Les Zexperts

Quand j’ai vu ceci:

J’ai tout de suite pensé à ceci:

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Preach, Sister!

Si Saint-Richard le Grand Penseur d’une Génération avait passé 5 minutes sur Google à faire des recherches sur les conséquences d’une agression sexuelle, il aurait entendu parler d’un phénomène très répandu chez les victimes de traumatisme: Le déni.

Une victime d’agression sexuelle NE VEUT PAS être une victime d’agression sexuelle. Ce genre de chose ne lui arrive pas, pas à elle, ça arrive aux filles qui ne font pas attention, qui se saoulent, qui portent des robes courtes, qui se promènent dans un stationnement désert à 3h du matin. Pas à elle.

Alors elle rationalise, elle relativise, elle « normalise ».

Le lien ci-haut vous mènera à une BD crève coeur dans laquelle l’auteur raconte comment elle a fait à déjeuner à son violeur le lendemain de son aggression. Oeuf, toast, bacon. Pas parce qu’elle avait peur qu’il ne soit violent avec elle, mais parce qu’elle voulait croire à une autre histoire que celle qui venait de lui arriver.

Beaucoup de victimes réagissent comme ça, elle vont sortir avec leur violeur, parce que si elles sont en couple avec lui, alors, l’agression n’est pas vraiment arrivée, non? C’est juste un chum qui avait trop le goût et qui ne pouvais plus s’arrêter, c’est juste qu’elle ne lui a pas dit non assez clairement, c’est pas VRAIMENT un viol, elle n’est pas une VICTIME.

Une victime, ça pleure tout le temps, c’est en position foetale dans la douche en train de pleurer, ça se coupe du monde, ça se laisse aller, ça porte un sac de jute et ça a le visage hanté par ses démons.

Hollywood aime nous montrer le viol. C’est choquant, ça fait réagir. Il y a deux sortes de viol à Hollywood:

Celui qui est tellement normalisé que c’est pratiquement la seule sorte de relation sexuelle que les femmes (Game of Thrones) ou les hommes (Sons of Anarchy) ont dans l’univers de la série. (J’adore ces deux séries, alors venez pas me tapper dessus à cause de ce commentaire, billet à venir: Ton film préféré est fucking raciste, mais c’est correct, ou comment Matante assume son obsession pour X-13). Tout le monde se fait violer, et ils sont tristes pendant un épisode, se vengent dans le deuxième et ensuite tout rentre dans l’ordre. (Exception faite de Gemma dans SOA, mais c’est les hommes qui ont la réaction clichée suite à leur aggression dans cette série)

Et tu as celui qu’on voit à Canal Vie, la pauvre victime qui après son agression, se coupe les cheveux, porte du linge trop grand, déménage dans une autre ville et refuse de se laisser approcher par qui que ce soit pendant des années jusqu’au jour où un homme patient avec un pénis magique la guérit de son traumatisme.

Et c’est celle-là, celle qui porte son traumatisme comme une affiche d’homme-sandwich qui est une femme qui s’est « VRAIMENT faites violer » pour citer Richard « Einstein était une cervelle d’oiseau comparé à moi » Martineau.

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Tina, tu me fais du bien!

Dans le cas de Martineau-la-huitième-merveille-du-monde, ce genre de commentaire ne m’étonne pas.  Il est généralement à côté de la plaque, comme quand il DEMANDE aux autoritées de la religion musulmane de déconcer publiquement le terrorisme et qu’il ironise sur le fait que les musulmans ne font pas de sortie publique pour désavouer l’EI.

C’est vrai que les catholique sont sortis EN MASSE dans les rues pour dénoncer l’IRA dans les années 70. Et que les chrétiens blancs d’Amérique sortent souvent en publique pour dénoncer HAUT et FORT le KKK. Il est sur Twitter, le twit, mais il ne suis pas bcp de musulmans pour dire qu’ils ne dénoncent pas l’EI, ils le font TOUS. LES. JOURS.

Et en passant, l’Islam n’as pas d’autoritées, ni de tête dirigeante. C’est justemement le problème numéro un de l’EI. Le Caliphe n’est pas RECONNU comme une figure d’autorité par la majorité des musulmans. L’Islam est une religion directe, sans prêtre, les imams sont des directeurs de prières, ils peuvent donner leur avis, mais ce ne sont pas l’équivalent des curés ici, le conduit entre le pratiquant et Allah est sans intermédiaires. Donc, pas de curé, d’éveque, d’archéveque, de cardinal ou de Pape pour « dénoncer au nom de la religion musulmane ». Bref,

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Richard Martineau, mesdames et messieurs.

Mais revenons en au proces Ghomeshi (j’ai découvert cet après-midi que j’ai mal écrit son nom partout depuis une semaine, oh well…).

Est-il possible que Lucie DeCoutiere et les deux autres victimes aient menti?

Oui, c’est possible, les études ont en effet prouvé que les fausses accusations de viol existent.

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Qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que 96% des accusations sont vraies.

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Alors pourquoi on saute sur la moindre petite donnée qui ne colle pas pour accuser ces femmes de mentir? Pourquoi on hurle à leur face « INNOCENT JUSQU’À PREUVE DU CONTRAIRE »? (Attention, je parles ici des présumées VICTIMES, oui, l’accusé ne doit pas être lynché sur la place publique, c’est le procès qui va déterminer sa culpabilité. Mais ne dites pas ça aux victimes, calvaire!)

La victime, elle aussi, est innocente jusqu’à preuve du contraire. Pourquoi l’accuser à premier abord de vouloir détruire la vie d’un homme pour une raison x ou y?

D’ailleurs, parlons-en donc de ces sois-disant raisons.

L’avocate de Ghomeshi, et ceux de Bill Cosby, disent que les accusatrices veulent se servir de ces accusations pour se faire de la publicité, et aider leurs carrières.

Ok. donnez-moi le nom D’UNE SEULE femme qui a fait carrière après avoir accusé quelqu’un de l’avoir violée?

Madona? Nop, elle n’a parlé de l’agression sexuelle qu’elle a subi qu’après être devenue une superstar.

Nathalie Simard? Ah, mais non! Elle c’était une VRAIE victime, ça compte pas. Et elle a pas vraiment fait une grande carrière après…

Ouais, non, une accusation d’avoir été agressée sexuellement, c’est pas vraiment avantageux pour la fille. Souvent, sa carrière va être foutue, si l’agresseur est un proche, la famille va être scrap, et si l’agresseur a été exhonéré (et même parfois quand il a été reconnu coupable), il n’y a pas grand homme qui va vouloir l’approcher, de peur de se faire accuser à son tour.

C’est ta parole contre celle de ton agresseur. Et lui, il a vu Fatal Attraction et Disclosure, et il va convaincre tout le monde que tu es Glen Close ou Demi Moore.

Et c’est facile en tabarnak. Parce que les Mononcle Richard Martineau n’attendent que le moment où tu vas bégayer pour hurler « AH! HA! JE L’SAVAIS! C’EST UNE MAUDITE MENTEUSE DE MARDE QUI VA DÉTRUIRE UN PAUVRE HOMME ET NUIRE AUX VRAIES VICTIMES QUI PLEURENT DANS LEUR SAC DU JUTE! »

Est-ce que Lucie DeCoutiere a menti en accusant Jian Ghomeshi d’agression? C’est possible.

Est-ce que le courriel qu’elle lui a envoyé le lendemain PROUVE qu’elle a menti?

NON

Est-ce que Richard Martineau a le droit ou la responsabilité de déterminer la culpabilité ou l’innocence de Jian Ghomeshi?

Allah soit béni, pas du tout, pas même un peu.

Matante Elise Out.

Vous avez une question dont vous voudriez que Matante discute? Quelque chose vous chicotte et vous aimeriez avoir une opinion ouverte et respectueuse? Écrivez à Matante, votre question sera traitée anonymement sur le blogue. Peu importe le sujet, je suis curieuse et j’aime aider. RealMatanteElise@gmail.com

 

Sugggestion de questions pour la Courronne

-Monsieur Gomeshi, à quel moment avez vous informé vos partenaires de votre penchant pour le sexe brutal?
-Leur avez-vous expliqué en quoi consistait la brutalité en question?
-Quels étaient les limites de madame DeCoutiere? Son mot de passe, ou safeword? (rincer, répéter pour les deux autres présumées victimes)
 
Je vous gage 5$ qu’il n’aura pas de réponses à ces questions. Parce qu’il n’as pas respecté le SSC (Safe, Sane & Consensual) avec ses partenaires. Il a assumé que si elles voulaient coucher avec lui, elle voulaient automatiquement « son » genre de sexe.
 
Le roughsex est une forme de fétichisme, ou de BDSM. On ne spring pas un fétichisme ou une pratique SM sur quelqu’un sans lui en parler.
 
Je ne crois pas personnellement que Jian Gomeshi avait des intentions malveillantes envers ses femmes. Mais même s’il ne « voulait » pas les agresser, c’est ce qu’il a apparemment fait, ça ne change pas ce fait. Il a assumé que c’était correct de pratiquer le roughsex avec n’importe qui, n’importe comment.
 
Il y a des règles au BDSM, et la raison numéro un de ces règles, c’est d’éviter ce genre de situation. Jian Gomeshi est minimum un trou de cul rempli de lui-même et irresponsable. Et, oui, potentiellement un violeur.
La suite bientôt, parce qu’il faut que je rentre dans Richard Martineau solidement au sujet de son « expertise » sur le viol. Quel ostie de con dangereux.

Grand Visionnement 2015 Partie Dix-Sept: 22 Jump Street

Mon doux Seigneur, ce film est encore meilleur que le premier!

22 Jump Street

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Alors on retrouve Jenko et Schimit qui ont quitté Jump Street pour les narcotiques ordinaires.

Bien entendu, ils font un bust qui ne fonctionne pas. Mais cette fois-ci, la faute est partagée entre Schmit et une pieuvre (don’t ask…).

Bien entendu le Capitaine Hardy les renvoient au programme Jump Street dans un bijou de scène Meta où il explique que les hauts placés veulent qu’ils « fassent la même chose que la dernière fois, mais avec plus de budget ».

