penser à scène dans « Not another teen movie » quand la fille passe au travers de la marche et tombe au sous-sol. Chris Evans était très impressionné!
So God made girls. (Alors Dieu a fait les filles)
Avec du sucre, des épice et toutes les jolies choses!
Something that can wake him up and call his bluff and drag his butt to church (Quelque chose qui peut le réveiller, dénoncer ses menteries et le traîner à l’église)
Une maman? Ah non, les mamans sont des personnes, pas des choses…
Something that is hard to handle (Quelque chose de difficile à manipuler)
C’est vrai que toutes ces larmes et cette crème hydratante nous rends glissantes…
Somethin’ fragile to hold him when he hurts (quelque chose de fragile pour le tenir quand il a mal)
Une béquille faite de crystal…
So God made girls, God made girls (Alors Dieu a fait les filles)
Et les infirmières, les mamans et les toutous.
He stood back and told the boys, « I’m ’bout to rock your world. » (il s’est levé et a dis aux garçons “je vais changer votre vie”)
Plus besoin de se masturber en regardant un parterre de melons d’eau!
And God made girls (for singing in your front seat) (Et Dieu a fait les filles [pour chanter sur le siège avant])
Pour quand la radio du pick-up est pétée.
God made girls (for dancin’ to our own beat) (Dieu a fait les filles [pour dancer sur notre propre rythme])
He stood back and told the boys, « I’m ’bout to rock your world. » (il s’est levé et a dit aux garçons “je vais changer votre vie”)
Dorénavant, vous devrez laver vos truck, vous habiller propre et aller à l’église. Merci Dieu!
And God made girls
Et Dieu a fait la Macarena.
Somebody’s gotta wear a pretty skirt,
Somebody’s gotta be the one to flirt,
Somebody’s gotta wanna hold his hand
So God made girls, God made girls
He stood back and told the boys, « I’m ’bout to rock your world. »
And God made girls (for singin’ in your front seat)
God made girls (for dancin’ to our own beat)
He stood back and told the boys, « I’m ’bout to rock your world. »
So God made girls
Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com
Je suis férocement antixéniophobie. FÉROCEMENT. Je n’arrive pas à rester de glace devant des généralisations ou des stéréotypes sur des peuples étrangers. Entendez-moi bien, je peux très bien regarder un film avec un personnage étranger caricatural. Exemple, j’adore Boondocks Saints, mais tous les personnages de ce film sont des caricatures d’une culture ou d’un groupe quelconque, les deux frères irlandais qui fument comme des cheminées, boivent comme des trous, vont à la messe tous les matins, les mafiosos italiens tous plus Gino les uns que les autres, les policiers bostonnais avec un accent à couper à la chainsaw et même l’agent du FBI gai qui est très badass, mais aussi maniéré au pas possible. Il y a une différence entre la caricature dans un but humoristique et les généralisations racistes et la peur de tout ce qui est différent.
Après la tragédie de Charlie Hebdo, j’ai refusé d’écrire un billet, j’avais déjà donné mes deux cennes sur le sujet du terrorisme et de sa relation avec la religion suite aux événements de Saint-Jean-sur-Richelieu et d’Ottawa, et j’avais trop mal à l’âme pour écrire. (https://matanteelise.com/2014/10/22/ceci-ne-concerne-pas-la-mousse-de-nombril/ ) Je ne me répèterai pas à propos de l’Islam et de sa non-compatibilité avec la violence, quiconque prend le temps de faire 5 minutes de recherche peux découvrir que le Coran appelle a l’amour et l’acceptation, pas à la violence. Et de toute façon, faites l’exercice mental suivant avant de dire aux musulmans qu’ils devraient dénoncer les terroristes et stopper les intégristes dans leur religion: demandez-vous ce que vous, personnellement, avez fait pour empêcher les prêtres pédophiles d’abuser des enfants, ou pour stopper les bombes posées par l’IRA. Si vous êtes catholiques et n’avez pas réussi à empêcher ces actes, êtes-vous aussi coupables qu’eux? Tous les catholiques sont des poseurs de bombes qui donnent leurs enfants en pâture à des prédateurs sexuels?
Hmmm, relisez le dernier et le premier tweet de suite… hmmmm…..
Le 21 août 1997, je suis embarquée dans un avion de KLM en direction de Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam et je suis revenue au Canada le 7 juillet 1998. Ces 10 mois et des poussières ont profondément transformé ma vision du monde. Je suis partie dans un pays étranger, non pas en touriste, mais pour aller me fondre dans la population. Je suis allée à l’école, j’ai appris la langue, j’ai vécu dans une famille néerlandaise, j’ai mangé du vla, des stroopwaffels, du Gouda frais (j’habitais à Gouda après tout) et du hagelslag (et ça me manque!!!!) et du chou rouge cuit et des dropjes (ça, ça me manque moins…) j’ai reçu des pepernotes par la tête à la Saint-Nicolas, j’ai fréquenté des protestants, des juifs, des musulmans, des Américains, des Australiens, des Vénézuéliens, des Mexicains, des Bosniaques, des Japonais, des Indonésiens. Je n’ai pas seulement regardé le pays à partir d’une plage touristique avec un guide qui nous explique les anectodes locales. J’ai, pendant un an, été une immigrante en pays étranger.