Et, comme le film s’appelle 22 Jump Street, l’unité a déménagé l’autre côté de la rue. Korean Jesus a été remplacé par Vietnamese Jesus, Ice-T est toujours aussi génial en Capitaine Dickson et les copains nerds de Jenko du premier film font maintenant partie de l’escouade.

Cette fois-ci, les deux agents reprennent leur couverture des frères McQuaid à l’université. On n’inverse pas les rôle cependant, Jenko rejoint l’équipe de football (et se fait un nouveau meilleur ami avec le capitaine de l’équipe) et Schmit s’intéresse à la psychologie (et il se fait une petite amie dans la foulée).

Le gros gag de ce film, qui était présent dans le premier, mais beaucoup plus à l’avant dans celui-ci, c’est pour ça que j’en ai pas parlé dans mon dernier billet, c’est le dialogue à double sens entre Jenko et Schmit.

Ils se parlent comme s’ils étaient un couple et c’est crinqué à 90 dans ce film, dans la scène lors des tests d’entré dans la Fraternité quand Jenko veut « être une équipe ouverte« , ou dans la scène avec le prof de psychologie qui essaie de les aider à être de meilleurs partenaires, sauf que pour le prof de psycho, ils sont partenaires dans le sens de ceux qui ont maintenant le droit de se marier aux USA et en Irlande.

Il y a des punchs trop le fun dans ce film, comme la copine de Schmit et l’identité du dealer de drogue, je ne veux pas vous en dire trop, mais c’est vraiment un film hilarant

Channing et Jonas sont en pleine forme et se font un fun de fou. Ça parait et c’est le fun pour nous aussi.

ÉNORME recommandation, mais il est 75% plus drôle si vous avez vu le premier.

Le billet sur Magic Mike XXL devra attendre quelques semaines, question que je reçoive ma copie dvd. Donc on prend une petite pause. Restez en ligne!

Grand Visionnement 2015 Partie Seize: Channing Tatum: Jupiter Ascending

WHAT

THE

FUCK

IS

THIS?

Ce film n’as aucun putain de sens.

J’adore ce film.

Jupiter Ascending (L’ascension de Jupiter)

Rôle: Caine Wise

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Les Washowskis sont des cinéastes géniaux et un jour, leur oeuvre sera enseignée dans les écoles de cinémas au même titre que Méliès ou Hitchcock.

Mais pour l’instant, le grand public n’a aucune fucking idée du but de leur oeuvre.

Durendal va vous l’expliquer mieux que moi dans sa rétrospective (c’est en français, donc vous avez pas d’excuse, ça vaut la peine juste pour son explication de la trilogie Matrix).

  • Jupiter: Neo
  • Caine: Trinity
  • Stigner: Morpheus
  • Balem: Agent Smith
  • Titus: Pandora (Monica Bellucci dans Matrix Reload)
  • Kalique: l’Oracle.

Voilà, j’ai pas besoin de vous faire de synopsis!

Jupiter n’est pas leur meilleur film, l’histoire n’as aucun sens et est trop compliquée pour rien. (Ou c’est nous, pauvre plèbe qui ne sommes pas assez intelligents pour saisir toute la merveille de cette histoire. Probablement).

C’est pas Matrix. C’est même pas Matrix Revolution.

En fait, ce film est d’un ridicule consommé. Et il se prend EXTRÊMEMENT au sérieux.

Mais putain qu’il est le fun à regarder!

Eddie Redmayne en beurre tellement épais que mes yeux font du cholestérol.

Channing et Sean Bean nous sortent les dialogues les plus farfelus avec une face 300% sérieuse, on se croirait dans une parodie à la Hot Shot.

Mila Kunis traverse cet Opéra du Ridicule avec à peine un sourcillement de surprise.

Il y a une scène dans la Maison qui rend fou d’Astérix.

Tout le monde veut entrer dans la culotte de Mila Kunis (jolie brunette, ouais, moi aussi).

Mila Kunis veut VRAIMENT, VRAIMENT BEAUCOUP entrer dans la culotte de pitou Channing (You and me, girl…).

On a une scène de mariage interrompue à la The Graduate, mais avec plus de bottes qui font voler et d’hybride de chien albinos.

Non, sérieusement Eddie Redmayne en mets VRAIMENT plus que le client demande. Il passe du chuchotement au HURLEMENT en moins d’un millième de seconde c’est magnifique! Dire que ce film est sorti juste avant qu’il gagne un Oscar…

Et le pouvoir de l’ameuuuurrrrrrrrrrr est plus fort que tout!!!!!!!

C’est totalement glorieux.

Un chef d’oeuvre incompris.

Un futur film culte.

À voir absolument si vous voulez considérer que votre vie est complète.

Grand Visionnement 2015 partie Quinze: Channing Tatum: Magic Mike

*Voix de Bond villain*

« Soooooo Misterrrrr Soderbergh, we meet again »

Magic Mike

Rôle:

Mike Lane

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Ok, disclaimer avant de commencer: j’ai une assez forte allergie à Mathew McConaughey et Alex Pettyfer, donc, ce film commence avec une longueur de retard…

Est-ce que je recommande Magic Mike?

Oui, mais avec un gros avertissement: Ce n’est pas le film que la bande annonce publicise.

Lindsay Ellis l’a décrit comme étant le film a propos du strip-teaseur le plus triste de Miami. C’est à peu près ça, sauf qu’il sont à Tampa, mais on s’obstinera pas sur la géographie, c’est pas l’important. Soderbergh a essayé de subvertir les genre en nous faisant un film sur les hommes objets sexuels. Il a écrit le scénario avec Channing, et le film est très vaguement inspiré du passé de Tatum comme danseur exotique. Ils ont aussi financé le film de leur poche. L’idée de base est très bonne et ça fait changement de voir des hommes front and center dans le titillage d’hormones. Seulement, ce film est tellement remplis des clichés habituels sur les films à propos des travailleur du sexe, il est extrêmement redondant… Il est aussi déprimant sur un temps rare, donc à ne pas voir quand vous êtes down.

Au début, Channing voulait Nicolas Winding Refn pour réaliser ce film. Oh, j’aurais voulu voir le Magic Mike de Refn! Pour ceux qui veulent savoir pourquoi, Refn a réalisé Bronson, le film le plus bizzarement génial que j’ai vu de ma vie. Et il a pas peur de montrer des pénis à l’écran… (mon analyse de Bronson). C’est pas que Soderberg est mauvais, mais quand il subverti des genres, il le fait seulement en surface, un switche de genre, sans analyse ou réflexion sur les clichés qu’il essaie d’inverser. Le résultat semble invariablement paresseu. (mon premier billet sur les films de Soderberg).

Mais bon, on a droit à ceci aussi en regardant ce film:

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Ok, j’aime pas McConaughey, mais PERSONNE ne Rock le gilet bédaine comme lui…

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Ça compense un peu pour les clichés.

Mike Lane (Tatum) travaille comme un malade: chef de chantier de jour, stripper le soir. Il cherche a amasser de l’argent pour réaliser son rêve: partir sa propre compagnie de fabriquation de meubles sur mesure. (Cliché: « je fais ça en attendant de pouvoir faire mieux ». C’est pas une carrière de second choix bordel, c’est correct de penser à sa retraite, mais c’est pas comme ça qu’ils le présentent dans le film.).

Il croise Adam (Pettyfer) sur le chantier  et lui donne un lift quand sa voiture refuse de démarrer. Il le recroise à l’entrée d’un bar dans la soirée et décide de tester ses talents avec la gent féminine. Lorsqu’Adam arrive a aborder une bande de filles et à piquer leur intéret, il l’entraîne au bar où il travaille et convainc son patron Dallas (McConaughey) de lui donner un travail backstage. Quand un des danseurs n’est pas en mesure de faire son numéro, Mike pitche Adam sur la scène et celui-ci se retrouve ainsi à faire partie de la troupe.

Le reste du film est un parallèle entre la montée d’Adam et la descente de Mike. Et tous les clichés y sont. Un peu comme Showgilrs, mais sans le camp magique de Paul Verhoven.

Et le personnage de la soeur d’Adam est TEEEEELEMENT cliché! Hyper pleine de préjugés, coincée au bout et avec un énorme côté bitch, on se demande franchement pourquoi Mike se fend en quatre pour essayer de lui plaire. Et, bien entendu, elle tiens Mike responsable des agissements de son frère. Chérie, ton petit frère était déjà un imbécile bien avant de devenir un danseur nu…

Même chose pour le personnage d’Olivia Munn, qui aurait été vraiment fun, si elle s’était pas révélée comme une menteuse manipulatrice obsédée par le sexe qui traite Mike comme un jouet sexuel. Mais tsé, on sait tous que les bisexuels n’ont que ça en tête et ne peuvent s’empêcher de considérer tous les gens qu’ils voient comme des baises potentielles… (Astheure que j’ai fait mon coming out, je peux me permettre de dire à Soderbergh de se crisser ce cliché très profondément dans le derrière. Connard.)

Mais, ça semble confirmer la conclusion de mon premier billet sur les films de Soderbergh: il a un sérieux problème avec les femmes, il est vraiment incapable de les présenter de façon réaliste ou respectueuse. Nah, ce sont toutes des saloppes! (sauf maman, et Mallory Kane, mais Mallory Kane est un homme avec un vagin, elle compte pas).

Au départ, j’aimais bien ce film, mais quand on le compare au deuxième, il baisse beaucoup dans mon estime. Je respecte ce qu’ils ont essayés de faire avec ce film, mais l’exécution est bâclée et il eu besoin de plus de maturité dans l’écriture.

Mais ça reste un bel essai.

Et ça vaut la peine, ne serais-ce que pour voir la performance de Channing. Le style de dialogue très réaliste de Soderbergh lui va bien et il se donne à fond. Il croit beaucoup en ce film et ça paraît. Et les passes de danses sont le fun, même si elles sont un peu rares et trop brèves.

Mettons 2 étoiles et demi, à voir, mais attendez vous pas a tripper. Le deuxième est un million de fois meilleur. Tous les problèmes que j’ai avec le premier n’existent pas dans le deuxième.

Mais ça, c’est une histoire pour un autre billet…

La semaine prochaine: Opéra spatial, Mila Kunis est la reine des abeilles, Channing est un pitou-soldat, Eddie Redmayne est complètement cinglé et merveilleux et Sean Bean SURVIT.

On regarde Jupiter faire son Ascension!

Le Grand Visionnement 2015 partie Quatorze : Channing Tatum: 21 Jump Street

Danse de la joie! Je peux parler d’un film que j’aime!!!!!!!!!

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21 Jump Street

Rôle : Greg Jenko/Brad McQuaid

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Connaissez-vous le concept de métahumour? C’est à dire de l’humour qui rit de l’humour. Les deux films de Jump Street utilisent ce concept de façon géniale. Et ils sont MAGIQUES!!!

Ok, je vous parle du premier, mais j’en dis pas trop parce que vous devez le découvrir par vous même, il est trop drôle. Et si vous êtes bons en anglais, regardez la version originale, les jokes sont meilleures dans leur milieu naturel.

Ce film est un peu le bébé de Jonah Hill, il a participé au scénario, c’est lui qui a convaincu Channing de participer au film et ils sont tous les deux producteurs.

C’est, pour ceux qui l’ignorent, basé sur une très populaire série américaine de la fin des années 80, qui mettait en vedette Johnny Depp et Peter DeLuise à propos de policiers infiltrés dans des écoles secondaires. C’est 21 Jump Street qui a mis Depp sur la map.

Ce n’est pas un remake à proprement parler, puisque les personnages joués par Channing et Jonah ne sont pas les mêmes que ceux joués par Johnny et Peter, mais le film reprend l’histoire de base et les clichés du genre.

TOUS les clichés du genre.

  • Le beau gosse un peu niaiseux.
  • Le nerd mal dans sa peau.
  • Le capitaine qui crie.
  • Les cliques de l’école.
  • Le directeur frustré.
  • La prof en chaleur.
  • Les parents envahissants.
  • Le house party qui dégénère.

Ce qui est cool, c’est que ce film est 100 % conscient de ces clichés et le dit directement dans le texte. Par exemple, le capitaine Dickinson (Ice Cube, super performance) est le typique capitaine de police noir hurleur et je le cite : « I know what you’re thinkin’: angry, black captain. Well guess what? I’m black, and I worked my ASS off to be the captain. And sometimes, I get a little angry, so suck a dick! ». La scène avec le capitaine Hardy juste avant qu’ils soient assignés au programme Jump Street est juste un bijou de self-awareness trop cool.

Donc on a Greg Jenko (Tatum) et Morton Schmit (Hill). Le film débute alors qu’ils sont à la veille de graduer de l’école secondaire. Schmit le nerd rejet se fait humilier par Jenko le footballeur et tous les deux, pour des raisons différentes, manquent le bal des finissants.

7 ans plus tard, ils se retrouvent dans la même classe à l’Académie de police. Ils décident de s’aider mutuellement, Jenko entraîne Schmit pour les tâches physiques et Schmitt aide Jenko à étudier pour les tests écrits et ils deviennent de bons amis.

Une fois gradués, ils sont affectés à la surveillance d’un parc et appréhendent un motard pour possession de drogue. L’arrestation est invalide, puisque Jenko n’a pas lu les droits au suspect et le capitaine Hardy leur donne une dernière chance : comme ils ont l’air jeunes, il les envoient dans l’équipe de Dickinson sur Jump Street, faire du travail sous couverture.

Dickinson leur donne une enquête sur une nouvelle drogue qui est distribuée dans une école secondaire. Ils doivent se faire passer pour les frères Brad et Doug McQuaid et trouver le fournisseur avant que la drogue sorte de l’école et se retrouve partout. Brad, l’intellectuel qui fait de la chimie avancée est la couverture de Schmit, et Doug, le membre de la troupe de théâtre et champion de course, est celle de Jenko. Cependant, à leur arrivée à l’école, Jenko se trompe en parlant avec le directeur et leurs couvertures sont inversées.

Donc, Jenko, le bel imbécile (oh, Channing est tout mignon dans ce film, mais son personnage n’a VRAIMENT PAS inventé le bouton à 4 trous) se ramasse chez les nerds et Schmit le rejet se retrouve avec la clique des populaires.

S’en suit une série d’aventures dans lesquelles nos héros mettent leur amitié à l’épreuve et apprennent une belle leçon de vie.

Entrecoupé de beaucoup de langage vulgaire, situations loufoques et Dakota Johnson pré 50 Shades.

Oh et un super caméo de Depp et DeLuise. Essayez de les trouver!

C’est vraiment un film le fun. Un humour pipicaca et niaiseux, mais qui ne nous prend pas pour des valises. Les parodies des dernières années m’ont toutes laissée froide (exception de « Vampires Suck », mais il était acceptable, sans plus). Depuis Hot Shot Part Deux, j’avais toujours l’impression que ces films ne faisaient aucun effort. Jump Street est tellement un super vent de fraîcheur, groupe!

J’adore ce film.

On sent qu’il a été pensé et fait avec plein d’amour. Tous les acteurs sont excellents, mais je donne une grosse mention spéciale à Dave Franco, le petit frère de James, qui joue un grano-snob-écolo tout à fait génial. On a tellement envie de lui foutre un Big Mac venu par avion et emballé dans du papier fait d’arbres amazoniens en plein dans sa gueule suffisante. Magnifique performance.

Mais tous les comédiens s’en donnent à cœur joie et ont clairement un fun noir à jouer dans cette comédie. On voit que tout le monde a bien compris son personnage (la job numéro un des réalisateurs, bien accomplie) et ils se jettent tous dedans à pieds joints sans pousser à l’extrême clownesque (sauf un, mais c’est voulu et j’en dis pas plus).

Channing est à son meilleur ici, timing parfait, il joue les 15 watts sans avoir l’air d’un attardé non fonctionnel, il est drôle à mourir ( « I know the reason, it’s Glee. Fuck you Glee! » ) et lui et Jonah Hill ont une chimie du tonnerre (mais ils ne battent pas son pairing avec The Rock, qui restera toujours mon couple de rêve!). Ce film, comme Foxcatcher, démontre que Tatum est vraiment un bon comédien, pas seulement une belle gueule. J’espère sincèrement qu’il va faire plus de comédies à l’avenir, parce qu’il brille comme un diamant dans ce genre.

21 Jump Street est à la fois un hommage à la série d’origine et une parodie de films policiers extrêmement bien faite.

Ce n’est pas une machine à cash facile comme les Meet the Spartans et autres parodies faciles des dernières années. Et ce n’est pas non plus un remake paresseux. En fait, dans la fameuse scène avec le Capitaine Hardy, ils s’en moquent en disant clairement au public qu’ils savent qu’ils seront comparés à ces deux genres de films. Ils admettent le cliché du studio en manque d’inspiration qui se rabat sur la nostalgie et les jokes faciles pour engranger des profits sans effort. Mais ils mettent des efforts dans leur film et font la preuve que ce n’est pas le genre qui est problématique, c’est le système. On peut faire de bons films, peu importe le genre, ce qui importe, c’est de mettre du travail et du sérieux dans nos efforts.

Bref, hyper grosse recommandation, super performance de Channing, 10 étoiles sur 5.

Disponible sur Netflix.

Allright, pour la semaine prochaine, que fait-on: Step up, Magic Mike ou Jupiter Ascending?…

Hé, je laisse le suspense…

Le besoin de survie

J’ai écrit ceci sur facebook :

Cette coche a été pétée en réaction a la série de commentaires du style « il devrait d’abord s’occuper de nos enfants au lieu de donner du BS à ceux des autres » en réaction à un article ou le Premier Ministre Couillard se disait prêt à accueillir des réfugiés Syriens.

Vous me niaisez ou quoi? Vous pensez sincèrement que ces gens devraient mourir sous les bombes, que ces femmes et ces fillettes devraient être vendues comme esclaves, pour ne pas que vos impôts augmentent et vous empêchent d’aller à Cuba l’hiver prochain?

Allez vous faire foutre, vous êtes pas mieux que les collabos français durant l’occupation nazie.

Bande de sans-cœurs. Ces gens-là n’ont pas demandé ce qui leur arrive, ils ont quitté leur maison avec ce qu’ils avaient sur le dos, et ce qu’ils pouvaient traîner à bout de bras, ils ont risqué leur vie, ils son présentement entassés comme du bétail, loin de leur maison qui a probablement été détruite et tout ce qu’ils entendent à droite et à gauche c’est qu’ils sont un « fardeau qu’on ne peut pas gérer ».

CE SONT DES ÊTRE HUMAINS QUI ESSAIENT DE RESTER EN VIE CALVAIRE.

VOUS, VOUS AVEZ PEUR QUE LE SERVICE DE GARDE DE L’ÉCOLE DE VOTRE KID VOUS CHARGE 200$ DE PLUS PAR ANNÉE POUR LES PÉDAGOGIQUES.

Je ne dis pas que l’éducation de nos enfants n’est pas importante, mais vous êtes SINCÈREMENT prêts à laisser MOURIR les enfants d’un autre pour votre petit confort?

On est tombé si bas comme société qu’on va laisser des gens mourir au cas où ils nous coûteraient trop cher d’impôt?

Si on leur donne une chance de travailler, ils vont en payer des impôts, non?

Tiens, si je vous dis Canadien d’origine Syrienne, qu’est-ce qui vous vient en tête?

Ouais, c'est vrai qu'il en a fait BEAUCOUP du BS dans sa vie, lui...