J’ai vécu cette expérience dans le cadre du programme AFS interculture, un organisme sans but lucratif créé pendant la Première Guerre mondiale par des Nord-Américains pour travailler comme ambulanciers sur les champs de bataille (AFS veut dire American Field Services, même si on dit souvent que ça veut dire Another Fat Student, parce que la découverte d’une nouvelle culture passe prioritairement par l’estomac). Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ils ont décidé de se consacrer à éviter qu’un autre conflit mondial éclate. Le programme d’échange étudiant est né d’une tentative de rapprocher les peuples éprouvés par les horreurs de la guerre.
« Nos valeurs fondamentales
Les programmes offerts par AFS permettent aux participants de s’ouvrir sur le monde, d’apprécier les différences culturelles et les intérêts universels qui existent entre les différents peuples de la terre. AFS croit en la dignité et en la valeur de chaque être humain quelles que soient sa nationalité ou sa culture. AFS encourage le respect des droits de la personne et des libertés individuelles sans distinction de race, de sexe, de langue, de religion ou de classe sociale. Les activités d’AFS Interculture Canada sont basées sur des valeurs de dignité, de respect des différences, de paix, de tolérance et de sensibilité.
Dans mon cas, on peut dire: mission accomplie! Je suis FÉROCEMENT antixénophobie. Pas parce que je me suis fait endoctriner dans une idéologie gauchiste quelconque, mais parce que j’ai marché dans les souliers des immigrants.
Et je l’ai eue facile, j’ai immigré dans une société occidentale démocratique et multiculturelle très similaire au Canada. J’étais une blanche occidentale dans un monde de blanc occidentaux. Mais la société néerlandaise de la fin des années 90 était tout de même très différente du Canada de cette époque et elle est probablement encore très différente.
D’un, tout le monde était blond ou roux, et plus grand que moi (je fais 5 pieds 7 et demi, je ne suis pas une géante, mais je suis rarement la plus petite du groupe…). Les néerlandais ne sont pas du tout froids, mais les contacts physiques sont réduits au minimum, j’ai serré la main de mes frères d’accueil à l’occasion de leurs anniversaires, et au moment de mon départ, et c’est tout. La machine à câlin que je suis était fortement déréglée là-bas. Il n’y a pas de conflits linguistiques là-bas, pourtant, le néerlandais n’est pas ce qu’on peut appeler une langue répandue. 90 % de la population parle 2 langues minimum et personne ne crie à l’assassinat de la langue si un resto a un nom anglais ou indonésien. (La situation est diamétralement différente en Belgique, mais c’est un autre pays, avec une autre histoire). Les Néerlandais ont littéralement volé leur pays à la mer, ils n’ont peur de rien. Ils ont un historique de tolérance religieuse, ayant servi de refuge aux protestants après les réformes. Ils ont vécu l’occupation nazie et sont donc férocement antidiscrimination et extrêmement opposés à toute forme d’intégrisme ou de fanatisme. Ce n’est pas une question d’être à la mode ou de se penser mieux que les autres parce qu’ils sont plus ouverts d’esprit, c’est inscrit dans leur histoire. Comme ici, au Québec, les efforts de la communauté britannique pour assimiler et faire disparaître la culture francophone après la Conquête teintent encore notre vision du peuple québécois et sont à la racine de notre farouche volonté de défendre notre identité et notre langue.