Ouais, c’est vrai qu’il en a reçu BEAUCOUP du B.S. dans sa vie, lui…

Mais bon, peut-être préféreriez-vous qu’on les envoient à Aushwitz et qu’on règle la question à bas coût…

Mais non, c’est mieux de les laisser mourir dans un camps de réfugié, de faim ou d’infection. Comme ça, vous n’avez pas a vous sentir coupable, c’est pas de votre faute directement…

Une vraie honte de voir comment la fierté du peuple québécois est tombée bas…

Vous êtes tous une bande de bébés gâtés égocentriques…

Matante Elise Out

Le Grand Visionnement 2015 partie Treize: Channing Tatum: Haywire et Side Effects.

J’ai des sentiments contradictoires envers Steven Soderbergh. Il a fait des grands films dans sa carrière. C’est définitivement un grand réalisateur avec un style très particulier, un excellent producteur et un homme plein d’idées et de créativité qui n’a pas peur de prendre des risques.

Mais…

On va croiser Soderbergh à trois reprises dans ce Grand Visionnement. Deux des trois films, Haywire et Magic Mike sont bons, sans plus. Le troisième, Side Effect, me donne envie de hurler de rage.

Tous les trois sont passés à un poil de cul d’être géniaux. L’idée derrière chacun de ces films est super bonne et prometteuse, mais Soderbergh rate le coche à chaque coup. Mais il frôle le génie de tellement proche…

Pourtant, il a fait les Oceans, et Erin Brockivich. C’est tellement frustrant.

Bon, commençons par le meilleur et le pire des trois films, dans lesquels Channing a des rôles secondaires. Je me garde Mike pour un billet juste pour lui. Mike Lane mérite qu’on lui donne le maximum d’attention dans ses deux aventures. Et pas juste parce que ça me donne une excuse pour vous mettre des tonnes de photos de Channing en petite tenue…

Ok, les fleurs d’abord.

Haywire (Piégée)

Rôle : Aaron

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Mallory Kane travaille pour une agence de mercenaires. C’est une ancienne marine, et une agente extrêmement efficace. Son employeur accepte des contrats privés et gouvernementaux pour des missions secrètes qui ne peuvent être reliées à des agences officielles.

Après une mission de sauvetage d’otage à Barcelone qui devait être sa dernière pour l’agence, Mallory accepte une petite mission de soutien à Dublin. La mission se passe comme prévu, mais Mallory se rend compte qu’on est en train d’essayer de la trahir. Elle doit donc s’échapper d’Irlande et utiliser toutes ses habiletés pour faire éclater la vérité et protéger ses proches.

Pensez Bourne, mais avec une femme.

En fait, c’est exactement ça.

Et c’est le problème, justement.

Avant que je ne commence à chialer, sachez que je trouve ce film très bon et je le recommande fortement. Je ne suis pas en train de vous dire que c’est un mauvais film et je vais essayer de ne pas trop vous donner de détails parce que je veux que vous gardiez des surprises quand vous allez le voir. Le film est extrêmement bien fait. Superbe visuellement, des scènes d’action géniales et j’ai tellement envie de vous dire qu’il est excellent. Il est TELLEMENT PROCHE d’être excellent.

Mais…

Bon, mon plus gros problème avec le film, c’est Mallory Kane. Gina Carano est une légende dans le monde du sport de combat et quand Steven Soderbergh l’a rencontrée, il a tout de suite voulu faire un film avec elle. Il a écrit Mallory Kane et tout ce film spécialement pour elle. Channing a signé pour ce film sans même savoir quel personnage il allait jouer juste parce qu’il est un fan et il voulait travailler avec elle.

Bref, Gina Carano est géniale et vous devriez vous renseigner sur elle, elle est vraiment cool.

Gina est aussi une actrice prometteuse, je ne m’attends pas à ce qu’elle gagne un Oscar un jour, mais elle est à l’aise devant la caméra et elle n’a pas l’air d’un robot. Quand on sait que c’est son premier film et qu’elle tient le rôle principal, sa performance est superbe. Le problème n’est pas là.

Ce qui me gosse chez Mallory Kane, c’est qu’elle n’est pas un personnage féminin. C’est Jason Bourne avec un vagin. Soderberg est très intelligent, mais il ne sait pas écrire des personnages féminins. Il aurait besoin de faire un stage de scénarisation avec James Cameron, Joss Whedon ou Carrie Fisher.

Voyez-vous, je suis totalement pour les personnages féminins badass. J’adore les filles qui ne sont pas des demoiselles en détresse. Mais quand on parle de Buffy Summers, de l’Imperator Furiosa et les Épouses, d’Ellen Ripley ou de Natasha Romanov on parle de FEMMES qui bottent des culs. Mallory Kane est physiquement une femme, mais ce n’est pas un personnage féminin.

Je ne dis pas qu’elle est butch, je dis qu’elle agit et pense comme un homme. Quand elle séduit Aaron (la maudite chanceuse…), c’est limite une scène de « séduction » de film porno. Putain, il lui demande son numéro de téléphone et immédiatement, elle passe au french à pleine bouche et à détacher son pantalon. Ouais, je sais, quand t’as une chance de te taper Channing Tatum, tu sautes dessus, mais tout de même… Ce n’est pas que je n’apprécie pas une femme libérée sexuellement, mais ça sonne plus fantasme masculin que personnage féminin à l’aise avec sa sexualité.

Même chose dans sa discussion avec Kenneth à propos de la mission de Dublin. Elle n’est pas confortable dans une mission où elle doit « porter la robe ». WTF? Tu fais des missions sous couverture, et t’es censée être la meilleure dans ton domaine, ne vient pas me dire que t’as jamais eu à jouer les belles du bal!

Et putain, « porter la robe » c’est pas une faiblesse! J’hais quand les personnages féminins disent ce genre de choses. Encore le putain de stéréotype qui dit qu’une femme doit renoncer à être féminine si elle veut être forte. Quand les féministes disent que les femmes peuvent faire les mêmes choses que les hommes, ça ne veut pas dire qu’elles veulent devenir des hommes! Encore une fois, Buffy et Natasha sont très féminines, mais elles sont toutes les deux puissantes!

Ou pire, on tombe dans le cliché de « elle n’est pas comme les autres filles, elle s’intéresse aux VRAIES choses de la vie, elle ne perd pas son temps en maquillage et soulier à talon haut. » Steven, come on! On a assez de place dans nos jolies petites têtes de filles pour les vraies choses de la vie ET les talons hauts, t’inquiètes pas pour nous…

J’aime beaucoup le cinéma qui essaie de subvertir les genres. Soderbergh l’a essayé ici et il le fait aussi avec Magic Mike en faisant un film sur des hommes objets sexuels. Il a raté le coche dans les deux cas, et je pense que c’est parce qu’il n’a pas compris le problème avec les clichés du genre qu’il essaie de subvertir…

Prenons l’exemple de Buffy Summers. Quand on la regarde objectivement, elle a tout de la blondinette qui meurt en premier dans le film d’horreur. Et c’est le but. Au moment où le monstre se jette sur elle, pensant faire un snack facile, elle se révèle en fait comme une guerrière parfaite. Mais elle reste une jolie blondinette qui aime les robes et le brillant à lèvre. Elle a un cerveau qui peut à la fois faire de la stratégie de niveau militaire et parler garçons avec sa meilleure amie. Si on veut mettre une femme dans un rôle traditionnellement tenu par un homme, fine, parfait, j’approuve 100 %, mais il faut que ce soit une FEMME. Et je pense que c’est là que Soderbergh a raté son coup. Il a écrit l’histoire de Mallory Kane en lui donnant un point de vue d’homme. Ça ne marche pas, on n’embarque pas dans le film à cause d’une dissonance dans le ton du personnage. Et, oui c’est sexiste.

Mais je vous rappelle que le film est bon. L’intrigue est super bien ficelée et il y a des retournements qu’on ne voit pas nécessairement venir et la bande sonore est très cool.

Un dernier point que je veux soulever concernant ce film c’est le personnage d’Aaron. Et là, gros méga avertissement de spoiler, donc vous pouvez arrêter de lire si vous voulez voir le film et revenir après.

Aaron est un parfait exemple de personnage jeté dans le frigidaire. L’expression « woman in refrigirators » est utilisée pour décrire un personnage, très majoritairement féminin, d’où le « woman », dont l’existence dans une histoire ne sert qu’à une chose : mourir afin de provoquer la juste colère du héros qui va aller détruire le méchant en contrepartie. Ça vient d’un site que Gail Simone a créé suite à la mort particulièrement gratuite de la petite amie de Kyle Rayner dans Green Lantern #54.

Ce ne sont pas toujours des femmes qui sont victimes du cliché, Phil Coulson dans le premier Avenger, est mort pour que Tony Stark trouve la conviction de travailler en équipe (quoiqu’il soit plus développé que la moyenne des personnages « fridgé », qui sont généralement dépourvus de personnalité autre que d’être importants aux yeux du héros). Quicksilver dans le dernier Avenger est mort pour que sa jumelle se fâche et pour que Barton apprenne une leçon sur la fragilité de la vie (un parfait exemple, parce qu’à part être le jumeau de Wanda et taper sur le système de Hawkeye, il n’avait pas grand-chose à faire dans ce film). Eh oui, même mon génial Joss est parfois paresseux. Je l’aime quand même mon Joss, il est génial, il n’est pas parfait.

Aaron couche avec Mallory, mais ils ne sont pas amoureux. Toutefois, il est SUPER IMPORTANT, qu’après qu’il soit mort dans ses bras, on ait un gros plan du visage déterminé de Mallory. C’est la goutte qui fait déborder le vase, cette fois, c’est personnel!

Parce qu’elle n’avait pas encore assez de raisons de se venger de Kenneth?

Je ne comprends pas l’utilité de tuer Aaron. Et ce n’est pas que je ne supporte pas de voir Channing mourir, il est mort dans Retaliation et il meurt dans d’autres films sans que ce ne soit aussi random. Sa mort semble essayer d’être significative, mais c’est pas hyper convaincant. Il aurait pu être blessé, pour que Mallory n’ait pas d’allié dans sa quête de vengeance, si Soderberg tenait tant à ce qu’il soit du côté de Mallory, et on aurait eu toute la badasserie des deux dernières scènes quand même. Et tant qu’à fridger un personnage, ben, il me semble que le père de Mallory aurait été plus efficace comme motivation que son one-night stand de Barcelone qui, dois-je le rappeler, a essayé à peine trois ou quatre jours plus tard de la forcer à le suivre littéralement à coups de pied au cul…

Personnage dont l’existence même est dépendante d’une mort inutile juste pour justifier la colère du héros : Woman in Refrigerators. C’est paresseux. J’aime pas ça. Fail Soderberg, fail.

Cela dit, Haywire vaut le visionnement ne serait-ce que pour les scènes de combat, Channing mange une méchante volée au début du film et la sadique en moi a trouvé ça jouissif à voir. Michael Fassbender et Gina nous offrent aussi une superbe bataille dans une chambre d’hôtel, vraiment le fun. Et l’histoire est intéressante et nous tient en haleine. Le film a un style vraiment génial. Plein d’acteurs talentueux aussi, Tatum et Fassbender, mais aussi Antonio Banderas, Michael Douglas, Ewan Mac Gregor et Bill Paxton. Il est sur Netflix.

Bon, on passe au pot maintenant :

Side Effects

Rôle : Martin Taylor

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Side Effect m’enrage tellement groupe! Ce film était TELLEMENT BON jusqu’aux dernières 20 minutes!

Mais ces dernières 20 minutes… Oh tabarnak, ces dernières 20 minutes font dégonfler la balloune complètement.

Préparez-vous à une rage nucléaire de matante. Je hais ce film. Le même genre de haine qu’on voue à un amant qui nous a trahis.

Ok, avertissement, ce film est construit pour que vous ne sachiez plus qui sont les gentils et qui sont les méchants jusqu’à la révélation finale. Ce qui veut dire que, lorsque vous aurez lu ce qui va suivre, tout fun que vous auriez à regarder ce film sera irrémédiablement gâché. Donc, vous pouvez aller voir le film sur Netflix si vous aimez les thrillers qui vous tiennent en haleine. Revenez me lire après.

Ok, pour les autres, un petit résumé.

Emily Taylor (Rooney Mara) accueille avec joie la sortie de prison de son mari Martin (Channing), qui a purgé une peine de quatre ans pour délit d’initié. Elle est nerveuse, mais confiante que les choses vont se placer entre eux avec le temps. Martin est extrêmement amoureux de sa femme et très soulagé qu’elle l’ait ainsi patiemment attendu. Il est déterminé à lui redonner la vie qu’ils ont perdue.

Tout semble aller assez bien, compte tenu des circonstances, jusqu’au moment où Emily fonce tout droit dans un mur du stationnement de son lieu de travail. Aux urgences, elle rencontre le Dr Banks (Jude Law, qui est fucking MERVEILLEUX dans ce film) le psychiatre de garde, qui soupçonne que ce n’était pas un accident. Emily confirme qu’elle a déjà eu maille à partir avec la dépression et qu’elle a déjà consulté un thérapeute. Quand le Dr Banks suggère de la garder pour observation, elle insiste pour pouvoir rentrer à la maison. Comme Martin n’a pas encore d’emploi, elle ne peut se permettre d’être absente à son bureau, et elle ne veut pas abandonner son mari si tôt après sa sortie de prison. Elle promet toutefois au Dr Banks, qu’elle ira le voir toutes les semaines pour qu’ils puissent travailler sur sa dépression et éviter que ce genre d’incidents se reproduisent.

Banks lui prescrit des antidépresseurs qui ne fonctionnent pas très bien et ont de graves effets secondaires. Emily lui donne l’autorisation de consulter son ancienne thérapeute le Dr Siebert (Catherine Zeta-Jones). Siebert et lui discutent du cas d’Emily, elle lui confirme qu’elle a essayé plusieurs médications sans succès, Emily est très sensible aux effets secondaires. Elle lui suggère d’essayer un nouvel antidépresseur qu’elle utilise avec certains de ses patients avec de bons résultats.

La nouvelle médication semble efficace, Emily se sent beaucoup mieux, sa relation avec Martin s’améliore énormément, mais elle a des crises de somnambulisme assez intenses. Du style à faire un repas complet en pleine nuit sans s’en rendre compte. Martin est inquiet et veut savoir si on ne pourrait pas trouver un autre médicament pour Emily, mais elle ne veut rien entendre. Après des années, elle a enfin trouvé quelque chose qui fonctionne et elle ne veut pas recommencer la danse des essais-erreur. Dr Banks lui prescrit donc une médication pour contrer les effets secondaires.

Quelques jours plus tard, Martin rentre à la maison et, comme son épouse ne répond pas à ses questions sur le cadeau déposé sur la table du salon, il part à sa recherche. Il la trouve dans la cuisine, dans un état second et elle abandonne les poivrons qu’elle était en train de couper pour planter à répétition son couteau dans le corps de son mari. Martin s’effondre sur le plancher en suppliant sa femme de se réveiller et d’appeler des secours.

Le reste du film tente de démêler l’écheveau de qui s’est passé. Et c’est exécuté de façon BRILLANTE. Ce film touche à tellement de sujets intéressants aussi, la dépression, la croyance aux pilules miracles qui peuvent donner le bonheur, la relation entre les médecins et les compagnies pharmaceutiques, la manipulation médiatique. Vraiment bien fait, on est complètement perdu, on ne sait pas à qui se fier, qui croire jusqu’à la révélation finale.

Et la révélation finale me donne envie de me pitcher en bas d’un pont.

Soderberg a suivi une de ses plus brillantes progressions, un de ses meilleurs films, avec une conclusion tellement clichée, misogyne et homophobe que j’ai hurlé dans mon salon.

Emily n’est qu’une cocotte superficielle qui, frustrée d’avoir perdu sa belle maison et sa vie de riche, manipule les désirs lesbiens cachés de sa thérapeute pour qu’elle l’aide à feindre les symptômes de la dépression, se faire prescrire un médicament expérimental, feindre des effets secondaires de somnambulisme pour pouvoir assassiner son mari sans aller en prison, pendant que sa thérapeute profite de la mauvaise pub pour le médicament pour faire une fortune en actions de compagnies pharmaceutiques.

Tabarnak.

Ok, qu’Emily soit la méchante, good, c’est parfait, elle passe les trois quarts du film à nous convaincre qu’elle est un petit oiseau fragile et malade, la révélation est vraiment cool.

Mais la raison derrière? Sérieusement? Elle aurait la patience d’attendre 4 ans que son mari sorte de prison pour exécuter son plan? C’est pas plus simple de divorcer et se trouver un autre mari riche? Ou épouser sa thérapeute? Les psychiatres qui traitent des patients millionnaires gagnent bien leur vie.

Et la dimension lesbienne? POURQUOI?

Non, sérieux POURQUOI?

Hé, la représentation c’est important, et des personnages gais dans les œuvres de fiction, je suis 100 % pour.

Mais on peut-tu arrêter d’en faire les méchants?

ÊTRE GAI N’EST PAS UN SIGNE DE FAIBLESSE MORALE TABARNAK!

Victoria et Emily auraient pu simplement échafauder ce plan pour le cash, et j’aurais applaudi ce film des deux mains, même avec le cliché de la cocotte superficielle hypergame. Aucun film n’est parfait et la progression est tellement bien faite que j’aurais facilement pardonné cette petite paresse d’écriture.

Mais les lesbiennes méchantes, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Elles n’avaient absolument pas besoin d’avoir des relations sexuelles pour monter ce plan. Elles sont toutes les deux intelligentes, le fond de culotte n’avait pas besoin de faire partie de leur relation.

Pendant que j’y pense… La femme de Banks est aussi pas mal hypergame…

Groupe, je pense que Steven Soderbergh a des problèmes avec les femmes…

Anyway, il peut se foutre ce film profondément dans le derrière. En moins de 5 minutes, il est passé de film génial à merde complète et totale. Et c’est ce qui me fait le plus chier. C’est comme si on m’avait offert un repas 5 étoiles avec un Jos-Louis séché comme dessert….

Bon, la semaine prochaine, on va avoir du fun. Matante vous parle d’un de ses films préférés, et probablement de la meilleure comédie d’action que j’ai vue depuis les années 2000 (Ok, j’ai vu ce film en 2013, donc on ne compte pas sa suite qui est sortie l’an dernier ou Kingsman qui est sorti cette année, qui sont encore meilleurs.).

On s’en va faire un tour sur JUMP STREET MUTHAFUCKAS!

FUCK YOU GLEE!

DOVES MAKES YOU LOOK LIKE A BADASS!

YOU SHOT MY DICK OFF!

J’adore ce film!!!!!

Le Grand Visionnement 2015 partie Douze: Channing Tatum: White House Down

Ahh Roland Emmerich.

Depuis Stargate en 1994, Roland nous sert toujours sensiblement le même film. Comme un bon vieux Kraft Dinner, on peut mettre des nouilles en forme de dinosaures (ou d’extraterrestres) mettre une sauce au cheddar blanc (ou au réchauffement planétaire) ou utiliser une farine Smart à base de choux-fleurs (ou de Godzilla), ça reste un Kraft Dinner.

Ce n’est pas du cinéma 5 étoiles Michelin, c’est peut-être pas hyper nutritif, mais ça fait la job et le goût est apprécié de tous.

Voyons comment Roland nous sert son Kraft Dinner saveur Maison-Blanche.

White House Down (Assaut sur la Maison-Blanche)

Rôle : John Cale

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Avant de commencer à parler du film, je vous présente notre feuille de Bingo Roland Emmerich, on va voir si on peut gagner :

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Vous pouvez l’imprimer et l’amener avec vous pour jouer au cinéma à la sortie de Stonewall ou du prochain Independence Day.

Surveillez le texte en mauve pour les cases à pitonner.

Allright! C’est parti!

Emily Cale, 11 ans, est une fan finie de la Maison-Blanche et du président. Elle reçoit un avis sur son téléphone concernant un reportage sur les discussions à propos d’un éventuel traité de paix au Moyen-Orient alors qu’au même moment elle voit passer Marine One (l’hélicoptère présidentiel) au-dessus de sa maison.