J’ai intégré inconsciemment tout cela là-bas, mais ce n’est que maintenant, 17 ans plus tard, que je réalise à quel point cette expérience a formé la personne que je suis. Celle qui peut parfaitement comprendre qu’un musulman fasse le ramadan tout en se considérant comme aussi québécois que moi. Parce qu’il l’est. Tout comme moi, j’ai été pendant près d’un an une Néerlandaise brunette grassouillette pas grande qui demandait du miel avec ses McCroquettes (ils m’ont regardé comme si je leur avais demandé de me faire cuire un burger de baleine) et qui regardait TV5. Non, il ne faut pas accepter de se mettre à terre face aux étrangers qui viennent vivre ici, notre société a des valeurs et des convictions auxquels les gens doivent se plier afin d’être des Québécois ( après tout, j’ai appris à manger mes McCroquettes avec de la mayonnaise et mes frites avec de la sauce aux arachides, c’est DIVIN en passant…), mais tout le monde doit avoir de droit d’au moins essayer de le devenir, sans être jugé comme un fainéant parce qu’il est latino, un criminel parce qu’il est noir, un batteur de femme parce qu’il est arabe, un perfectionniste parce qu’il est asiatique, un obsédé sexuel parce qu’il est gai, un prédateur sexuel parce qu’il est transgenre, un paresseux parce qu’il est gros, une émotive parce qu’elle est une femme, un inutile parce qu’il est vieux ou un déchet de la société sans considération pour la santé des autres parce qu’il est fumeur. (blogue à la défense de mes frères et soeurs nicotinomanes à venir, même si je ne pratique plus, je serai une fumeuse toute ma vie, comme les alcooliques restent des alcooliques, même après avoir arrêté de boire)
Ce n’est pas une affirmation naïve, ce n’est pas que je me cache la tête dans le sable et que je ne voit pas les dangers de la montée de l’intégrisme, ou que je ne comprends rien. Je comprends au contraire très bien. Je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour combattre le fanatisme sous toutes ses formes, religieux ou autre. Et la défense à outrance de ce qui est considéré comme le VRAI Québec, ou les VRAIS hommes, ou les VRAIS américains, ou les VRAIS catholiques, ou les VRAIS italiens, ou les VRAIS juifs, sont des formes de fanatisme. Penser qu’il faut absolument être blanc, francophonne de naissance, catholique et séparatiste pour avoir le droit de se considérer comme un vrai québécois est un concept qui me fait vomir.
La xénophobie n’est jamais une bonne optique pour analyser une situation. De sauter aux conclusions et de construire des murs, physiques, sociaux ou légaux pour se garder des « ennemis de la culture », c’est se créer des ennemis, c’est empêcher les alliés les plus efficaces de nous aider. Je suis pour la laïcité de l’État, mais je suis pour un Québec mature et ouvert. J’aime mon identité culturelle et ma langue et je les défendrai toujours, mais d’encourager la qualité du français et défendre mon droit à célébrer la Saint-Jean-Baptiste ne m’empêche pas d’aimer le cinéma américain et la télé britannique. Je ne pense pas que les deux soient exclusifs et je pense que l’ouverture sur le monde nous donnera de bien meilleurs outils pour conserver notre culture.
Si la culture Québécoise est propagée et appréciée partout, elle ne disparaîtra jamais complètement, même après la mort du dernier francophone canadien. Céline et Bran Van 3000 passaient à la Radio Veronica quand je vivais à Gouda (je vous rappelles que c’était l’année de Titanic, Céline passait BEAUCOUP à Radio Veronica, en anglais ET en français, je n’échappait pas à « pour que tu m’aimes encore » même l’autre côté de l’Atlantique). Les gens étaient tous excités quand ils parlaient d’un spectacle du Cirque du Soleil qu’ils avaient vu à la télé. Ma conseillère AFS adorait les pièces de Michel Tremblay. Notre culture vit déjà un peu partout, pas autant que celle de nos voisins du sud, mais on est quand même partout. Protéger la culture québécoise, c’est créer et répandre cette culture, autant que la consommer et la préserver pour les générations futures. Je ne suis pas la plus grande admiratrice de Xavier Dolan en tant que personne (mais j’adore son travail), mais il fait autant pour le futur de la culture québécoise que Fred Pellerin. Même chose pour Jean-Marc Vallé et Denis Villeneuve, qui avec leur travail hollywoodien, viennent mettre, même subtilement, une empreinte québécoise dans la culture de masse. Et c’est merveilleux, ça me rend heureuse et je veux que ça continue comme ça.
Mais je veux aussi qu’on écoute les nouveaux arrivants et leurs enfants, ils ont des choses à contribuer. La culture québécoise n’est pas « apparue » ici par magie, c’est une évolution indépendante de la culture française. Pourquoi donc l’Argentine qui travaille avec moi ne pourrait donc pas greffer un peu de soleil dans notre société? Pourquoi l’Algérien que vous croisez dans la rue ne pourrait pas épicer la télé québécoise? Pourquoi Boucar Diouf serait moins important pour la culture que ses coanimateurs?
C’est parfois en regardant dans les yeux d’un autre qu’on peut mieux se voir tel que l’on est, il en est de même pour notre société. On a BESOIN des imigrants, pas seulement pour l’évolution démographique, mais parce que nous vivons au temps de la mondialisation et se fermer au reste du monde dans un but de protection, ça donne la Corée du Nord. Je suis pas très chaude à l’idée de Tremblay Jung Un…
Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com
The WordPress.com stats helper monkeys prepared a 2014 annual report for this blog.
Here’s an excerpt:
A San Francisco cable car holds 60 people. This blog was viewed about 580 times in 2014. If it were a cable car, it would take about 10 trips to carry that many people.