Le président (Jamie Foxx) demande à Carol Finnery (Maggie Gyllenhaal), qui s’occupe de sa protection rapprochée de demander au pilote de « faire le truc » c’est-à-dire frôler le bassin du monument Washington en passant juste au-dessus pour le fun. (On pitonne « on s’en fout que ça ne soit pas permis, tant que c’est le fun »)

On voit toutes les mesures de sécurité utilisées pour protéger le président et la Maison-Blanche alors que Marine One fait son approche et son atterrissage.

John Cale (Tatum), un policier de DC affecté à la protection du président de la Chambre des Représentants (le Speaker, en anglais) termine son quart de nuit de travail dans un argument féroce avec un écureuil qui vole les graines de la mangeoire à oiseaux de son patron.

On voit ensuite le Chef de la sécurité de la Maison-Blanche (James Woods) se préparer pour sa journée de travail et dire au revoir à sa femme de façon PAS SUSPECTE DU TOUT.

Cale arrive au Capitole avec son patron qui essaie d’avoir une conversation politique avec lui et exprime son MANQUE TOTAL D’INTÉRÊT À ÊTRE PRÉSIDENT, GROUPE IL NE VEUT VRAIMENT PAS ÊTRE PRÉSIDENT AVEZ VOUS COMPRIS LÀ? Il croise l’assistante du vice-président qui a réussi à lui avoir une entrevue pour faire partie des Services secrets en échange d’un souper aux chandelles et la promesse qu’il va essayer de faire une séance de minouches. (Come on! Si t’as Channing Tatum, prêt à te faire des faveurs sexuelles en échange d’un service, demande plus que « second base » girl! Abuse de ta chance!). Cale pousse sa chance en lui demandant si elle peut lui avoir un laissez-passer pour sa fille aussi.

Un ti monsieur qui n’a PAS L’AIR SUSPECT DU TOUT, fait des choses pas très claires avec des fils…

John va chercher sa fille Emily qui est en colère contre lui parce qu’il a manqué son spectacle d’école. John se querelle avec son ex parce qu’elle lui reproche de ne pas assez porter attention à leur fille.

Bon, vous pouvez pitonner « Jeune qui apprend à respecter son père », on a tous vu Independance Day et Day after Tomorrow, on sait comment ça va finir. Ah, et « le héros et son ex se sont séparés à cause de leur vie professionnelle »

John se fait bouder immensément par sa fille dans l’auto, jusqu’à ce qu’il lui donne les laissez-passer et lui raconte qu’il va aller faire une entrevue pour travailler pour les Services secrets. Elle est soudainement hyper excitée, mais pas plus impressionnée par « John » (il est comme moi, il préfère « papa ». Les gens qui vous ont mis au monde et vous élèvent ne sont pas des adultes comme les autres, ce n’est pas une question de respect, c’est carrément une question de vocabulaire, selon moi.).

L’entrevue d’embauche avec Carol Finnery (avec qui il est allé à l’université) se passe hyper mal et il n’a pas l’emploi. Il fait croire à sa fille qu’il a des bonnes chances et qu’il va le savoir dans quelques jours et l’amène faire le tour guidé de la Maison-Blanche.

On voit la réunion de l’équipe de sécurité, James Woods est très nerveux que Carol soit encore au travail à cette heure et l’encourage fortement « à rentrer à la maison pour se reposer ». C’est PAS DU TOUT SUSPICIEUX GROUPE, RIEN À SIGNALER. Il profite aussi de la réunion pour dire à son équipe que, même si c’est sa dernière semaine avant la retraite, il ne veut pas de traitement de faveur. Bien entendu, c’est à ce moment que le gâteau et les feux de Bengale sortent.

Pendant la visite, Emily répond à toutes les questions, au point que le guide se sent un peu intimidé et John a soudain peur que sa fille se fasse taquiner à l’école parce qu’elle est une nerd (John n’a pas encore reçu le mémo que les Geeks sont maintenant les maîtres du monde). La madame du Nebraska est très déçue quand le guide lui dit qu’il n’y a pas de tunnels sous la Maison-Blanche par lesquels Marilyn Monroe entrait en cachette pour voir Kennedy. (Spoiler : vous pouvez pitonner « Théorie de la conspiration ou légende urbaine qui est vraie ») On mentionne rapidement le bunker, et le président croise la visite, serre la main d’Emily et dit un coucou à la caméra de son smartphone pour son vlog.

John s’arrête 30 secondes pour regarder les réparateurs PAS DU TOUT SUSPECTS dans la salle de projection. Emily a une envie pressante alors que son père regarde le tableau de l’incendie de 1814 et se dirige à l’étage inférieur pour aller à la salle des Dames.

Le monsieur PAS DU TOUT SUSPECT du Capitole se rend en plein milieu du de la grande salle avec un cart bourré d’explosifs qu’il fait sauter. La Maison-Blanche est mise sous verrou et les réparateurs PAS DU TOUT SUSPECTS de la salle de vidéo neutralisent les gens des services secrets (avec un fusil à clous, WTF?) et infiltrent l’armurerie.

John est embarré dans le salon avec les autres touristes et Emily est seule en bas et se cache des terroristes qui ont pris le contrôle de l’édifice. Elle réussit à les filmer discrètement et à entrer en contact avec son père.

John profite de l’arrivée des terroristes dans le salon et de leur bataille avec les membres des Services secrets pour s’emparer d’un fusil et s’échapper pour partir à la recherche de sa fille.

James Woods a demandé l’arrivée de Marine One, mais des tireurs sur le toit empêchent l’hélicoptère de se poser. Carol Finney, pendant ce temps, s’occupe de sortir le vice-président et le Speaker du Capitole.

Le vice-président est envoyé sur Air Force One (l’avion présidentiel) et le Speaker est emmené au Pentagone.

Comme leurs routes de sortie sont barrées, James Woods décide de faire descendre le président dans le Bunker, et une fois rendu, il tire sur tous les membres de la sécurité.

OH CHOC! JAMES WOODS EST LE MÉCHANT!!!!!

Vraiment, président Jaimie Foxx (ok, il est noir et démocrate et Roland Emmerich n’a jamais été subtil, donc, je le baptise officiellement NObama), tu devrais te renseigner, tout le monde sait qu’on ne doit jamais, jamais, faire confiance à James Woods. Même Peter Griffin sait ça, et il est officiellement diagnostiqué comme déficient mental…

Pendant ce temps, John cherche frénétiquement Emily et tombe sur un terroriste, il le neutralise et lui vole son arme et sa radio. Ce qui lui permet d’entendre James Woods parler avec le chef des terroristes (Jason Clarke) de sa capture du président. John se dirige donc vers le bunker.

Et ainsi, commence la portion Die Hard du film. Je vous réfère à la photo au début de cet article sans ajouter plus de commentaires là-dessus…

John arrive à libérer NObama, se bat contre Jason Clarke et tue son bras droit et ils s’enfuient par la cage d’ascenseur et essaient de rejoindre le téléphone satellite (donc non surveillé par les terroristes) pour contacter le Pentagone et ordonner un assaut pour libérer la Maison-Blanche.

Bien entendu, comme John a tué son bras droit, c’est devenu PERSONNEL pour Jason Clarke.

Les terroristes ont amené une espèce de génie informatique pour prendre possession de tous les systèmes du gouvernement à partir de la salle de contrôle de la Maison-Blanche. (Euh, hein? On peut contrôler tous les systèmes à partir de la Maison-Blanche? D’un, je doute fortement que tous ces systèmes soient en réseau, et si oui, ils ne seraient pas accessibles seulement à partir de la Maison-Blanche, ça n’a aucun sens. Le Pentagone serait plus logique. Mais bon, je diverge). Il fait tout ça avec l’aide de l’équivalent d’une clé USB et le mot de passe 123456789 (le même que pour ouvrir le bouclier planétaire dans Spaceballs, ce personnage est inutile et con au max).

Emily publie les vidéos qu’elle a prises des terroristes sur YouTube avant d’être capturée et envoyée dans le salon avec les autres otages. Le guide l’informe que son père est parti à sa recherche.

NObama et John voient entrer des terroristes dans l’ascenseur avec des ogives à Javelin (missiles antiaériens). NObama les sauvent d’être écrasés au sommet de la cage en coinçant sa chaussure dans le mécanisme.

Bon le vice-président décide que comme NObama est derrière les lignes ennemies, il est compromis, et donc c’est lui qui est président maintenant. Carol se rend compte que tout le monde au Pentagone est complètement débile quand elle réalise qu’ils n’ont même pas essayé d’entrer en contact avec les terroristes pour savoir ce qu’ils veulent.

Elle lâche un coup de fil à la Maison-Blanche et se rend compte qu’elle a été complètement débile de faire confiance à James Woods. Le Général du Pentagone (aucune idée de sa job, mais il est le représentant de l’armée) est un trou de cul qui essaie de prouver que sa quéquette est plus virile que celle de Carol (Dude, Maggie Gyllenhaal a des ovaires 3000 fois plus gros que tes couilles, c’est même pas une compétition).

NObama et John arrivent à entrer en contact avec l’assistante du vice-président. Ils arrivent à parler au Pentagone et à Air Force One. Carole est hyper surprise (et soulagée) de découvrir que Cale a réussi a sauver NObama des terroristes (Figure d’autorité qui ne prend pas le héros au sérieux avant de changer d’idée).

La vidéo d’Emily est diffusée par les nouvelles et Carol apprend à John que sa fille est toujours dans la Maison-Blanche. La mère d’Emily apprend aussi la nouvelle à la télé et se dirige directement là-bas. Les terroristes aussi apprennent que leurs visages sont maintenant partout et que leur identité n’est plus secrète. Jason Clarke menace Emily pour qu’elle lui donne son téléphone. En gros, les terroristes sont une bande de racistes qui veulent tuer le président noir, Clarke est un membre des Delta Force qui faisait des Black Ops et qui a été abandonné derrière les lignes ennemies et le hacker est un hipster imbécile qui veut se battre contre le système.

Le vice-président veut ordonner une frappe aérienne. Carol explique à John le chemin à suivre pour se rendre aux tunnels qui servaient à faire entrer Marilyn en douce. Les grilles du tunnel sont bourrées d’explosifs et les terroristes sont à leurs trousses.

NObama dirige Cale vers le garage et ils se sauvent dans la limo présidentielle. Ils arrivent sur le parterre avant de la Maison-Blanche et sont poursuivis par les terroristes. Le président ordonne qu’un tank défonce la grille pour leur donner une chance de sortir, mais les terroristes ont des ogives pour ce genre de choses (l’armée est impliquée, mais n’arrive pas à régler le conflit).

NObama et John préparent leur défense et on a droit à un président avec un lance-roquette (oh hell yeah! Teamwork). Un des terroristes emmène Emily sur le balcon et John est assez distrait pour échouer d’éviter une explosion et la limo crash dans la fontaine. Ils se retrouvent face à face avec James Woods et Jason Clarke et Cale arrive à glisser une grenade dans la main de NObama qui la lance à James Woods. L’explosion est assez grande pour être vue de l’autre bout de la ville, mais tout le monde survit. (la Maison-Blanche explose).

Le vice-président est officiellement assermenté puisque tout le monde pense que NObama est mort. Carol a ramené la femme de James Woods au Pentagone pour essayer de convaincre son mari d’abandonner sa mission. On apprend qu’il a une tumeur au cerveau et qu’il fait ça pour venger son fils mort en Irak. Et en entendant ça, sa femme l’encourage à continuer.

Putain, je hais ce cliché. Ok, je ne veux en RIEN minimiser la douleur des familles, ni leur sentiment que leurs proches sont morts pour rien dans des conflits qui n’ont pas lieu d’être. Mais sérieusement Hollywood, arrêtez avec les terroristes qui rendent le président PERSONNELEMENT responsable de la mort d’un soldat. Je ne suis pas une experte en politique américaine, mais j’en sais assez pour savoir que ce n’est pas seulement le président qui décide ou non de l’entrée en guerre du pays. Il faut beaucoup de monde pour valider cette décision. Putain, c’est une des raisons pourquoi les colonies se sont rebellées contre l’Angleterre pour commencer!

Le général qui-sent-ses-couilles-menacées renvoie Carol. Elle demande au collègue de Cale (celui qui s’occupe du shift de jour de la protection du Speaker) de garder le général loin d’elle pour qu’elle puisse faire des recherches en sous-main avec un gars de la CIA.

NObama et John se sont réfugiés dans les tunnels ouverts par l’explosion de la grenade et NObama est blessé. John le soigne et lui parle de sa fille pour lui changer les idées.

Le vice-président-maintenant-président a ordonné une frappe aérienne pour reprendre la Maison-Blanche, les Black Hawks sont repérés par hipster hacker (ils ont passé devant les caméras de circulation, sérieux, ils pensaient être secrets en passant directement dans les rues, DEVANT LES CAMÉRAS DE TÉLÉ). Cale reprend contact avec le Pentagone et quand il explique au général qui-sent-ses-couilles-menacées qu’ils doivent annuler la frappe aérienne parce que les terroristes ont des Javelin il lui répond « not according to our intel » et je veux rentrer dans la télé pour lui envoyer la claque derrière la tête la plus franche de l’histoire de l’humanité.

EXCUSES-MOI, MAIS JE ME FIERAIS PLUS AU GARS QUI EST SUR PLACE ET QUI A VU LES PUTAINS D’OGIVES ESPÈCE D’IMBÉCILE À LA MASCULINITÉ FRAGILE!

(Abus d’autorité irrationnel)

Les Javelin détruisent deux des  hélicoptères (DUH!). Cale monte sur le toit pour empêcher Jason Clarke de tirer le troisième. Il échoue, mais c’était très bien essayé, et c’est le temps de son show-down avec Jason Clarke. Il lui fout une volée, mais Clarke est sauvé par un de ses collègues à la dernière seconde. Cependant, Cale a échappé ses laissez-passés et Jason Clarke apprend donc qu’Emily est sa fille et il va la chercher.

Pendant ce temps, hipster hacker prend le contrôle de l’armement militaire et envoie un missile sur Air Force One. Le vice-président et son équipe sont morts. Pas de dîner aux chandelles pour John Cale avec la jolie assistante.

Le Speaker est assermenté et on lui remet les codes de lancement des missiles nucléaires.

John Cale ressemble de plus en plus à John McClane.

Le Speaker-devenu-président ordonne un bombardement sur la Maison-Blanche « pour le bien de la Nation, pour éviter qu’ils envoient le prochain missile sur une grande ville ». Et on est tous SINCÈREMENT convaincus que c’est sa raison.

James Woods et Jason Clarke utilisent les haut-parleurs pour informer Cale qu’ils ont Emily et qu’ils la tueront s’il ne leur livre pas le président dans le Bureau ovale. Cale essai de se livrer lui-même, mais NObama, qui a entendu James Woods lui aussi, se livre avant que Cale l’en empêche.

John appelle Carol et elle l’informe qu’il lui reste 8 minutes pour sortir sa fille de là avant le bombardement.

NObama, en sa capacité de président des États-Unis d’Amérique, envoie un « Fuck you » officiel à James Woods. Woods veut qu’il ouvre le Football nucléaire (la fameuse valise où se trouve le fameux bouton rouge pour les missiles nucléaires) avec ses caractéristiques biométriques. NObama lui explique que c’est inutile sans les codes de lancement, qui ont changé dès le moment où la Maison-Blanche a été compromise. Et Woods lui dit que ça, c’est son problème. Il lui révèle aussi sont but ultime : envoyer une frappe nucléaire au Moyen-Orient, pour terminer une fois pour toutes le conflit, Hiroshima-style. Pour que la mort de son fils ne soit pas en vain.

James Woods est un con de premier choix.

Il menace de mettre une balle dans la tête d’Emily s’il continue de refuser. Emily lui indique qu’elle comprend que des millions de gens vont mourir s’il ouvre la valise (bref, qu’elle comprend que sa vie est peu en comparaison), mais à la dernière seconde l’alarme incendie retentit. John a commencé à mettre le feu partout pour déclencher l’alarme. John et le guide touristique assomment le gars responsable des otages et Cale dit au guide de faire sortir tout le monde avant le bombardement. Il lui demande la route la plus directe pour se rendre au Bureau ovale.

Jason Clarke part à la recherche de Cale et NObama plante une plume dans le dos de James Woods. James Woods lui sacre une volée et utilise ses données biométriques pour ouvrir le Football. Il entre un code valide et programme un lancement. En apprenant l’activation des missiles, Speaker-devenu-président donne la dernière autorisation pour faire sauter la Maison-Blanche.

Hipster hacker explose, je ne suis pas sûre si c’est par accident ou si c’est James Woods qui l’a piégé. Peu importe, c’était un personnage merdique.

NObama se bat contre James Woods et Cale contre Jason Clarke. James Woods tire sur NObama. Cale tue Jason Clarke en le faisant exploser (et c’est cette explosion qui mérite le piton BOULE DE FEU!!!!)

Cale se dirige vers le Bureau Oval. Il tue James Woods à temps pour l’empêcher d’appuyer sur le bouton rouge. Il dit à Emily de se sauver avant le bombardement pendant qu’il va essayer de trouver le président. Emily s’empare du drapeau présidentiel et l’agite sur le parterre avant de la Maison-Blanche pour avertir les avions d’empêcher la frappe. Le Speaker-devenu-président ne donne pas l’ordre d’abandonner la mission, mais les pilotes refusent de lancer un missile sur une petite fille de 11 ans devant les caméras de télévision.

Tout le monde au Pentagone est soulagé, sauf le Speaker-devenu-président.

Carol informe Cale que James Woods devait avoir un acolyte pour pouvoir avoir les codes de lancement. Elle mentionne le fait que James Woods utilisait un pager et ça met la puce à l’oreille de John. Il dit au président qu’il va avoir besoin de son aide pour débusquer la taupe.

Les secours arrivent, Emily et Cale se font un énorme câlin et Marine One arrive avec le Speaker-devenu-président. Cale lui dit que NObama est mort. Speaker ordonne une réunion de l’État Major pour ordonner le déploiement des troupes au Moyen-Orient, étant donné que la situation a fait paraître le pays dangereux aux yeux des nations ennemies, il s’attend à des représailles.

Cale lui demande alors quand il a fomenté tout ça avec James Woods. Il sort le pager de James Woods et demande à Carol d’appeler le numéro sur le pager. Le téléphone du Speaker se met à sonner et il dit à Cale que personne ne le croira.

NObama sort à ce moment et ordonne l’arrestation du Speaker. Il informe Carol qu’il n’ira nulle part sans sa protection rapprochée et Carol regarde John avec un sourire en coin (la carrière rêvée du héros lui est refusée au début du film, mais il finit par l’avoir à la fin)

Le président offre à Emily de faire un tour de Marine One, les pays arabes vont signer l’accord de paix du président NObama et ils font le truc avec Marine one avant la fonte au générique.

Et on n’est pas loin de la carte pleine, mais on a au moins un BINGO!

Capture

Alors, mon verdict : Un Kraft Dinner bien réussi, et un peu moins stupide que certains films de Herr Roland (oh, on ne parlera pas d’Anonymus ici, mon cerveau va prendre en feu).

Mettons que s’il passe à la télé, vous pouvez le regarder avec un popcorn et un gros Pepsi ce ne sera pas une totale perte de temps.

Et non, les spoilers ne gâcheront pas votre plaisir, on voit venir les twists à 300 miles à la ronde.

La semaine prochaine, je vous explique mon conflit avec Steven Soderbergh.

On regarde deux films dans lesquels Channing a des petits rôles, Haywire et Side Effects.

Je vais essayer d’être brève, mais apportez vos bouchons d’oreilles, parce que je risque de hurler de rage.

Le Grand Visionnement 2015 Partie Onze: Channing Tatum: Foxcatcher

Steve Carrel est un acteur de génie.

Foxcatcher

Rôle : Mark Schultz

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Oui, oui, c’est Channing. La magie du maquillage de cinéma!

Hé, Sienna Miller est dans celui-ci aussi, mais elle joue sa belle-sœur avec qui il ne s’entend manifestement pas, donc le manque de chimie tombe bien!

Foxcatcher va vous rendre mal à l’aise. Très mal à l’aise. C’est normal et c’est voulu. C’est l’antithèse complète d’un film joyeux. Mais c’est un EXCELLENT film.

Réalisé par Bennett Miller (non, pas Bette Midler, Bennett Miller, le réalisateur de Capote et Moneyball) le film a eu 5 nominations aux Oscars en 2014 (réalisateur, acteur pour Steve Carell, acteur de soutien pour Mark Ruffalo, meilleur scénario original et meilleurs maquillages).

Ce film raconte une histoire vraie, celle de Mark (Tatum) et Dave (Ruffalo) Schultz, deux frères champions olympiques de lutte. Quelque temps après que Dave et lui aient tous les deux gagné l’or aux jeux Olympiques de Los Angeles, Mark est approché par le multimillionnaire John du Pont (Carell). Du Pont lui offre de venir s’installer sur son domaine, Foxcatcher Farm, avec son frère et une équipe de son choix pour s’entraîner pour les championnats mondiaux et les Olympiques de Séoul. Du Pont s’occupera de les loger et défrayera tous les coûts de l’entrainement. Parce qu’il est un passionné de lutte.

Dave refuse de déraciner sa famille, mais il encourage Mark à saisir cette chance. Mark part donc s’installer à Foxcatcher Farm. Il se rapproche de du Pont et le considère éventuellement comme un ami.

Avec le temps toutefois, la personnalité de du Pont se révèle de plus en plus sombre et abusive et les conséquences pour Mark et Dave seront dévastatrices.

Alors, si vous ne voulez pas de spoilers, arrêtez ici et allez voir le film.

Ok non, spoiler ou pas, allez voir le film. Il est sur Netflix. C’est un EXCELLENT film. Pas violent (bon, à part les scènes de lutte), mais psychologiquement drainant et superbement réalisé. C’est un film d’atmosphère et c’est, à mon avis, du travail de réalisation de Grand Art. Les acteurs sont tous géniaux, je recommande énormément.

Mais ne regardez pas ce film une journée où vous filez mal. Ce n’est pas un film qui va vous réconcilier avec la vie…

Vous reviendrez ensuite lire le reste de mes commentaires.

Après avoir vu Foxcatcher, j’ai dit sur Facebook que c’était le deuxième film sur des frères pratiquants des sports de combat qui m’avait fait pleurer cette année, après Warrior. Mais c’est à peu près la seule chose que ces films ont en commun. Warrior était un film sur la rédemption, Foxcatcher est une descente subtile aux enfers.

Les frères Schultz s’aiment profondément et Dave est très expansif envers son petit frère. Il le serre dans ses bras et lui dit constamment qu’il l’aime, il l’écoute et le soutien avec patience. Si Mark peut parfois sembler un peu frustré que Dave soit le seul qui soit reconnu entre les deux, il n’est pas agressif envers son frère avant sont arrivée à Foxcatcher Farm (bon, ok, il passe peut-être un peu de sa frustration sur Nancy, la femme de Dave), il a confiance en lui et il se tourne vers lui lorsqu’il décide qu’il doit échapper à l’équipe Foxcatcher.

Non, le conflit du film n’est pas entre les frères Schultz. Il est entre les deux oreilles de Mark. Et surtout, surtout, entre celles de John du Pont.

Joss Whedon a dit dans le commentaire de Serenity qu’il aimait engager des acteurs comiques pour faire des scènes dramatiques à forte portée émotionnelle. Le sens du timing et de la gradation avec lesquels les comiques travaillent sont très appropriés pour créer une réponse émotionnelle chez les spectateurs.

Foxcatcher semble prouver cette théorie. J’ai beaucoup parlé ici et sur les médias sociaux de mon opinion que Channing Tatum est un acteur comique. Je sais, il est surtout engagé pour des rôles d’action, à cause de sa belle gueule et de ses capacités physiques. Une formation en danse est très utile quand vient le temps de faire des scènes de batailles (on en reparlera aussi quand je vous ferai mon inévitable Grand Visionnement Chris Evans). Mais les meilleures performances de Tatum sont dans des comédies, ou des moments comiques dans ses films d’action. (voir mon commentaire sur ses 20 minutes dans Retaliation).

Steve Carell est aussi un acteur comique. Et lui et Channing sont tout simplement époustouflants dans ce film. OK, le maquillage les transforme tous les deux en personnages inquiétants, mais toute leur attitude est aussi très insécurisante, tout le long du film.

Mark débute le film un peu désœuvré, il fait une présentation dans une école à la place de son frère et se sent obligé de préciser à la secrétaire qu’il a lui aussi gagné l’or aux Olympiques. On voit Dave s’entraîner avec lui, lui faire un câlin, s’inquiéter pour lui, mais Mark semble tolérer ces marques d’attentions sans y répondre.

Sa rencontre avec du Pont semble le sortir un peu de son apathie. Et le refus de Dave de le suivre, s’il semble d’abord l’insécuriser un peu, est bénéfique. Pour la première fois de sa vie, Mark est le centre d’attention de quelqu’un (Dave ne compte pas, c’est son frère). Du Pont l’admire et le prend sous son aile. Ils ont tous les deux une obsession pour la lutte et un patriotisme limite fanatique. Il lui donne confiance en lui.

Et il lui fait découvrir la coke. Ça donne aussi de la confiance en soi, la coke…

La trahison est donc double lorsque John lui tourne le dos et exige d’avoir Dave. Les échecs subséquents de Mark, sa perte de contrôle et sa grosse crise nerveuse aux qualifications pour les Olympiques de Séoul sont le résultat direct de son impression d’avoir redescendu à la case départ. Et c’est la patience, et oui, l’amour de Dave qui va lui permettre de passer au travers et de se sortir de l’atmosphère malsaine de Team Foxcatcher.

John du Pont va vous donner froid dans le dos. C’est un personnage très distant, qui semble considérer le monde autour de lui avec une vision d’entomologiste. C’est-à-dire que tout ce qu’il y a autour de lui, c’est des insectes.

Au départ, on se dit que c’est une réaction typique de quelqu’un qui a grandi dans la richesse. Du Pont est habitué à avoir tout ce qu’il veut et que les gens lui lèchent les pieds en lui répétant que ça goûte le chocolat.

Mais ça va plus loin que ça. À plusieurs reprises, je me suis mise à avoir franchement peur pour Mark. Une scène au tout début, où John arrive en pleine nuit au chalet où il a installé Mark et le réveille pour lui parler m’as donné une franche impression de mononcle cochon. J’avais envie de regarder ailleurs, parce que j’avais peur que ça finisse en séance de touche-pipi non consentant.

Cette impression n’est pas améliorée par le fait que la lutte olympique consiste à se pogner de façon légèrement homoérotique… Et Bennett Miller en remet une couche dans les scènes d’entrainement entre Mark et John.

Mais non, du Pont est un monstre, mais pas ce genre de monstre là.

Sa relation froide avec sa mère, assez typique dans ce genre de famille, est elle aussi un peu en dehors des conventions habituelles. Il a toutes les attitudes du gosse de riche qui veut l’approbation d’un parent exigeant, mais elle semble en même temps aussi être un insecte à ses yeux.

John du Pont a été reconnu coupable d’homicide involontaire pour cause de maladie mentale (aux États-Unis, l’expression « mentaly ill » peut-être utilisée lors d’un verdict de culpabilité, alors que les verdicts de non-responsabilité utilisent le terme « insanity »). Les experts ont parlé de paranoïa qui aurait poussé John à agir, mais que du Pont était totalement conscient de ce qu’il faisait lorsqu’il a tiré à répétition sur Dave Schultz (SPOILER!). La lecture de sa biographie sur Wikipédia donne froid dans le dos. Le film est une version édulcorée, le bonhomme était VRAIMENT dérangé.

Bennett Miller a donné des instructions très précises à Carell, il ne devait pas fraterniser avec ses collègues entre les prises ou après la journée de travail. C’est inhabituel, les acteurs passent souvent du temps ensemble sur un plateau et en dehors des heures de travail. Mais cette méthode a payé au centuple ici. John du Pont semble venir tout droit d’une autre planète et tous les personnages sont mal à l’aise quand ils sont en sa présence.

Tatum et Ruffalo en ont aussi bavé beaucoup sur ce film. Dès la fin de la journée de tournage (qui commençait très tôt, à cause du maquillage pour leur donner un visage aplati façon lutteur), ils partaient s’entraîner à la lutte pendant plusieurs heures. Tellement que Channing a admis en entrevue que lors de la dernière session, ils se sont tous les deux mis à pleurer d’épuisement.

Encore là, c’est dur, mais ça paye. Les athlètes de niveau olympique ont des vies totalement inhumaines et ça ressort dans l’attitude des deux acteurs à l’écran. La seule chose qui les intéresse, le centre de leur vie, leur seule façon de communiquer et d’être vraiment proches, c’est la lutte.

Et pour rappeler Warrior, le film fini sur Mark, entrant dans la cage pour un combat de UFC après sa retraite de la lutte de compétition.

Mark Schultz fait partie du panthéon de lutte compétitive (tout comme son frère qui a été nommé de façon posthume) et est considéré comme le meilleur lutteur à avoir fait carrière dans le Ultimate Fighting Championship.

Il est maintenant entraîneur de lutte dans l’Oregon.

John du Pont est mort en prison en 2010.

Foxcatcher est un EXCELLENT, EXCELLENT film. 5 étoiles matante Elise. Il est sur Netflix.

La semaine prochaine, on retourne aux navets. Channing va sauver le président Jamie Foxx qui n’a pas appris une leçon de vie primordiale :

On ne fait jamais, jamais, JAMAIS confiance à James Woods.

On regarde White House Down.

Et on va jouer au Bingo Roland Emmerich!